Aimé Césaire Ngobougna : «Il est essentiel de poursuivre nos actions en faveur des enfants »
© Camer.be : Interview Réalisée Par Alain Ndanga | 26 oct. 2026 08:13:00 | 349À Saint-Dizier, la défense des droits de l’enfant passe aussi par la culture. En novembre prochain, l’association Arc-en-ciel du monde et le groupe ACCS Malébo organisent la deuxième édition de leur événement consacré à cette cause. Ateliers artistiques en milieu scolaire, contes et danse figurent parmi les moyens envisagés pour sensibiliser les enfants à leurs droits et leur donner la possibilité de s’exprimer. Le Centrafricain, président de l’association, par ailleurs danseur-chorégraphe, revient sur les ambitions de cette initiative, les difficultés de financement et la nécessité de garantir à tous les enfants les mêmes droits, sans distinction.
Les souvenirs de la première édition sont encore frais dans la mémoire des habitants de Saint-Dizier. Vous aviez retenu le thème « Moi aussi ». Comment comptez-vous organiser cette deuxième édition ?
Au sein de l’association Arc-en-ciel du monde et du groupe ACCS Malébo, nous faisons de la défense des droits de l’enfant l’une de nos priorités. Nous estimons que c’est un combat que nous devons poursuivre sans relâche. Aujourd’hui encore, de nombreux enfants subissent les conséquences de la privation de leurs droits fondamentaux. Cela s’explique notamment par les crises qui sévissent dans différentes régions du monde et dont les enfants sont souvent les premières victimes.
Lorsque vous parlez des droits de l’enfant, faites-vous référence au contexte français, où vous vivez, ou à celui de la République centrafricaine, votre pays d’origine ?
Je parle des droits de l’enfant de manière générale, car leur défense concerne les enfants du monde entier. Que ce soit ici, en France, ou dans mon pays d’origine, la République centrafricaine, je pense que nos événements culturels peuvent contribuer à sensibiliser l’opinion publique et à interpeller le monde sur la nécessité de donner aux enfants les moyens de faire valoir leurs droits et de s’exprimer librement.
C’est d’ailleurs ce qui explique le choix du thème de la première édition, « Moi aussi ». L’enfant a le droit de s’exprimer, d’être écouté et de participer aux réflexions et aux actions en faveur du développement de son pays.
Comment cette deuxième édition se déroulera-t-elle concrètement ? Où et avec qui organiserez-vous cet événement ? Quelles institutions avez-vous sollicitées pour vous accompagner ? Disposez-vous des ressources nécessaires à sa réalisation ?
Notre objectif est d’obtenir des résultats significatifs avec des moyens limités. Près de 80 % de nos ressources reposent sur nos propres capacités, notamment notre engagement personnel et physique, que nous mettons au service de cette initiative à travers la culture. Toutefois, pour réussir cet événement, nous avons également besoin de moyens matériels et financiers.
La première édition a rencontré un certain succès, malgré les difficultés liées au manque de financement. C’est pourquoi je tiens à remercier la mairie de Saint-Dizier, qui continue de mettre à notre disposition ses locaux ainsi que des moyens logistiques. Il s’agit d’un soutien précieux, qui nous permet d’organiser l’événement et d’accueillir les artistes invités. Ceux-ci contribuent, à travers leurs prestations, à transmettre notre message et à sensibiliser le public à la cause des enfants.
Dans l’une de vos communications, vous indiquez que vous envisagez cette année d’intervenir dans des écoles, plutôt que d’organiser uniquement l’événement dans une salle. Est-ce bien le cas ? Comment ces interventions vont-elles se dérouler concrètement ?
Vous savez, chaque année, nous diversifions nos actions. Pour cette édition, nous avons donc réfléchi à de nouvelles modalités d’intervention. Puisque cet événement est organisé en faveur des enfants, nous proposons notamment, dans des écoles maternelles, de petits ateliers de danse et de contes adaptés aux élèves. C’est également une manière de leur permettre de vivre pleinement cette expérience dans leur environnement habituel.
Vous avez donc choisi d’aller directement à la rencontre des enfants ?
Comme plusieurs établissements scolaires accueillent des enfants, nous avons opté pour un système de tirage au sort afin de sélectionner ceux dans lesquels nous interviendrons. Par exemple, si nous souhaitons intervenir dans trois écoles alors que cinq établissements sont concernés, nous ne pouvons malheureusement pas tous les visiter. La même difficulté se pose lorsque le nombre d’établissements est plus important. Nous procédons donc à un tirage au sort, et les écoles retenues sont celles dont les noms ont été tirés. Nous y organisons ensuite des ateliers de danse, des séances de contes et des jeux culturels.
Par exemple, je ne vais pas privilégier l’établissement fréquenté par mon propre enfant simplement parce qu’il s’y trouve. Ce n’est pas ainsi que nous concevons notre action. Il faut préserver cette liberté et garantir l’égalité entre les enfants. Comme le dit l’adage : « La charité bien ordonnée commence par soi-même. » Mais si je ne pense qu’à mes propres enfants, il devient incohérent d’affirmer publiquement que je défends les droits de tous les enfants du monde. Nous devons donc commencer par nous-mêmes, en donnant l’exemple et en témoignant notre amour aux enfants, tout en garantissant à chacun la même liberté, sans aucune distinction.
L’année dernière, vous avez réussi à faire venir Idylle Mamba, qui vit et travaille à Barcelone, en Espagne. Comment avez-vous pu accueillir une artiste de cette envergure avec des moyens aussi limités ? Comptez-vous renouveler cette expérience cette année, voire aller encore plus loin ? Sur quels leviers vous appuyez-vous pour y parvenir ?
