<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
     xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
     xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
     xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/">
    <channel>
        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://camer.be/rss/serail</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Tue, 27 Oct 2026 23:15:56 +0100</lastBuildDate>
        <atom:link href="https://camer.be/rss/serail" rel="self" type="application/rss+xml" />
        <atom:link href="https://pubsubhubbub.appspot.com/" rel="hub"/>

        
                            <item>
                <title><![CDATA[Bastos : les restaurants où se décide le Cameroun]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/bastos-les-restaurants-ou-se-decide-le-cameroun</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>À Bastos, quartier de Yaoundé, les restaurants du pouvoir se nomment
Famous, Continent 237, La Salsa. Enquête sur les tables où se
décide le Cameroun.

Du Famou...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Continent_237271026500.webp" alt="Bastos : les restaurants où se décide le Cameroun" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/bastos-les-restaurants-ou-se-decide-le-cameroun</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; Bastos, quartier de Yaound&eacute;, les restaurants du pouvoir se nomment Famous, Continent 237, La Salsa. Enqu&ecirc;te sur les tables o&ugrave; se d&eacute;cide le Cameroun.</p>
<p>Du Famous d'Eran Moas &agrave; La Salsa de Lauris Demetriades, les restaurants de Bastos et du centre de Yaound&eacute; sont devenus les v&eacute;ritables antichambres du pouvoir camerounais, o&ugrave; se croisent hommes d'affaires, ministres et proches du palais pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>&Agrave; Yaound&eacute;, le pouvoir se n&eacute;gocie autant &agrave; table qu'au palais pr&eacute;sidentiel. Dans le quartier de Bastos, au pied de la colline d'Etoudi, une poign&eacute;e de restaurants accueille ministres, hommes d'affaires et proches de la premi&egrave;re dame. Le Famous, le Continent 237, La Salsa. Trois noms que les habitu&eacute;s prononcent &agrave; voix basse.</p>
<p>Un verre &agrave; dix mille francs. Une table &agrave; plusieurs dizaines de milliers. Et derri&egrave;re les menus, des contrats, des carri&egrave;res, des r&eacute;putations. Nous avons pouss&eacute; la porte de ces lieux o&ugrave; le Cameroun qui compte se retrouve. Ce que nous y avons vu ressemble &agrave; une cour.</p>
<p>Bastos n'est pas un quartier comme les autres. Collines, r&eacute;sidences minist&eacute;rielles, ambassades, routes goudronn&eacute;es. Au sommet, le palais pr&eacute;sidentiel. En bas, les restaurants.</p>
<p>Depuis une quinzaine d'ann&eacute;es, ces &eacute;tablissements sont devenus le prolongement informel des salons officiels. Les rendez-vous qu'on n'ose pas fixer &agrave; Etoudi s'y tiennent. Les alliances s'y nouent. Les disgr&acirc;ces s'y murmurent. Ce n'est pas un secret : c'est un syst&egrave;me.</p>
<h2>Le Famous, la table d'Eran Moas</h2>
<p>L'ambassade d'Isra&euml;l est &agrave; quelques centaines de m&egrave;tres. Eran Moas, ancien officier de t&eacute;l&eacute;communications de l'arm&eacute;e isra&eacute;lienne, devenu conseiller technique des Bataillons d'intervention rapide (BIR), y a ouvert son restaurant. Le Famous.</p>
<p>Dans ce lieu, la s&eacute;lection se fait par le portefeuille. Les repas se monnayent &agrave; plusieurs dizaines de milliers de francs CFA. Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence et ami personnel d'Eran Moas, y organise nombre de ses &eacute;v&eacute;nements priv&eacute;s. Franck Hertz, fils de la premi&egrave;re dame Chantal Biya, &eacute;galement.</p>
<p>&laquo; Vu les prix, ils savent qu'ils sont entre eux &raquo;, r&eacute;sume un habitant de Bastos cit&eacute; dans le reportage. Sous la verri&egrave;re, le luxe est tapageur.</p>
<p>Certains hommes d'affaires attendent le restaurateur en haut des marches. D'autres se paient un verre pour pouvoir le saluer au passage. Saluer Eran Moas, c'est &ecirc;tre &agrave; deux poign&eacute;es de mains de Paul Biya. C'est aussi se rapprocher de celui qui, selon plusieurs observateurs, garde une influence sur les BIR.</p>
<h2>Ce que les habitu&eacute;s du Famous savent</h2>
<p>Eran Moas ne passe pas incognito dans son propre restaurant. Les puissants qui s'y pressent connaissent ses excursions &agrave; Kribi avec Ferdinand Ngoh Ngoh. Ils connaissent son r&ocirc;le dans l'appareil s&eacute;curitaire camerounais. Ils savent aussi sa participation, via des proches, dans des soci&eacute;t&eacute;s actives dans la s&eacute;curit&eacute; des ports et des a&eacute;roports.</p>
<p>Lui se pr&eacute;sente comme un simple homme d'affaires mari&eacute; &agrave; une Camerounaise, amoureux des primates. Personne n'est dupe.</p>
<p>Au Famous, on parle contrats et argent. Plus discr&egrave;tement qu'au Hilton du centre-ville, ouvert &agrave; tous les regards. &Eacute;ric Engamba y a ses habitudes. Homme d'affaires form&eacute; en France, il est le fr&egrave;re de Nathalie Moudiki, directrice juridique de la Soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures. Elle-m&ecirc;me &eacute;pouse d'Adolphe Moudiki, ami personnel de Paul Biya. Nathalie Moudiki a longtemps &eacute;t&eacute; une intime de Chantal Biya avant que le duo se brouille. Elle reste incontournable dans les destin&eacute;es de l'or noir camerounais.</p>
<h2>Continent 237, la table d'Oswald Baboke</h2>
<p>Un concurrent a &eacute;merg&eacute;. Le Continent 237. Derri&egrave;re l'ambassade d'Allemagne. Le ma&icirc;tre des lieux s'appelle Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de Paul Biya. Sa proximit&eacute; avec Chantal Biya en a fait l'un des hommes les plus puissants de Yaound&eacute;.</p>
<p>Sa fortune interroge. Mais qu'importe : ses amis et ses oblig&eacute;s viennent chez lui, non sans arri&egrave;re-pens&eacute;es. Le ministre Gr&eacute;goire Owona y organise ses r&eacute;ceptions. Samuel Eto'o, pr&eacute;sident de la Fecafoot, &eacute;galement.</p>
<p>Eto'o est l'un des plus fid&egrave;les alli&eacute;s d'Oswald Baboke. C'est au Continent 237 qu'il a re&ccedil;u ses invit&eacute;s apr&egrave;s l'inauguration du nouveau si&egrave;ge de la F&eacute;d&eacute;ration camerounaise de football. Il en fait la promotion sur ses r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p>Aux murs, les maillots des anciens Lions indomptables. Celui d'Eto'o. Celui de Rigobert Song. Le restaurant organise aussi des soir&eacute;es de networking priv&eacute;es pour des cercles d'influence, notamment des entrepreneurs.</p>
<blockquote>
<p>&laquo; Au Continent 237, on vient pour approcher Samuel Eto'o ou Oswald Baboke, r&eacute;sume un familier. Il y a un ph&eacute;nom&egrave;ne de cour. &raquo;</p>
</blockquote>
<h2>Le Star Land et le Pepeh, la discr&eacute;tion avant tout</h2>
<p>Les contrats se signent parfois plus loin. &Agrave; l'h&ocirc;tel Star Land, que Samuel Eto'o a fr&eacute;quent&eacute; avant de construire sa r&eacute;sidence actuelle. Le restaurant de l'&eacute;tage, Le Pepeh, offre &laquo; beaucoup de discr&eacute;tion &raquo;, selon un client. &laquo; Beaucoup plus que le Hilton du centre-ville, o&ugrave; tout le monde vous voit. &raquo;</p>
<p>Auguste Mbapp&eacute; Penda, directeur g&eacute;n&eacute;ral du Conseil national des chargeurs du Cameroun, s'y rend notamment. Les personnes qui fr&eacute;quentent Le Pepeh sont celles &laquo; qui n'ont pas forc&eacute;ment envie d'&ecirc;tre vues, contrairement au Famous ou au Continent 237, o&ugrave; il y a beaucoup plus de para&icirc;tre et de mise en sc&egrave;ne &raquo;, r&eacute;sume un habitu&eacute;.</p>
<h2>Chez Wou, le &laquo; conseil des ministres &raquo; du dimanche</h2>
<p>Puis il y a Chez Wou. Un restaurant chinois. De larges buffets asiatiques qui r&eacute;unissent une partie des d&eacute;cideurs de Yaound&eacute; le dimanche midi. Certains viennent en famille. Les enfants profitent des jeux.</p>
<p>L'homme d'affaires James Onobiono y a ses habitudes. L'avocat des puissants, Charles Tchoungang, aussi, lorsqu'il n'est pas au bord de la piscine du Hilton.</p>
<p>Un habitant de Bastos parle d'un &laquo; conseil des ministres informel &raquo;. L'expression est excessive. Mais elle dit quelque chose : &agrave; Yaound&eacute;, la politique se fait aussi autour d'un buffet.</p>
<h2>La Salsa, le salon des habitu&eacute;s</h2>
<p>Plus couru encore, La Salsa. V&eacute;randa recul&eacute;e. Salle VIP &agrave; l'&eacute;cart. Depuis un quart de si&egrave;cle, le restaurant r&eacute;unit politiques et diplomates &eacute;trangers. &laquo; Il n'y a que le pr&eacute;sident Biya qui ne vient pas. Et encore, il envoie ses invit&eacute;s d&icirc;ner ici quand ils sont en visite &raquo;, s'enorgueillit le majordome historique, cit&eacute; par le reportage.</p>
<p>Le restaurant a &eacute;t&eacute; ouvert par Lauris Demetriades, descendant d'une des familles grecques les plus influentes du Cameroun. C'est la r&eacute;plique d'un autre lieu, La Plaza, dans le quartier de l'Hippodrome, aujourd'hui ferm&eacute;. Edgar Alain Mebe Ngo'o en avait fait son point de chute, du temps o&ugrave; il &eacute;tait tout-puissant. Depuis sa chute et sa d&eacute;tention &agrave; la prison de Kondengui, La Salsa reste fr&eacute;quent&eacute;e par des membres du gouvernement. Du Premier ministre Joseph Dion Ngute &agrave; Philippe Mbarga Mboa.</p>
<p>Les vins sont fran&ccedil;ais, majoritairement bordelais. La cuisine reste europ&eacute;enne. &laquo; Beaucoup des clients ont &eacute;tudi&eacute; ou travaill&eacute; en France. Ils viennent aussi retrouver cette vie-l&agrave; &raquo;, r&eacute;sume un habitu&eacute;.</p>
<p>Dignitaires et d&eacute;put&eacute;s s'y offrent de luxueuses soir&eacute;es, notamment de Saint-Valentin, en bonne compagnie, officielle ou non. La plupart prennent la pr&eacute;caution de s'afficher en trio, avec deux hommes pour une femme, pour couper court aux comm&eacute;rages. Chacun sait, et se tait.</p>
<h2>Le Socrat, les magistrats et le professeur Kasia</h2>
<p>Dans le monde juridique, d'autres tables sont pris&eacute;es. Le Socrat, non loin du palais des Congr&egrave;s, compte parmi sa client&egrave;le des hauts magistrats, dont le pr&eacute;sident de la Chambre des comptes de la Cour supr&ecirc;me, Yap Abdou.</p>
<p>Pendant que nous d&eacute;jeunons &agrave; La Salsa, un homme passe la porte. Des dossiers sous le bras. Le professeur Jean Marie Kasia, directeur du Centre hospitalier de recherche et d'application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine Paul et Chantal Biya. Un tr&egrave;s proche de la premi&egrave;re dame. Il vient mettre la derni&egrave;re main &agrave; un projet avant de prendre le chemin du palais d'Etoudi.</p>
<p>&Agrave; Bastos, les secrets ne restent jamais cach&eacute;s tr&egrave;s longtemps.</p>
<hr>
<p><strong>Quels sont les restaurants des puissants &agrave; Yaound&eacute; </strong>?<br>Le Famous, le Continent 237, La Salsa, Chez Wou, Le Pepeh (h&ocirc;tel Star Land) et Le Socrat sont cit&eacute;s dans le reportage de Jeune Afrique. Ils se trouvent &agrave; Bastos et dans le centre de Yaound&eacute;.</p>
<p><strong>Qui fr&eacute;quente le Famous &agrave; Bastos ?</strong><br>Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Franck Hertz, fils de Chantal Biya, et plusieurs hommes d'affaires. Le restaurant appartient &agrave; Eran Moas, ancien officier isra&eacute;lien devenu conseiller technique des BIR.</p>
<p><strong>Oswald Baboke poss&egrave;de-t-il le Continent 237 ?</strong><br>Le reportage de Jeune Afrique le pr&eacute;sente comme le ma&icirc;tre des lieux du Continent 237, situ&eacute; derri&egrave;re l'ambassade d'Allemagne &agrave; Bastos. Il est directeur adjoint du cabinet civil de Paul Biya.</p>
<p><strong>Pourquoi les puissants de Yaound&eacute; se retrouvent-ils dans ces restaurants ?</strong><br>Pour n&eacute;gocier des contrats, entretenir des r&eacute;seaux d'influence, saluer des personnalit&eacute;s proches du palais, ou organiser des r&eacute;ceptions. Ces lieux servent d'antichambres informelles du pouvoir.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 27 Oct 2026 14:16:00 +0100</pubDate>
                                    <author>Avec Ja</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Continent_237271026500.webp" type="image/webp" length="15738" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Continent_237271026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Oswald Baboke : le réseau qui protège le favori de Biya]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-oswald-baboke-le-reseau-qui-protege-le-favori-de-biya</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Oswald Baboke, favori à la vice-présidence du Cameroun, s’appuie
sur un réseau familial, politique et spirituel. Cartographie d’un
pouvoir sous pression.

