Séisme économique mondial : Donald Trump redéfinit l’ordre économique mondial
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FRANCE :: Séisme économique mondial : Donald Trump redéfinit l’ordre économique mondial

Par un retour fracassant, Donald Trump a bouleversé l’ordre économique mondial. Le 2 avril, jour désormais marqué d’une pierre noire dans l’histoire du commerce international, le président américain a déclenché une tempête protectionniste dont les répercussions risquent d’ébranler les fondements d’une mondialisation déjà vacillante. Depuis des mois, Donald Trump n’avait cessé d’annoncer son retour sur la scène politique comme celui d’un libérateur de l’Amérique. Et il n’a pas tardé à joindre l’acte à la parole. En ce début d’avril, il a lancé ce qu’il appelle une « nouvelle vision économique », reposant sur un principe simple et redoutablement offensif : le retour à un protectionnisme exacerbé.

Dans un discours mêlant promesses de renaissance et avertissements à peine voilés, le président américain a qualifié cette journée de « jour de libération », promettant de restaurer la grandeur des États-Unis par une série de droits de douane dits « réciproques » – comprendre : équivalents à ceux que d’autres pays imposent sur les produits américains. Pour Donald Trump, il s’agit d’un mécanisme de juste retour, d’une réponse aux « abus » économiques que les États-Unis auraient subis depuis un demi-siècle.

Un protectionnisme généralisé et ambigu

Ce n’est plus ici l’acier, l’aluminium ou l’automobile qui sont visés, comme lors de son précédent mandat. Cette fois, la démarche est plus vaste, plus diffuse, presque insaisissable. Selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, les nouvelles taxes s’appliqueront à la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis. Le président, quant à lui, a tenté de rassurer. « Nous allons être très gentils », a-t-il affirmé avec son flegme coutumier. Mais derrière cette façade bienveillante, les observateurs internationaux perçoivent déjà les contours d’une politique brutale. Comme souvent avec Trump, le flou devient arme : frapper d’abord, négocier ensuite.

Une onde de choc mondiale

La nouvelle a agi comme un détonateur sur les marchés. Les bourses asiatiques et européennes, dans un premier temps ébranlées, ont timidement rebondi face aux promesses d’un protectionnisme « mesuré ». Mais personne n’est dupe. Les partenaires des États-Unis s’activent en coulisse pour préparer la riposte. À Taïwan, par exemple, les autorités économiques ont déjà envisagé divers scénarios, selon les niveaux de taxation envisagés. Le ministre des Affaires économiques, Kuo Jyh-huei, l’a déclaré sans ambages : « Tous les scénarios ont été analysés », preuve d’une inquiétude partagée au-delà du Pacifique.

Le spectre d’une guerre économique globale

Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. La présidente du Conseil italien a qualifié les taxes américaines de « mauvaise nouvelle », tandis que des voix européennes commencent à évoquer la nécessité de contre-mesures. Mais la portée de ce séisme dépasse les seules considérations économiques. Certains analystes redoutent déjà des conséquences géostratégiques. Si Trump pousse sa logique jusqu’au bout, le retrait américain du financement de l’OTAN, qui représente actuellement près des deux tiers de son budget, pourrait être la prochaine étape d’un désengagement plus global. De l’Europe à l’Afrique, en passant par l’Asie, les alliés s’interrogent : comment se protéger si l’Amérique se retire ?

Un monde en mutation

Sous couvert de pragmatisme, Trump semble vouloir redessiner un monde à son image : moins interdépendant, plus centré sur les intérêts immédiats de l’Amérique. Certains applaudissent cette logique nationaliste ; d’autres y voient les prémices d’un repli ravageur, annonciateur d’un chaos économique plus vaste encore. Une voix ironique s’est élevée : « Nous arrêtons tous d’exporter vers les États-Unis », comme un cri de protestation face à une logique jugée unilatérale. D’autres appellent à réinventer les alliances, à renforcer les partenariats commerciaux hors du cadre américain.

Le Royaume-Uni, notamment, observe avec attention cette recomposition, oscillant entre soutien à son ancien allié et tentation de nouvelles alliances. Ce 2 avril, bien plus qu’une date dans le calendrier, restera peut-être comme le symbole d’une cassure. Celle d’un monde qui se croyait encore lié par des échanges ouverts et qui découvre, avec fracas, le retour d’un nationalisme économique décomplexé. Trump, avec sa rhétorique flamboyante et ses décisions abruptes, est en train d’écrire un nouveau chapitre du capitalisme mondial. Mais à quel prix ?

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