CAMEROUN :: Comment le régime fragilise l’Unité nationale :: CAMEROON

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Le Cameroun célèbre le 46ème anniversaire de l’unité nationale à un moment critique de son histoire. Les deux régions anglophones du pays sont empêtrées dans une crise sans fin, au point où on se demande jusqu’où va nous mener cette triste situation. A bien y regarder, les acteurs politiques y sont pour beaucoup.

Le 20 mai prochain, les Camerounais commémoreront l’unité nationale. A l’occasion de la grande et habituelle parade civile et militaire, le boulevard du 20 mai à Yaoundé sera paré de ses plus grands atours. Autour de Paul Biya accusé par la société civile d’avoir confisqué l’alternance, « une confrérie de jouisseurs et courtisans, parmi ceux qui le tiennent prisonnier et qui ont bâti leur fortune et leur puissance sur la passivité et l’inertie du père du Renouveau », confie un politologue.

Et de s’interroger : « mais combien sont-ils, dans cette grande cour de ferrailleurs de la mangeoire, des courtisans et des prébendiers à s’interroger sur la longue marche de l’unité nationale, « décrétée » sous le voile d’un référendum, par le président Ahmadou Ahidjo, en 1972 ? Combien sont-ils à se souvenir que dans les mouvements de protestation qui embrasent le pays en 1990 » A quelques jours de la célébration de l’unité nationale, les Camerounais, sont nombreux à penser qu’il faut en finir avec la duperie de l’unité nationale. Au premier rang des coupable, Paul Biya, disent-ils, est tenu pour n’avoir pas, entre autres, consenti par exemple au rapatriement des restes d’Ahmadou Ahidjo, le premier président de la République du Cameroun indépendant.

« Le père de l’unité nationale, pionnier de la construction nationale d’un pays qu’il a dirigé 22 ans durant, mort au mois de novembre 1989 en exil au Sénégal, inhumé à Dakar, loin de la ville de Garoua, sa terre natale, loin d’un pays qu’il a bâti et chéri », indique un historien. Pour qui cet isolement n’est pas pour affermir l’unité nationale. « Il y a cette controverse autour de l’hymne national du Cameroun. Illustration : « L’hymne national du Cameroun, Un poème chant à décolonialiser et à réécrire », poursuit-il en se référant à un ouvrage publié par l’enseignant chercheur Thomas Théophile Nug Bissohong. Et de penser qu’il est difficile de parier sur l’unité nationale.

« Le Cameroun est devenu un pays ambivalent, une nation du double langage où, cohabitent la tricherie, le faux et le mensonge. Comment peut-on clamer à perpétuité que nous sommes unis alors que nous chevauchons sur deux hymnes nationaux ? Comment expliquer que ceux qui ont la responsabilité d’agir par des actes ministériels ou des décrets, s’enferment dans le mutisme et l’indifférence, alors qu’ils peuvent remédier à la situation ? Un pays peut-il avoir un fonctionnement normal en ayant deux hymnes qui diffèrent de fond en comble, l’un et l’autre ? Si on admet que l’hymne national est le socle du patriotisme, de quelle pertinence pourrait se prévaloir celui du Cameroun, s’il est construit sur une fondation fragile et précaire ?

A en juger par les actes de détournements des fonds, l’antipatriotisme, le vol, l’insécurité, l’abus de pouvoir…, n’y a-t-il pas une relation de cause à effet entre la précarité du socle de notre patriotisme et ces comportements qu’on observe dans la société Camerounaise ? » Questionne-t-on au sein de la société civile. Qui pense que « telles des mouches en sursis et en errance, les camerounais, à l’épreuve de la survie quotidienne, ont depuis longtemps, fait sauter le verrou de l’unité nationale. Comment parler de l’unité nationale, alors que l’enlisement de la crise anglophone, tétanise encore les Camerounais qui se regardent désormais en chiens de faïence ; entre suspicion et doute ».

Sans consistance

Au Cameroun, le régime selon les analystes politiques et la société civile les acteurs politiques a la manie du « passage en force », là où on attend les assises qui vont engendrer les débats et des résolutions. A vouloir toujours manœuvrer, ruser et user de toutes sortes de subterfuges, le régime est suspicieux au sein de l’opinion. Il a de ce fait construit une sinistre réputation au sein du peuple au point où sa parole est aphone depuis des lustres. Au Cameroun, les promesses gouvernementales ne valent très souvent pas un clou. Le gouvernement en est si conscients que dans toutes les réunions politiques, les seuls arguments qu’il fait valoir sont les billets de banque, les gadgets de toutes sortes et surtout l’alcool qui coule à flot. Un président français, Jacques Chirac en l’occurrence, a déclaré un jour :

« Les promesses (déclarations) politiques n’engagent que ceux qui y croient ». Dans les Mains sales de Jean Paul Sartre, le héros, parlant de l’action politique, enseigne: « tous les moyens sont bons pourvu qu’ils soient efficaces ! » Ainsi, nos gouvernants s’illustrent par le parjure, le mensonge à ciel ouvert, la démagogie et toutes pratiques contraires à l’intégrité de l’homme, voire sa parole, voire sa bonne moralité.

La somme de ces exactions politiques fait le grand lit à la fragilisation de notre unité nationale et de notre vivre ensemble. Avant que la crise anglophone n’éclate, l’opinion était unanime que le régime de Paul Biya n’a pas connu le bain de sang de son prédécesseur dans la lutte contre les nationalistes. Cela est d’autant vrai que l’appellation « homme de la paix », « l’homme doux » lui va si bien. S’il n’a pas usé de violence physique dans cette construction de l’unité nationale, il en est allé avec une qui est « soft » et plus « pernicieuse » encore. A ce titre, au sein de l’opinion, il est répandu l’opinion selon laquelle Paul Biya serait très hésitant à s’entretenir avec ses concitoyens qui s’illustrent ouvertement contre son régime.

© Le Messager : Léopold DASSI NDJIDJOU


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CAMEROUN :: Comment le régime fragilise l’Unité nationale :: CAMEROON France (Val-de-Reuil)
quelle paresse intellectuelle chez tous ces scribouillard du dimanche;on enfonce des portes ouvertes,on verse dans des allégations sans fondements,on parsème le tout fouillis de banalités et de généralités et on ose être fier de soi-même,on ose donner des leçons de gouvernance
Ndjidjou la notion "d'unité nationale" n'est ni une invention ni une lubie camerounaise,c'est un état d'esprit qui doit animer toutes les nations dignes de ce nom confronter à un danger en rapport à son existence,quel citoyen peut être contre une idée aussi noble et positive?

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