Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne s'est pas remis de sa crise. À dix jours de sa convention extraordinaire annoncée au siège d'Odza, la contestation vient de l'intérieur.

Dans une correspondance officielle datée de ce jour, EDOU Cyrille, militant à la Fédération Communale MRC de Sangmélima, saisit  le sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé IV, autorité administrative de tutelle du siège national du parti, pour exiger l'annulation de la convention extraordinaire prévue le 17 octobre 2026.

Objet de la saisine : Contestation de la tenue d'une convention extraordinaire au MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun).

Le militant invoque deux raisons fondamentales : le défaut de qualité des convocateurs et l'existence de fortes tensions internes.

1. Le MRC est juridiquement acéphale depuis la démission de Maurice Kamto

C'est l'argument le plus tranchant. Le militant rappelle les statuts issus de la 3ème convention ordinaire des 09 et 10 décembre 2023.

L'article 17 alinéa b dispose que : « la convention se réunit en session ordinaire tous les 05 ans sur convocation du Président National... soit à sa propre initiative, soit à la demande des 2/3 des membres du conseil national ».

Or, écrit-il, « il est établi de faits que depuis le 25 juin 2025 le PN du MRC en la personne de Maurice Kamto avait démissionné pour militer au sein du MANIDEM le 27 Juin de la même année ».

Dès cette démission, le Directoire national aurait dû appliquer, de plein droit, l'article 68 alinéa 2 du Règlement intérieur qui stipule :

« en cas de démission ou d'empêchement du Président National du parti, pour des raisons de santé ou d'incapacité, le directoire constate à la majorité des 4/5 de ses membres, la démission ou l'empêchement et convoque la convention au plus tard 30 jours après la constatation de la démission ou de l'empêchement. Dans ce cas, la convention doit impérativement avoir lieu au plus tard 60 jours après sa convocation ».

Selon Edou Cyrille, « la non- application de cet article dans ses délais impératifs a rendu caduques les instances dirigeantes du MRC et le parti devenu acéphal ». Les personnes qui convoquent aujourd'hui la convention du 17 octobre n'auraient donc aucune qualité légale pour le faire.

2. Un précédent d'interdiction et une élection en visioconférence dans l'illégalité

Le militant rappelle à l'autorité administrative ses propres antécédents :

- Le 27 Novembre 2025, le même Sous-préfet de Yaoundé IV avait interdit une convention extraordinaire du MRC au motif de risques de troubles à l'ordre public.

- Le 21 Décembre 2025, malgré cette interdiction, « une convention extraordinaire par visioconférence avait été organisée pour élire Maurice Kamto à la tête du MRC en toute défiance des lois de la République ».

En clair, pour le plaignant, la convention du 17 octobre 2026 s'inscrit dans la continuité d'une illégalité et se tiendra dans un contexte de fortes tensions internes qui font craindre des troubles.

Vers une nouvelle interdiction ?

En s'adressant au Sous-préfet de Yaoundé IV, dont dépend territorialement le siège d'Odza, M. Edou Cyrille met l'administration face à ses responsabilités. Il lui demande d'assumer la continuité de l'État et d'interdire une réunion convoquée par des instances qu'il juge caduques.

Cette saisine venue de Sangmélima, base politique du RDPC mais où le MRC possède une fédération active, révèle l'ampleur de la fracture post-Kamto. Plus d'un an après le départ du Président fondateur vers le MANIDEM le 27 juin 2025, le parti n'a toujours pas réglé sa succession conformément à ses propres textes.

Le Sous-préfet de Yaoundé IV va-t-il à nouveau interdire ?