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Sommet Russie-Afrique : Biya ne va pas à Moscou

Biya ne fera pas le déplacement de Moscou pour le sommet Russie-Afrique des 28-29 octobre. 30 délégations africaines sont attendues, Poutine et Ndayishimiye coprésident.

Paul Biya ne se rendra pas à Moscou pour le troisième sommet Russie-Afrique, qui se tient les 28 et 29 octobre 2026. La séance plénière sera coprésidée par Vladimir Poutine et Évariste Ndayishimiye, président burundais et président en exercice de l’Union africaine. Trente délégations africaines ont confirmé leur participation.

L’information a circulé dans les rédactions camerounaises dans la nuit du 25 au 26 octobre. Elle contredit les listes publiées quelques jours plus tôt par plusieurs médias russes, qui citaient Biya parmi les dirigeants « ayant exprimé le désir de venir » ou « attendus ». Une chose est sûre : le président camerounais, 93 ans, ne fera pas le voyage.

Ce n’est pas la première fois. En 2019, il avait déjà manqué le premier sommet, à Sotchi. Mais cette fois, le contexte est différent. Le Cameroun est cité dans des dossiers sensibles. Et Moscou veut des actes, pas des absences.

Moscou, 28 octobre : ce qui se joue réellement derrière le sommet

Le troisième sommet Russie-Afrique s’ouvre ce mercredi 28 octobre dans la capitale russe. Trente délégations africaines ont confirmé leur présence, selon le décompte officiel du ministère russe des Affaires étrangères. Dix-sept dirigeants africains se déplaceront en personne, selon Africa Intelligence. Les autres pays enverront des ministres ou des conseillers.

La séance plénière principale est programmée pour le 29 octobre. Elle sera coprésidée par Vladimir Poutine et Évariste Ndayishimiye. Le président burundais, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine, devient donc l’interlocuteur africain numéro un du Kremlin pour ce sommet.

Les thèmes annoncés par Moscou donnent le ton : commerce, investissement, énergie nucléaire à usage pacifique, sécurité alimentaire, numérisation, intelligence artificielle, systèmes de paiement indépendants. Un « paquet substantiel » d’accords intergouvernementaux et de contrats commerciaux doit être signé à l’issue des travaux.

Biya absent : ce que disent les listes, et ce qu’elles ne disent pas

Le nom de Paul Biya a circulé dans les listes de participants publiées par plusieurs médias russes, notamment Mali News et RCA News, qui le citaient parmi les dirigeants « ayant exprimé le désir de venir ». Un autre média, Congovirtuel, le comptait même parmi les « 17 dirigeants ayant officiellement confirmé leur participation en personne ».

Ces listes ne sont plus à jour.

Le Cameroun sera bien représenté à Moscou. Le secrétaire général du ministère des Relations extérieures, Oumarou Chinmoun, a reçu le chargé d’affaires russe le 5 octobre et confirmé que « le Gouvernement camerounais y prendra part ». Reste à savoir qui conduira la délégation. Aucun nom n’a filtré.

Pourquoi cette absence compte

Paul Biya n’est pas un habitué des sommets Russie-Afrique. En 2019, il avait déjà décliné l’invitation de Sotchi. Il s’était rendu au deuxième sommet, à Saint-Pétersbourg, en juillet 2023. Cette fois, il reste à Yaoundé.

L’absence du président camerounais intervient dans un moment chargé. Le Cameroun est un partenaire militaire de longue date de la Russie. Un accord de coopération technique et militaire a été signé en avril 2015, et Moscou a fourni des armes pour la lutte contre Boko Haram. Plus récemment, en avril 2026, le ministre des Relations extérieures a convoqué l’ambassadeur russe au sujet de Camerounais enrôlés dans l’armée russe. Le dossier est sensible.

Sur le plan économique, les échanges restent modestes. La Russie n’est pas un partenaire commercial majeur du Cameroun. Mais Moscou mise sur l’énergie, les infrastructures et les minerais. Des discussions sur l’énergie nucléaire civile sont en cours depuis plusieurs années. Le sommet de Moscou devait être l’occasion de les accélérer.

Avec Biya absent, ces discussions se feront à un autre niveau. Moins politique. Plus technique. Ce n’est pas neutre.

Ndayishimiye, l’homme qui parle pour l’Afrique

Évariste Ndayishimiye n’est pas un invité comme les autres. Il copréside.

Le président burundais a été élu à la tête de l’Union africaine en février 2026. Il a accepté l’invitation de Poutine à coprésider le sommet lors de la visite de Sergueï Lavrov à Bujumbura, en juillet. Depuis, il est devenu la voix africaine que Moscou met en avant.

Son pays a signé des accords avec la Russie dans le nucléaire et les minerais, selon Channel Africa. Le Burundi est un petit pays, mais Ndayishimiye parle au nom de l’Union africaine. Ce n’est pas la même chose.

Cette configuration Poutine et Ndayishimiye côte à côte envoie un signal. La Russie ne cherche pas à parler à toute l’Afrique en même temps. Elle choisit ses interlocuteurs. Et elle les met en scène.

Ce que le Cameroun perd, et ce qu’il garde

Le Cameroun n’est pas isolé. Il fait partie des trente délégations attendues. Il participera aux discussions. Il pourra signer des accords si des textes sont prêts.

Mais l’absence de Biya change la nature de cette participation. Un ministre ne négocie pas comme un président. Un conseiller ne tranche pas comme un chef d’État.

Dans les couloirs du sommet, la question circulera : pourquoi Biya n’est-il pas venu ? Les réponses seront diverses. L’âge. L’agenda. La santé. La politique intérieure. Aucune ne sera officielle.

Ce qui est certain, c’est que Moscou a noté l’absence. Et que les partenaires africains aussi.


Paul Biya va-t-il participer au sommet Russie-Afrique 2026 ?
Non. Le président camerounais ne fera pas le déplacement de Moscou, contrairement à ce qu’avaient indiqué certaines listes publiées par des médias russes. Le Cameroun sera représenté, mais on ne sait pas encore par qui.

Qui copréside le sommet ?
La séance plénière du 29 octobre est coprésidée par Vladimir Poutine et Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine.

Combien de délégations africaines sont attendues ?
Trente délégations ont confirmé leur participation, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Dix-sept dirigeants africains se déplaceront en personne.

Quels sont les sujets abordés ?
Commerce, investissement, énergie nucléaire pacifique, sécurité alimentaire, numérisation, intelligence artificielle, systèmes de paiement indépendants et coopération militaire.

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