Paste...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Oswald-Baboke100726500.webp" alt="Cameroun - Oswald Baboke : le réseau qui protège le favori de Biya" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-oswald-baboke-le-reseau-qui-protege-le-favori-de-biya</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Oswald Baboke, favori &agrave; la vice-pr&eacute;sidence du Cameroun, s&rsquo;appuie sur un r&eacute;seau familial, politique et spirituel. Cartographie d&rsquo;un pouvoir sous pression.</p>
<p>Pasteur, directeur adjoint du cabinet civil, prot&eacute;g&eacute; de Chantal Biya, cit&eacute; dans deux enqu&ecirc;tes : Oswald Baboke avance vers la vice-pr&eacute;sidence avec une arm&eacute;e de soutiens. Voici ceux qui comptent.</p>
<p>Oswald Baboke, pasteur &eacute;vang&eacute;lique de 54 ans et directeur adjoint du cabinet civil de la pr&eacute;sidence camerounaise, figure parmi les favoris pour le poste de vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, vacant depuis la r&eacute;vision constitutionnelle d&rsquo;avril 2026. Il est cit&eacute; dans deux enqu&ecirc;tes diligent&eacute;es par Paul Biya : l&rsquo;une sur un faux d&eacute;cret annon&ccedil;ant une nomination &agrave; la vice-pr&eacute;sidence, l&rsquo;autre sur un pr&eacute;sum&eacute; trafic d&rsquo;or vers l&rsquo;&eacute;tranger. Il nie toute implication.</p>
<p><em>Deux enqu&ecirc;tes. Un poste vacant. Et un homme qui, au lieu de reculer, avance.</em></p>
<p>Ce que le palais d&rsquo;Etoudi donne &agrave; voir depuis juin ressemble &agrave; une guerre de tranch&eacute;es. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, d&eacute;crit comme le cerveau pr&eacute;sum&eacute; de r&eacute;seaux . De l&rsquo;autre, Baboke, prot&eacute;g&eacute; de la premi&egrave;re dame, qui crie au complot. Entre les deux, des rapports, des d&eacute;mentis, et une question : qui, vraiment, prot&egrave;ge Oswald Baboke ?</p>
<p>La r&eacute;ponse n&rsquo;est pas dans un seul camp. Elle est dans un entrelacs de famille, de foi, de football, de showbiz et de m&eacute;dias. Une cartographie que nous avons reconstitu&eacute;e &agrave; partir des enqu&ecirc;tes de Jeune Afrique et des publications de la presse camerounaise.</p>
<h2>D&rsquo;un faux d&eacute;cret &agrave; la CRTV : les faits derri&egrave;re la guerre d&rsquo;Etoudi</h2>
<p>Le 12 juin 2026, un individu se pr&eacute;sente &agrave; la Cameroon Radio Television (CRTV) avec un document portant le sceau pr&eacute;sidentiel. Le texte annonce la nomination d&rsquo;un vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Le directeur g&eacute;n&eacute;ral de la CRTV, Charles Ndongo, v&eacute;rifie. Il contacte Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil. Conclusion : le d&eacute;cret est faux. La signature ne correspond pas, le document n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; sign&eacute; par Paul Biya .</p>
<p>Les enqu&ecirc;teurs d&eacute;couvrent que les sceaux officiels, eux, sont authentiques. La signature &laquo; ressemble &raquo; &agrave; celle du pr&eacute;sident. Une note de renseignement transmise &agrave; la pr&eacute;sidence parle d&rsquo;une &laquo; tentative de coup d&rsquo;&Eacute;tat &raquo; .</p>
<p>L&rsquo;enqu&ecirc;te est confi&eacute;e &agrave; la Direction de la s&eacute;curit&eacute; pr&eacute;sidentielle (DSP) et suivie par Ferdinand Ngoh Ngoh. Elle pointe vers l&rsquo;entourage de Paul Biya. Et vers Oswald Baboke.</p>
<p>Le nom de Baboke figurerait sur le d&eacute;cret original, selon des documents saisis . Lui d&eacute;nonce un complot politique. Son entourage accuse Ngoh Ngoh d&rsquo;avoir mont&eacute; le dossier pour l&rsquo;&eacute;carter de la course &agrave; la vice-pr&eacute;sidence .</p>
<h2>Le trafic d&rsquo;or : 44 tonnes produites, 148 kilos d&eacute;clar&eacute;s</h2>
<p>La deuxi&egrave;me enqu&ecirc;te est plus ancienne, plus technique, plus lourde. Elle porte sur l&rsquo;or.</p>
<p>Les chiffres cit&eacute;s par Jeune Afrique, &agrave; partir des donn&eacute;es de l&rsquo;Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), donnent le vertige. En 2023, le Cameroun n&rsquo;a officiellement d&eacute;clar&eacute; que 22 kilogrammes d&rsquo;exportations d&rsquo;or. La m&ecirc;me ann&eacute;e, pr&egrave;s de 15 tonnes d&rsquo;or d&rsquo;origine camerounaise ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es &agrave; Duba&iuml; .</p>
<p>Entre 2021 et 2025, la production camerounaise est estim&eacute;e &agrave; 44 tonnes. Les exportations d&eacute;clar&eacute;es : environ 148 kilogrammes .</p>
<p>L&rsquo;&eacute;cart est si grand qu&rsquo;il a pouss&eacute; Paul Biya &agrave; ordonner une enqu&ecirc;te sur l&rsquo;exploitation ill&eacute;gale, l&rsquo;attribution des permis miniers et les r&eacute;seaux d&rsquo;exportation. Le nom de Baboke, et celui de sa fille Indira, apparaissent dans des all&eacute;gations publiques li&eacute;es au secteur. Lui nie. Elle aussi.</p>
<p>Indira Baboke, 23 ans, m&eacute;decin et chanteuse gospel, a &eacute;t&eacute; la premi&egrave;re &agrave; d&eacute;fendre son p&egrave;re sur les r&eacute;seaux sociaux. Elle a tourn&eacute; les accusations en d&eacute;rision. En f&eacute;vrier 2026, elle a formellement d&eacute;menti toute implication dans de suppos&eacute;s &laquo; permis d&rsquo;or &raquo;, qualifiant les informations de &laquo; mensong&egrave;res &raquo; . En juin, elle a &eacute;t&eacute; prise &agrave; partie &agrave; Duba&iuml; par des compatriotes. Selon plusieurs m&eacute;dias, son nom n&rsquo;appara&icirc;t dans aucun registre public du minist&egrave;re des Mines .</p>
<p>Reste une question que la d&eacute;fense de Baboke n&rsquo;a pas r&eacute;solue publiquement : d&rsquo;o&ugrave; vient l&rsquo;&eacute;cart entre l&rsquo;or qui sort du Cameroun et celui qui est d&eacute;clar&eacute; ?</p>
<h2>Le bouclier familial : Crescence, Indira, et le beau-p&egrave;re</h2>
<p>Le premier cercle est familial. Il est aussi &eacute;conomique.</p>
<p>Crescence Baboke, &eacute;pouse d&rsquo;Oswald, est inspectrice des imp&ocirc;ts et pasteure. Elle g&egrave;re en grande partie les entreprises familiales, notamment Jociddalo Petroleum, qui dispose de stations-service &agrave; Yaound&eacute;, et Le Continent 237, le restaurant de Bastos. Elle est pr&eacute;sidente du conseil d&rsquo;administration de Jociddalo Petroleum SA, selon plusieurs sources . Elle est aussi au centre d&rsquo;un litige foncier &agrave; Mfandena, dans la capitale, avec C&eacute;lestin Tawamba, patron du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam). Une parcelle de 1 003 m&egrave;tres carr&eacute;s. Tawamba revendique un titre foncier ant&eacute;rieur et a saisi le Premier ministre Joseph Dion Ngute le 28 septembre 2026, apr&egrave;s une premi&egrave;re d&eacute;cision en faveur des Baboke le 3 septembre .</p>
<p>Indira, l&rsquo;a&icirc;n&eacute;e, est celle qui a port&eacute; la contre-offensive m&eacute;diatique. Chanteuse gospel, docteure en m&eacute;decine apr&egrave;s des &eacute;tudes &agrave; Duba&iuml;, elle a multipli&eacute; les sorties sur les r&eacute;seaux sociaux au plus fort de la pol&eacute;mique sur l&rsquo;or. Elle est suspect&eacute;e d&rsquo;avoir servi de pr&ecirc;te-nom pour l&rsquo;attribution de concessions mini&egrave;res. Elle nie, et aucun document public consult&eacute; par la presse ne confirme l&rsquo;existence de permis &agrave; son nom .</p>
<p>Antoine-F&eacute;lix Samba, ancien directeur du budget au minist&egrave;re des Finances, est le beau-p&egrave;re d&rsquo;Oswald Baboke. En pleine controverse sur l&rsquo;or, les photos de sa villa de Nkolandom ont fuit&eacute;. Elles ont aliment&eacute; les soup&ccedil;ons d&rsquo;enrichissement illicite et de complicit&eacute;. Ses proches assurent qu&rsquo;il n&rsquo;a &laquo; ni de pr&egrave;s, ni de loin, le moindre lien avec une quelconque activit&eacute; ill&eacute;gale &raquo;.</p>
<p>Le patrimoine immobilier d&rsquo;Oswald Baboke lui-m&ecirc;me suscite des interrogations. Son complexe r&eacute;sidentiel de Dimako, dans l&rsquo;Est, est d&eacute;crit comme un palais. Des services de renseignement auraient &eacute;valu&eacute; ses deux r&eacute;sidences principales, &agrave; Yaound&eacute; et dans l&rsquo;Est, &agrave; pr&egrave;s de 3 milliards de FCFA . Ces &eacute;valuations n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; confirm&eacute;es officiellement.</p>
<h2>Au palais : Chantal Biya, la cl&eacute; de vo&ucirc;te</h2>
<p>Si Oswald Baboke tient encore, c&rsquo;est d&rsquo;abord parce qu&rsquo;une personne ne l&rsquo;a pas l&acirc;ch&eacute; : Chantal Biya.</p>
<p>Les deux sont originaires de Dimako, dans la r&eacute;gion de l&rsquo;Est. Baboke est son prot&eacute;g&eacute;, son confident, son conseiller. Il l&rsquo;a connue dans sa jeunesse. En mars 2018, il est nomm&eacute; directeur du cabinet de la premi&egrave;re dame, sur d&eacute;cision de cette derni&egrave;re. &Agrave; ce titre, il g&egrave;re ses affaires priv&eacute;es et son agenda .</p>
<p>La premi&egrave;re dame aurait envisag&eacute; de soutenir sa candidature &agrave; la vice-pr&eacute;sidence, selon des informations de Jeune Afrique pr&eacute;c&eacute;demment rapport&eacute;es. Cette perspective aurait exacerb&eacute; ses rivalit&eacute;s avec Ferdinand Ngoh Ngoh, lui-m&ecirc;me cit&eacute; parmi les personnalit&eacute;s int&eacute;ress&eacute;es par la fonction .</p>
<p>Autour de Baboke, au palais, d&rsquo;autres soutiens p&egrave;sent. Fran&ccedil;ois Bolvine Wakata, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; charg&eacute; des Relations avec les Assembl&eacute;es, &eacute;lu de l&rsquo;Est. Phil&eacute;mon Yang, ancien Premier ministre aujourd&rsquo;hui &agrave; la chancellerie. Simon Pierre Bik&eacute;l&eacute;, directeur du protocole d&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>Et le Premier ministre Joseph Dion Ngute, dont les relations avec Ngoh Ngoh sont d&eacute;crites comme &laquo; froides &raquo; . En avril 2025, Dion Ngute et Baboke ont particip&eacute; ensemble &agrave; un meeting de soutien &agrave; Paul Biya dans l&rsquo;Est. Entre eux, un autre lien : Samuel Eto&rsquo;o.</p>
<h2>Le front spirituel : quand la foi devient un r&eacute;seau</h2>
<p>Oswald Baboke n&rsquo;est pas seulement un haut fonctionnaire. Il est pasteur. Et son r&eacute;seau &eacute;vang&eacute;lique est l&rsquo;un des plus solides de la capitale.</p>
<p>&Eacute;tienne Konguep, figure des &Eacute;glises pentec&ocirc;tistes camerounaises, dirige le minist&egrave;re Appel &agrave; la communion avec Dieu (ACD). Converti en f&eacute;vrier 2001, il ambitionne de porter l&rsquo;&Eacute;vangile &laquo; sur les cimes du pouvoir &raquo;. La m&ecirc;me ann&eacute;e, il contribue &agrave; la conversion de Baboke, dont il devient l&rsquo;un des guides spirituels. Devenu pasteur, Baboke dirige la Chapelle de la Gloire du Christ &agrave; Mvog-Ada, o&ugrave; il pr&ecirc;che avec sa famille .</p>
<p>Ayuk Raymond Ayuk, fondateur de Fountain of Hope Ministries International, est un anglophone qui invite Baboke dans son &eacute;glise et r&eacute;ciproquement. Du 21 au 23 juin 2026, il l&rsquo;a convi&eacute; &agrave; un programme sp&eacute;cial de pr&eacute;dication. Un autre rendez-vous a suivi le 29 juin, avec Indira Baboke comme invit&eacute;e sp&eacute;ciale.</p>
<p>Rolland Ayissi, fondateur du Temple de la foi et des miracles, est un contact privil&eacute;gi&eacute; du couple &agrave; Paris. Crescence Baboke pr&ecirc;che souvent dans son &eacute;glise quand elle est en France, comme en mai 2026. Ayissi dit avoir &laquo; vu une grande lumi&egrave;re &raquo; couvrir Oswald Baboke, &laquo; ce grand homme d&rsquo;&Eacute;tat &raquo;, et affirme que Dieu lui a annonc&eacute; qu&rsquo;il le ferait asseoir &laquo; dans les sph&egrave;res les plus &eacute;lev&eacute;es &raquo;. Ces propos, rapport&eacute;s par la presse, rel&egrave;vent du registre proph&eacute;tique, pas d&rsquo;une information v&eacute;rifiable.</p>
<h2>Le club des fid&egrave;les : Eto&rsquo;o, Ngannou, Song</h2>
<p>Le sport est l&rsquo;autre pilier du r&eacute;seau. Et Samuel Eto&rsquo;o en est la figure centrale.</p>
<p>Le pr&eacute;sident de la Fecafoot est un habitu&eacute; de la Chapelle de la Gloire du Christ. Les deux hommes s&rsquo;appellent &laquo; petit fr&egrave;re &raquo; et &laquo; grand fr&egrave;re &raquo;. Baboke aurait facilit&eacute; son &eacute;lection &agrave; la t&ecirc;te de la F&eacute;d&eacute;ration en 2021 gr&acirc;ce &agrave; ses connexions dans l&rsquo;entourage de Chantal Biya. Eto&rsquo;o, proche d&rsquo;Indira elle parle d&rsquo;une relation &laquo; p&egrave;re-fille &raquo; , a assist&eacute; &agrave; sa soutenance de m&eacute;decine en juin 2025 et &agrave; son mariage coutumier en septembre 2026. Il a &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des premiers &agrave; d&eacute;fendre Baboke dans les affaires du faux d&eacute;cret et de l&rsquo;or .</p>
<p>Francis Ngannou, champion de MMA, est un ami de la famille. Il a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u chez le couple le 11 novembre 2024, pour l&rsquo;anniversaire de Crescence. La m&ecirc;me ann&eacute;e, il avait d&icirc;n&eacute; &agrave; Biteng avec Antoine-F&eacute;lix Samba.</p>
<p>Rigobert Song, ancien s&eacute;lectionneur des Lions indomptables, s&rsquo;est rapproch&eacute; de Baboke gr&acirc;ce &agrave; Eto&rsquo;o. Devenu fid&egrave;le de la Chapelle de la Gloire du Christ, il est mont&eacute; sur sc&egrave;ne au premier concert live d&rsquo;Indira, le 27 f&eacute;vrier 2021. En 2016, Baboke avait contribu&eacute;, aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;Eto&rsquo;o, &agrave; sa prise en charge m&eacute;dicale lors de sa grave maladie.</p>
<h2>Showbiz et m&eacute;dias : la caisse de r&eacute;sonance</h2>
<p>Fally Ipupa, star congolaise, est entr&eacute; en contact avec Baboke par Eto&rsquo;o. Il est venu chanter &agrave; l&rsquo;inauguration du Continent 237, le restaurant de Bastos. En d&eacute;cembre 2023, il a rencontr&eacute; Indira &agrave; Douala, puis a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u au domicile familial, o&ugrave; Crescence a offert des bibles &agrave; sa d&eacute;l&eacute;gation.</p>
<p>Tam Sir, beatmaker ivoirien et auteur de &laquo; Coup du marteau &raquo;, a demand&eacute; la main d&rsquo;Indira le 11 septembre 2026, &agrave; Douala. La c&eacute;r&eacute;monie coutumi&egrave;re, &agrave; Dimako, a r&eacute;uni une partie du gotha mondain. La dot est annonc&eacute;e pour le 5 d&eacute;cembre.</p>
<p>Ulrich Takam et Moustik le Karismatik, humoristes et com&eacute;diens, ont tous deux publiquement pris la d&eacute;fense d&rsquo;Oswald Baboke dans l&rsquo;affaire du faux d&eacute;cret.</p>
<p>Vanister Enama, chanteur, est un familier de l&rsquo;&eacute;glise et des d&icirc;ners chez le couple.</p>
<p>Dans les m&eacute;dias, deux hommes jouent un r&ocirc;le actif. Bony Dashaco, fondateur de Dashaco Holdings, a consacr&eacute; &agrave; Baboke la une du premier num&eacute;ro de Dash Afrique &eacute;conomie, sous le titre : &laquo; Oswald Baboke, l&rsquo;homme qui donne des insomnies &agrave; ses d&eacute;tracteurs &raquo;. Aristide Bounah, patron d&rsquo;Afrik-Inform et de CTEC Sarl, a d&eacute;fendu Baboke &agrave; maintes reprises dans son m&eacute;dia. En juin 2025, il a d&eacute;cern&eacute; &agrave; Paul Biya le prix de &laquo; l&rsquo;Homme d&rsquo;&Eacute;tat de classe exceptionnelle &raquo;, re&ccedil;u en son nom par Baboke.</p>
<h2>Ce que le r&eacute;seau ne dit pas</h2>
<p>Ce que cette cartographie montre, c&rsquo;est la profondeur d&rsquo;un ancrage. Famille, &Eacute;glise, football, spectacle, m&eacute;dias : Baboke a construit un &eacute;cosyst&egrave;me qui d&eacute;passe largement le cabinet civil.</p>
<p>Ce qu&rsquo;elle ne montre pas, c&rsquo;est la r&eacute;ponse &agrave; la question qui compte. Les enqu&ecirc;tes sur le faux d&eacute;cret et l&rsquo;or sont toujours en cours. Aucune conclusion publique n&rsquo;a &eacute;t&eacute; rendue. Baboke nie toute implication. Son entourage crie au complot. Ngoh Ngoh n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; publiquement mis en cause par la justice.</p>
<p>Le 25 octobre 2026, Jeune Afrique a publi&eacute; une enqu&ecirc;te citant Baboke parmi les favoris &agrave; la vice-pr&eacute;sidence . Le poste reste vacant. Paul Biya, 93 ans, n&rsquo;a pas tranch&eacute;.</p>
<p>Une source &agrave; Etoudi, cit&eacute;e par Jeune Afrique, r&eacute;sume la situation d&rsquo;une phrase : la sc&egrave;ne de r&eacute;conciliation apparente entre Ngoh Ngoh et Baboke, le 31 juillet, n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une &laquo; mise en sc&egrave;ne &raquo;, une injonction venue de Suisse, o&ugrave; le pr&eacute;sident s&eacute;journait .</p>
<p>Le bouclier tient. Pour combien de temps ?</p>
<hr>
<p><strong>Oswald Baboke est-il vraiment favori pour la vice-pr&eacute;sidence du Cameroun ?</strong><br>Oui, selon une enqu&ecirc;te de Jeune Afrique publi&eacute;e le 25 octobre 2026, qui le cite parmi les personnalit&eacute;s susceptibles d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; la fonction. Le poste est vacant depuis la r&eacute;vision constitutionnelle d&rsquo;avril 2026.</p>
<p><strong>Quelles sont les deux enqu&ecirc;tes qui le visent ?</strong><br>L&rsquo;une porte sur un faux d&eacute;cret annon&ccedil;ant une nomination &agrave; la vice-pr&eacute;sidence, d&eacute;pos&eacute; &agrave; la CRTV le 12 juin 2026. L&rsquo;autre concerne un pr&eacute;sum&eacute; trafic d&rsquo;or entre le Cameroun et Duba&iuml;, avec des &eacute;carts massifs entre production et exportations d&eacute;clar&eacute;es.</p>
<p><strong>A-t-il &eacute;t&eacute; condamn&eacute; ?</strong><br>Non. Les enqu&ecirc;tes sont en cours. Aucune conclusion publique n&rsquo;a &eacute;t&eacute; rendue. Il nie toute implication et d&eacute;nonce un complot.</p>
<p><strong>Qui le soutient au palais ?</strong><br>Chantal Biya, dont il dirige le cabinet, est sa principale protectrice. Il peut aussi compter sur le Premier ministre Joseph Dion Ngute, Fran&ccedil;ois Bolvine Wakata, Phil&eacute;mon Yang et Simon Pierre Bik&eacute;l&eacute;.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 26 Oct 2026 00:19:00 +0100</pubDate>
                                    <author>Avec Ja</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Oswald-Baboke100726500.webp" type="image/webp" length="3232" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Oswald-Baboke100726500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Remaniement au Cameroun : la bombe Effoudou sur Ngoh Ngoh]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/remaniement-au-cameroun-la-bombe-effoudou-sur-ngoh-ngoh</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Effoudou accuse Ngoh Ngoh d’avoir présenté à Biya une liste de
remaniement sortant 34 ministres. Faits, contexte et zones d’ombre.

