À la suite du sinistre survenu le 2 novembre 2026 dans les installations de Metafrique Steel à Bassa, à Douala, le Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (SYNAJIC) dénonce la multiplication de publications accusatoires et d'enquêtes jugées hâtives sur les plateformes numériques. L'organisation syndicale appelle les professionnels des médias à privilégier la vérification des faits et le respect de la présomption d'innocence.

Le drame survenu le 2 novembre dernier au sein de l'usine Metafrique Steel, dans la zone industrielle de Bassa, continue de susciter des réactions au sein de la corporation journalistique. Dans un communiqué radio-presse rendu public le 7 novembre 2026 à Douala, le Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (SYNAJIC) interpelle les acteurs de la presse cybernétique sur leur responsabilité dans le traitement médiatique de cette tragédie.

Signé par son président national, Alex Koko A Dang, le document exprime une vive préoccupation face à la résurgence de publications à charge et d'enquêtes jugées précipitées sur certaines plateformes numériques. Le syndicat regrette notamment la diffusion de spéculations mettant en cause des investisseurs et des hommes d'affaires, alors que les circonstances exactes du sinistre restent à établir par les enquêtes officielles.

Pour le SYNAJIC, la priorité devrait rester la compassion envers les victimes, l'accompagnement des familles endeuillées et la recherche de la vérité sur les causes de l'incident. L'organisation met ainsi en garde contre les amalgames et les accusations prématurées susceptibles, selon elle, de porter atteinte à la réputation des acteurs économiques et de fragiliser les investissements créateurs d'emplois.

Sur la question de la transparence de Metafrique Steel S.A., le syndicat affirme que les structures juridiques, l'actionnariat et les responsabilités légales de l'entreprise sont identifiables auprès des administrations compétentes. Il rappelle notamment que la société est immatriculée au Registre du commerce et du crédit mobilier sous le numéro RC/DLA/2010/0581 et dispose d'un identifiant unique fiscal, le NIU M081000032594D. Des éléments qui, selon le SYNAJIC, peuvent être vérifiés par les voies légales et administratives.

Au-delà de ce cas précis, cette sortie constitue un rappel à l'ordre adressé aux journalistes, web-éditeurs et acteurs des réseaux sociaux. Le syndicat insiste sur la nécessité de vérifier les informations à la source, de croiser les données disponibles et d'adopter un traitement humain des événements impliquant des victimes. Il estime que la liberté de la presse ne saurait justifier la diffusion d'informations non vérifiées ni la condamnation publique de personnes avant les conclusions des investigations.

« La justice fera son travail. La presse doit faire le sien : informer, pas condamner », souligne le communiqué, qui invite les professionnels des médias à faire preuve de retenue et de responsabilité sociale dans le traitement de cette affaire.

En réitérant ses condoléances aux familles éprouvées par le drame de Bassa, le SYNAJIC rappelle que l'exigence d'information ne doit jamais faire perdre de vue les impératifs de dignité et de rigueur journalistique. Pour l'organisation syndicale, le contexte actuel appelle moins à la polémique qu'à l'établissement des faits et à la manifestation de la vérité.