Présidentielle au Gabon : polémique dans la presse après un communiqué du PS
© Source : Europe 1 | 30 août 2016 12:47:27 | 12883A l'heure de la présidentielle au Gabon, le PS a déclaré dans un communiqué voir d'un bon œil l'alternance au pouvoir.
La presse gabonaise s'enflammait mardi, à quelques heures de l'annonce des résultats de la présidentielle, à propos d'un communiqué du Parti socialiste français estimant qu'"une alternance (au Gabon) serait signe de bonne santé démocratique et un exemple". Dans ce communiqué publié dimanche soir et reproduit mardi par des journaux gabonais d'opposition qui se félicitent de sa teneur, le PS indiquait qu'il serait d'une "extrême vigilance" à l'heure des résultats ajoutant : "voilà plus d'un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple".
"Une intervention dans les affaires du Gabon".
Alors que les camps du président sortant Ali Bongo Ondimba, et de son principal rival Jean Ping, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo revendiquent tous les deux la victoire, le quotidien national gabonais L'Union dénonce une "intervention scandaleuse et délirante dans les affaires intérieures du Gabon" du parti au pouvoir dans l'ancienne puissance coloniale.
"Ces spécialistes du Gabon des bords de Seine" appellent "à éloigner la famille Bongo du pouvoir, sauf que le principal adversaire du Président a fait lui-même partie de cette famille, puisqu'il est le père des enfants de la grande sœur" d'Ali Bongo, ajoute L'Union.
La presse d'opposition applaudit.
A contrario, la presse d'opposition exultait : "Le parti socialiste français reconnaît la victoire de Ping", titre ainsi en une La Loupe. Les Echos du Nord jugent de leur côté que "pour le PS en France, BOA (Bongo Ondimba Ali) est battu. L'emploi du conditionnel dans le texte est tout simplement une convenance diplomatique".
En 2009, l'opposition gabonaise avait accusé le président français d'alors, Nicolas Sarkozy, d'avoir pesé pour l'élection d'Ali Bongo après le décès d'Omar Bongo qui avait dirigé le pays pendant 41 ans. L'opposition avait violemment contesté cette élection, notamment à Port-Gentil, la capitale économique du pays où le consulat de France avait été incendié.
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