Qui est vraiment Junior Biya ?
© Camer.be : Avec JA | 03 sept. 2026 18:19:14 | 4344Junior Biya, le fils discret du président Paul Biya, a fêté ses 31 ans à Genève entouré du clan présidentiel. Portrait d'un héritier que tout le monde observe sans qu'il ne se montre jamais.
À 31 ans, Junior Biya, fils cadet du président Paul Biya et de Chantal Biya, reste un mystère pour les Camerounais. Sa discrétion contraste avec les spéculations sur la succession présidentielle qui agitent le pays.
Junior Biya a 31 ans. Il les a fêtés le 22 juin à Genève, en Suisse, entouré de toute sa famille son père Paul Biya, sa mère Chantal Biya, sa sœur Brenda et une partie du clan présidentiel. Mais vous ne l'avez probablement jamais vu.
Le fils du président camerounais est un fantôme. Il n'a pas de compte sur les réseaux sociaux. Il ne donne pas d'interview. Il fuit les caméras. Et pourtant, tout le monde l'observe. Car dans l'ombre de ce jeune homme discret se joue peut-être l'avenir politique du Cameroun.
« Monsieur le président de la République » : un surnom qui interroge
Lors de la célébration de ses 31 ans à Genève, une scène a marqué les esprits. Cathy Meba, la nièce de Paul Biya, s'est adressée à lui en ces termes : « Nous sommes là pour fêter l'année de plus de Monsieur le président de la République : Junior Biya ! »
Une pluie d'applaudissements a salué cette déclaration. Mais ce titre honorifique a immédiatement fait réagir. Dans l'entourage du chef de l'État, on assure pourtant qu'il s'agit d'une simple marque d'affection ancrée dans la tradition ekang. « Ce titre affectueux, utilisé dans le cercle familial, n'a rien à voir avec un quelconque projet politique secret », insiste un proche.
Dans le contexte camerounais celui d'une succession de Paul Biya à laquelle chacun pense cette précision est d'importance.
Un fils béni par deux papes
Junior Biya est né en 1995, l'année de la visite du pape Jean-Paul II au Cameroun. Le souverain pontife l'a baptisé. En mars 2009, il a reçu une seconde imposition des mains cette fois du pape Benoît XVI.
Ces deux gestes pontificaux font de lui, selon un artiste camerounais, « l'enfant le plus béni de la République ». Une bénédiction qui, dans l'imaginaire collectif, renforce son aura mystérieuse.
L'homme le plus discret du clan présidentiel
La biographie officielle du chef de l'État, publiée par la présidence, mentionne trois enfants : Emmanuel Franck Biya, Anastasie Brenda Biya Eyenga et Paul Biya Junior. Mais ce dernier l'aîné de Brenda Biya de deux ans est de loin le plus secret.
À l'adolescence, il a été scolarisé en internat au Collège du Léman, à Genève. L'écrin est à l'abri des regards. Ses parents l'en ont ensuite retiré pour des raisons de sécurité.
Sur internet, l'une de ses rares photographies récentes le montre aux côtés de Samuel Eto'o, à la veille de la candidature de l'ancien capitaine des Lions indomptables à la présidence de la Fecafoot.
Le passage controversé à l'Enam
En 2017, son nom s'est imposé dans le débat public. Junior Biya se présente avec sa sœur Brenda au concours d'entrée de l'École nationale d'administration et de magistrature (Enam). Leur admission alimente une polémique nationale sur l'égalité devant le concours.
Arrivé en retard à une épreuve, Junior Biya aurait permis à d'autres candidats retardataires d'entrer à leur tour. La polémique enfle. Pourtant, il poursuit son cursus jusqu'à son terme et obtient son diplôme.
Mais depuis, aucune nomination au sein de la fonction publique. Junior Biya est retombé dans l'anonymat.
Un rôle discret mais influent
Calme et réservé, Junior Biya n'est pas indifférent à la vie de la famille. Il est décrit comme l'un des défenseurs les plus fervents de la « mesure » au sein du clan Biya. Il lui arrive de rappeler sa sœur Brenda à l'ordre lorsque celle-ci s'aventure dans des déclarations jugées trop sensibles sur les réseaux sociaux.
Il discute aussi de politique en privé au palais. Il donne son avis sur la marche du pays, sur les rivalités et les batailles qui opposent ceux qu'il considère comme ses « frères ».
Une succession qui divise la famille
L'année 2026 n'a pas changé la donne. Alors que les prétendants à la succession sont nombreux, Franck Biya reste le seul candidat familial sérieux. Mais il fait face à l'opposition de l'actuelle première dame, Chantal Biya, qui serait tentée de favoriser l'ascension d'un autre fils, Franck Hertz.
En revanche, Junior Biya, enfant de Chantal Biya tout autant que du président, n'est pas cité chez les prétendants. Pour l'instant.
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