DANS UNE INTERVIEW À MASTERC...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" alt="Remaniement au Cameroun : la bombe Effoudou sur Ngoh Ngoh" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/remaniement-au-cameroun-la-bombe-effoudou-sur-ngoh-ngoh</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Effoudou accuse Ngoh Ngoh d&rsquo;avoir pr&eacute;sent&eacute; &agrave; Biya une liste de remaniement sortant 34 ministres. Faits, contexte et zones d&rsquo;ombre.</p>
<p><strong>Dans une interview &agrave; Masterclass</strong>, l&rsquo;ancien officier de renseignement affirme que le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence a pr&eacute;par&eacute; une liste de remaniement &eacute;cartant 34 ministres. Une all&eacute;gation explosive, non confirm&eacute;e &agrave; ce jour, qui &eacute;claire la guerre des clans au sommet de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais.</p>
<p>Le capitaine Daniel Effoudou affirme que Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence camerounaise, a pr&eacute;sent&eacute; au pr&eacute;sident Paul Biya une liste de remaniement minist&eacute;riel &eacute;cartant 34 ministres en exercice. L&rsquo;all&eacute;gation a &eacute;t&eacute; formul&eacute;e dans l&rsquo;&eacute;mission <strong>Masterclass</strong> de Morgan Palmer, diffus&eacute;e le 23 octobre 2026. Aucune source officielle n&rsquo;a confirm&eacute; l&rsquo;existence de ce document.</p>
<p>Trente-quatre noms. Des hommes et des femmes qui, selon Effoudou, auraient perdu leur maroquin dans une liste pr&eacute;par&eacute;e par le num&eacute;ro deux du r&eacute;gime. Parmi eux : Gr&eacute;goire Owona (Travail), Joseph Beti Assomo (D&eacute;fense), Laurent Esso (Justice) et Samuel Mvondo Ayolo (cabinet civil). Des piliers du syst&egrave;me Biya.</p>
<p>Effoudou parle depuis son exil europ&eacute;en. Il est vis&eacute; par un mandat d&rsquo;arr&ecirc;t pour d&eacute;sertion et escroquerie. Ses accusations ne sont pas des preuves. Mais elles posent une question que Yaound&eacute; n&rsquo;a pas fini d&rsquo;entendre : <strong>qui, au sommet de l&rsquo;&Eacute;tat, d&eacute;cide vraiment de qui reste et de qui part ?</strong></p>
<h2>Une interview, un exil, une bombe</h2>
<p>Le 23 octobre 2026, le capitaine Daniel Effoudou Awussi Kenneth Romuald accorde une heure d&rsquo;entretien &agrave; Morgan Palmer pour l&rsquo;&eacute;mission <strong>Masterclass</strong>. L&rsquo;homme n&rsquo;est pas un inconnu. Ancien chef du bureau de renseignement &agrave; l&rsquo;&eacute;tat-major particulier de la pr&eacute;sidence, il a c&ocirc;toy&eacute; les arcanes du pouvoir camerounais de l&rsquo;int&eacute;rieur.</p>
<p>Il vit en exil depuis pr&egrave;s de trois ans. Radi&eacute; de l&rsquo;arm&eacute;e, vis&eacute; par un mandat d&rsquo;arr&ecirc;t &eacute;mis le 10 mars 2024 &agrave; la suite d&rsquo;une plainte pour extorsion d&eacute;pos&eacute;e par le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller de Paul Biya. Effoudou refuse de r&eacute;v&eacute;ler sa localisation exacte.</p>
<p>Dans cette interview, il ne se contente pas d&rsquo;accuser. Il d&eacute;signe. Et parmi les accusations, celle qui a le plus circul&eacute; concerne un remaniement minist&eacute;riel.</p>
<h2>Ce qu&rsquo;Effoudou affirme sur le remaniement</h2>
<p>Selon le capitaine, Ferdinand Ngoh Ngoh aurait pr&eacute;par&eacute; une liste de remaniement dans laquelle 34 ministres en exercice perdraient leur poste. Il cite nomm&eacute;ment : <strong>Gr&eacute;goire Owona</strong>, ministre du Travail et de la S&eacute;curit&eacute; sociale ; <strong>Joseph Beti Assomo</strong>, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la Pr&eacute;sidence charg&eacute; de la D&eacute;fense ; <strong>Laurent Esso</strong>, ministre d&rsquo;&Eacute;tat, ministre de la Justice, garde des Sceaux ; et <strong>Samuel Mvondo Ayol</strong>o, directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Effoudou affirme que cette liste a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Paul Biya. Il ne pr&eacute;cise pas la date de cette pr&eacute;sentation, ni la nature exacte du document, ni les fonctions des 30 autres ministres concern&eacute;s.</p>
<p><strong>Ce qui est v&eacute;rifi&eacute;</strong> : Effoudou a bien formul&eacute; ces accusations dans l&rsquo;&eacute;mission.&nbsp;</p>
<p><strong>Ce qui n&rsquo;est pas v&eacute;rifi&eacute;</strong> : l&rsquo;existence mat&eacute;rielle de la liste. Aucun document n&rsquo;a &eacute;t&eacute; produit publiquement. Aucune source officielle camerounaise n&rsquo;a confirm&eacute; ou infirm&eacute; son contenu. Les noms cit&eacute;s n&rsquo;ont pas r&eacute;agi publiquement &agrave; ce jour.</p>
<h2>Pourquoi cette all&eacute;gation est cr&eacute;dible dans le paysage politique camerounais</h2>
<p>Le Cameroun vit depuis plusieurs ann&eacute;es au rythme d&rsquo;une guerre de succession feutr&eacute;e. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, n&rsquo;a pas d&eacute;sign&eacute; de dauphin. Autour de lui, les camps s&rsquo;affrontent : celui de Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence ; celui d&rsquo;Oswald Babok&eacute;, proche de la premi&egrave;re dame ; et celui de Franck Biya, fils a&icirc;n&eacute; du pr&eacute;sident.</p>
<p>Dans ce contexte, toute liste de remaniement devient un enjeu de pouvoir. Elle ne dit pas seulement qui gouverne. Elle dit qui monte, qui descend, et surtout <strong>qui contr&ocirc;le la machine administrative &agrave; l&rsquo;approche d&rsquo;une &eacute;ventuelle transition.</strong></p>
<p>Effoudou n&rsquo;est pas le premier &agrave; &eacute;voquer des listes circulant dans le s&eacute;rail. Des m&eacute;dias camerounais ont publi&eacute; &agrave; plusieurs reprises des &laquo; listes de remaniement &raquo; attribu&eacute;es &agrave; des fuites, avant de les qualifier de faux documents. La fronti&egrave;re entre rumeur, strat&eacute;gie de d&eacute;stabilisation et information r&eacute;elle est, &agrave; Yaound&eacute;, particuli&egrave;rement poreuse.</p>
<h2>La strat&eacute;gie Effoudou : accuser pour exister</h2>
<p>Pourquoi un officier en exil, vis&eacute; par un mandat d&rsquo;arr&ecirc;t, choisit-il de multiplier les accusations ? La r&eacute;ponse tient peut-&ecirc;tre &agrave; la nature de sa situation. Effoudou n&rsquo;a plus rien &agrave; perdre sur le plan institutionnel. Il est hors jeu. Mais il reste un acteur dangereux pour ceux qu&rsquo;il vise, parce qu&rsquo;il a eu acc&egrave;s &agrave; des informations sensibles pendant des ann&eacute;es.</p>
<p>Ses accusations ne se limitent pas au remaniement. Il a &eacute;galement affirm&eacute; que Ngoh Ngoh &eacute;tait le commanditaire de l&rsquo;assassinat du journaliste Martinez Zogo, qu&rsquo;il avait tent&eacute; de contr&ocirc;ler la DGRE (Direction g&eacute;n&eacute;rale de la recherche ext&eacute;rieure), et qu&rsquo;il avait sabot&eacute; les pourparlers de paix dans les r&eacute;gions anglophones.</p>
<h2>Les zones d&rsquo;ombre que personne ne comble</h2>
<p>Trois questions restent sans r&eacute;ponse.</p>
<p><strong>Premi&egrave;re question : o&ugrave; est la liste ?</strong> Effoudou affirme qu&rsquo;elle existe. Il ne l&rsquo;a pas montr&eacute;e. Aucun journaliste ne l&rsquo;a vue. Aucune source ind&eacute;pendante ne l&rsquo;a confirm&eacute;e.</p>
<p><strong>Deuxi&egrave;me question : pourquoi ces quatre noms ?</strong> Gr&eacute;goire Owona, Beti Assomo, Esso, Mvondo Ayolo. Pourquoi eux ? Effoudou ne donne pas de crit&egrave;re. S&rsquo;agit-il de ministres jug&eacute;s d&eacute;loyaux envers Ngoh Ngoh ? De rivaux potentiels ? De simples dommages collat&eacute;raux dans une recomposition plus large ? L&rsquo;explication manque.</p>
<p><strong>Troisi&egrave;me question : Biya a-t-il r&eacute;agi ?</strong> Le pr&eacute;sident n&rsquo;a rien dit publiquement. Aucun communiqu&eacute; de la pr&eacute;sidence n&rsquo;a &eacute;t&eacute; publi&eacute; sur cette all&eacute;gation sp&eacute;cifique. Le silence, dans le syst&egrave;me Biya, n&rsquo;est jamais neutre. Mais il n&rsquo;est pas non plus une confirmation.</p>
<h2>Ce que cela dit du pouvoir camerounais</h2>
<p>M&ecirc;me si la liste n&rsquo;existe pas, l&rsquo;all&eacute;gation produit des effets. Elle oblige chaque ministre cit&eacute; &agrave; se demander s&rsquo;il est r&eacute;ellement sur une liste. Elle oblige les soutiens de Ngoh Ngoh &agrave; d&eacute;mentir sans convaincre. Elle oblige les observateurs &agrave; scruter chaque nomination, chaque d&eacute;cret, chaque mouvement administratif &agrave; la recherche d&rsquo;un signe.</p>
<p>Dans un r&eacute;gime o&ugrave; l&rsquo;information circule par rumeur et par fuite, une accusation non prouv&eacute;e peut devenir un fait politique. Pas parce qu&rsquo;elle est vraie. Parce qu&rsquo;elle <strong>structure les anticipations</strong>.</p>
<p>Effoudou le sait. C&rsquo;est peut-&ecirc;tre pour cela qu&rsquo;il parle.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 23 Oct 2026 17:59:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" type="image/jpeg" length="5875" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Biya convoque Beti Assomo : l’affaire Zogo rattrape le Mindef]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-biya-convoque-beti-assomo-laffaire-zogo-rattrape-le-mindef</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Paul Biya a demandé des explications à Joseph Beti Assomo sur ses
contacts présumés dans l’affaire Martinez Zogo. Coulisses d’une
convocation qui secoue le somm...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Beti-Assomo221026500.webp" alt="Cameroun - Biya convoque Beti Assomo : l’affaire Zogo rattrape le Mindef" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-biya-convoque-beti-assomo-laffaire-zogo-rattrape-le-mindef</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Paul Biya a demand&eacute; des explications &agrave; Joseph Beti Assomo sur ses contacts pr&eacute;sum&eacute;s dans l&rsquo;affaire Martinez Zogo. Coulisses d&rsquo;une convocation qui secoue le sommet de l&rsquo;&Eacute;tat.&nbsp;</p>
<p>Deux enregistrements audio, un contact direct avec Jean-Pierre Amougou Belinga et des consignes pr&eacute;sidentielles : l&rsquo;affaire Martinez Zogo vient de rattraper le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la D&eacute;fense.</p>
<p>Le ministre est arriv&eacute;. Il est reparti avec des consignes. Ce qu&rsquo;il a dit dans l&rsquo;intervalle, personne ne le publiera jamais mot pour mot. Mais les questions, elles, sont connues : pourquoi le nom de Beti Assomo appara&icirc;t-il dans des &eacute;changes t&eacute;l&eacute;phoniques li&eacute;s au dossier Zogo ? Pourquoi a-t-il cherch&eacute; &agrave; joindre, sans interm&eacute;diaire, l&rsquo;homme d&rsquo;affaires incarc&eacute;r&eacute; Jean-Pierre Amougou Belinga ? Et pourquoi a-t-il fallu que Paul Biya lui ordonne, noir sur blanc, de ne plus toucher au dossier ?</p>
<h2>Une convocation qui n&rsquo;a rien d&rsquo;une routine</h2>
<p>Au palais d&rsquo;Etoudi, les convocations de ministres ne sont jamais anodines. Celle de Joseph Beti Assomo, en d&eacute;but de semaine, l&rsquo;est encore moins. Le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la D&eacute;fense a &eacute;t&eacute; entendu par le chef de l&rsquo;&Eacute;tat en personne. Pas un &eacute;missaire. Pas un conseiller. Paul Biya lui-m&ecirc;me.</p>
<p>Le motif officiel n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; publi&eacute;. Mais plusieurs sources concordantes, dont le magazine Jeune Afrique, indiquent que l&rsquo;explication a port&eacute; sur l&rsquo;affaire Martinez Zogo. Le journaliste avait &eacute;t&eacute; enlev&eacute; le 17 janvier 2023 &agrave; Yaound&eacute;, avant que son corps mutil&eacute; ne soit retrouv&eacute; cinq jours plus tard &agrave; Ebogo III. Trois ans plus tard, son dossier continue de remonter vers les plus hautes sph&egrave;res de l&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas le proc&egrave;s qui a chang&eacute; la donne. C&rsquo;est ce qui circule &agrave; c&ocirc;t&eacute;.</p>
<h2>Deux enregistrements, une m&ecirc;me question : qui parle &agrave; qui ?</h2>
<p>Le premier enregistrement dure un peu plus de onze minutes. On y entend le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait, t&eacute;moin cl&eacute; dans l&rsquo;affaire, s&rsquo;entretenir avec Martin Savom, lui-m&ecirc;me poursuivi dans le dossier.</p>
<p>L&rsquo;officier y confie son inqui&eacute;tude. Il dit ne pas avoir dormi depuis qu&rsquo;on lui a rapport&eacute; que &laquo; le vieux &raquo; &mdash; le surnom du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh &mdash; &eacute;tait f&acirc;ch&eacute; contre lui. Il redoute d&rsquo;&ecirc;tre cit&eacute; comme t&eacute;moin, rapporte Jeune Afrique, qui ne pr&eacute;cise pas avoir &eacute;tabli l&rsquo;authenticit&eacute; de l&rsquo;enregistrement.</p>
<p>Dans le m&ecirc;me &eacute;change, Martin Savom &eacute;voque des d&eacute;marches en vue d&rsquo;une lib&eacute;ration. Il rapporte les propos qu&rsquo;aurait tenus &laquo; le ministre &raquo; de la D&eacute;fense : il attendrait la fin des auditions des t&eacute;moins. Jeune Afrique identifie ce ministre comme &eacute;tant Joseph Beti Assomo. Mais le magazine pr&eacute;cise qu&rsquo;il s&rsquo;agit de propos rapport&eacute;s dans l&rsquo;enregistrement, non v&eacute;rifi&eacute;s.</p>
<p>Le second enregistrement est un message vocal. Alain Ekassi, pr&eacute;sent&eacute; comme un agent des renseignements, s&rsquo;adresse &agrave; Martin Savom. Il lui reproche de l&rsquo;avoir sollicit&eacute; &agrave; plusieurs reprises. Il se dit &eacute;tranger aux &laquo; histoires &raquo; dans lesquelles on aurait voulu l&rsquo;impliquer. Le c&oelig;ur du message : la disparition d&rsquo;un document qu&rsquo;il affirme avoir d&eacute;pos&eacute; &agrave; la l&eacute;gion de gendarmerie du Centre. Ce document portait sur un versement de 15 milliards de F CFA. Ekassi accuse Martin Savom et le colonel Jean-Pierre Otoulou, qui a conduit l&rsquo;enqu&ecirc;te, de l&rsquo;avoir fait dispara&icirc;tre. La juge d&rsquo;instruction aurait demand&eacute; &agrave; plusieurs reprises o&ugrave; se trouvait ce document.</p>
<p>Ces accusations n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; v&eacute;rifi&eacute;es par la justice. Jeune Afrique ne dit pas non plus avoir confirm&eacute; ce point aupr&egrave;s de la magistrate.</p>
<p>Reste une question, la seule qui compte pour le palais : pourquoi le nom du ministre de la D&eacute;fense revient-il dans ces &eacute;changes ?</p>
<h2>Le contact qui a fait basculer la semaine</h2>
