Maurice Kamto : simple militant, mais faiseur de rois
© Camer.be : Avec Ja | 09 oct. 2026 17:09:00 | 473Maurice Kamto a démissionné du MRC, mais il reste influent. Retrait, discussions avec le FSNC, préparation des locales : la nouvelle stratégie de l’opposant.
Démissionnaire de la présidence du MRC depuis le 8 septembre 2026, Maurice Kamto choisit le retrait stratégique pour mieux peser sur l’avenir du parti et ses futures alliances électorales.
Maurice Kamto a démissionné de la présidence du MRC le 8 septembre 2026. Il se présente désormais comme « simple militant ». Mais dans les coulisses du parti qu’il a fondé en 2012, son influence reste intacte.
Alors que le MRC s’apprête à élire son successeur le 17 octobre lors d’une convention toujours contestée, l’ancien candidat à la présidentielle travaille à l’implantation nationale du parti. Et selon nos informations, il discute déjà des alliances pour les prochaines élections.
La convention du 17 octobre dans la tourmente
Le MRC doit élire son nouveau président le 17 octobre à Odza, dans la banlieue de Yaoundé. Deux listes sont en lice : celle de Tiriane Balbine Nadège Noah, présidente intérimaire, et celle de Pierre Emmanuel Binyam, secrétaire général du parti. Un troisième candidat, Brice Ronnic Djolako, s’est également présenté, mais sa liste serait incomplète.
La convention est contestée. Le 7 octobre, Cyrille Edou, un militant de la Fédération communale de Sangmélima, a saisi le sous-préfet de Yaoundé IV. Il demande l’annulation du récépissé délivré le 28 septembre pour la tenue de la convention. Il invoque deux motifs : le défaut de qualité de ceux qui ont convoqué les assises, et les tensions internes marquées par des procédures judiciaires pendantes.
Quelques jours plus tôt, Willy Mengue, ancien cadre exclu du MRC le 29 juin 2026, avait formulé une demande similaire. Son recours est toujours en examen à la cour d’appel du Centre.
Le MRC rejette ces contestations. Dans un communiqué du 8 octobre, la direction appelle ses militants « au calme et à la sérénité ». Elle rappelle avoir déposé la déclaration de la convention le 23 septembre et obtenu le récépissé cinq jours plus tard.
Kamto, « simple militant »
En démissionnant le 8 septembre, Maurice Kamto espérait donner des gages d’apaisement. Un proche le décrit comme fatigué par ces contestations de militants en dehors du parti, et ne souhaitant pas s’abaisser à répondre à leurs arguments juridiques.
L’opposant sait aussi que ces recours peuvent être instrumentalisés par ses adversaires politiques. Au premier rang desquels Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale.
Il a donc choisi de redevenir « simple militant », selon les termes d’un autre de ses proches.
Mais ce retrait est tout sauf une disparition. « Maurice Kamto est au travail, concentré sur l’implantation nationale du MRC qui a toujours été son objectif, en vue de la préparation des prochaines élections locales », insiste un de ses conseillers.
Ni maire, ni député
Une chose est claire : Maurice Kamto ne se présentera pas aux prochaines élections locales ou législatives. Ni pour un poste de maire. Ni pour un siège de député.
« Ce n’est pas la place d’un ancien candidat à la présidentielle ou d’un président élu », assène un proche.
L’opposant se tiendrait toutefois proche de Tiriane Balbine Nadège Noah, qui fut vice-présidente du MRC. Quel que soit le successeur, Kamto devrait continuer à exercer une influence en retrait. Un rôle d’« éminence grise », confie un proche.
Des discussions avec le FSNC
Selon nos informations, des discussions sont engagées entre le MRC et des responsables du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’Issa Tchiroma Bakary, opposant en exil.
Issa Tchiroma Bakary lui-même ne souhaiterait pas que sa formation participe aux prochains scrutins. Mais plusieurs cadres du FSNC sont tentés de passer outre cette consigne. Ils envisagent des alliances avec le MRC face au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), notamment dans le septentrion.
Une stratégie à double tranchant
Le retrait de Kamto a un objectif clair : préserver son influence sans porter la responsabilité directe des échecs à venir. En restant « simple militant », il peut continuer à orienter les choix du parti tout en se tenant à distance des critiques.
Mais cette stratégie a ses limites. La convention du 17 octobre pourrait être annulée par les autorités administratives. Le MRC est déjà passé par une convention par visioconférence en décembre 2025 pour réélire Kamto, une procédure jugée irrégulière par certains. Et les recours en justice se multiplient.
Si la convention est annulée, le MRC se retrouverait sans direction légitime. Et Kamto, en retrait, serait le premier à en pâtir.
La question reste ouverte : jusqu’où peut-on influencer sans diriger ?
Pourquoi Maurice Kamto a-t-il démissionné du MRC ?
Il a démissionné le 8 septembre 2026 pour donner des gages d’apaisement face aux contestations internes. Il souhaitait également prendre du recul par rapport aux procédures judiciaires visant des militants.
Qui sont les candidats à la succession de Kamto ?
Deux listes sont en lice : celle de Tiriane Balbine Nadège Noah, présidente intérimaire, et celle de Pierre Emmanuel Binyam, secrétaire général. Un troisième candidat, Brice Ronnic Djolako, s’est présenté mais sa liste serait incomplète.
Kamto va-t-il se présenter aux prochaines élections ?
Non. Selon son entourage, il ne se présentera ni comme maire, ni comme député. Il estime que ce n’est pas la place d’un ancien candidat à la présidentielle.
Le MRC discute-t-il avec d’autres partis ?
Selon nos informations, des discussions sont engagées avec des cadres du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary en vue d’alliances pour les prochaines élections.
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