SECTE, SATANISME ET ESCLAVAGISME : Un réseau démantelé à Ngaoundéré
© L'Epervier : Grégoire Ntsama | 15 août 2015 12:44:22 | 36878Dirigé par Mohamadou Moctar, ce réseau séquestrait les enfants mineurs depuis des années sur qui étaient pratiqués des sévices et autres actes de torture. Le pot aux roses a été découvert par les forces de sécurité lors des opérations de fouille des maisons dans le cadre de la lutte contre Boko Haram .
Des sources sécuritaires à Ngaoundéré, le réseau démantelé le 8 août dernier exerçait depuis des années. Seulement, ses promoteurs agissaient sous le couvert d’une école coranique.
Les faits
Situé au quartier haoussa, le centre en question hébergeait de façon illégale près de 100 enfants, en provenance des régions du Centre, du Nord-ouest et de l’Adamaoua. Difficile pour l’instant de savoir comment vivaient ces enfants. Mais, on sait que ces enfants subissaient des sévices corporels. Enchaînés et vêtus de haillons, ils étaient battus autant de fois que leurs maitres en prenaient l‘envie. D’ailleurs, au moment de leur libération, certains enfants avaient des traces de blessures au corps, confirmant les sévices subis. Une jeune fille de 14 ans, parmi les deux filles retenues, a même témoigné avoir plusieurs fois été violée par Mohamadou Moctar, son maitre. Hamat Issa, le plus âgé des détenus (50 ans) a raconté comment des enfants étaient tués et enterrés nuitamment dans ce centre, pour le bonheur de ce marabout d’un autre genre.
Selon les éléments des forces de l’ordre mixtes qui ont découvert ce réseau, les mis en cause nient tout et persistent qu’il s’agit bel et bien «d’un centre de redressement des cas sociaux avérés. »
Complicité
Selon toute vraisemblance, ce marabout agissait en complicité avec certains parents. Car toutes ses victimes ont témoigné avoir été conduites là par leurs familles. « J’ai été emmenée par mes parents parce que j’ai refusé d’aller en mariage avec un homme qu’ils m’ont obligée à prendre pour époux », a expliqué une victime de 14 ans. Devant de telles déclarations, les questions qui hantent les esprits sont de savoir comment un parent peut-il abandonner son enfant dans un centre fût-il de redressement sans suivre son évolution. En attendant que les enquêtes ouvertes par la gendarmerie aboutissent, l’hypothèse d’une complicité entre le maitre de cette école coranique et les familles sont fortement envisagées. On soupçonne des pratiques sataniques, d’esclavagisme qui rapporteraient quelques sous aux parents des enfants jadis séquestrés par Mohamadou Moctar.
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