L’odyssée enfantine de l’opposition politique camerounaise continue
© Correspondance : Leon Tuam | 28 juil. 2017 11:00:59 | 4987Une tête honnête et bien instruite sur la situation du Cameroun ne peut parler de la place quasi inexistante de l’opposition politique sans élaborer un discours consistant et cohérent sur le grand rôle du rouleau compresseur que figure le pouvoir RDPC en place depuis 1982. Mais est-ce vraiment une excuse valable, viable et péremptoire ?
Non. À la scruter depuis trois décennies, ceci ne saurait justifier la fuite et les faiblesses criardes de cette opposition politique. L’on dirait même que cette opposition est par extension le co-bourreau du peuple car, jusqu’ici, elle a échoué d’adopter une démarche et des actions conséquentes que choisissent les vrais leaders des peuples sous des pouvoirs aux allures despotiques.
La bêtise, la naïveté, l’égoïsme, la paresse et la trahison qui ont souvent caractérisé cette opposition semblent ne pas la quitter toujours au moment où l’année 2018 (année décisive de la présidentielle) tel un taureau en furie fonce sur nous.
Sinon, comment saisir que des leaders de cette opposition, des intellectuels et une partie des leaders d’opinions croient et soutiennent même mordicus qu’aller à cette élection sous les dispositions électorales injustes et opaques actuelles n’empêchera point l’opposition de la remporter ? Comme le pouvoir, seraient-ils eux aussi en train de préparer le chaos au Cameroun ?
Ce peuple a trop souffert et n’a plus besoin de leaders aventuriers. S’ils sont sans consistance, qu’ils disposent ou se taisent ! Ces gens oublient-ils dans quel contexte les autres élections ont été organisées depuis 1992 et quels ont été les résultats chaque fois ? S’ils l’ignorent, alors rappelons-le leur et au lecteur lointain qui ignore nos réalités politiques :
On a eu lors des élections passées des électeurs fictifs et des bureaux de vote fictifs, le bourrage des urnes, intimidations et violences sur les représentants de l’opposition dans les fiefs du pouvoir, la falsification des procès-verbaux par les autorités administratives ; à ceci s’ajoute le refus d’élection à deux tours, répressions, détentions et incarcérations arbitraires, interdictions des conférences et meetings publics de l’opposition, etc.
En matière électorale au Cameroun, le pouvoir en place a tout vissé à son profit après la victoire de John Fru Ndi à la présidentielle de 1992. Le plus surprenant, c’est que des Camerounais s’opposent ou s’écartent des voies et choix telle que la refonte du système électoral garantissant des élections justes et transparentes, ce qui conduira à un changement politique pacifique au Cameroun.
Oser aller aux élections en 2018 au Cameroun sans révision des règles du jeu, c’est maintenir ce pouvoir en place, c’est accepter la descente aux enfers du pays, c’est maintenir les APE, le FCFA, la Françafrique, le bradage et pillage des ressources nationales, c’est renforcer chez nous la présence du FMI et de la BM qui n’ont jamais aidé un seul pays à se développer, c’est choisir le chaos.
Et ne doutez pas, ne doutons pas ! Ceux qui voient Paul Biya se retirer en 2018 sont des malvoyants. Le musellement de l’opposition, les remaniements ici et là, l’atermoiement de la remise d’ordinateurs promis, Les nouveaux promus dans les armées et tous les décrets dont il nous arrose, etc. signalent qu’il n’est pas prêt à perdre le pouvoir, à voir tomber son parti. C’est l’art de « gagner ».
Sur ces entrefaites, tous ceux des Camerounais qui encouragent le peuple à aller à la présidentielle de 2018 sous les dispositions électorales actuelles sont mûs par des intérêts égoïstes, des promesses alléchantes et tous les autres profits que l’environnement sociopolitique tissé du faux et du flou offre. Ceux-là sont des antipatriotes.
C’est en vain qu’on cherchera et aura le changement politique pacifique dans le pays sous les dispositions électorales présentes. La descente aux enfers du pays continue sous le régime-sauterelle actuel tandis que continue l’odyssée enfantine de l’opposition politique. Le citoyen qui se lèvera et mettra fin au jeu calamiteux de ces deux acteurs deviendra immortel dans le cœur du peuple.
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