<p>Selon les informations de Jeune Afrique, Joseph Beti Assomo serait entr&eacute; en contact, sans interm&eacute;diaire, avec Jean-Pierre Amougou Belinga. L&rsquo;homme d&rsquo;affaires est incarc&eacute;r&eacute; depuis 2023 dans le cadre de l&rsquo;affaire Martinez Zogo. Le magazine ne pr&eacute;cise ni la date ni la nature de ce contact.</p>
<p>C&rsquo;est ce point qui aurait d&eacute;clench&eacute; la convocation. Paul Biya aurait enjoint &agrave; son ministre de ne pas interf&eacute;rer dans la proc&eacute;dure. Des consignes fermes auraient &eacute;galement &eacute;t&eacute; donn&eacute;es sur le traitement du dossier Ayissi Nanga : lib&eacute;rer l&rsquo;officier sans d&eacute;lai et suivre le cours normal des auditions.</p>
<p>L&rsquo;officier avait &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; &agrave; Yaound&eacute; le 18 octobre 2026, avant d&rsquo;&ecirc;tre rel&acirc;ch&eacute;. Quelques jours plus t&ocirc;t, il s&rsquo;&eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; &agrave; l&rsquo;improviste au tribunal militaire, en plein proc&egrave;s, pour demander &agrave; t&eacute;moigner en urgence. Il affirmait que sa vie &eacute;tait en danger.</p>
<h2>Derri&egrave;re Zogo, une guerre de clans au sommet</h2>
<p>La convocation de Beti Assomo ne se comprend pas sans le contexte des rivalit&eacute;s qui structurent l&rsquo;appareil d&rsquo;&Eacute;tat camerounais. Le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la D&eacute;fense et le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ne s&rsquo;entendent plus. Jeune Afrique rapporte que Ngoh Ngoh aurait envisag&eacute; de proposer au chef de l&rsquo;&Eacute;tat de remplacer Beti Assomo par Galax Yves Landry Etoga, actuel secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat &agrave; la D&eacute;fense charg&eacute; de la gendarmerie nationale, lors d&rsquo;un prochain remaniement.</p>
<p>Les rapports entre Etoga et Beti Assomo se sont tendus en 2026. En juin, le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; a suspendu la d&eacute;l&eacute;gation de signature dont disposait le secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat, &agrave; la suite de d&eacute;saccords sur les affectations dans la gendarmerie.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas une querelle de personnes. C&rsquo;est une lutte pour le contr&ocirc;le de l&rsquo;appareil s&eacute;curitaire. Et l&rsquo;affaire Zogo en est devenue le terrain.</p>
<h2>Ce que le proc&egrave;s a d&eacute;j&agrave; dit</h2>
<p>Le proc&egrave;s devant le Tribunal militaire de Yaound&eacute; se poursuit. Le 1er juin 2026, des images de torture de Martinez Zogo ont &eacute;t&eacute; projet&eacute;es pour la premi&egrave;re fois. La salle &eacute;tait sid&eacute;r&eacute;e. Des avocats ont quitt&eacute; l&rsquo;audience.</p>
<p>Le 22 juin, un expert en cybercriminalit&eacute;, Jean-Pierre Eloumou, a livr&eacute; un t&eacute;moignage qui a fait sensation. L&rsquo;exploitation du t&eacute;l&eacute;phone de la victime a permis de constater que Martinez Zogo &eacute;tait un informateur du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, et du directeur adjoint du cabinet civil, Oswald Baboke. Selon l&rsquo;expert, le journaliste alimentait ces deux personnalit&eacute;s en accusations de d&eacute;tournements de fonds visant Jean-Pierre Amougou Belinga.</p>
<p>L&rsquo;expertise ne dit pas si Ngoh Ngoh ou Baboke &eacute;taient impliqu&eacute;s dans la mort du journaliste. Mais leur nom est d&eacute;sormais cit&eacute; dans le dossier.</p>
<h2>Ce qui n&rsquo;est pas confirm&eacute;</h2>
<p>Il faut le dire clairement.</p>
<p>L&rsquo;authenticit&eacute; des deux enregistrements n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; &eacute;tablie par Jeune Afrique, et nous ne sommes pas en mesure de la v&eacute;rifier. Les propos de Martin Savom sur &laquo; le ministre &raquo; sont des propos rapport&eacute;s, pas des constatations judiciaires. L&rsquo;accusation d&rsquo;Alain Ekassi contre Martin Savom et le colonel Otoulou rel&egrave;ve de ses d&eacute;clarations, pas d&rsquo;un jugement. Le contact entre Beti Assomo et Amougou Belinga est pr&eacute;sum&eacute; : ni sa date ni sa nature n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;cis&eacute;es.</p>
<p>Ce que l&rsquo;on sait avec certitude : Paul Biya a convoqu&eacute; son ministre de la D&eacute;fense. Le reste est une bataille d&rsquo;interpr&eacute;tations.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Paul Biya a-t-il convoqu&eacute; Joseph Beti Assomo ?</strong><br>Parce que le nom du ministre appara&icirc;t dans des &eacute;changes li&eacute;s &agrave; l&rsquo;affaire Martinez Zogo, et parce qu&rsquo;il aurait cherch&eacute; &agrave; contacter directement Jean-Pierre Amougou Belinga, l&rsquo;un des principaux accus&eacute;s.</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que le document de 15 milliards de F CFA ?</strong><br>Selon Alain Ekassi, il s&rsquo;agit d&rsquo;une d&eacute;nonciation d&eacute;pos&eacute;e &agrave; la l&eacute;gion de gendarmerie du Centre, portant sur un versement de 15 milliards de F CFA. Ce document aurait disparu. Jeune Afrique ne pr&eacute;cise ni l&rsquo;origine ni la destination de cette somme.</p>
<p><strong>Joseph Beti Assomo va-t-il &ecirc;tre remplac&eacute; ?</strong><br>Aucune d&eacute;cision n&rsquo;a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e. Mais Ferdinand Ngoh Ngoh aurait envisag&eacute; de proposer Galax Yves Landry Etoga pour le remplacer lors d&rsquo;un prochain remaniement.</p>
<p><strong>Le proc&egrave;s Zogo est-il termin&eacute; ?</strong><br>Non. Le proc&egrave;s devant le Tribunal militaire de Yaound&eacute; se poursuit. Plusieurs audiences ont &eacute;t&eacute; renvoy&eacute;es. Aucun verdict n&rsquo;a &eacute;t&eacute; rendu &agrave; ce jour.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 22 Oct 2026 17:48:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Beti-Assomo221026500.webp" type="image/webp" length="10393" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Beti-Assomo221026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Procès Zogo : les rapports qui accusent Ngoh Ngoh]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-proces-zogo-les-rapports-qui-accusent-ngoh-ngoh</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Procès Martinez Zogo : Eko Eko accuse Ngoh Ngoh d’avoir manœuvré
contre lui. Deux rapports confidentiels révèlent une guerre au
sommet du renseignement cameroun...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Ferdinand-Ngoh-Ngoh130224500.jpg" alt="Cameroun - Procès Zogo : les rapports qui accusent Ngoh Ngoh" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-proces-zogo-les-rapports-qui-accusent-ngoh-ngoh</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Proc&egrave;s Martinez Zogo : Eko Eko accuse Ngoh Ngoh d&rsquo;avoir man&oelig;uvr&eacute; contre lui. Deux rapports confidentiels r&eacute;v&egrave;lent une guerre au sommet du renseignement camerounais.</p>
<p>Derri&egrave;re le proc&egrave;s de l&rsquo;assassinat de Martinez Zogo, deux hommes s&rsquo;affrontent pour le contr&ocirc;le de l&rsquo;appareil s&eacute;curitaire camerounais. L&rsquo;un est accus&eacute;, l&rsquo;autre est au sommet. Et un rapport de onze pages a tout pr&eacute;cipit&eacute;.</p>
<p>Le 30 janvier 2023, L&eacute;opold Maxime Eko Eko remet &agrave; Paul Biya un rapport de onze pages. Il y d&eacute;crit Ferdinand Ngoh Ngoh comme le &laquo; parrain &raquo; d&rsquo;un pr&eacute;sum&eacute; projet de d&eacute;stabilisation du pouvoir. Moins de vingt-quatre heures plus tard, Eko Eko est arr&ecirc;t&eacute; dans l&rsquo;enqu&ecirc;te sur l&rsquo;assassinat de Martinez Zogo. Trois ans plus tard, devant le tribunal militaire de Yaound&eacute;, l&rsquo;ancien patron du renseignement r&eacute;p&egrave;te que tout cela n&rsquo;est pas un hasard. Le proc&egrave;s Zogo est devenu le th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;une guerre entre deux hommes qui se disputaient l&rsquo;oreille du pr&eacute;sident.</p>
<h2>Une rivalit&eacute; qui remonte &agrave; 2010</h2>
<p>Ferdinand Ngoh Ngoh et L&eacute;opold Maxime Eko Eko ont &eacute;t&eacute; nomm&eacute;s &agrave; leurs postes respectifs par Paul Biya entre 2010 et 2011. Selon des sources issues des renseignements camerounais cit&eacute;es par Jeune Afrique, Ngoh Ngoh visait alors la t&ecirc;te de la DGRE. Sa nomination au secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence aurait &eacute;t&eacute; v&eacute;cue comme une d&eacute;ception. Une amertume paradoxale, tant cette fonction est sup&eacute;rieure &agrave; celle de patron du renseignement. Mais l&rsquo;entourage de Ngoh Ngoh savait que plusieurs de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs au secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral avaient fini en prison.</p>
<p>Au fil des ann&eacute;es, les relations se sont d&eacute;t&eacute;rior&eacute;es. D&egrave;s 2018, Eko Eko affirme que Ngoh Ngoh et d&rsquo;autres, dont l&rsquo;ancien ministre Edgar Alain Mebe Ngo&rsquo;o, ont entrepris d&rsquo;asphyxier la DGRE en la privant de moyens financiers. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, le service est charg&eacute; de dossiers sensibles : des enqu&ecirc;tes sur des d&eacute;tournements li&eacute;s &agrave; la CAN et sur les fonds de la Covid-19. Deux dossiers dans lesquels le nom de Ngoh Ngoh appara&icirc;t.</p>
<h2>Le rapport qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>Le document est dat&eacute; du 30 janvier 2023. Onze pages. Son titre : &laquo; Rapport sp&eacute;cial d&rsquo;enqu&ecirc;te sur les pr&eacute;somptions de prise de contr&ocirc;le des segments &eacute;conomiques et administratifs sensibles de la vie de la nation et leur impact sur la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;&Eacute;tat &raquo;. Eko Eko y d&eacute;crit Ngoh Ngoh comme ayant plac&eacute; ses hommes dans tous les secteurs strat&eacute;giques : renseignement, arm&eacute;e, fronti&egrave;res, &eacute;conomie. Le rapport &eacute;voque un projet de d&eacute;tournement de fonds publics destin&eacute; &agrave; financer une prise de pouvoir et n&rsquo;exclut pas la th&egrave;se d&rsquo;un coup d&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>Le lendemain de sa transmission, Eko Eko est interpell&eacute; par la gendarmerie dans le cadre de l&rsquo;enqu&ecirc;te sur l&rsquo;assassinat de Martinez Zogo. &laquo; Ce rapport n&rsquo;&eacute;tait en principe destin&eacute; qu&rsquo;au chef de l&rsquo;&Eacute;tat. Or il aurait fuit&eacute; &raquo;, d&eacute;nonce une source proche du dossier. &laquo; Vu son contenu, il aurait incit&eacute; ceux dont il mena&ccedil;ait la situation &agrave; agir contre Eko Eko. &raquo; L&rsquo;entourage de Ngoh Ngoh rejette cette th&egrave;se. Contact&eacute;, le secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral n&rsquo;a pas souhait&eacute; r&eacute;agir.</p>
<h2>La d&eacute;fense d&rsquo;Eko Eko : &laquo; Il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; au courant &raquo;</h2>
<p>Devant le tribunal militaire, Eko Eko nie toute implication dans l&rsquo;enl&egrave;vement et le meurtre de Martinez Zogo. Ses avocats ont publi&eacute; une mise au point le 17 septembre 2026 : selon eux, les 33 premiers t&eacute;moins entendus n&rsquo;ont &eacute;tabli aucun lien direct ou indirect entre leur client et l&rsquo;assassinat. Ils soulignent qu&rsquo;une note de service du 12 novembre 2021 avait retir&eacute; au lieutenant-colonel Justin Danwe la coordination des op&eacute;rations de la DGRE, transf&eacute;r&eacute;e au conseiller technique num&eacute;ro un. Pour la d&eacute;fense, l&rsquo;op&eacute;ration contre Zogo a emprunt&eacute; des canaux non officiels, contournant la cha&icirc;ne de commandement normale.</p>
<p>L&rsquo;accusation ne l&rsquo;entend pas ainsi. Le colonel Jean-Pierre Otoulou, principal enqu&ecirc;teur, a d&eacute;clar&eacute; les 31 ao&ucirc;t et 1er septembre 2026 que plusieurs indices laissent penser qu&rsquo;Eko Eko &eacute;tait au courant. Il cite notamment le fait que la DGRE n&rsquo;a ouvert aucune enqu&ecirc;te interne entre l&rsquo;enl&egrave;vement et le signalement de la disparition, et qu&rsquo;Eko Eko n&rsquo;a remis que trois t&eacute;l&eacute;phones sur les dix qu&rsquo;il d&eacute;clarait poss&eacute;der. &laquo; Comme le t&eacute;moin l&rsquo;a dit, tout ceci constitue des indices qui tendent &agrave; conclure qu&rsquo;il &eacute;tait forc&eacute;ment au courant &raquo;, estime Me Calvin Job, avocat de la partie civile. &laquo; Et il n&rsquo;a pas fait ce qu&rsquo;il fallait faire pour emp&ecirc;cher que &ccedil;a aille jusqu&rsquo;au bout &raquo;.</p>
<h2>Le second rapport et les d&eacute;tournements</h2>
<p>Preuve que Ngoh Ngoh conserve la confiance de Paul Biya, le pr&eacute;sident lui confie une nouvelle enqu&ecirc;te. Cette fois, il s&rsquo;agit de d&eacute;tournements pr&eacute;sum&eacute;s de fonds publics. Les personnes vis&eacute;es comptent des proches d&rsquo;Eko Eko et du ministre des Finances Louis-Paul Motaze, r&eacute;put&eacute; hostile au secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>Le rapport est dat&eacute; du 8 d&eacute;cembre 2023. Il est sign&eacute; par Galax Yves Landry Etoga, secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat &agrave; la D&eacute;fense, et adress&eacute; &agrave; Ngoh Ngoh. Son objet : le financement par le Tr&eacute;sor public, via le chapitre 94, de projets appartenant &agrave; des promoteurs priv&eacute;s entre 2017 et 2021. Les conclusions pointent des circuits de financement difficiles &agrave; retracer, des subventions vers&eacute;es &agrave; des structures inexistantes, des paiements sans d&eacute;duction de TVA. Les enqu&ecirc;teurs envisagent des qualifications p&eacute;nales : d&eacute;tournement de biens publics, concussion, favoritisme, complicit&eacute; et recel. Ils sollicitent l&rsquo;autorisation d&rsquo;entendre Louis-Paul Motaze et Alamine Ousmane Mey. Selon nos informations, les deux ministres n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; auditionn&eacute;s. Et le rapport est rest&eacute; sans suite.</p>
<h2>Ce que le proc&egrave;s Zogo dit vraiment</h2>
<p>La question pos&eacute;e par <strong>Jeune Afrique</strong> est simple : le proc&egrave;s Martinez Zogo sert-il &agrave; trouver les commanditaires du meurtre ou &agrave; r&eacute;gler des comptes ? Officiellement, dix-sept accus&eacute;s comparaissent devant le tribunal militaire de Yaound&eacute;. Parmi eux, Eko Eko, Justin Danwe, Jean-Pierre Amougou Belinga. Mais depuis l&rsquo;ouverture des d&eacute;bats, les noms de Ngoh Ngoh et de son entourage circulent sans qu&rsquo;ils soient formellement mis en cause par le tribunal.</p>
