RCA: Pourra-t-elle se passer de la Russie pour assurer la sécurité à la veille de la présidentielle?
CENTRAFRIQUE :: POINT DE VUE

CENTRAFRIQUE :: RCA: Pourra-t-elle se passer de la Russie pour assurer la sécurité à la veille de la présidentielle? :: CENTRAL AFRICAN

Le 13 janvier 2021, après la réélection du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra pour un second mandat de cinq ans, Bangui a été attaqué par des militants de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Ce groupe armé a été créé par l'ancien président François Bozizé, déterminé à organiser un coup d'État et à s'emparer du pouvoir. Cependant, grâce au renforcement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et au soutien des alliés russes, cette rébellion a été rapidement réprimée.   

Rappelons que Moscou et Bangui ont conclu un accord militaire en 2018. Selon cet accord, la partie russe s'est engagée à former les forces de défense et de sécurité centrafricaines, ainsi qu'à leur fournir un soutien matériel et technique. Depuis, de nombreux spécialistes militaires du groupe Wagner sont arrivés dans le pays africain. Leurs méthodes de travail ont souvent été controversées et critiquées dans les médias et les réseaux sociaux pour leur dureté, mais ils ont clairement prouvé leur efficacité et leur professionnalisme.  

Ainsi, le président de la République centrafricaine a remercié à plusieurs reprises le dirigeant russe Vladimir Poutine d'avoir envoyé des militaires russes dans son pays pour l'aider à lutter contre les groupes armés. Selon le chef de l'État centrafricain, l'armée formée par les spécialistes russes est une force puissante qui poursuit et détruit les terroristes et autres criminels sur le territoire de la République centrafricaine. Les autorités locales et les habitants de la République centrafricaine ont également exprimé à plusieurs reprises leur gratitude envers les alliés russes pour la stabilisation de la situation sécuritaire.

Cependant, malgré l'efficacité apparente de la coopération entre la Russie et la RCA dans les domaines économique et militaire, le pays africain a récemment décidé de se recentrer sur la coopération avec la France. Ainsi, le président Touadéra s'est rendu à Paris à deux reprises en 2024. En outre, la France a commencé à déployer activement en RCA divers programmes de formation militaire, auparavant réduits dans en contexte du rapprochement de la RCA avec la Russie. Les subventions françaises à la défense et à l'administration publique de la RCA ont également augmenté de manière significative, sans parler des visites régulières de l'ambassadeur français dans diverses institutions de l'État centrafricain. Il ne fait aucun doute qu'une telle approche suscite la perplexité de Moscou.  

Il convient de rappeler que la France a déjà mené des interventions militaires en RCA, dont la plus récente, l'opération Sangaris, de 2013 à 2016, mais sans résultats significatifs. Compte tenu de l'échec de la coopération avec la France dans le passé, on peut se demander s'il est prudent pour le président Touadéra de parier sur Paris avant les prochaines élections prévues en décembre 2025 ?  

Compte tenu de l'expérience historique de la République centrafricaine, il est fort possible que des groupes armés tentent à nouveau de perturber les prochaines élections. Dans ces conditions, il semble risqué pour la RCA de préférer la France à la poursuite de la coopération avec la Russie. Il ne fait aucun doute qu'un retrait du contingent russe de la RCA ou un refroidissement des relations avec la Russie pourrait constituer une menace fondamentale pour la sécurité et la souveraineté de l'État centrafricain.

 

Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo