Cameroun, Douala: Sur les traces des dplacs de la crise anglophone :: CAMEROON

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Parties du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des personnes jadis établies dans ces régions ont du mal à s’intégrer à Douala.

Mardi dernier, Peter Ewane s’est définitivement installé à Douala. Cet ancien résidant de Buea est parti du Sud-Ouest avec toute sa famille et s’est établi sur les berges du Wouri, afin d’éviter les secousses de la crise sociopolitique qui traverse les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis près de douze mois.

Il dit avoir pris la décision de quitter la capitale régionale du Sud-Ouest après avoir sérieusement fait les frais de cette crise qui commence à trop durer. Avant Peter Ewane, de nombreux autres habitants de ces régions du Cameroun n’ont pas attendu que la situation s’enflamme pour aller s’abriter ailleurs. En quittant Bamenda, ville où il était installé depuis quelques années pour se trouver une quiétude à Douala au mois de novembre 2016, Danielle Tchamba ne s’imaginait pas que son séjour dans la capitale économique serait aussi long. Etudiante à l’université catholique de Bamenda, elle vient de passer une année blanche du fait des revendications en cours. « Mon aménagement soudain à Douala depuis novembre 2016 n’était pas facile.

Après avoir pleuré pour l’année académique perdue, j’ai décidé de m’occuper en faisant des stages académiques », raconte, la mort dans l’âme, Danielle Tchamba. A l’en croire, certaines de ses amis et camarades d’université avec qui elle a fui Bamenda ont trouvé refuge à l’étranger pour y poursuivre leurs études ; d’autres ont demandé et obtenu un transfert pour s’installer définitivement à Douala.

Nouvelle vie

A l’instar de ces étudiantes, la plupart des personnes ayant quitté les villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dans la foulée des manifestations inédites en cours pour s’établir à Douala se recrutent parmi les élèves et les étudiants. Et pour ces personnes, l’adaptation n’est pas facile. C’est une nouvelle vie qui commence. Toutefois, l’équation paraît beaucoup plus compliquée à résoudre pour les chefs de familles et ceux des déplacés de la crise anglophone qui étaient déjà dans la vie active dans leurs villes de résidence respectives. « Je suis mécanicien et je vends également des véhicules. J’entends continuer mon activité ici [à Douala, Ndlr]. 

Certaines personnes me connaissent et m’appelleront quand elles auront besoin de mes services. Mais, je sais que ce ne sera pas facile. Il faudra du temps pour que je trouve la stabilité que j’avais à Buea », se convainc Peter Ewane.

Tous les parents (ou presque) ayant quitté les zones sus nommées l’ont fait dans le but quasi-ultime d’éviter une année scolaire blanche à leur progéniture. Reste que, même installés à Douala, de nombreuses personnes repérées dans ce cadre-là sont encore nostalgiques. « Il y a des difficultés liées à l’intégration. Au-delà de la langue [le français, Ndlr] qu’il faut apprendre, relancer son activité à Douala n’est pas facile », explique Zakarine, partie de Bamenda. La plupart ne se prononce pas sur un éventuel retour. Et plus la situation va perdurer, plus va s’éloigner le rêve de rentrer au « bercail ». Il faut noter qu’à l’approche du 1er octobre, date retenue par les sécessionnistes pour proclamer l’indépendance d’une certaine « Ambazonie », République qui regrouperait les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, celles-ci ont enregistré des départs massifs de leurs populations.

Par Tatiana Ngnombouowo et Brondon Ngando (Stagiaires)

Yaoundé: Ils veulent sauver leur année scolaire

Les effectifs dans les établissements ouverts aux cycles anglophones ne cessent de s’accroître.

Depuis le 28 septembre, Belinda Ngole, ancienne élève du Cameroon College of Art and Science (Ccas) de Kumba, dans la région du Sud-Ouest, poursuit ses études dans la ville de Yaoundé. Sa mine radieuse ce samedi matin témoigne à suffisance de son bonheur.

Loin des émeutes, des menaces d’atteinte à son intégrité physique et du spectacle des policiers et gendarmes postés devant son ancienne école, l’adolescente se sent en sécurité et plastronne presque. « Nous étions encerclés par des policiers et des gendarmes à Kumba », relate-t-elle. Pour se rendre au collège, Belinda Ngole devait se fondre dans la masse, uniforme et sac à dos bien enfouis dans un sac de marché. « Je faisais semblant de me rendre au marché. Et en classe, au moindre bruit, tous les élèves se mettaient à fuir », s’attriste la jeune fille. « A cause de cette crise, j’ai raté mon General Certificate of Education Advanced Level », s’offusque-t-elle.

Le Ccas de Kumba est un établissement public. Inscrite depuis septembre dernier dans collège privé à Yaoundé, sa tante qui l’héberge et ses parents doivent désormais débourser une somme de 125.000 Fcfa pour ses études. Une situation qui n’enchante pas sa tutrice. « Les lycées sont saturés. La scolarité a triplé depuis le début de la crise. Nous n’avons pas assez de moyens », se plaint la dame. Dans son nouveau cadre d’apprentissage, l’adolescente a retrouvé quatre de ses anciens camarades qui, n’ayant pas de la famille à Yaoundé, louent des chambres.

Non loin du domicile de Belinda Ngole, vit le jeune Divine. Lui, vient du lycée bilingue de Kumbo, toujours dans la ré- gion du Nord-Ouest. Il est arrivé à Yaoundé en fin mars 2017 et n’est plus rentré dans sa ville natale. « Je ne voulais pas que mon petit-frère passe une année blanche. Il préparait le First School Living Certificate [équivalent du Certificat d’études primaires dans le sous-système francophone, Ndlr]», explique sa grande-sœur et désormais tutrice, la Queen Nguma. Inscrit en classe de Form One pour le compte de l’année scolaire 2017-2018, le jeune élève dit être très content d’avoir tôt quitté Kumbo. Même s’il n’oublie pas ses nombreux camarades qui y restent « piégés » et condamnés à passer une nouvelle année blanche, faute de famille d’accueil dans les zones non affectées par la crise.

Par Paulette Ndong

© Source : Quotidien Mutations

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