Paul Biya et le RDPC : 40 ans de pouvoir, incertitudes et enjeux électoraux au Cameroun
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Paul Biya et le RDPC : 40 ans de pouvoir, incertitudes et enjeux électoraux au Cameroun :: CAMEROON

Plus de quatre décennies après son accession à la tête du Cameroun, Paul Biya, président depuis 1982, suscite toujours des interrogations sur son avenir politique. Alors que certains hiérarques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) le présentent comme candidat potentiel pour la prochaine élection présidentielle, le chef de l’État campe dans un silence qui alimente les spéculations.  

Un parti marqué par l’héritage de Paul Biya  
Le 24 mars 2024, le RDPC célébrait ses 40 ans d’existence, une longévité symbolique pour un parti né de la transformation de l’Union nationale camerounaise (UNC), fondée par Ahmadou Ahidjo. Pourtant, derrière cette célébration se cache une réalité plus complexe : le RDPC reste profondément lié à la figure de Paul Biya, dont l’influence semble indéfectible malgré son âge avancé (92 ans) et des questions récurrentes sur son état de santé.  

Un pouvoir centralisé, une succession incertaine  
Depuis plusieurs années, Paul Biya se fait rare dans l’espace public, passant le plus clair de son temps dans son village de Mvomeka. Son absence lors des célébrations officielles, comme son anniversaire ou celui du RDPC, alimente les rumeurs sur son "retour au village", une expression devenue symbole d’un possible retrait.  

Pourtant, au sein du parti, personne n’ose véritablement évoquer l’après-Biya. Le Comité central, dont le mandat a expiré depuis 2011, n’a toujours pas été renouvelé, et les instances dirigeantes semblent paralysées par la crainte de contrarier le président. Même des figures comme Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du RDPC, restent prudentes, affirmant simplement que le parti est "prêt" pour la présidentielle d’octobre… si Paul Biya décide de se représenter.  

Une opposition et une opinion publique en attente  
L’incertitude est tout aussi palpable dans les institutions. Les présidents du Sénat (Marcel Niat Njifenji) et de l’Assemblée nationale (Cavaye Yeguie Djibril), tous deux âgés, n’inspirent pas confiance quant à leur capacité à assurer une transition. Pendant ce temps, l’opposition et une partie de l’opinion publique dénoncent une "incapacité à gouverner" et réclament un renouvellement générationnel.  

Le RDPC face à son avenir  
Aujourd’hui, le RDPC semble prisonnier de son histoire. Si Paul Biya reste l’"homme providentiel" du parti, l’absence de mécanismes clairs pour sa succession pourrait fragiliser l’édifice politique qu’il a construit. Alors que le Cameroun s’approche d’une nouvelle échéance électorale, la question de la succession politique reste entière, et le pays tout entier retient son souffle. 

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