<p>Le capitaine Romuald Effoudou, ancien du renseignement en exil, a accus&eacute; directement Ngoh Ngoh d&rsquo;&ecirc;tre le commanditaire de l&rsquo;assassinat, sans apporter de preuves mat&eacute;rielles. <strong>Jeune Afrique</strong> r&eacute;sume : &laquo; Peu de preuves, mais assez de bruit pour s&rsquo;inviter dans le proc&egrave;s &raquo;. Le capitaine a &eacute;t&eacute; radi&eacute; de l&rsquo;arm&eacute;e en juin 2026. Ses d&eacute;clarations n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; retenues par l&rsquo;accusation.</p>
<p>Le proc&egrave;s se poursuit. Trente-cinq t&eacute;moins ont d&eacute;j&agrave; d&eacute;pos&eacute;. La d&eacute;fense d&rsquo;Eko Eko continue de marteler que la cha&icirc;ne de commandement n&rsquo;est pas &eacute;tablie. L&rsquo;accusation maintient que les indices convergent. Derri&egrave;re les d&eacute;bats juridiques, une r&eacute;alit&eacute; politique demeure : la guerre entre Eko Eko et Ngoh Ngoh a fa&ccedil;onn&eacute; le renseignement camerounais tel qu&rsquo;il fonctionne aujourd&rsquo;hui. Un service affaibli, des agents qui monnaient leurs services, des rapports qui filtrent, et un pr&eacute;sident qui arbitre. Le proc&egrave;s Zogo n&rsquo;est pas seulement celui d&rsquo;un assassinat. C&rsquo;est celui d&rsquo;un syst&egrave;me.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Eko Eko est-il jug&eacute; dans l&rsquo;affaire Martinez Zogo ?</strong><br>Il est poursuivi pour complicit&eacute; de tortures. L&rsquo;accusation estime qu&rsquo;il &eacute;tait au courant de l&rsquo;op&eacute;ration men&eacute;e par ses subordonn&eacute;s. Lui affirme n&rsquo;avoir jamais &eacute;t&eacute; inform&eacute;.</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que le rapport du 30 janvier 2023 ?</strong><br>Un document de onze pages dans lequel Eko Eko d&eacute;crit Ngoh Ngoh comme impliqu&eacute; dans un projet de prise de contr&ocirc;le des secteurs strat&eacute;giques et &eacute;voque un possible coup d&rsquo;&Eacute;tat. Eko Eko a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; le lendemain.</p>
<p><strong>Ferdinand Ngoh Ngoh est-il poursuivi ?</strong><br>Non. Il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; formellement mis en cause par le tribunal militaire de Yaound&eacute;. Il n&rsquo;a pas r&eacute;pondu aux sollicitations de la presse.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 20 Oct 2026 11:57:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec Ja</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Ferdinand-Ngoh-Ngoh130224500.jpg" type="image/jpeg" length="17974" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Ferdinand-Ngoh-Ngoh130224500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Conseil constitutionnel : Nama Remy, l&#039;homme qui succède à Atangana]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-conseil-constitutionnel-nama-remy-lhomme-qui-succede-a-atangana</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Nama Remy est le nouveau président du Conseil constitutionnel
camerounais. Il succède à Clément Atangana, décédé le 4 octobre
2026. Voici son profil et les enje...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Remy-Nama161026500.webp" alt="Cameroun - Conseil constitutionnel : Nama Remy, l&#039;homme qui succède à Atangana" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-conseil-constitutionnel-nama-remy-lhomme-qui-succede-a-atangana</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Nama Remy est le nouveau pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel camerounais. Il succ&egrave;de &agrave; Cl&eacute;ment Atangana, d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 octobre 2026. Voici son profil et les enjeux.</p>
<p>Un magistrat hors hi&eacute;rarchie, originaire de la Mefou-et-Akono, prend la t&ecirc;te d'une institution au c&oelig;ur des tensions politiques camerounaises, apr&egrave;s la mort de Cl&eacute;ment Atangana et une r&eacute;forme constitutionnelle qui a redessin&eacute; les r&egrave;gles de la succession.</p>
<p>Paul Biya a tranch&eacute;. Ce vendredi 16 octobre 2026, le pr&eacute;sident camerounais a nomm&eacute; Nama Remy &agrave; la pr&eacute;sidence du Conseil constitutionnel, selon un d&eacute;cret rendu public dans la journ&eacute;e. Le magistrat hors hi&eacute;rarchie, jusqu'ici charg&eacute; de mission &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, succ&egrave;de &agrave; Cl&eacute;ment Atangana, d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 octobre &agrave; Paris &agrave; l'&acirc;ge de 85 ans.</p>
<p>L'int&eacute;rim &eacute;tait assur&eacute; depuis le 5 octobre par le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d'&acirc;ge de l'institution. Une transition br&egrave;ve. Le pouvoir n'a pas laiss&eacute; de vide. Mais derri&egrave;re la continuit&eacute; institutionnelle, une question lancinante demeure : qui est R&eacute;my Nama, et pourquoi lui ?</p>
<h2>Un magistrat de l'ombre propuls&eacute; au sommet de l'appareil judiciaire</h2>
<p>R&eacute;my Nama n'est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir. Magistrat hors hi&eacute;rarchie en service &agrave; la division des affaires judiciaires au Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, il exerce comme charg&eacute; de mission &agrave; la PRC. Son parcours est celui d'un homme de dossiers, discret, rompu aux arcanes de l'appareil d'&Eacute;tat.</p>
<p>Il est originaire de la Mefou-et-Akono, dans la r&eacute;gion du Centre. Un d&eacute;partement situ&eacute; &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres de Yaound&eacute;, dont le chef-lieu est Ngoumou, et qui compte un peu plus de 57 000 habitants selon les donn&eacute;es du recensement de 2001.</p>
<p>Sa nomination au perchoir du Conseil constitutionnel marque un changement de dimension. L'institution qu'il dirige est charg&eacute;e du contr&ocirc;le de constitutionnalit&eacute; des lois, du contentieux &eacute;lectoral national et de la proclamation des r&eacute;sultats d&eacute;finitifs de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Rien de mineur.</p>
<h2>Le vide laiss&eacute; par Cl&eacute;ment Atangana</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort le 4 octobre 2026 &agrave; l'H&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris. Il avait 85 ans. Il fut le premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, nomm&eacute; en f&eacute;vrier 2018 lors de la mise en place effective de l'institution, 22 ans apr&egrave;s sa cr&eacute;ation par la Constitution de 1996.</p>
<p>Son bilan &agrave; la t&ecirc;te de l'institution est contrast&eacute;. En 2018, il avait proclam&eacute; la victoire de Paul Biya avec plus de 71 % des suffrages officiels, rejetant les recours de Maurice Kamto. En 2025, il avait confirm&eacute; le rejet de la candidature de Kamto avant le scrutin, puis proclam&eacute; la r&eacute;&eacute;lection contest&eacute;e de Paul Biya avec 53,66 % des voix le 27 octobre 2025.</p>
<p>Ces d&eacute;cisions ont valu &agrave; l'institution des critiques r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de l'opposition et de la soci&eacute;t&eacute; civile. Des observateurs avaient alors estim&eacute; que l'exclusion de Kamto avait r&eacute;duit la port&eacute;e concurrentielle du scrutin.</p>
<h2>L'int&eacute;rim de Paul Nchoji Nkwi</h2>
<p>Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s d'Atangana, l'int&eacute;rim a &eacute;t&eacute; confi&eacute; au Pr Paul Nchoji Nkwi, anthropologue de 86 ans, doyen d'&acirc;ge du Conseil. Sa nomination par int&eacute;rim a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;e par plusieurs m&eacute;dias camerounais, dont Camer.be, le 5 octobre 2026. Nkwi avait &eacute;t&eacute; nomm&eacute; membre du Conseil constitutionnel en 2018, puis renouvel&eacute; en 2024.</p>
<p>Son int&eacute;rim n'aura dur&eacute; qu'une douzaine de jours. Le d&eacute;cret du 16 octobre nomme &eacute;galement Abdoulaye Daouda comme nouveau membre, comblant les vides laiss&eacute;s par les disparitions r&eacute;centes au sein de l'institution.</p>
<h2>Une r&eacute;forme constitutionnelle qui change la donne</h2>
<p>La nomination de R&eacute;my Nama intervient dans un contexte institutionnel profond&eacute;ment remodel&eacute;. Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais r&eacute;uni en Congr&egrave;s a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle cr&eacute;ant le poste de vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Le texte a &eacute;t&eacute; approuv&eacute; par 205 voix contre 16, avec trois bulletins nuls.</p>
<p>Cette r&eacute;forme, introduite &agrave; l'initiative de Paul Biya, modifie le m&eacute;canisme de succession &agrave; la t&ecirc;te de l'&Eacute;tat. D&eacute;sormais, le vice-pr&eacute;sident, nomm&eacute; et r&eacute;vocable par le pr&eacute;sident, ach&egrave;ve le mandat en cas de vacance du pouvoir pour d&eacute;c&egrave;s, d&eacute;mission ou emp&ecirc;chement d&eacute;finitif constat&eacute; par le Conseil constitutionnel.</p>
<p>Le S&eacute;nat a ensuite adopt&eacute;, le 7 avril, une r&eacute;forme de l'organisation du Conseil constitutionnel. Le projet, d&eacute;fendu par le ministre de la Justice Laurent Esso, pr&eacute;cise les proc&eacute;dures en cas de vacance &agrave; la t&ecirc;te de l'&Eacute;tat. Le texte modifie les articles 38 et 39 de la loi de 2004 portant organisation du Conseil constitutionnel.</p>
<p>Un point crucial : la r&eacute;vision d'avril 2026 attribue au seul vice-pr&eacute;sident la comp&eacute;tence pour saisir le Conseil constitutionnel en vue de constater l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif du chef de l'&Eacute;tat. Or, ce poste de vice-pr&eacute;sident reste vacant &agrave; ce jour.</p>
<h2>Les enjeux d'une institution sous tension</h2>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais est compos&eacute; de 11 membres, nomm&eacute;s par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique pour un mandat de six ans renouvelable. Son pr&eacute;sident est d&eacute;sign&eacute; parmi les trois membres nomm&eacute;s directement par le chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Cette architecture institutionnelle a &eacute;t&eacute; critiqu&eacute;e par plusieurs juristes. Une &eacute;tude acad&eacute;mique publi&eacute;e sur Cairn.info souligne que le constituant camerounais n'a impos&eacute; aucune condition d'&acirc;ge ni de comp&eacute;tence juridique pour &ecirc;tre nomm&eacute; conseiller. De plus, les membres sont majoritairement issus du parti au pouvoir.</p>
<p>La nomination de R&eacute;my Nama, un magistrat de carri&egrave;re et ancien charg&eacute; de mission &agrave; la Pr&eacute;sidence, s'inscrit dans cette logique de proximit&eacute; avec l'ex&eacute;cutif. Elle assure une continuit&eacute;, mais ne r&eacute;pond pas aux critiques sur l'ind&eacute;pendance de l'institution.</p>
<h2>Ce que dit le profil de R&eacute;my Nama</h2>
<p>Le parcours de R&eacute;my Nama est celui d'un haut magistrat rompu &agrave; l'administration. Sa position de charg&eacute; de mission &agrave; la Pr&eacute;sidence, o&ugrave; il traitait des affaires judiciaires, lui a donn&eacute; une connaissance intime des rouages de l'&Eacute;tat. Il a &eacute;galement si&eacute;g&eacute; au Comit&eacute; de suivi du CPSP, coopt&eacute; le 29 mai 2018 lors de la premi&egrave;re session ordinaire annuelle, selon les informations disponibles sur le site du CPSP.</p>
<p>Cette exp&eacute;rience au c&oelig;ur de l'appareil ex&eacute;cutif est &agrave; double tranchant. Elle garantit une ma&icirc;trise des dossiers, mais elle nourrit les interrogations sur la capacit&eacute; du Conseil &agrave; s'affranchir de la tutelle pr&eacute;sidentielle.</p>
<h2>Ce qui attend le nouveau pr&eacute;sident</h2>
<p>R&eacute;my Nama h&eacute;rite d'une institution &agrave; la crois&eacute;e des chemins. Les &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales sont pr&eacute;vues pour 2027. Le contentieux &eacute;lectoral, toujours sensible, pourrait &agrave; nouveau placer le Conseil au centre de l'attention. Les recours d&eacute;pos&eacute;s par l'opposition, notamment le MRC, ont &eacute;t&eacute; rejet&eacute;s en juin 2026 concernant la prorogation des mandats municipaux.</p>
<p>La question de la vacance du pouvoir reste enti&egrave;re. Le poste de vice-pr&eacute;sident n'est pas pourvu. En cas de vacance, l'int&eacute;rim reviendrait au pr&eacute;sident du S&eacute;nat jusqu'&agrave; l'&eacute;lection d'un nouveau pr&eacute;sident, selon le dispositif en vigueur.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel, dans cette configuration, joue un r&ocirc;le de verrou. C'est lui qui constate l'emp&ecirc;chement d&eacute;finitif, qui proclame les r&eacute;sultats, qui valide ou invalide. Son pr&eacute;sident, quel qu'il soit, est un acteur cl&eacute; du jeu politique.</p>
<hr>
<p><strong>Qui est R&eacute;my Nama ?</strong><br>Un magistrat hors hi&eacute;rarchie camerounais, originaire de la Mefou-et-Akono, ancien charg&eacute; de mission &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel le 16 octobre 2026.</p>
<p><strong>Pourquoi a-t-il &eacute;t&eacute; nomm&eacute; ?</strong><br>Apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de Cl&eacute;ment Atangana le 4 octobre 2026, l'int&eacute;rim a &eacute;t&eacute; assur&eacute; par Paul Nchoji Nkwi. Paul Biya a choisi R&eacute;my Nama pour lui succ&eacute;der &agrave; la pr&eacute;sidence.</p>
<p><strong>Quel est le r&ocirc;le du Conseil constitutionnel camerounais ?</strong><br>Il contr&ocirc;le la constitutionnalit&eacute; des lois, g&egrave;re le contentieux &eacute;lectoral et proclame les r&eacute;sultats d&eacute;finitifs de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle.</p>
<p><strong>La nomination de R&eacute;my Nama change-t-elle quelque chose ?</strong><br>Sur le plan institutionnel, elle assure la continuit&eacute;. Sur le plan politique, elle maintient un profil proche de l'ex&eacute;cutif &agrave; la t&ecirc;te d'une institution dont l'ind&eacute;pendance est r&eacute;guli&egrave;rement questionn&eacute;e.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 16 Oct 2026 19:38:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Remy-Nama161026500.webp" type="image/webp" length="13547" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Remy-Nama161026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Mvondo Ayolo dément : « On ne cache pas la mort d&#039;un chef d&#039;État »]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-mvondo-ayolo-dement-on-ne-cache-pas-la-mort-dun-chef-detat</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>La rumeur de la mort de Paul Biya a enflammé X. Samuel Mvondo Ayolo
dément : « Paul Biya est bien portant et il travaille. » Voici ce
que l'on sait.