Vous savez, lorsqu’on entreprend quelque chose, on cherche toujours à aller plus loin et à faire mieux. L’année dernière, en pleine période de Covid, nous avons réussi à accueillir notre collègue artiste Idylle Mamba, qui vit à Barcelone, en Espagne. L’association Arc-en-ciel du monde l’avait invitée à participer à notre précédent événement.
Nous avions également accueilli le conteur et artiste Rachidi Zakaria, qui réside à Paris, ainsi que d’autres artistes venus de Troyes. Plusieurs artistes s’étaient donc mobilisés pour prendre part à cette initiative, alors même que nos moyens financiers étaient très limités.
Comme je l’indiquais précédemment, nous avions pu obtenir une salle grâce au soutien de la mairie, mais nous n’avions pas bénéficié de financements pour couvrir les frais de déplacement des artistes. C’est grâce à nos partenaires que nous avons pu mener ce projet à bien.
Je profite de cette occasion pour remercier également notre partenaire chez AXA, Max Verpillot, qui nous accompagne depuis la création de notre association. Nous lui sommes sincèrement reconnaissants pour son aide et son soutien, qui nous ont permis d’accueillir certains artistes et de prendre en charge leurs frais d’hébergement et de restauration.
Nous continuons donc de compter sur nos partenaires, qui nous font confiance et nous accompagnent dans la réalisation de nos actions.
Vous pouvez donc compter sur des partenaires institutionnels, comme la mairie, qui vous apporte un soutien logistique, mais aussi sur des mécènes comme Max Verpillot, qui vous accompagnent sans attendre de contrepartie, si ce n’est de vous aider à mener à bien votre action. Peut-on déjà connaître les noms de certains artistes qui participeront à cette deuxième édition ?
Cette année, j’ai pris contact avec un collègue artiste, Ndanga, venu du Cameroun, qui explore l’univers de la chanson-conte. Il avait déjà participé à des événements organisés à l’occasion de la fête de Mers, ce qui a permis à certains habitants de Saint-Dizier de découvrir son travail. C’est un artiste qui a véritablement un message à transmettre à travers ses créations, notamment en tant que musicien, conteur et poète.
Quelles sont vos attentes pour cette deuxième édition ?
Mes attentes portent avant tout sur le maintien de la confiance et du soutien de nos partenaires institutionnels, notamment la mairie de Saint-Dizier, ainsi que de nos partenaires mécènes, qui m’ont toujours accompagné et fait confiance.
Je compte sincèrement sur leurs soutiens. Je suis parfois profondément touché de constater que, malgré les difficultés financières auxquelles nous sommes confrontés, certaines personnes continuent de s’engager à nos côtés et de nous apporter leur aide spontanément, sans arrière-pensée ni attente de contrepartie.
Je les invite donc, une nouvelle fois, à nous accompagner afin que cette deuxième édition soit une réussite. Je souhaite que nous puissions poursuivre ensemble ce combat pour les droits des enfants. Ceux qui grandissent aujourd’hui grâce aux actions que nous mettons en place pourront, un jour, témoigner de leur expérience et de ce que nous aurons accompli à leurs côtés.
Au fil des années, des témoignages émergent, depuis la petite enfance jusqu’à l’âge adulte. C’est pourquoi il est essentiel de poursuivre nos actions en faveur des enfants. Je compte véritablement sur vous, chers partenaires, notamment AXA, Max Verpillot, ainsi que sur tous nos amis qui nous soutiennent. J’ai confiance en vous et en votre engagement pour faire de cette deuxième édition une réussite.
Lire aussi
Aimé Césaire Ngobougna : «Il est essentiel de poursuivre nos actions en faveur des enfants »
SANAGA : UN AN DE SAVEURS, DE MUSIQUE ET DE FIERTÉ CULTURELLE À PALAISEAU
STRASBOURG : BISCOTINE, LE « TALENT CACHÉ » QUI FAIT RAYONNER CULTURE, GASTRONOMIE ET TRADITION
DOROTHY SIKE : UNE VOIX QUI PORTE, UN TALENT QUI S’AFFIRME !
PARIS : GABICIA MOBILISE LA DIASPORA EN FAVEUR DES ENFANTS VULNÉRABLES
GALA ELAN DE COEUR A ARCUEIL : L’ASSOCIATION LA MBAMOISE INTERNATIONALE AUX COTES DES PLUS FRAGILES
MISS & MISTER AFRICA LUXEMBOURG & 3 FRONTIÈRES 2026
Joël Image: Le regard d'un talent de la photographie en Belgique
DJ CHRIST : LE NOUVEAU MAÎTRE DU BIKUTSI À PARIS !
Hilaire Sopie : Le Baobab de la Diaspora et l'Ambassadeur infatigable de la culture camerounaise
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
LA SDFISATION DE L'OPPOSITION CAMEROUNAISE
Joël Image: Le regard d'un talent de la photographie en Belgique
ESSTIC: LE JOURNALISTE HILAIRE SOPIE PARTAGE SON EXPÉRIENCE AVEC LES ÉTUDIANTS
Texticules de Hugues Seumo: Vous avez dit que nous avons tous faim ?
livre « L’Univers de la radiotélévision au Cameroun : Acteurs, organisation et pratiques »
il y a un mois
Professeur ghanéen tué aux USA : sa femme accusée de meurtre
Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes
Impact-100 : 100 candidats, un parti secret, un pari risqué
Douala : D'une querelle sentimentale à une affaire d'armes, une comptable clame son innocence
COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE
il y a un an