30 Novembre 1989 : Le Jour Où Ahmadou Ahidjo S’est Éteint en Exil à Dakar
© Camer.be : Toto Jacques | 30 nov. 2025 20:15:20 | 3837Le jeudi 30 novembre 1989 restera gravé dans l'histoire du Cameroun comme le jour où son premier président, Ahmadou Ahidjo, a tiré sa révérence, loin de la terre qu'il avait façonnée. La scène se déroule à Dakar, au Sénégal, dans l’intimité forcée d'un exil qui durait depuis 1983. Alité et diminué par une paralysie partielle des membres inférieurs survenue quelques mois plus tôt, l'ancien chef d'État passait une journée que l'on pourrait qualifier de morne, veillé par son épouse, Germaine Ahidjo, et un ami proche, Adam Maté.
À 17h30, dans un silence total, une crise cardiaque met fin à la vie de celui qui fut le bâtisseur du Cameroun moderne de 1960 à 1982. Ce décès, aussi soudain que symbolique, survient dans un contexte de tensions politiques extrêmes entre l'ancien et le nouveau régime. Depuis sa démission surprise en 1982 et la passation de pouvoir à Paul Biya, la relation entre les deux hommes s'était transformée en une rivalité acharnée. Ahidjo, accusé d'un complot en 1983 et condamné à mort par contumace en 1984, était devenu une figure persona non grata dans son propre pays.
Le communiqué annonçant son décès, laconique et diffusé à Yaoundé quelques heures plus tard, soulignait la froideur des relations et le manque d'égards officiels pour le "Père de la Nation". La question du rapatriement de sa dépouille, inhumée au cimetière musulman de Yoff à Dakar, est d'ailleurs devenue un marqueur politique et un sujet de débat brûlant au Cameroun, symbolisant la nécessité d'une véritable réconciliation nationale pour clore ce chapitre complexe de l'histoire du pays.
Trente-cinq ans après, la mémoire d'Ahmadou Ahidjo et son héritage continuent d'alimenter les discussions, son ombre planant toujours sur la vie politique camerounaise contemporaine. Le retour de sa dépouille demeure l'une des promesses non tenues et un enjeu d'actualité pour la mémoire historique.
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