Une public...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" alt="Cameroun - Mvondo Ayolo dément : « On ne cache pas la mort d&#039;un chef d&#039;État »" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-mvondo-ayolo-dement-on-ne-cache-pas-la-mort-dun-chef-detat</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>La rumeur de la mort de Paul Biya a enflamm&eacute; X. Samuel Mvondo Ayolo d&eacute;ment : &laquo; Paul Biya est bien portant et il travaille. &raquo; Voici ce que l'on sait.</p>
<p>Une publication virale sur X annonce la mort du pr&eacute;sident camerounais. Samuel Mvondo Ayolo d&eacute;ment. Mais le silence autour de la sant&eacute; de Paul Biya alimente toutes les sp&eacute;culations.</p>
<p>Samuel Mvondo Ayolo a r&eacute;pondu au t&eacute;l&eacute;phone. Sa phrase est tomb&eacute;e, cinglante : &laquo; Vous pensez qu'on peut cacher le d&eacute;c&egrave;s d'un chef d'&Eacute;tat ? &raquo; Le directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence camerounaise venait d'&ecirc;tre joint par <strong>Jeune Afrique</strong>, ce vendredi 16 octobre 2026. Il d&eacute;mentait, une fois de plus, la rumeur annon&ccedil;ant la mort de Paul Biya. Mais derri&egrave;re le d&eacute;menti, une question demeure : pourquoi cette rumeur circule-t-elle si vite, si loin, si souvent ?</p>
<p>Tout commence sur X. Un compte se fait appeler &laquo; Human Rights Forum &raquo;. Jeudi 15 octobre, il affirme que Paul Biya est d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Il ajoute que des responsables politiques discutent d&eacute;j&agrave; de sa succession. Le post d&eacute;passe les centaines de milliers de vues en quelques heures. En soir&eacute;e, le m&ecirc;me compte rench&eacute;rit : &laquo; une &eacute;paisse fum&eacute;e &raquo; s'&eacute;l&egrave;verait du Palais de l'Unit&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Le hashtag RIPPaulBiya commence &agrave; pulluler.</p>
<h2>Ce que l'on sait de la rumeur</h2>
<p>La fausse nouvelle est n&eacute;e d'un compte inconnu. Pas d'images. Pas de noms. Pas de preuves. &laquo; Human Rights Forum &raquo; n'a jamais fourni la moindre confirmation de ses affirmations. Mais sur X, l'absence de preuve n'emp&ecirc;che pas la propagation.</p>
<p>Le lendemain, vendredi 16 octobre, la pr&eacute;sidence a r&eacute;agi. Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil et ancien ambassadeur de France, a qualifi&eacute; l'information de &laquo; fake &raquo;. Il a &eacute;voqu&eacute; &laquo; un d&eacute;cret publi&eacute; le 15 octobre et sign&eacute; de la main du chef de l'&Eacute;tat &raquo; comme preuve que Paul Biya travaille toujours. Il a dit regretter &laquo; la persistance des fausses informations &raquo; sur la sant&eacute; du pr&eacute;sident.</p>
<p>Sur le fond, rien ne prouve que Paul Biya soit mort. Rien ne prouve non plus qu'il soit en pleine forme. Le d&eacute;cret sign&eacute; est un acte administratif. Il ne remplace pas une apparition publique.</p>
<h2>74 jours d'absence qui ont tout chang&eacute;</h2>
<p>Paul Biya a quitt&eacute; Yaound&eacute; le 7 juin 2026. Son entourage avait parl&eacute; d'un &laquo; court s&eacute;jour priv&eacute; en Europe &raquo;. Le s&eacute;jour a dur&eacute; 74 jours. Il est rentr&eacute; le 20 ao&ucirc;t.</p>
<p>Entre-temps, Jeune Afrique a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que le pr&eacute;sident avait &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute; &agrave; Gen&egrave;ve. Le gouvernement a d&eacute;menti l'hospitalisation, tout en confirmant sa pr&eacute;sence en Suisse. Ren&eacute; Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, avait alors d&eacute;nonc&eacute; des &laquo; sp&eacute;culations malveillantes et sans fondement &raquo;.</p>
<p>Depuis son retour, aucune apparition publique film&eacute;e ou photographi&eacute;e de mani&egrave;re ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e. C'est ce vide qui nourrit les rumeurs. Chaque silence devient une pi&egrave;ce &agrave; conviction. Chaque absence, un d&eacute;but de preuve.</p>
<h2>93 ans, 44 ans au pouvoir : l'&eacute;quation qui d&eacute;range</h2>
<p>Paul Biya est n&eacute; le 13 f&eacute;vrier 1933. Il a 93 ans. Il dirige le Cameroun depuis 1982. C'est le plus vieux chef d'&Eacute;tat en exercice au monde.</p>
<p>Dans un pays o&ugrave; la question de la succession reste taboue, chaque rumeur sur sa sant&eacute; devient un &eacute;v&eacute;nement politique. En avril 2026, le Parlement a adopt&eacute; une r&eacute;vision constitutionnelle r&eacute;introduisant le poste de vice-pr&eacute;sident. En cas de vacance du pouvoir, le vice-pr&eacute;sident ach&egrave;verait le mandat en cours. Mais ce poste reste vacant.</p>
<p>Qui succ&eacute;dera &agrave; Paul Biya ? Le nom de son fils, Franck Biya, circule. D'autres &eacute;voquent Paul Atanga Nji ou Louis-Paul Motaz&eacute;. Aucune nomination n'a &eacute;t&eacute; faite.</p>
<h2>Une rumeur qui en cache d'autres</h2>
<p>Ce n'est pas la premi&egrave;re fois que Paul Biya est &laquo; annonc&eacute; mort &raquo;. En ao&ucirc;t 2026, une vid&eacute;o TikTok affirmait d&eacute;j&agrave; son d&eacute;c&egrave;s. PesaCheck a conclu &agrave; une intox. En novembre 2025, une autre rumeur similaire avait circul&eacute;.</p>
<p>Le sch&eacute;ma se r&eacute;p&egrave;te. Un compte anonyme publie. Les r&eacute;seaux s'emballent. La pr&eacute;sidence d&eacute;ment. Et la question reste pos&eacute;e : pourquoi cette m&eacute;canique fonctionne-t-elle &agrave; chaque fois ?</p>
<p>La r&eacute;ponse tient en un mot : le vide. Quand un pr&eacute;sident de 93 ans dispara&icirc;t des &eacute;crans pendant 74 jours, quand aucune image r&eacute;cente et ind&eacute;pendante ne vient contredire les rumeurs, quand la loi interdit m&ecirc;me de d&eacute;battre de sa sant&eacute;, le silence devient le meilleur alli&eacute; des fausses nouvelles.</p>
<h2>Ce qui pourrait se passer maintenant</h2>
<p>La pr&eacute;sidence a d&eacute;menti. Elle a fourni un d&eacute;cret. Mais elle n'a pas fourni d'images. Pas d'apparition publique. Pas de preuve visuelle.</p>
<p>Tant que Paul Biya n'appara&icirc;tra pas devant les cam&eacute;ras, la rumeur reviendra. Elle reviendra parce que le vide est trop grand. Parce que 93 ans, c'est un &acirc;ge qui inqui&egrave;te. Parce que 44 ans au pouvoir, c'est une &eacute;ternit&eacute;. Parce que la succession reste une question sans r&eacute;ponse.</p>
<p>Samuel Mvondo Ayolo a dit : &laquo; Il n'y a aucune inqui&eacute;tude &agrave; se faire &raquo;. Mais un d&eacute;menti ne remplace pas une apparition. Et un d&eacute;cret ne remplace pas un visage.</p>
<hr>
<p><strong>Paul Biya est-il mort ?</strong><br>Non. La pr&eacute;sidence camerounaise a d&eacute;menti la rumeur le 16 octobre 2026. Aucune source cr&eacute;dible ne confirme son d&eacute;c&egrave;s.</p>
<p><strong>Qui a lanc&eacute; la rumeur ?</strong><br>Un compte X nomm&eacute; &laquo; Human Rights Forum &raquo;, qui a affirm&eacute; le d&eacute;c&egrave;s sans fournir de preuves.</p>
<p><strong>O&ugrave; est Paul Biya actuellement ?</strong><br>Selon la pr&eacute;sidence, il est au Cameroun et travaille. Aucune apparition publique n'a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e depuis son retour le 20 ao&ucirc;t 2026.</p>
<p><strong>Pourquoi les rumeurs sur sa sant&eacute; reviennent-elles ?</strong><br>Paul Biya a 93 ans, il a &eacute;t&eacute; absent 74 jours et aucune image r&eacute;cente ind&eacute;pendante n'a &eacute;t&eacute; diffus&eacute;e. Ce vide alimente les sp&eacute;culations.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 16 Oct 2026 13:31:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" type="image/webp" length="15734" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Gabon - Ali Bongo saisit la COSUMAF pour débloquer ses comptes]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/gabon-ali-bongo-saisit-la-cosumaf-pour-debloquer-ses-comptes</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Ali Bongo saisit la COSUMAF pour contester le gel de ses comptes à
BGFIBank. 366 milliards FCFA en jeu. Une ordonnance de séquestre
qu'il juge illégale.

L'anci...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Ali-Bongo150524500.jpg" alt="Gabon - Ali Bongo saisit la COSUMAF pour débloquer ses comptes" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/gabon-ali-bongo-saisit-la-cosumaf-pour-debloquer-ses-comptes</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Ali Bongo saisit la COSUMAF pour contester le gel de ses comptes &agrave; BGFIBank. 366 milliards FCFA en jeu. Une ordonnance de s&eacute;questre qu'il juge ill&eacute;gale.</p>
<p>L'ancien pr&eacute;sident gabonais, priv&eacute; d'acc&egrave;s &agrave; ses comptes depuis le coup d'&Eacute;tat d'ao&ucirc;t 2023, internationalise son contentieux en saisissant le r&eacute;gulateur financier de la CEMAC.</p>
<p>Ali Bongo Ondimba a saisi, le 12 octobre 2026, la Commission de surveillance du march&eacute; financier de l'Afrique centrale (COSUMAF) pour contester le gel de ses comptes domicili&eacute;s &agrave; BGFIBank Gabon. La banque invoque une ordonnance judiciaire de mise sous s&eacute;questre, une justification que l'entourage de l'ancien pr&eacute;sident juge ill&eacute;gale. En jeu : plus de 366 milliards de FCFA.</p>
<h2>Pr&egrave;s de trois ans sans acc&egrave;s &agrave; ses comptes</h2>
<p>Depuis le coup d'&Eacute;tat du 30 ao&ucirc;t 2023, Ali Bongo Ondimba affirme ne plus avoir acc&egrave;s &agrave; ses comptes log&eacute;s &agrave; BGFIBank Gabon. Son gestionnaire d&eacute;di&eacute; aurait cess&eacute; de r&eacute;pondre &agrave; ses sollicitations. Plusieurs courriers seraient rest&eacute;s sans suite. L'ancien pr&eacute;sident, aujourd'hui exil&eacute; entre Paris et Londres, a donc choisi l'offensive judiciaire et sous-r&eacute;gionale.</p>
<h2>Les faits : Une saisine du r&eacute;gulateur financier</h2>
<p>Selon plusieurs sources concordantes, Ali Bongo a saisi la COSUMAF le 12 octobre 2026. Objectif : contraindre BGFIBank &agrave; s'expliquer sur un gel qu'il estime ill&eacute;gal. Cette d&eacute;marche vise, selon son entourage, &agrave; alerter sur les cons&eacute;quences potentielles de cette affaire pour la r&eacute;putation du premier groupe bancaire d'Afrique centrale.</p>
<h2>L'ordonnance de s&eacute;questre : le c&oelig;ur du bras de fer</h2>
<p>Le 8 juin 2026, Ali Bongo avait mis en demeure la banque de lui communiquer ses relev&eacute;s et de justifier le blocage de ses avoirs. Dans une r&eacute;ponse dat&eacute;e du 17 juin, BGFIBank a invoqu&eacute; une ordonnance du juge du cabinet d'instruction sp&eacute;cialis&eacute; num&eacute;ro un du parquet de Libreville ordonnant la mise sous s&eacute;questre des comptes du couple Bongo.</p>
<p>Une justification contest&eacute;e par l'entourage de l'ancien pr&eacute;sident, qui souligne que la d&eacute;cision ne lui aurait jamais &eacute;t&eacute; signifi&eacute;e. Le 22 juin, Ali Bongo a donc saisi le tribunal de premi&egrave;re instance de Libreville, par l'interm&eacute;diaire de son avocat, Me Francis Nk&eacute;a Ndzigue, pour obtenir une copie int&eacute;grale de cette ordonnance. Il a &eacute;galement engag&eacute; une proc&eacute;dure en r&eacute;f&eacute;r&eacute; visant notamment la lev&eacute;e du gel et la restitution de ses avoirs.</p>
<h2>L'enjeu financier : 366 milliards de FCFA</h2>
<p>Les avoirs gel&eacute;s sont &eacute;valu&eacute;s &agrave; plus de 366 milliards de FCFA (366 970 230 410 FCFA, selon certaines sources). Ces fonds seraient log&eacute;s sur des comptes &agrave; titulaires multiples impliquant notamment Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin, tous deux concern&eacute;s par des proc&eacute;dures judiciaires au Gabon.</p>
<p>Selon les informations disponibles, Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin ont &eacute;t&eacute; condamn&eacute;s par contumace en 2025 &agrave; 20 ans de r&eacute;clusion criminelle pour d&eacute;tournement de fonds publics et blanchiment. Ils contestent les accusations. Ali Bongo lui-m&ecirc;me n'a pas &eacute;t&eacute; mis en examen dans la proc&eacute;dure fran&ccedil;aise sur les "biens mal acquis", selon Le Monde.</p>
<h2>BGFIBank, entre obligation bancaire et contentieux familial</h2>
<p>Dans une telle configuration, BGFIBank est plac&eacute; dans une position d&eacute;licate. Lorsqu'une mesure judiciaire ex&eacute;cutoire lui est notifi&eacute;e, l'&eacute;tablissement doit en principe l'ex&eacute;cuter. La contestation de la mesure rel&egrave;ve alors des voies de recours pr&eacute;vues devant la juridiction comp&eacute;tente.</p>
<p>La nature des comptes constitue un &eacute;l&eacute;ment central. Lorsque plusieurs personnes sont co-titulaires, la d&eacute;termination des droits de chacun peut devenir un enjeu du contentieux. C'est au juge qu'il appartient de d&eacute;terminer l'&eacute;tendue des mesures conservatoires et les droits patrimoniaux susceptibles d'&ecirc;tre revendiqu&eacute;s.</p>
<h2>Un dossier aux ramifications r&eacute;gionales</h2>
<p>Avant la COSUMAF, Ali Bongo avait d&eacute;j&agrave; sollicit&eacute; la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC), charg&eacute;e de la supervision bancaire dans la sous-r&eacute;gion. Il envisage &eacute;galement de saisir l'Autorit&eacute; de contr&ocirc;le prudentiel et de r&eacute;solution (ACPR), en raison de la pr&eacute;sence de BGFIBank en France.</p>
<p>Pour ses proches, le blocage serait politiquement motiv&eacute; et juridiquement contestable. La banque, elle, invoque une d&eacute;cision judiciaire. Contact&eacute;s par Jeune Afrique, le ministre de la Justice, Augustin Emane, et BGFIBank n'ont pas souhait&eacute; commenter l'affaire.</p>
<h2>Un pr&eacute;c&eacute;dent pour la CEMAC</h2>
<p>Cette affaire, au-del&agrave; du cas Ali Bongo, pose une question de fond : quelle est la port&eacute;e des d&eacute;cisions judiciaires nationales sur des comptes bancaires dans l'espace CEMAC ? La COSUMAF, en tant que r&eacute;gulateur r&eacute;gional, pourrait &ecirc;tre amen&eacute;e &agrave; pr&eacute;ciser sa doctrine. Une d&eacute;cision qui ferait jurisprudence.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Ali Bongo a-t-il saisi la COSUMAF ?</strong><br>Il conteste le gel de ses comptes &agrave; BGFIBank, qu'il juge ill&eacute;gal. La banque invoque une ordonnance de mise sous s&eacute;questre. Ali Bongo veut contraindre l'&eacute;tablissement &agrave; s'expliquer.</p>
<p><strong>Combien d'argent est gel&eacute; ?</strong><br>Les avoirs concern&eacute;s sont &eacute;valu&eacute;s &agrave; plus de 366 milliards de FCFA, selon les informations disponibles.</p>
<p><strong>Qui est concern&eacute; par le gel ?</strong><br>Ali Bongo, mais aussi son &eacute;pouse Sylvia Bongo et leur fils Noureddin Bongo Valentin. Les comptes seraient &agrave; titulaires multiples.</p>
<p><strong>La COSUMAF peut-elle d&eacute;bloquer les comptes ?</strong><br>La COSUMAF est un r&eacute;gulateur, pas une juridiction. Son r&ocirc;le sera d'examiner la conformit&eacute; des pratiques de BGFIBank aux r&egrave;gles du march&eacute; financier de la CEMAC.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 15 Oct 2026 15:29:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Ali-Bongo150524500.jpg" type="image/jpeg" length="15642" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Ali-Bongo150524500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Conseil constitutionnel du Cameroun : l&#039;intérim d&#039;un anthropologue]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/conseil-constitutionnel-du-cameroun-linterim-dun-anthropologue</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Paul Nchoji Nkwi, anthropologue de 86 ans, assure l'intérim à la
présidence du Conseil constitutionnel du Cameroun. Une situation
inédite qui pose question.

