Quand la BAS se trompe de cible ; j’étais présent dans la salle.
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BELGIQUE :: Quand la BAS se trompe de cible ; j’étais présent dans la salle. :: BELGIUM

La vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, montrant un homme en gandoura et prétendant qu’il s’agit du ministre Issa Tchiroma malmené dans la cohue, est une pure fabrication. J’en témoigne avec assurance, car j’étais présent ce soir-là assis près de monsieur Nyassa Soleil, étant donné la mission pour laquelle j’étais investi de rédiger la note de lecture du livre du ministre intitulé « Paul Biya et la jeunesse camerounaise. Hier, aujourd’hui et demain. » D’ailleurs le ministre Tchiroma n’était même pas en France. Témoin oculaire des faits, je peux relater avec précision chaque instant de cette soirée, depuis son commencement jusqu’à son dénouement. L’incident éclate à 17 heures. Soudain, un groupe d’individus fait irruption, leurs cris stridents brisant le calme ambiant : « Sortez ! Sortez d’ici ! Allez faire cela au Cameroun ! » scandent-ils, tout en projetant une poudre volatile sur l’assemblée.

En un éclair, la confusion s’installe, les corps s’entrechoquent dans un tumulte affolé. Mais déjà, la réactivité des organisateurs s’impose : le ministre Mounouna Foutsou  est rapidement exfiltré, mis en sécurité en compagnie  de l’ambassadeur. Les vociférations persistent : « Le Cameroun va changer ! » crient-ils avec rage. Pourtant, paradoxalement, ils ne s’en prennent physiquement à personne. Puis, dans leur confusion, ils se saisissent de M. Nassourou Abdou Karim, Lamido de Wina, un homme d’un calme remarquable, directeur de la promotion économique de la jeunesse au Minjec et il s’agit de celui qu’ils ont pris à tort pour le ministre et qu’ils tentent d’associer à Issa Tchiroma. Dans cette confusion, deux membres de la BAS l’entraînent à l’extérieur. Mais réalisant leur erreur, ils le relâchent sans même l’asperger de poudre. Lorsqu’il revient, il arbore un sourire serein, imperturbable face à ce chaos absurde. Je décide alors de le prendre en photo (photo ci-jointe) puisque c’est mon voisin de chambre à l’hôtel.

Pendant ce temps, les femmes, effrayées, sont les premières à quitter la salle pour se mettre à l’abri. Un autre homme, le professeur Kwayeb, n’a pas eu cette chance. Recouvert de poudre, il est aussitôt conduit aux sanitaires de l’hôtel, où le personnel s’affaire à le nettoyer du mieux possible. Contre toute attente, une heure plus tard, la soirée reprend. La BAS, convaincue d’avoir semé la discorde, est bien loin d’imaginer que nous irons jusqu’au bout, en toute tranquillité dans le déroulement de notre programme. Pourtant, si leurs membres avaient eu l’audace de revenir, ils auraient trouvé en face d’eux des hommes résolus, matériellement et mentalement préparés à défendre les officiels et à leur faire face. La première fois, ce fut une surprise. Nous étions 300 dans la salle, dont 250 hommes qui avions les yeux comme des derviches qui attendaient leur retour.  Les jeunes  ont continué la soirée sans crainte.

Que faut-il retenir de ces individus ?

Qu’ils ne connaissent le courage que dans la foule, se nourrissant de la force du nombre. Pris individuellement, ils ne sont que des ombres fugaces, des insectes dérangés prêts à s’envoler au moindre souffle d’opposition. Je suis convaincu que la BAS disparaîtra, non par la voie du dialogue, mais sous le poids de ses propres excès. Les Congolais qui menaient de telles actions dans leur ambassade ont aujourd’hui trouvé leur place derrière les barreaux. L’heure d’en finir avec la BAS n’a pas encore sonné, car elle demeure un instrument aux mains de ceux qui en ont encore besoin. Mais tôt ou tard, elle s’effondrera avec le parti qui lui sert de béquille. Et même si, par un improbable hasard, ce parti parvenait un jour au pouvoir, ils finiraient par s’affronter entre eux. Hier encore, si la femme qui s’est évanouie lors des événements avait perdu la vie, ils auraient lis l’heure comme on dit.  Mais pour l’instant, ils restent aveugles au destin qui les attend. Je prends le pari qu’un jour, la BAS ne sera plus qu’un lointain souvenir, reléguée aux oubliettes de l’histoire, et que son nom cessera à jamais d’être prononcé.

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