36e témoin dans le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, le colonel Ayissi Nanga Parfait a dénoncé, à la barre, des pressions visant à le dissuader de témoigner et une tentative d’assassinat présumée à Ebolowa. Il met en cause Martin Savom et le secrétaire d’État à la Défense (SED), dans des déclarations qui restent à examiner par le tribunal.

Le procès de l’affaire Martinez Zogo se poursuit avec l’audition du colonel Ayissi Nanga Parfait. Interrogé par le ministère public, cet officier de gendarmerie, actuellement commandant en second à Ebolowa, a livré un témoignage marqué par de graves accusations de menaces, de pressions et de tentative d’assassinat.

Dès le début de son interrogatoire principal, le 36e témoin a confirmé être apte à témoigner, tout en exprimant ses inquiétudes quant à sa sécurité. Il a affirmé avoir bénéficié de la protection du tribunal après avoir subi, selon lui, plusieurs actions répressives liées à sa volonté de déposer dans cette affaire.

Le colonel a notamment mis en cause le secrétaire d’État à la Défense, qu’il accuse d’avoir fait procéder à son arrestation, ainsi que Martin Savom, auquel il attribue une tentative d’assassinat présumée dans la nuit du 19 au 20 août 2026 à Ebolowa.

Un rendez-vous nocturne au cœur des accusations

Pour étayer ses déclarations, l’officier a relaté sa rencontre avec un individu prénommé Dany, qui se serait présenté comme le fils du secrétaire général de la présidence de la République. Selon le témoin, cet homme lui aurait proposé de l’aider à résoudre des difficultés auxquelles il faisait face depuis trois ans, avant de lui suggérer plusieurs rendez-vous.

Le colonel affirme avoir finalement accepté une rencontre à l’hôtel Bengo, à Ebolowa, au cours de laquelle il aurait retrouvé Dany en compagnie d’un autre individu. Il dit avoir été escorté par des motocyclistes et estime que les caméras de surveillance de la ville pourraient contribuer à établir le déroulement des faits.
Au cours de leurs échanges, la situation de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga aurait également été évoquée. Le témoin soutient avoir précisé qu’il ne connaissait pas ce dernier et n’entretenait aucun contact avec lui.

Autre élément avancé à la barre : le témoin affirme que Dany aurait été arrêté par le Groupement territorial de Yaoundé avant d’être libéré à la suite d’une intervention qu’il attribue au SED. Il dit également l’avoir aperçu au tribunal aux côtés de Martin Savom, invitant la juridiction à apprécier les éventuels liens entre ces différents épisodes.

La suite du témoignage attendue

Au-delà de ces accusations, l’audition du colonel Ayissi Nanga Parfait soulève la question de la sécurité des témoins et des conditions dans lesquelles leurs dépositions sont recueillies dans le cadre de cette affaire judiciaire.

Les faits dénoncés par le colonel constituent, à ce stade, ses déclarations devant la juridiction. Leur vérification et l’établissement d’éventuelles responsabilités relèvent du tribunal.