Un...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Paul-Nchoji-Nkwi111026500.webp" alt="Conseil constitutionnel du Cameroun : l&#039;intérim d&#039;un anthropologue" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/conseil-constitutionnel-du-cameroun-linterim-dun-anthropologue</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Paul Nchoji Nkwi, anthropologue de 86 ans, assure l'int&eacute;rim &agrave; la pr&eacute;sidence du Conseil constitutionnel du Cameroun. Une situation in&eacute;dite qui pose question.</p>
<p>Un anthropologue de 86 ans, sans qualification juridique connue, pr&eacute;side par int&eacute;rim l'institution qui proclame les r&eacute;sultats de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle au Cameroun.</p>
<p>Un anthropologue. Pas un juge. Pas un juriste. Un universitaire de 86 ans, sp&eacute;cialiste des traditions du Nord-Ouest. C'est lui qui dirige, par int&eacute;rim, l'institution qui valide les &eacute;lections au Cameroun.</p>
<h2>Le d&eacute;c&egrave;s qui a tout d&eacute;clench&eacute;</h2>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort le 4 octobre 2026 &agrave; l'H&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris. Il avait 85 ans. Il pr&eacute;sidait le Conseil constitutionnel depuis 2018, date de la cr&eacute;ation effective de l'institution.</p>
<p>Premier pr&eacute;sident du Conseil, il en aura &eacute;t&eacute; le visage pendant huit ans. Un visage associ&eacute; aux proclamations de victoire de Paul Biya. En 2018. En 2025.</p>
<p>Son bureau a &eacute;t&eacute; scell&eacute;. Une op&eacute;ration men&eacute;e sous la supervision du Procureur pr&egrave;s le Tribunal de premi&egrave;re instance de Yaound&eacute;. Le 7 octobre, les onze conseillers se sont r&eacute;unis au Palais des Congr&egrave;s pour constater officiellement la vacance.</p>
<p>Puis ils ont laiss&eacute; la place au doyen.</p>
<h2>Paul Nchoji Nkwi, l'homme qui h&eacute;rite de l'int&eacute;rim</h2>
<p>La loi est simple. En cas de vacance, le doyen d'&acirc;ge des conseillers assure l'int&eacute;rim. Article 7 de la loi n&deg;2004/004. Loi n&deg;2004/005 fixant le statut des membres.</p>
<p>Paul Nchoji Nkwi a 86 ans. Il est n&eacute; en 1940, dans la r&eacute;gion du Nord-Ouest du Cameroun, &agrave; Kom. Il est le membre le plus &acirc;g&eacute; du Conseil. C'est donc lui.</p>
<p>Mais qui est-il ?</p>
<h2>Un anthropologue, pas un juriste</h2>
<p>Le parcours de Paul Nchoji Nkwi est celui d'un universitaire. Anthropologue. Sp&eacute;cialiste des syst&egrave;mes de gouvernance traditionnelle et du changement social en Afrique.</p>
<p>Il a &eacute;tudi&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; de Fribourg, en Suisse. Il y a obtenu son habilitation &agrave; diriger des recherches en 1982. Il a enseign&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; de Yaound&eacute; I. &Agrave; l'Universit&eacute; Catholique d'Afrique Centrale. Il a &eacute;t&eacute; professeur invit&eacute; dans plusieurs universit&eacute;s internationales. Boursier Fulbright. Boursier Humboldt.</p>
<p>Il a fond&eacute; la Pan-African Association of Anthropology. Il est l'auteur de nombreux ouvrages. The Catholic Church in Kom. Traditional government and social change.</p>
<p>Il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; membre du Conseil constitutionnel par Paul Biya en f&eacute;vrier 2018. D&egrave;s la cr&eacute;ation de l'institution.</p>
<p>Son profil acad&eacute;mique est incontestable. Mais son profil juridique l'est tout autant : il n'a jamais exerc&eacute; la fonction de juge. Aucune qualification juridique connue n'est associ&eacute;e &agrave; son parcours.</p>
<h2>Ce que la loi exige, ce qu'elle n'exige pas</h2>
<p>La loi camerounaise est claire. Ou plut&ocirc;t, elle ne l'est pas.</p>
<p>Une &eacute;tude sur le Conseil constitutionnel camerounais le souligne : &laquo; aucune condition d'&acirc;ge et aucune condition de comp&eacute;tence en mati&egrave;re juridique n'est exig&eacute;e pour &ecirc;tre nomm&eacute; comme conseiller &raquo;. Le texte retient une formule simple : les membres sont &laquo; choisis parmi les personnalit&eacute;s de r&eacute;putation professionnelle &eacute;tablie &raquo;.</p>
<p>Paul Nchoji Nkwi a une r&eacute;putation professionnelle &eacute;tablie. En anthropologie. Pas en droit constitutionnel.</p>
<p>Ce n'est pas une anomalie. C'est le fonctionnement pr&eacute;vu par la loi.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais n'est pas compos&eacute; uniquement de magistrats. Sur les onze membres, six sont des personnalit&eacute;s nomm&eacute;es par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, le pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale, le pr&eacute;sident du S&eacute;nat et le Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature. Les cinq autres sont des magistrats.</p>
<p>Paul Nchoji Nkwi est l'une de ces personnalit&eacute;s. Un universitaire. Un anthropologue.</p>
<h2>Un int&eacute;rim, pas un mandat</h2>
<p>Ce qu'il faut comprendre, c'est que Paul Nchoji Nkwi n'est pas nomm&eacute; pr&eacute;sident. Il assure un int&eacute;rim. La distinction est essentielle.</p>
<p>L'int&eacute;rim vise &laquo; uniquement &agrave; assurer la continuit&eacute; administrative et institutionnelle de l'organe &raquo;. Le pr&eacute;sident par int&eacute;rim g&egrave;re les affaires courantes. Il ne peut pas &laquo; adopter des r&eacute;formes institutionnelles majeures ni modifier la direction jurisprudentielle &agrave; long terme de la cour &raquo;, selon une analyse publi&eacute;e par Streamline Feed.</p>
<p>La nomination d'un pr&eacute;sident titulaire reste la pr&eacute;rogative de Paul Biya. Un d&eacute;cret pr&eacute;sidentiel doit d&eacute;signer le prochain ma&icirc;tre du Conseil constitutionnel. Ce d&eacute;cret n'a pas encore &eacute;t&eacute; pris.</p>
<h2>Le contexte politique</h2>
<p>Le timing n'est pas anodin.</p>
<p>Le Cameroun a tenu une &eacute;lection pr&eacute;sidentielle en octobre 2025. Paul Biya a &eacute;t&eacute; proclam&eacute; vainqueur avec 53,66 % des voix. Cl&eacute;ment Atangana, alors pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, a d&eacute;clar&eacute; que le scrutin s'&eacute;tait d&eacute;roul&eacute; &laquo; de mani&egrave;re libre et transparente &raquo;.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel a jou&eacute; son r&ocirc;le. Il a valid&eacute;. Il a proclam&eacute;. Il a l&eacute;gitim&eacute;.</p>
<p>Aujourd'hui, ce m&ecirc;me Conseil est dirig&eacute; par int&eacute;rim par un homme qui n'a jamais jug&eacute;. Un homme qui, pendant des d&eacute;cennies, a &eacute;tudi&eacute; les syst&egrave;mes de gouvernance traditionnelle du Cameroun. Un anthropologue devenu, par la force des textes, pr&eacute;sident temporaire de l'institution qui arbitre la vie politique du pays.</p>
<p>Est-ce un probl&egrave;me ? Pas au sens l&eacute;gal. La loi est respect&eacute;e. Le doyen assure l'int&eacute;rim. C'est tout.</p>
<p>Mais la situation pose une question. Une question qui d&eacute;passe Paul Nchoji Nkwi. Le Conseil constitutionnel doit-il &ecirc;tre pr&eacute;sid&eacute; par un juriste ? La l&eacute;gitimit&eacute; d'une institution qui tranche des contentieux &eacute;lectoraux ne d&eacute;pend-elle pas, en partie, de la comp&eacute;tence juridique de ceux qui la dirigent ?</p>
<p>Nous n'avons pas pu joindre le Conseil constitutionnel ni la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique pour obtenir une r&eacute;action. Le d&eacute;cret de nomination d'un nouveau pr&eacute;sident titulaire n'avait pas &eacute;t&eacute; publi&eacute; au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>
<p>Paul Nchoji Nkwi assure l'int&eacute;rim. Il g&egrave;re les affaires courantes. Il attend.</p>
<p>Paul Biya doit nommer un nouveau pr&eacute;sident. Le nom circule dans les couloirs du pouvoir. Aucune confirmation officielle n'a filtr&eacute;.</p>
<p>En attendant, le Conseil constitutionnel est dirig&eacute; par un anthropologue de 86 ans. Un homme dont la vie a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e &agrave; l'&eacute;tude des traditions. Pas &agrave; l'interpr&eacute;tation de la Constitution.</p>
<p>La question n'est pas de savoir s'il est comp&eacute;tent. La question est de savoir si l'institution est bien con&ccedil;ue. Une institution qui peut &ecirc;tre pr&eacute;sid&eacute;e par un non-juriste est-elle &agrave; la hauteur des enjeux qu'elle doit trancher ?</p>
<hr>
<p><strong>Qui est le nouveau pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel du Cameroun ?</strong><br>Paul Nchoji Nkwi, un anthropologue de 86 ans, assure l'int&eacute;rim &agrave; la pr&eacute;sidence du Conseil constitutionnel depuis le 5 octobre 2026. Il n'est pas nomm&eacute; pr&eacute;sident titulaire. Il est le doyen d'&acirc;ge des onze conseillers.</p>
<p><strong> Pourquoi un anthropologue pr&eacute;side-t-il le Conseil constitutionnel ?</strong><br>Parce que la loi camerounaise pr&eacute;voit qu'en cas de vacance, le doyen d'&acirc;ge des conseillers assure l'int&eacute;rim. Paul Nchoji Nkwi est le membre le plus &acirc;g&eacute; du Conseil. Il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; en 2018.</p>
<p><strong>Faut-il &ecirc;tre juriste pour si&eacute;ger au Conseil constitutionnel ?</strong><br>Non. La loi n'exige &laquo; aucune condition de comp&eacute;tence en mati&egrave;re juridique &raquo; pour &ecirc;tre nomm&eacute; conseiller. Les membres sont choisis parmi les &laquo; personnalit&eacute;s de r&eacute;putation professionnelle &eacute;tablie &raquo;.</p>
<p><strong>Quand un nouveau pr&eacute;sident sera-t-il nomm&eacute; ?</strong><br>La nomination d'un pr&eacute;sident titulaire est la pr&eacute;rogative du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Paul Biya. Aucun d&eacute;cret n'a encore &eacute;t&eacute; publi&eacute;.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 12 Oct 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Paul-Nchoji-Nkwi111026500.webp" type="image/webp" length="5083" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Paul-Nchoji-Nkwi111026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Onze ans sans Conseil des ministres : le pouvoir figé de Paul Biya]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-onze-ans-sans-conseil-des-ministres-le-pouvoir-fige-de-paul-biya</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Cameroun : 11 ans sans Conseil des ministres sous Paul Biya. Ministres
décédés jamais remplacés, institutions décapitées. Les chiffres
d’un pouvoir figé.

