Ils sont morts un 1er mai. Des ouvriers fauchés par le feu de Metafrique Steel, le jour même où le Cameroun célèbre le travail. Le symbole est cruel, presque obscène. Et pendant que le pays pleure ses enfants, une autre vérité, plus trouble, remonte à la surface. La société Metafrique Steel, celle que tous les médias et une partie de l’appareil d’État désignent comme indienne, est en réalité aux mains d’un groupe libanais. Son nom : Hayssam El Jammal.
L’acte de vente que personne ne voulait voir
Tout est noir sur blanc. Un document signé le 9 octobre 2017 chez un cabinet d’avocats à Dubaï acte le transfert des actions de Metafrique Steel vers Steel Market SAL Offshore. L’homme qui paraphe l’accord n’est autre que Hayssam El Jammal. Pourquoi avoir laissé croire pendant huit ans que l’usine appartenait à Arun Goswami, un investisseur indien ? Franchement, la question mérite d’être posée. L’opacité autour de cette transaction est un aveu de plus.
Un leader qui tue et un État qui ferme les yeux
Prometal, le navire amiral d’El Jammal, contrôle déjà plus de 70 % du marché de l’acier. En avalant Metafrique, le groupe libanais ne vise qu’une chose : verrouiller la filière et écraser la concurrence. Les autres acteurs étouffent. Pendant ce temps, les rapports de l’AJAFE dénoncent des conditions de travail indignes, des rejets toxiques et une absence totale de protection pour les ouvriers. Comment un groupe peut-il se dire leader quand il n’arrive même pas à protéger ses employés ? Le directeur général Ahmed Jaber, lui, se terre dans un silence assourdissant. L’État, à travers ses ministères, doit définitivement vérifier qui possède cette usine.
L’enquête ne fait que commencer. Mais une chose est sûre : les morts de Bassa ne doivent pas finir dans les archives.