Rebondissement majeur dans le litige foncier qui déchire Douala depuis des mois.
Ce vendredi 9 octobre 2026, le Tribunal de Première Instance de Douala-Ndokoti a rendu une ordonnance de référé d'heure à heure qui change la donne : la vente forcée de l'immeuble abritant le complexe Djeuga Palace, sur le site de Besseke, est suspendue.
Une vente stoppée in extremis
Prévue ce même vendredi 9 octobre, la vente du gigantesque projet immobilier bâti par le groupe Djeuga Palace sur la base d'une concession foncière devait sceller le sort du site.
À l'origine de la procédure, le cabinet-conseil ATOU de Me MOUKOURY EYANGO Jean-Jacques. Après avoir obtenu l'annulation du titre foncier du groupe, il avait engagé une procédure de vente de l'immeuble litigieux.
Saisi en urgence absolue en référé d'heure à heure par l'honorable FEUTHEU Claude, le Tribunal, présidé par Mme TOTTO MAMIKOUAN Angèle, a fait droit à la demande de sursis.
Dans son ordonnance, le juge est clair : « Ordonnons la suspension de la vente de l'immeuble litigieux du site de Besseke, en attendant l'issue des procédures contentieuses introduites devant le Tribunal Administratif du Littoral sur la propriété dudit immeuble. »
Un sursis, pas une victoire définitive
Cette décision n'est pas un jugement sur le fond. Elle ne dit pas qui est le propriétaire légitime du terrain de Besseke.
Elle consacre simplement un principe de sagesse judiciaire : on ne vend pas un bien dont la propriété est encore contestée devant la juridiction compétente.
Le Tribunal de Première Instance, juge de l'urgence, a estimé que la vente créerait un préjudice irréversible alors que le Tribunal Administratif du Littoral – seul compétent en matière de propriété foncière relevant du domaine public et des concessions – est encore saisi de recours contentieux sur la validité du titre.
C'est donc un sursis salvateur pour le groupe Djeuga Palace, qui gagne un temps précieux.
Le bras de fer judiciaire est désormais totalement déporté devant le Tribunal Administratif du Littoral. C'est lui qui devra trancher la question centrale : le titre foncier annulé l'a-t-il été régulièrement ? La concession de Besseke appartient-elle toujours au groupe Djeuga ou au demandeur ?
En attendant cette décision sur le fond, le site de Besseke reste en l'état, sous protection judiciaire.
Affaire à suivre.