Les tensions persistent au sommet alors que Tshisekedi entame des consultations
© VOA : Eddy Isango | 03 nov. 2020 10:23:00 | 2265Les "consultations" convoquées par le président de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, visent à mettre fin aux divergences importantes entre les nombreux acteurs de la scène politique du pays.
Le chef de l'État, élu en 2018, est pris au milieu de revendications concurrentes émanant, d'une part, de sa propre base politique et, d'autre part, de vastes pans de l'échiquier congolais qui restent fidèles à son prédécesseur, l'ancien président Joseph Kabila.
Regroupés au sein du Front commun pour le Congo (FCC), ces derniers sont majoritaires aussi bien au Sénat qu'à l'Assemblée nationale.
Ce contexte unique force les deux camps à travailler ensemble et, en même temps, attise les tensions, notamment pour ce qui est des limites de l'exercice du pouvoir entre l'exécutif et les législateurs. Des tensions qui ont atteint un haut point le mois dernier, lorsque le président Tshisekedi a procédé à des nominations au sein des plus hautes cours du pays. Fait inédit, la cérémonie de prestation de serment des nouveaux juges a été boycottée par les présidents des deux chambres du Parlement.
Depuis, M. Tshisekedi, 57 ans, a dit vouloir créer une nouvelle "union sacrée", d'où les échanges qui ont débuté lundi et qui devraient durer une semaine. Une vingtaine de personnalités et d'organisations devraient rencontrer le chef de l'État dans le cadre de ces échanges.
"Il est souhaitable que le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila discutent à deux...sans les extrémistes", conseille Joseph Olenghankoy, ex-coordonnateur du Conseil national du suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre. Un accord qui avait permis d’organiser, dans la paix, les élections de 2018, deux ans après la date prévue par la Constitution.
M. Olenghankoy était parmi les premières personnes qui ont donné leurs points de vue lundi. Pour lui, la crise est due au fait que le pays est encore en plein apprentissage de la démocratie et expérimente un nouveau système de coalition.
Parmi ceux qui ont rencontré le chef de l'Etat lundi, on compte aussi le chef de la commission électorale, Corneille Nangaa, et l'ancien archevêque de Kinshasa, le cardinal à la retraite Laurent Monsengwo.
Autre invité de marque attendu dans les prochains jours: Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga. Il devrait arriver à Kinshasa vendredi en provenance de Lubumbashi, où il est à la tête d’un empire minier.
Outre son bras de fer avec le FCC de Joseph Kabila, M. Tshisekedi doit aussi faire face à l'intransigeance de son ancien rival, Martin Fayulu, qui continue à revendiquer sa victoire à la présidentielle de 2018.
Pour ce dernier, plutôt que des "consultations", M. Tshisekedi devrait organiser un "dialogue". Muni de ses propres propositions de sortie de crise, il a été reçu jeudi par le président Denis Sassou à Brazzaville, sur l'autre rive du fleuve Congo, entre deux visites de M. Tshisekedi dans le même pays.
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