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Formation ferroviaire: L’Imefac renforce son partenariat avec un spécialiste allemand du rail

Samedi 31 octobre 2026, sous la présidence du délégué régional du ministère camerounais de l’emploi et de la Formation professionnelle du Littoral, Dawaye Tguessa Tôbou, l’Imefac (Institut de formation professionnelle aux métiers ferroviaires en Afrique centrale) a reçu du matériel didactique offert par Martin Rose Gleisbau. 

Cette remise marque le lancement de la formation de 80 boursiers aux métiers de la voie ferrée, avec des perspectives d’insertion professionnelle au sein de Camrail. « Un train ne peut rouler aussi bien que l’état des rails le permet. » Cette formule de Jens Rose, directeur général de Martin Rose Gleisbau, résume l’esprit de la cérémonie organisée au siège de l’Imefac, au quartier Cité de la Paix à Douala. Cette deuxième phase du programme de bourses vise à mettre à la disposition des futurs chantiers ferroviaires une main-d’œuvre qualifiée.

Fondée il y a 77 ans, l’entreprise familiale allemande Martin Rose Gleisbau transmet aujourd’hui son expertise à l’institut de formation de Douala. Son dirigeant connaît bien le contexte local pour avoir vécu au Cameroun durant seize ans. « J’ai compris qu’ils sont sérieux et qu’ils veulent apprendre », explique Jens Rose, justifiant ainsi son choix d’investir depuis l’Allemagne. À l’issue d’échanges avec les autorités camerounaises, le message reçu a été sans équivoque : « si vous le faites, nous le ferons également ». Cette deuxième phase vient donc consolider cet engagement commun.

80 boursiers formés dans trois spécialités avec une perspective d’emploi

Les 80 bourses sont réparties en deux cohortes de 40 apprenants. Chaque groupe comprend 15 techniciens de maintenance de la voie, 15 soudeurs aluminothermiques et 10 opérateurs de maintenance. Le premier contingent débute sa formation dès mardi.

Le cursus accorde une place prépondérante à la pratique, avec 70 % du temps consacré au terrain contre 30 % pour les enseignements théoriques. À l’issue du parcours, les apprenants obtiennent des certificats de qualification professionnelle (CQP).

L’approche adoptée privilégie l’employabilité. L’Imefac collabore avec Camrail et le Fonds national de l’emploi afin d’adapter les formations aux besoins réels du marché. L’institut souligne d’ailleurs que depuis 2021, 90 % des apprenantes formées à la maintenance de la voie ferrée ont été recrutées par la Socarrema.

Représentant le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle par intérim, Mounouna Foutsou, le délégué régional du minefop-Littoral, Dawaye Tguessa Tôbou, a salué cette initiative de transfert de compétences. Il a également mis en avant la présence de 25 jeunes femmes parmi les bénéficiaires des bourses, illustrant l’ouverture des métiers du rail à tous les profils. Il a enfin invité l’institution « à prendre soin de ce matériel » afin qu’il puisse également profiter aux générations futures.

La modernisation du réseau ferroviaire exige de nouvelles compétences

Pour Théophile Mountang, promoteur de l’Imefac, l’évolution du secteur ferroviaire entraîne de nouveaux besoins en qualification. Le passage de rails plus légers à des rails de 54 kilogrammes par mètre, posés sur des traverses plus robustes, impose une mécanisation accrue des travaux ainsi que la formation d’opérateurs spécialisés.

Cette réalité se traduit dans les contenus pédagogiques proposés par l’institut, qui intègrent notamment la topographie ainsi qu’un nouveau module consacré à la soudure électrique des rails.

Du côté allemand, le constat est similaire. « Nous travaillons sur la mécanisation et nous voulons voir les voies rénovées plus rapidement », indique Jens Rose. Selon lui, la généralisation des rails de 50 à 54 kilogrammes par mètre, contre environ 30 kilogrammes actuellement sur certaines sections, constitue l’une des prochaines étapes de la modernisation du réseau.

À travers cette dynamique, l’Imefac ambitionne de faire de Douala un véritable pôle d’excellence ferroviaire en Afrique centrale, avec la volonté de former à terme des ingénieurs « made in Cameroon ». Pour Théophile Mountang, les projets structurants annoncés, à l’instar du futur tramway de Douala, nécessiteront inévitablement des ressources humaines qualifiées. « Un pays ne peut pas se développer sans chemin de fer. »

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