"Sans machine à voter, pas d'élections" dans les délais en RDC, déclare le président de la Céni
© VOA : Eddy Isango | 14 févr. 2018 13:42:13 | 7526Le président de la Commission électorale en République démocratique du Congo a annoncé mardi que sans l'utilisation de machines à voter contestées, il ne serait pas possible d'organiser comme prévu la présidentielle censée élire le successeur du président Joseph Kabila le 23 décembre.
"Sans machine à voter, il n'y aura pas d'élections le 23 décembre 2018", a déclaré Corneille Nangaa, président de la commission électorale nationale indépendante (Céni), interrogé sur la position des États-Unis qui se sont opposés, la veille, à l'utilisation d'un système électronique de vote en RDC.
"Les élections du 23 décembre 2018 se feront avec la machine à voter", a-t-il insisté, joint au téléphone depuis New-York où il séjourne.
Lundi, les États-Unis ont affirmé leur opposition à un système électronique de vote pour la triple élection présidentielle, législatives et provinciales, du 23 décembre en RDC, alors que sept membres du Conseil de sécurité pressaient le président Kabila d'annoncer qu'il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.
>> Lire aussi : Des parlementaires demandent l'annulation de la loi électorale en RDC
"Nous sommes très préoccupés de voir l'insistance (en RDC) à vouloir utiliser un système électronique de vote" pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial de décembre, avait affirmé l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley.
Un tel recours représente "un risque colossal" et les États-Unis souhaitent le recours à "des bulletins papier pour qu'il n'y ait pas de doutes sur le résultat". "Les États-Unis ne soutiennent pas" ce recours à un système électronique, avait insisté la diplomate.
S'il faut recourir aux bulletins papiers, comme le souhaitent les États Unis, les élections devraient être organisées en juillet 2019, a estimé M. Nangaa.
"Les élections en RDC ne sont pas une affaire des États-Unis ou du Conseil de sécurité. La Céni entend faire respecter son indépendance" vis-à-vis de ses partenaires nationaux et étrangers, a-t-il insisté.
La RDC est minée par une crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Kabila dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.
Kinshasa a justifié la non-tenue d'élections fin 2016 par des problèmes de sécurité. Un scrutin avait été prévu fin décembre 2017, avant finalement d'être reporté au 23 décembre 2018.
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