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POLITIQUE

Salomon Beas face à la justice : le MRC exige des preuves au greffe

Le MRC et Maurice Kamto attaquent Salomon Beas et un créateur de contenu en justice pour diffamation. Le tribunal de Douala-Bonanjo examine l'affaire ce mardi.

Le MRC et Maurice Kamto ne laissent pas passer. Ils traînent Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang devant le tribunal pour diffamation, exigeant le dépôt des preuves ou le retrait immédiat des contenus.

Ce mardi 13 octobre 2026, à 10 heures, le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo examine une procédure de référé d'heure à heure. À la requête du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), représenté par sa présidente Tiriane Balbine Nadège Noah, et du Pr Maurice Kamto, l'affaire oppose le parti à Salomon Beas et au créateur de contenu Hervé Ulrich Ngoko Kamgang. En cause : des déclarations jugées diffamatoires diffusées sur les réseaux sociaux depuis septembre 2026.

Le MRC ne demande pas seulement des dommages et intérêts. Il demande au tribunal d'ordonner le dépôt des preuves au greffe. Et si les preuves ne viennent pas, il exige le retrait immédiat des contenus.

Une bataille judiciaire s'ouvre. Et elle pourrait faire jurisprudence.

Des accusations qui ont fait le tour des réseaux

Tout commence le 18 septembre 2026. Ce jour-là, Salomon Beas, un ancien militant du MRC, accorde une interview. Il y affirme que le parti de Maurice Kamto aurait tenu des réunions au sein de son directoire dans le but de « détruire » Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT. Il ajoute que le MRC aurait financé des influenceurs pour ternir l'image du dirigeant sportif.

L'interview est relayée par Samuel Eto'o lui-même sur sa page Facebook. La vidéo circule. Les réactions s'enchaînent.

Le MRC réagit immédiatement. Dans un communiqué signé le 18 septembre 2026 par son porte-parole Roger Justin Noah, le parti rejette « en bloc » ces allégations. Il dément catégoriquement avoir tenu des réunions visant à « détruire » Eto'o ou avoir financé des influenceurs pour ternir son image.

Le parti rappelle que Salomon Beas n'a jamais été membre de son directoire. Il qualifie ces accusations de « règlement de comptes politiques orchestrés » et de « frustrations personnelles ».

La procédure judiciaire

Le MRC ne s'est pas contenté de démentir. Il a décidé d'aller en justice.

Ce mardi, à 10 heures, une procédure de référé d'heure à heure débute devant le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo. Le collectif d'avocats Sylvain Souop représente les plaignants.

La procédure est dirigée contre Salomon Beas, auteur des déclarations, et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, créateur de contenu et diffuseur desdites déclarations.

Ce que demande le MRC : que le tribunal ordonne le dépôt au greffe des éléments de preuve des déclarations incriminatoires. Ces preuves auraient été recueillies par Hervé Ulrich Ngoko Kamgang puis répandues en ligne depuis septembre.

L'objectif affiché : permettre aux victimes de discuter ces preuves, d'exercer leur droit de réponse, ou d'exercer les autres droits réservés aux victimes d'abus de la liberté d'expression.

La demande de retrait

Le MRC ne s'arrête pas au dépôt des preuves. Il demande également au tribunal d'ordonner, en cas de carence constatée des deux mis en cause, le retrait partiel ou total immédiat du contenu décrié sous astreinte forte.

Autrement dit : si Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang ne fournissent pas les preuves de leurs accusations, ils devront retirer les contenus. Et s'ils ne retirent pas, ils paieront.

Le MRC précise que cette procédure est engagée « en attendant la fixation des dommages et intérêts conséquents par la juridiction compétente, non encore saisie ».

Qui est Salomon Beas ?

Salomon Beas est présenté comme un ancien militant du MRC, démissionnaire. Il n'a jamais été membre du directoire du parti, selon le communiqué officiel du MRC.

Dans son interview, il affirme avoir assisté, de l'intérieur du parti, à des réunions tenues « au directoire » et dont l'unique objet était de « détruire Samuel Eto'o ».

Il accuse nommément son ancienne formation d'avoir « payé des influenceurs sur la toile à l'effet de salir son image et sa réputation ».

Il situe l'origine de cette hostilité en 2018, année où Samuel Eto'o avait choisi d'afficher publiquement son soutien à la candidature de Paul Biya.

« Son seul péché, c'était d'avoir dit qu'il soutient le président Paul Biya », résume-t-il. « Je le dis et je l'assume. »

Qui est Hervé Ulrich Ngoko Kamgang ?

Il est présenté comme un créateur de contenu. C'est lui qui aurait recueilli les déclarations de Salomon Beas et les aurait diffusées en ligne.

Son rôle exact dans la diffusion des contenus n'a pas été précisé publiquement. Aucune information n'a filtré sur son identité complète, son âge, ou son parcours.

Le contexte politique

Cette affaire intervient dans un contexte de turbulences au sein du MRC. Le 8 septembre 2026, Maurice Kamto a démissionné de la présidence du parti qu'il occupait depuis sa création. Son premier vice-président, Mamadou Mota, a également quitté ses fonctions le même jour.

Tiriane Balbine Nadège Noah, alors deuxième vice-présidente, a assuré l'intérim à la tête du parti. Elle a été officiellement investie présidente nationale du MRC le 8 septembre 2026.

Cette crise interne fait suite à plusieurs semaines de tensions avec le ministère de l'Administration territoriale. Le 19 août 2026, le ministre Paul Atanga Nji avait refusé de prendre acte des travaux de la convention du 21 décembre 2025 qui avait reconduit Maurice Kamto à la tête du parti.

L'affaire Eto'o : un contexte plus large

Les accusations de Salomon Beas s'inscrivent dans un contexte de pression sur Samuel Eto'o. Le président de la FECAFOOT fait l'objet d'accusations portant sur la perception de plus de 500 000 euros sur son compte personnel, dans le cadre d'un match amical entre la Russie et le Cameroun en 2023.

Ces accusations financières restent, à ce jour, dépourvues du moindre document probant selon les informations disponibles.

Le calendrier interpelle : les accusations contre Eto'o ont émergé au lendemain même de la diffusion de l'interview de Salomon Beas.

Ce qui va se passer ce mardi

L'audience de ce mardi est une procédure de référé d'heure à heure. C'est une procédure d'exception, réservée aux situations de péril imminent. Elle permet d'obtenir une décision de justice dans des délais extrêmement brefs.

Le tribunal examinera la demande du MRC : dépôt des preuves au greffe, retrait des contenus en cas de carence, astreinte financière.

Les débats seront contradictoires. Les deux mis en cause ont été régulièrement convoqués. Ils ont reçu les actes introductifs d'instance.

Le tribunal peut rendre sa décision immédiatement, ou la mettre en délibéré.


Pourquoi le MRC attaque-t-il Salomon Beas en justice ?
Le MRC et Maurice Kamto estiment que les déclarations de Salomon Beas, diffusées sur les réseaux sociaux depuis septembre 2026, sont diffamatoires. Ils demandent au tribunal d'ordonner le dépôt des preuves au greffe.

Qui est visé par la procédure ?
Salomon Beas, auteur des déclarations, et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, créateur de contenu et diffuseur desdites déclarations.

Que demande le MRC au tribunal ?
Le dépôt des preuves des accusations au greffe. En cas de carence, le retrait partiel ou total des contenus sous astreinte. Des dommages et intérêts pourront être demandés ultérieurement.

Où et quand se tient l'audience ?
Ce mardi 13 octobre 2026, à 10 heures, au Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo.

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