Le remaniement promis par Paul Biya plonge le pays dans l’attente paralysante
© Camer.be : Paul Moutila | 06 janv. 2026 18:06:21 | 2932Le Cameroun retient son souffle. Dans son adresse à la nation le 31 décembre, le président Paul Biya a annoncé la mise en place imminente d’un nouveau gouvernement, une promesse qui, une semaine plus tard, reste lettre morte. Cette attente, qualifiée d’« accouchement à la césarienne » par certains observateurs, révèle plus qu’un simple retard administratif. Elle expose les profonds blocages d’un système où l’annonce d’un remaniement ministériel paralyse littéralement l’État.
Depuis l’allocution présidentielle, une atmosphère d’attentisme et de fébrilité s’est abattue sur les administrations. Les activités sont au ralenti, les dossiers ne circulent plus, et les couloirs du pouvoir sont silencieux. Cette paralysie illustre un mode de gouvernance où la peur de perdre sa position prime sur l’action publique. Certains ministres, en poste depuis plus de vingt ans, vivent un « calvaire moral et psychologique », suspendus à la décision d’un seul homme.
Le délai s’explique par des luttes d’influence au sommet. La configuration du futur gouvernement serait préparée sous la houlette du Secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, mais fait l’objet d’intenses marchandages et de contestations. Cette situation intervient dans un contexte national lourd : une crise post-électorale vive, une insécurité persistante dans plusieurs régions, et une pression sociale croissante. Pour de nombreux Camerounais, l’attente est aussi celle d’une traduction du verdict des urnes dans la composition de l’équipe dirigeante.
Au-delà des noms et des portefeuilles, cette interminable gestation pose une question fondamentale. Dans un système souvent décrit comme une gérontocratie où l’âge moyen des dirigeants contraste radicalement avec celui d’une population très jeune, un simple changement de visages peut-il véritablement impulser le renouveau que beaucoup appellent de leurs vœux ? Le pays attend un gouvernement, mais n’aspire-t-il pas, plus profondément, à un changement de paradigme ?
Commentaires
Lire aussi
Après-Biya : l'option Franck Biya qui rassure Washington
Conseil constitutionnel : le bureau d'Atangana scellé à Yaoundé
Effoudou : de l'EMIA à l'exil, itinéraire d'un officier
À Yaoundé, les espions s'espionnent désormais entre eux
Atanga Nji : « Paul Biya connaît le Cameroun mieux que chacun »
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Qui est vraiment Junior Biya ?
Olive Ngobo Elok attaque Joseph Fouda en justice
Lionnes au Palais : sacre historique, selfie interdit
Biya : le vol qui va ramener le président au Cameroun
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Église MFD : Deborah Valetudie déchue de toutes ses fonctions
Sacre Akwa : Mbanya s'embrase à 10 jours du couronnement
Dette, détournement, impunité : le triangle camerounais
Coopération Cameroun-Chine : la Ccba ouvre un nouveau cadre d’échanges à Douala
Douala, Yaoundé, Figuil : Le programme « Excellence Scolaire » de CIMENCAM récompense les meilleurs
il y a un mois
il y a un an