Stéphane Bahoken quitte Qyzyljar fin décembre. À 34 ans, l’attaquant camerounais est pisté en Ligue 2 et en National. Récit d’un retour aux sources.
Le club kazakh voulait le prolonger. Bahoken a refusé.
Il y a un an, il ne savait même pas s’il rejouerait au football. Le 13 avril 2025, sa rupture du tendon d’Achille gauche, lors d’un match de championnat turc avec Kayserispor, avait failli mettre un point final à sa carrière. Un an plus tard, il signait au Kazakhstan pour 150 000 tenges par mois. Environ 250 euros. Un salaire symbolique pour un international camerounais de 34 ans.
Il a tenu. Il a marqué. Il a maintenu Qyzyljar dans l’élite. Et il s’en va.
La question n’est plus de savoir s’il peut encore jouer. Elle est de savoir où.
De Grasse à Petropavlovsk, l’itinéraire d’un survivant
Stéphane Bahoken est né à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, le 28 mai 1992. Il a commencé le football à l’ASPTT Plascassier, puis au RC Grasse, avant de rejoindre l’OGC Nice à douze ans. C’est là, sur la Côte d’Azur, qu’il a fait ses classes.
Sa carrière senior ressemble à une longue ligne droite interrompue par des virages. Nice, Strasbourg, Angers. Puis la Turquie, en 2022 : Kasımpaşa, puis Kayserispor. Et puis, le 13 avril 2025, ce match contre Kasımpaşa. Un duel aérien, une réception de travers, un tendon d’Achille qui lâche.
Un an sans compétition. Sans club à l’été 2025. À 33 ans, pour un attaquant, c’est le moment où les appels cessent.
Bahoken a attendu. En avril 2026, Qyzyljar Petropavlovsk lui offre une porte de sortie. Le club kazakh cherchait un attaquant d’expérience pour arracher le maintien. Bahoken cherchait un terrain pour prouver qu’il pouvait encore courir. Les deux se sont trouvés. Le contrat courait jusqu’en décembre.
Le salaire ? 150 000 tenges par mois, selon les médias kazakhs. Soit une misère pour un joueur de ce calibre, mais Bahoken s’en fichait. Il voulait rejouer.
Cinq buts, un maintien, et un refus
Les chiffres exacts de sa saison kazakhe varient selon les bases de données. AfricaFoot parle de cinq buts. FootyStats en recense trois en championnat. D’autres sources évoquent des totaux différents. Une chose est certaine : ses réalisations ont pesé dans la lutte pour le maintien. Qyzyljar a bataillé jusqu’à la dernière journée. Et il s’est sauvé.
Les dirigeants kazakhs ont voulu le garder. Ils l’ont dit. Ils ont même formulé une offre de prolongation, selon AfricaFoot. Bahoken a décliné.
« Il veut retourner en Europe centrale », écrit le média africain, citant des sources proches du dossier. La formulation est large. L’Europe centrale peut vouloir dire la France. Elle peut vouloir dire la Belgique, la Suisse, l’Autriche. Mais les touches les plus concrètes, selon les informations recueillies, se trouvent en France : Ligue 2 et National.
Un retour aux sources. Bahoken connaît ces championnats. Il y a joué. Il y a été formé. À 34 ans, il n’a plus besoin d’apprendre.
Ce que la Ligue 2 peut encore attendre d’un attaquant de 34 ans
La question mérite d’être posée. Un attaquant de 34 ans, revenu d’une rupture du tendon d’Achille, avec une saison au Kazakhstan et un salaire qui n’a jamais dépassé les 250 euros par mois. Quel club de Ligue 2 veut de lui ?
La réponse tient en deux mots : expérience et profondeur de banc.
Les clubs de Ligue 2 cherchent des attaquants capables de tenir un vestiaire, de parler aux jeunes, de remplacer un titulaire blessé sans faire couler l’équipe. Bahoken a connu les vestiaires de Nice, de Strasbourg, d’Angers, de Kayserispor. Il a connu la CAN avec le Cameroun. Il a connu la relégation, la remontée, la blessure, le doute. Ce genre de CV ne s’achète pas.
Il reste une inconnue : sa condition physique. La saison kazakhe s’est achevée en novembre. Bahoken aura deux mois sans compétition avant l’ouverture du mercato d’hiver. Les clubs intéressés voudront des garanties. Un essai, peut-être. Des tests médicaux, certainement.
Sa valeur marchande est estimée à 200 000 euros par Transfermarkt. Pour un club de Ligue 2, c’est une somme dérisoire. Pour Bahoken, c’est une porte ouverte.
Le silence des clubs intéressés
Nous avons tenté de joindre l’entourage du joueur. Sans succès. Aucun des clubs cités par AfricaFoot n’a confirmé son intérêt publiquement. Les noms n’ont pas filtré.
Ce silence n’est pas surprenant. Les négociations de mercato se font rarement à ciel ouvert. Mais il laisse une question en suspens : les touches sont-elles aussi concrètes qu’elles le paraissent ? Ou s’agit-il de discussions exploratoires, comme il en existe des dizaines à chaque fenêtre de transferts ?
Bahoken sera libre le 1er janvier 2027. Il peut signer où il veut, sans indemnité de transfert. C’est un avantage considérable pour un club à budget limité. C’est aussi une raison pour les dirigeants de ne pas se précipiter.
La décision pourrait tomber dans les prochaines semaines. Ou dans les prochains mois.
Ce que ce départ dit du football africain
Le parcours de Bahoken n’est pas unique. Il est emblématique. Un joueur formé en France, international camerounais, qui a connu les championnats européens, puis l’exil. La Turquie, le Kazakhstan. Des destinations qui paient, parfois bien. Des destinations qui permettent de rejouer, souvent.
Bahoken n’a pas choisi le Kazakhstan pour l’argent. 150 000 tenges par mois, c’est moins qu’un salaire de cadre moyen à Douala. Il a choisi le Kazakhstan pour le terrain. Pour prouver qu’à 33 ans, après une rupture du tendon d’Achille, il pouvait encore marquer des buts.
Il l’a fait. Cinq buts, un maintien. Et il rentre.
La suite ? Un club de Ligue 2, peut-être. Un dernier contrat, sûrement. Une fin de carrière digne, espérons-le.
Une chose est certaine : Bahoken n’a pas fini de courir.
Pourquoi Stéphane Bahoken quitte-t-il le Kazakhstan ?
Son contrat avec Qyzyljar Petropavlovsk expire le 31 décembre 2026. Le club voulait le prolonger, mais Bahoken a refusé. Il souhaite retourner en Europe centrale, et des touches existent en France, notamment en Ligue 2 et en National.
Quel âge a Stéphane Bahoken ?
Il est né le 28 mai 1992. Il a 34 ans. Plusieurs articles ont indiqué 28 ans par erreur, mais les bases de données officielles confirment 1992.
Dans quels clubs a-t-il joué avant le Kazakhstan ?
Il a été formé à l’OGC Nice. Il a ensuite joué à Strasbourg, Angers, puis en Turquie (Kasımpaşa et Kayserispor). Il a rejoint Qyzyljar en avril 2026.
Combien de buts a-t-il marqués au Kazakhstan ?
Les sources divergent. AfricaFoot évoque cinq buts. FootyStats en recense trois en championnat. Ses réalisations ont contribué au maintien de Qyzyljar dans l’élite kazakhe.