Ekedi Samuel Kenechukwu, pasteur nigérian fondateur de Mercy of God Ministry, a été arrêté à Yaoundé avec quatre complices présumés. Il est soupçonné de trafic d'êtres humains.
Après des semaines de fuite, le promoteur de « Mercy of God Ministry » a été interpellé au Carrefour Mballa, à Yaoundé, en compagnie de quatre proches collaborateurs.
Ekedi Samuel Kenechukwu était activement recherché depuis la découverte d'un corps momifié sous une dalle de béton à Nkoabang, le 19 septembre 2026. Le pasteur nigérian, fondateur de Mercy of God Ministry, a été interpellé le 6 octobre 2026 au Carrefour Mballa, à Yaoundé, avec quatre complices présumés. Il est soupçonné d'enlèvement de mineurs, de trafic d'êtres humains et de séquestration. Voici ce que l'on sait.
Nkoabang, 19 septembre : le corps sous la dalle
Tout commence par une découverte macabre. Le 19 septembre 2026, aux environs de 9 heures, les éléments du commissariat spécial de Nkoabang mettent au jour une sépulture clandestine. Une dalle de béton brisée à coups de masse. Des fers à béton tordus. Sous l'ouverture, à 1,50 mètre de profondeur, un cercueil blanc et or à couvercle vitré. À l'intérieur, un corps en état de momification. Une femme, à première vue, vêtue d'un habit traditionnel bleu à broderies dorées .
La découverte a lieu dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Kedi Samuel Kenechukwu, alias Ekedi Samuel. Le fondateur de Mercy of God Ministry est en fuite depuis plusieurs jours. Il est accusé de trafic d'êtres humains, arrestation et séquestration .
6 septembre : 20 personnes dans un sous-sol à Ngousso
L'affaire n'a pas commencé à Nkoabang. Le 6 septembre 2026, une opération est menée dans un autre site de Mercy of God Ministry, au quartier Ngousso, à Yaoundé. Vingt personnes sont découvertes dans un sous-sol. Dix femmes. Huit hommes. Deux enfants âgés de six et sept ans .
Ces découvertes conduisent les enquêteurs à remonter la piste jusqu'au quartier général principal de Nkoabang. Le 9 septembre, une perquisition y est menée par le substitut du procureur près les Tribunaux d'instance de Mfou et de la Mefou-et-Afamba, Arnold Ndoumbe Eteki, et le commandant de la Légion de gendarmerie du Centre .
Cinq véhicules sont retrouvés sur place. Plusieurs centaines de kilogrammes de nourriture. Des congélateurs en état de marche. Environ trente pièces. Et une fosse d'environ deux mètres de profondeur, dont l'usage n'a pas été établi à l'époque .
Le portrait du pasteur : un Nigérian installé depuis 2018
Ekedi Samuel Kenechukwu se présente comme pasteur et promoteur de « Mercy of God Ministry ». De nationalité nigériane, il est domicilié à Nkoabang. Il opérerait au Cameroun depuis 2018 .
Des dizaines de femmes auraient été séquestrées pendant des années dans les locaux de l'église. Elles auraient été dépouillées de tous leurs biens, affamées et soumises à des viols répétés . Des enfants auraient également été « confisqués » et utilisés comme objets sexuels. D'autres victimes seraient mortes dans des conditions mystérieuses .
Un habitant du quartier Ngousso, conscient des décès suspects survenus dans la congrégation, avait tenté d'alerter les autorités. Il s'est retrouvé arrêté par des gendarmes et jeté en cellule sur simple coup de fil du prophète nigérian, qui l'accusait de diffamation .
6 octobre, 19 h : l'arrestation au Carrefour Mballa
Après des semaines de fuite, Ekedi Samuel Kenechukwu est localisé. Le 6 octobre 2026, aux environs de 19 heures, les éléments de la gendarmerie investissent une habitation au Carrefour Mballa, près d'Abom, à Yaoundé. Exploitant un renseignement jugé crédible, ils procèdent à l'interpellation de cinq hommes .
