Eisenkot revendique la victoire : son bloc obtiendrait 52-53 sièges contre 50 pour Netanyahu. Aucune majorité, les partis arabes en faiseurs de rois. (151 caractères)

Gadi Eisenkot a revendiqué la victoire, mardi 27 octobre 2026, après des législatives israéliennes qui placent son bloc en tête avec 52 à 53 sièges, contre environ 50 pour Benjamin Netanyahu. « Ces résultats me donnent le premier droit de former un gouvernement », a affirmé le chef de Yashar. Le Likoud reste le premier parti du pays, avec 24 à 25 sièges, mais son bloc perd la majorité.

Aucun camp n'atteint les 61 sièges nécessaires. Les partis arabes, crédités de 17 à 18 sièges, deviennent des faiseurs de rois que les deux blocs excluent pourtant de leurs coalitions. Israël entre dans une zone d'incertitude politique dont l'issue pourrait prendre des semaines.

Eisenkot revendique la victoire, Netanyahu privé de majorité

Les Israéliens votaient le 27 octobre 2026 pour la première fois depuis les attaques du 7 octobre 2023. Le scrutin était attendu comme un référendum sur Benjamin Netanyahu, au pouvoir sans interruption depuis 2022 et déjà confronté à un procès pour corruption. La participation a atteint un niveau record, signe de l'importance accordée à ce vote.

Les sondages à la sortie des urnes des chaînes 11, 12 et 13 ont dessiné un paysage politique fracturé. Le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et figure de la guerre à Gaza, devance d'une courte tête celui du Premier ministre sortant. Mais la Knesset reste sans majorité claire.

Ce que disent les chiffres

Les projections accordent au bloc Eisenkot 52 à 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Le bloc Netanyahu en obtiendrait environ 50.

Au niveau des partis, le Likoud de Netanyahu arrive en tête avec 24 à 25 sièges, juste devant Yashar, le parti d'Eisenkot, crédité de 21 à 23 sièges. Ensemble, la formation de Naftali Bennett, obtiendrait 14 sièges, Les Démocrates de Yair Golan 10, et Yisrael Beiteinu d'Avigdor Lieberman 8.

Les partis arabes réalisent une percée historique avec 17 à 18 sièges, dont 7 pour Raam et 10 à 11 pour la Liste unie. Cette progression les place en position d'arbitres, bien que les deux blocs aient exclu de gouverner avec eux.

Eisenkot : « Une absence totale de confiance envers Netanyahu »

Le chef de Yashar n'a pas attendu les résultats définitifs pour revendiquer la victoire. « Les résultats préliminaires montrent une absence totale de confiance envers Netanyahu et le gouvernement du 7 octobre », a-t-il déclaré. « Si ce sont les résultats finaux, c'est une victoire pour la majorité sioniste d'Israël. »

Il a promis d'agir « immédiatement pour mettre en œuvre le verdict du peuple, remplacer le gouvernement de Netanyahu et établir un gouvernement de mobilisation sioniste dans les plus brefs délais ».

Yair Golan, chef des Démocrates, a estimé que le peuple avait « viré Netanyahu ». Yaïr Lapid, leader de l'opposition parlementaire, a parlé d'une « défaite écrasante » et d'un « effondrement total » du camp du Premier ministre.

La réponse de Netanyahu : prématurée

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a qualifié les célébrations de l'opposition de « prématurées ». « Une chose semble assez claire : le Likoud est le plus grand parti d'Israël », a-t-il écrit sur X.

Cette déclaration souligne une réalité : même affaibli, le Likoud reste la première force politique du pays. Mais dans le système israélien, le nombre de sièges d'un parti ne détermine pas qui gouverne. C'est la capacité à former une coalition de 61 députés qui compte.

Les quatre scénarios qui s'ouvrent

Aucun bloc n'ayant la majorité, plusieurs issues sont possibles.

Premier scénario : Eisenkot parvient à former une coalition avec Yashar, Ensemble, Yisrael Beiteinu et Les Démocrates, en s'appuyant sur l'abstention de certains partis arabes. Un gouvernement minoritaire, fragile, contraint de négocier chaque budget.

Deuxième scénario : Netanyahu reconduit son alliance avec les partis orthodoxes et l'extrême droite, mais il lui manque des sièges. Il devrait convaincre des transfuges ou des partis arabes, ce qu'il a toujours refusé.

Troisième scénario : un gouvernement d'union nationale entre le Likoud et Yashar, avec une alternance à la tête du gouvernement. Les deux hommes l'ont écarté jusqu'ici.

Quatrième scénario : de nouvelles élections. Faute d'accord, les Israéliens seraient rappelés aux urnes, prolongeant une instabilité que le pays a déjà connue entre 2019 et 2022, avec cinq scrutins en trois ans.

Le calendrier des tractations

Les résultats officiels ne seront proclamés qu'au plus tard le 4 novembre, après le dépouillement des votes sous double enveloppe. Le président Isaac Herzog consultera ensuite les partis, puis désignera dans les sept jours le député le plus à même de former un gouvernement. Ce dernier disposera de 28 jours, prolongeables de 14, pour y parvenir.

En cas d'échec, Herzog peut désigner un autre parlementaire, ou constater qu'aucun gouvernement n'est possible. La Knesset dispose alors de 21 jours pour proposer une alternative.

Israël entre dans une période d'incertitude politique qui pourrait durer des semaines, voire des mois. Le pays est engagé dans un conflit à Gaza qui dure depuis trois ans, et fait face à des défis sécuritaires majeurs, notamment sur le front iranien.

La question n'est plus de savoir qui a gagné. Elle est de savoir si un gouvernement peut être formé. Et si oui, par qui, avec qui, et pour combien de temps.


Qui a gagné les élections israéliennes de 2026 ?
Selon les projections, le bloc de Gadi Eisenkot obtiendrait 52 à 53 sièges, contre environ 50 pour Benjamin Netanyahu. Aucun des deux blocs n'atteint la majorité de 61 sièges. Le Likoud reste le premier parti avec 24 à 25 sièges.

Gadi Eisenkot peut-il former un gouvernement ?
Il revendique ce droit, mais il lui manque des sièges. Il devra négocier avec Ensemble, Yisrael Beiteinu et Les Démocrates, et obtenir l'abstention de certains partis arabes, ce qui reste incertain.

Que vont faire les partis arabes ?
Ils ont réalisé une percée avec 17 à 18 sièges, mais les deux blocs ont exclu de gouverner avec eux. Leur abstention pourrait toutefois permettre un gouvernement minoritaire.

Que se passe-t-il si aucun gouvernement n'est formé ?
Israël retournerait aux urnes, comme en 2019-2022. En attendant, Netanyahu resterait Premier ministre par intérim.