Affaire Brand Kamga : plus de 10 jours d'arbitraire dans l'enfer de Kondengui
© Pour Camer.be : Joël Constant Tchoegnia | 02 févr. 2026 09:28:15 | 2873Incarcéré depuis le 19 janvier sans motif valable ni confrontation, le journaliste Brand Kamga est le visage d'une liberté de la presse bafouée. Entre accusations infondées et dossier vide, son maintien en détention soulève une question brûlante : le Cameroun est-il encore un État de droit ?
Libérez le confrère Brand Kamga. Comme tant d’autres, je demande qu’il quitte la prison centrale de Kondengui pour retrouver sa famille, qui a tant besoin de lui. Incarcéré depuis le 19 janvier dernier, il reste derrière les barreaux sans raison apparente. Il n'a jamais bénéficié d'une confrontation avec la partie demanderesse, privant sa défense de tout principe de contradiction.
Que fait-il donc là ? Que dit le gouvernement, qui ressasse à dessein que le Cameroun est un État de droit ? Quelle action mène le Conseil National de la Communication (CNC), lui qui affirme que son rôle est aussi de protéger les journalistes ? Autant de questions sans réponse qui prouvent que la liberté de la presse est gravement menacée au Cameroun.
Il faut, à minima, permettre la tenue d'un procès équitable. Dans les faits, le mis en cause explique dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux : « Une dame, dont notre média a fait le portrait d’athlète, me poursuit pour tentative d’enlèvement de sa fille, en complicité avec son fiancé résidant en France ». Il s'avère que ledit fiancé l’avait contacté pour dénoncer une escroquerie de la part de sa compagne. Fort heureusement, le journaliste n’a jamais réalisé de reportage, faute de preuves suffisantes.
« Après audition et confrontation en mai, il était question qu’elle apporte les preuves de mon passage dans l’école de sa fille école que je ne connais absolument pas », indique-t-il. Craignant une machination destinée à lui nuire, Brand Kamga précise que le procureur du TGI du Mfoundi avait pourtant adressé une requête aux fins d’intervention pour accusations mensongères. « Je me suis personnellement déplacé à la brigade de Nkolmesseng lundi pour le suivi de l’affaire ; conduite au parquet, elle m’a finalement mené à la prison centrale de Kondengui. » Voilà une situation supplémentaire qui illustre la dérive autoritaire d'un pays où les droits humains semblent à la merci du bon vouloir de quelques-uns.
Je salue l’initiative du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) qui, par la voix de son secrétaire général Hilaire Hamekoue, appelle l’opinion publique et les organisations internationales à suivre cette affaire de près. Le syndicat souligne des incohérences majeures : l’absence d’enquête sur un tiers de nationalité française, l’absence totale de reportage ou de rémunération, et la fuite à l’étranger de l’accusatrice. Plus aberrant encore : le ministère public a lui-même reconnu lors de la première audience que « le dossier est vide », sans pour autant abandonner la procédure.
Je suis admiratif de la détermination du SNJC, qui se dit prêt à engager toutes les actions syndicales et judiciaires nécessaires pour que cesse l’instrumentalisation de la justice à des fins d’intimidation des journalistes.
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