Outre Ekedi Samuel Kenechukwu, quatre autres suspects sont arrêtés. Ils sont présentés comme ses proches collaborateurs. Ndja Gaston, 31 ans. Fotso Yvan, 33 ans. Fuh Divine, 42 ans. Kumtche Julius, 46 ans. Ils sont soupçonnés de complicité .
Une perquisition est effectuée sur les lieux. Les gendarmes saisissent plusieurs objets dont la nature et l'éventuel lien avec les faits reprochés doivent encore être déterminés par les enquêteurs .
Les cinq suspects ont été placés en garde à vue.
Ce que disent les autorités
Le Cameroon Tribune rapporte que Kenechukwu était « activement recherché » . L'homme est soupçonné d'enlèvement de mineurs, de trafic d'êtres humains, d'arrestation et de séquestration .
Les autorités camerounaises avaient alerté la police des frontières et impliqué Interpol dans les recherches pour le localiser, selon Leadership .
L'enquête devra établir l'ampleur des faits présumés, identifier d'éventuelles victimes et déterminer leurs conditions présumées de détention .
Un phénomène national
L'affaire de Mercy of God Ministry n'est pas un cas isolé. En juin 2026, la gendarmerie nationale a démantelé un vaste réseau de traite d'êtres humains opérant sous couvert d'activités de marketing de réseau. Treize personnes avaient été interpellées. Selon la gendarmerie, près de 6 000 victimes auraient été enrôlées à travers le pays .
Les suspects attiraient leurs victimes via des plateformes en ligne présentées comme des opportunités d'affaires. Ils ciblaient principalement des jeunes sans emploi, des étudiants, des diplômés en situation précaire et des candidats à l'émigration. Les commanditaires étaient basés en Malaisie, avec des ramifications en Afrique centrale et de l'Ouest .
En janvier 2026, 46 Camerounais avaient été secourus de conditions de vie déplorables dans un camp situé à Moweh, dans l'État d'Ogun, au Nigeria. Ils avaient été attirés par un réseau d'escroquerie QNET sous prétexte de leur trouver des emplois bien rémunérés .
Le cadre juridique
Au Cameroun, l'enlèvement de mineurs est puni par l'article 352 du Code pénal. La peine va d'un à cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 20 000 à 200 000 FCFA. En cas de fraude ou de violences, la peine monte à cinq à dix ans d'emprisonnement .
L'enlèvement aggravé lorsque la victime est mineure de treize ans, ou lorsque le coupable agit pour obtenir une rançon est passible de l'emprisonnement à vie. Si la mort de la victime en résulte, la peine est la mort .
La loi n° 2005-15 du 29 décembre 2005 relative à la lutte contre le trafic et la traite des enfants prévoit des peines de quinze à vingt ans d'emprisonnement pour le trafic et la traite d'enfants. L'amende peut atteindre 10 millions de FCFA .
L'enquête se poursuit. Les cinq suspects sont en garde à vue. Les autorités doivent déterminer l'ampleur exacte des faits présumés. Le nombre de victimes reste inconnu. L'identité du corps découvert à Nkoabang n'a pas été révélée.
Pour les habitants de Ngousso et de Nkoabang, une question demeure. Comment une église a-t-elle pu fonctionner pendant des années sans que personne n'intervienne ?
Qui est Ekedi Samuel Kenechukwu ?
Un pasteur nigérian, fondateur de l'église Mercy of God Ministry. Il opérerait au Cameroun depuis 2018 et est domicilié à Nkoabang, à Yaoundé.
Pourquoi a-t-il été arrêté ?
Il est soupçonné d'enlèvement de mineurs, de trafic d'êtres humains, d'arrestation et de séquestration. Il était recherché depuis la découverte d'un corps momifié sous une dalle de béton à Nkoabang.
Que s'est-il passé à Ngousso ?
Le 6 septembre 2026, vingt personnes dix femmes, huit hommes et deux enfants ont été découvertes dans un sous-sol d'une propriété de Mercy of God Ministry à Ngousso.
Où a-t-il été arrêté ?
Au Carrefour Mballa, près d'Abom, à Yaoundé, le 6 octobre 2026, aux environs de 19 heures. Quatre complices présumés ont été arrêtés avec lui.