Le de...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Conseil-Ministre091026500.webp" alt="Cameroun - Onze ans sans Conseil des ministres : le pouvoir figé de Paul Biya" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-onze-ans-sans-conseil-des-ministres-le-pouvoir-fige-de-paul-biya</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Cameroun : 11 ans sans Conseil des ministres sous Paul Biya. Ministres d&eacute;c&eacute;d&eacute;s jamais remplac&eacute;s, institutions d&eacute;capit&eacute;es. Les chiffres d&rsquo;un pouvoir fig&eacute;.</p>
<p>Le dernier Conseil des ministres pr&eacute;sid&eacute; par Paul Biya remonte au 15 octobre 2015. Onze ans plus tard, des ministres sont morts sans &ecirc;tre remplac&eacute;s, et les institutions du pays tournent au ralenti.</p>
<p>Aucun n&rsquo;a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;. Aucun Conseil des ministres n&rsquo;a &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;. Et le pays, lui, continue de tourner. Ou plut&ocirc;t, il continue comme il peut.</p>
<h2>Le 15 octobre 2015 : dernier Conseil des ministres</h2>
<p>Ce jour-l&agrave;, Paul Biya pr&eacute;side un Conseil minist&eacute;riel au Palais de l&rsquo;Unit&eacute;. Trois points &agrave; l&rsquo;ordre du jour : le Plan d&rsquo;urgence pour la croissance, les pr&eacute;paratifs des CAN 2016 et 2019, et une communication sp&eacute;ciale du chef de l&rsquo;&Eacute;tat.</p>
<p>Le communiqu&eacute; officiel de la Pr&eacute;sidence, que nous avons consult&eacute;, mentionne la participation du Premier ministre, des ministres d&rsquo;&Eacute;tat, des ministres, des ministres d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s et des secr&eacute;taires d&rsquo;&Eacute;tat. Une r&eacute;union classique. La derni&egrave;re du genre.</p>
<p>Depuis, plus rien. Pas un seul Conseil des ministres. Le gouvernement actuel, dirig&eacute; par Joseph Dion Ngute, est en place depuis sept ans. Sans nouvelle nomination. Malgr&eacute; les d&eacute;c&egrave;s. Malgr&eacute; les d&eacute;missions.</p>
<h2>Les morts que personne n&rsquo;a remplac&eacute;s</h2>
<p>Quatre membres du gouvernement Dion Ngute sont morts en fonction. Aucun n&rsquo;a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;.</p>
<p>Adoum Gargoum, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du ministre des Relations ext&eacute;rieures, mort le 8 mars 2021. Alim Hayatou, secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat aupr&egrave;s du ministre de la Sant&eacute; publique, mort le 5 avril 2021. Cl&eacute;mentine Ananga Messina, ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e aupr&egrave;s du ministre de l&rsquo;Agriculture, morte le 5 ao&ucirc;t 2022. Gabriel Dodo Ndoke, ministre des Mines, de l&rsquo;Industrie et du D&eacute;veloppement technologique, mort le 21 janvier 2023.</p>
<p>&Agrave; ces quatre d&eacute;c&egrave;s s&rsquo;ajoutent deux d&eacute;missions. Issa Tchiroma Bakary, ministre de l&rsquo;Emploi et de la Formation professionnelle, et Bello Bouba Ma&iuml;gari, ministre du Tourisme et des Loisirs, ont quitt&eacute; leurs postes avant la pr&eacute;sidentielle d&rsquo;octobre 2025 pour s&rsquo;y pr&eacute;senter. Eux non plus n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s.</p>
<p>Le constat est simple. Des minist&egrave;res fonctionnent sans ministre. Des secr&eacute;taires d&rsquo;&Eacute;tat exp&eacute;dient les affaires courantes. Et le gouvernement, dans son ensemble, ne se r&eacute;unit plus.</p>
<h2>Les institutions d&eacute;capit&eacute;es</h2>
<p>Ce n&rsquo;est pas seulement le gouvernement. Les trois pr&eacute;sidents des institutions les plus importantes du pays sont morts en 2026.</p>
<p>Cavaye Y&eacute;gui&eacute; Djibril, pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale pendant 34 ans, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 6 mai 2026 &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 86 ans. Th&eacute;odore Datouo lui a succ&eacute;d&eacute; le jour m&ecirc;me de son &eacute;viction, le 17 mars 2026.</p>
<p>Marcel Niat Njifenji, premier pr&eacute;sident du S&eacute;nat, est mort le 11 avril 2026 &agrave; Yaound&eacute;. Il avait 91 ans. Aboubakary Abdoulaye avait d&eacute;j&agrave; pris sa succession.</p>
<p>Cl&eacute;ment Atangana, premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 octobre 2026 &agrave; Paris, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 85 ans. Il &eacute;tait soign&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital am&eacute;ricain de Neuilly.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel, lui, n&rsquo;a pas encore de successeur. Le bureau du pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; mis sous scell&eacute;s. L&rsquo;institution qui valide les candidatures, proclame les r&eacute;sultats et tranche les contentieux &eacute;lectoraux est sans visage.</p>
<h2>Une vacance qui n&rsquo;est pas une exception</h2>
<p>Le droit camerounais pr&eacute;voit le remplacement des membres d&eacute;c&eacute;d&eacute;s. L&rsquo;article 51 de la Constitution stipule qu&rsquo;il est pourvu au remplacement d&rsquo;un membre d&eacute;c&eacute;d&eacute; par l&rsquo;autorit&eacute; qui l&rsquo;avait d&eacute;sign&eacute;. Ici, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais le texte ne fixe aucun d&eacute;lai.</p>
<p>C&rsquo;est l&agrave; que le b&acirc;t blesse. Ce que la loi ne borne pas, l&rsquo;habitude l&rsquo;&eacute;tire. Le Cameroun a donc appris &agrave; vivre avec des minist&egrave;res sans ministres et des ministres sans portefeuille.</p>
<p>Ce n&rsquo;est plus un retard. C&rsquo;est une m&eacute;thode.</p>
<h2>Le pr&eacute;sident, lui, gouverne &agrave; distance</h2>
<p>Pendant que les institutions se vident, Paul Biya, 93 ans, gouverne depuis Gen&egrave;ve. En 2026, il a pass&eacute; 73 jours cons&eacute;cutifs &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel InterContinental, battant son pr&eacute;c&eacute;dent record de 42 jours en 2024.</p>
<p>Il est rentr&eacute; le 20 ao&ucirc;t 2026. Mais les questions, elles, sont rest&eacute;es. Qui dirige le pays quand le pr&eacute;sident est absent ? Qui prend les d&eacute;cisions ? Qui signe les d&eacute;crets ?</p>
<p>Le 31 d&eacute;cembre 2025, dans son discours de fin d&rsquo;ann&eacute;e, Paul Biya avait promis un &laquo; nouveau gouvernement &raquo; dans &laquo; les prochains jours &raquo;. Dix mois plus tard, rien. Pas un remaniement. Pas une nomination.</p>
<h2>Ce que cette vacance dit du Cameroun</h2>
<p>Le Cameroun n&rsquo;est pas en crise ouverte. Les administrations fonctionnent. Les services publics tournent. Les fonctionnaires sont pay&eacute;s. Mais l&rsquo;&Eacute;tat donne l&rsquo;impression d&rsquo;&ecirc;tre en pilotage automatique.</p>
<p>Des r&eacute;formes sont attendues. Des dossiers urgents s&rsquo;accumulent. La question anglophone n&rsquo;est pas r&eacute;solue. La crise &eacute;conomique frappe les m&eacute;nages. Et le gouvernement, lui, ne se r&eacute;unit plus.</p>
<p>Une question revient, lancinante : combien de temps un pays peut-il tenir sans que son gouvernement se r&eacute;unisse ? Onze ans, visiblement. Et ce n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas fini.</p>
<hr>
<p><strong>Quand a eu lieu le dernier Conseil des ministres au Cameroun ?</strong><br>Le dernier Conseil des ministres pr&eacute;sid&eacute; par Paul Biya s&rsquo;est tenu le 15 octobre 2015, au Palais de l&rsquo;Unit&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Le communiqu&eacute; officiel de la Pr&eacute;sidence en fait foi.</p>
<p><strong>Combien de ministres sont morts sans &ecirc;tre remplac&eacute;s ?</strong><br>Quatre membres du gouvernement Dion Ngute sont morts en fonction entre 2021 et 2023 : Adoum Gargoum, Alim Hayatou, Cl&eacute;mentine Ananga Messina et Gabriel Dodo Ndoke. Aucun n&rsquo;a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;.</p>
<p><strong>Pourquoi le gouvernement ne se r&eacute;unit-il plus ?</strong><br>Aucune explication officielle n&rsquo;a &eacute;t&eacute; fournie. Le pr&eacute;sident Biya a annonc&eacute; un remaniement dans son discours du 31 d&eacute;cembre 2025, mais rien n&rsquo;a suivi.</p>
<p><strong>Qui dirige le Cameroun quand Paul Biya est absent ?</strong><br>Aucun vice-pr&eacute;sident n&rsquo;a &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute;. Le Premier ministre exp&eacute;die les affaires courantes, mais aucune autorit&eacute; ne peut remplacer le pr&eacute;sident dans ses pr&eacute;rogatives constitutionnelles.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 09 Oct 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Conseil-Ministre091026500.webp" type="image/webp" length="14928" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Conseil-Ministre091026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Baongla libéré : le dossier s&#039;effondre-t-il ?]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-baongla-libere-le-dossier-seffondre-t-il</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Georges Gilbert Baongla, qui se dit fils aîné de Paul Biya, a été
remis en liberté. Ni Franck Biya ni la famille présidentielle n'ont
porté plainte.

L'homme qu...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Georges-Gilbert-Baongla081026500.webp" alt="Cameroun - Baongla libéré : le dossier s&#039;effondre-t-il ?" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-baongla-libere-le-dossier-seffondre-t-il</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Georges Gilbert Baongla, qui se dit fils a&icirc;n&eacute; de Paul Biya, a &eacute;t&eacute; remis en libert&eacute;. Ni Franck Biya ni la famille pr&eacute;sidentielle n'ont port&eacute; plainte.</p>
<p>L'homme qui contestait depuis des ann&eacute;es la filiation de Franck Biya retrouve la libert&eacute; sans qu'aucune plainte de la famille pr&eacute;sidentielle n'ait &eacute;t&eacute; formellement d&eacute;pos&eacute;e, laissant l'affaire dans un flou total.</p>
<p>Georges Gilbert Baongla est libre. L'homme qui se pr&eacute;sente comme le fils a&icirc;n&eacute; de Paul Biya et qui contestait la filiation de Franck Biya a &eacute;t&eacute; remis en libert&eacute;. Motif : ni Franck Biya ni aucun membre de la famille pr&eacute;sidentielle n'a port&eacute; plainte contre lui.</p>
<p>Une question simple se pose alors. Si personne dans la famille Biya n'a port&eacute; plainte, comment une proc&eacute;dure judiciaire a-t-elle pu &ecirc;tre engag&eacute;e ? Et pourquoi Baongla a-t-il &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; ?</p>
<h2>Les faits : une arrestation, une lib&eacute;ration, un vide juridique</h2>
<p>Georges Gilbert Baongla a &eacute;t&eacute; interpell&eacute; dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026 &agrave; Ed&eacute;a, sur la nationale N3 qui relie Yaound&eacute; &agrave; Douala. Il &eacute;tait recherch&eacute; depuis plusieurs mois pour des faits pr&eacute;sum&eacute;s d'usurpation, de diffamation et de cybercriminalit&eacute;.</p>
<p>Il a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;tenu pendant plusieurs mois. Et puis, le 8 octobre 2026, il a &eacute;t&eacute; remis en libert&eacute;.</p>
<p>Les conditions exactes de cette lib&eacute;ration n'ont pas &eacute;t&eacute; officiellement communiqu&eacute;es. Mais plusieurs sources concordantes confirment qu'il n'est plus d&eacute;tenu. Le motif qui revient avec insistance : aucune plainte formelle n'a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e par Franck Biya ou par un membre de la famille pr&eacute;sidentielle.</p>
<h2>La plainte fant&ocirc;me</h2>
<p>L'affaire Baongla a commenc&eacute; par une convocation. Le 28 avril 2026, l'homme d'affaires et pr&eacute;sident du Parti R&eacute;publicain &eacute;tait convoqu&eacute; par la gendarmerie &agrave; Yaound&eacute;. Motif officiel : cybercriminalit&eacute; et diffamation.</p>
<p>Cette convocation faisait suite, selon plusieurs m&eacute;dias, &agrave; une plainte d&eacute;pos&eacute;e par Franck Biya.&nbsp;&laquo; On n'a aucune preuve que Franck Emmanuel Olivier Biya a d&eacute;pos&eacute; plainte au Secr&eacute;tariat &agrave; la D&eacute;fense &raquo;, affirmait une source bien introduite au Palais d'&Eacute;toudi.</p>
<p>Un mois plus tard, le 8 mai 2026,&nbsp; Baongla &eacute;tait toujours &agrave; Yaound&eacute;, malgr&eacute; deux convocations au SED pour une plainte de Franck Biya. Puis plus rien. Jusqu'&agrave; l'arrestation de juillet.</p>
<h2>Ce que Baongla reprochait &agrave; Franck Biya</h2>
<p>L'affaire ne portait pas sur des broutilles. Baongla affirmait publiquement que Franck Biya n'&eacute;tait pas le fils biologique de Paul Biya, mais son fils adoptif. Il l'avait r&eacute;p&eacute;t&eacute; dans des vid&eacute;os sur les r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p>Il ajoutait que &laquo; Paul Biya n'a que trois enfants &raquo;, remettant en cause le statut de Franck Biya. Et il exigeait un test ADN impliquant Paul Biya, Franck Biya et lui-m&ecirc;me pour trancher la question.</p>
<p>Ces d&eacute;clarations intervenaient dans un contexte de sp&eacute;culations sur une possible d&eacute;signation de Franck Biya comme vice-pr&eacute;sident, apr&egrave;s la r&eacute;vision constitutionnelle d'avril 2026.</p>
<h2>L'absence de plainte change tout</h2>
<p>Si Franck Biya n'a pas port&eacute; plainte, alors la base juridique de la proc&eacute;dure contre Baongla s'effondre. En droit camerounais, la diffamation et l'usurpation de filiation n&eacute;cessitent en principe une plainte de la personne vis&eacute;e.</p>
<p>Sans plainte, pas de partie civile. Sans partie civile, pas de proc&egrave;s sur le fond. Sans proc&egrave;s, pas de test ADN. Et sans test ADN, la question de la filiation de Franck Biya reste enti&egrave;re.</p>
<p>Cette absence de plainte pose une autre question. Si la famille Biya ne voulait pas de ce proc&egrave;s, pourquoi Baongla a-t-il &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; ? Pourquoi a-t-il &eacute;t&eacute; d&eacute;tenu pendant des mois ? Et qui a ordonn&eacute; cette proc&eacute;dure ?</p>
<h2>Une affaire qui en dit long</h2>
<p>L'affaire Baongla n'est pas qu'une histoire de filiation. C'est un r&eacute;v&eacute;lateur des tensions qui traversent le sommet de l'&Eacute;tat camerounais.</p>
<p>D'un c&ocirc;t&eacute;, un homme qui revendique depuis des d&eacute;cennies &ecirc;tre le fils a&icirc;n&eacute; du pr&eacute;sident. De l'autre, Franck Biya, fils officiel, dont la l&eacute;gitimit&eacute; est contest&eacute;e. Entre les deux, un pouvoir qui g&egrave;re l'apr&egrave;s-Biya sans jamais en parler publiquement.</p>
<p>Un observateur de la vie politique camerounaise, qui a requis l'anonymat, r&eacute;sume : &laquo; La lib&eacute;ration de Baongla sans plainte, c'est un signal. &Ccedil;a veut dire que le dossier &eacute;tait trop toxique pour aller au bout. Personne ne veut d'un test ADN. Ni d'un c&ocirc;t&eacute;, ni de l'autre. &raquo;</p>
<p>Baongla est libre. La plainte n'existe pas. Le test ADN n'aura pas lieu. Et la question de la filiation de Franck Biya reste sans r&eacute;ponse officielle.</p>
<p>L'homme qui se pr&eacute;sente comme le fils a&icirc;n&eacute; de Paul Biya a d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; qu'il ne comptait pas se taire. Dans une vid&eacute;o publi&eacute;e apr&egrave;s sa lib&eacute;ration, il a promis de continuer &agrave; se battre.</p>
<p>La famille Biya, elle, n'a pas r&eacute;agi. Ni confirmation, ni d&eacute;menti. Le silence.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi Georges Gilbert Baongla a-t-il &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute; ?</strong><br>Parce que ni Franck Biya ni aucun membre de la famille pr&eacute;sidentielle n'a port&eacute; plainte contre lui, selon plusieurs sources concordantes. Sans plainte, la proc&eacute;dure ne peut pas aboutir.</p>
<p><strong>Franck Biya a-t-il port&eacute; plainte ?</strong><br>Aucune preuve formelle de cette plainte n'a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie. Certaines sources affirment qu'elle n'a jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e. Le parquet n'a pas communiqu&eacute; sur ce point.</p>
<p><strong>Baongla a-t-il &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; pour autre chose ?</strong><br>Il &eacute;tait recherch&eacute; pour usurpation, diffamation et cybercriminalit&eacute;. Mais sans plainte de la personne vis&eacute;e, ces infractions ne peuvent pas &ecirc;tre poursuivies.</p>
<p><strong>Un test ADN aura-t-il lieu ?</strong><br>Sans plainte, il n'y a pas de proc&egrave;s. Sans proc&egrave;s, pas de test ADN. La question de la filiation de Franck Biya reste sans r&eacute;ponse officielle.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 19:43:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Georges-Gilbert-Baongla081026500.webp" type="image/webp" length="16585" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Georges-Gilbert-Baongla081026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Vision 4 : Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-vision-4-mvondo-ayolo-et-dion-ngute-sont-intervenus</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Jeune Afrique révèle que Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus
dans l'affaire Vision 4-CNC. Le CNC sort fragilisé de ce bras de fer.
Les coulisses.

Selon...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" alt="Cameroun - Vision 4 : Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-vision-4-mvondo-ayolo-et-dion-ngute-sont-intervenus</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Jeune Afrique r&eacute;v&egrave;le que Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus dans l'affaire Vision 4-CNC. Le CNC sort fragilis&eacute; de ce bras de fer. Les coulisses.</p>
<p>Selon l'enqu&ecirc;te de Jeune Afrique, le directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence a demand&eacute; &agrave; Ren&eacute; Sadi de lever la suspension de Vision 4, tandis que le Premier ministre a re&ccedil;u le CNC avant son revirement.</p>
<p>Le 29 septembre, le CNC suspend Vision 4. Le 2 octobre, Ren&eacute; Sadi &eacute;crit &agrave; Canal+ pour demander son r&eacute;tablissement. Le 5 octobre, la cha&icirc;ne retrouve les ondes. Le 6 octobre, le CNC proteste, puis se ravise. Derri&egrave;re ce revirement, Jeune Afrique r&eacute;v&egrave;le les interventions de Samuel Mvondo Ayolo et de Joseph Dion Ngute. Le magazine panafricain a publi&eacute; son enqu&ecirc;te le 7 octobre 2026. Voici ce qu'elle contient.</p>
<h2>De la suspension au r&eacute;tablissement : six jours qui ont &eacute;branl&eacute; le CNC</h2>
<p>Tout commence le 29 septembre 2026. R&eacute;uni en 48e session extraordinaire &agrave; Yaound&eacute;, le Conseil national de la communication suspend Vision 4 de diffusion pour un mois . Trois griefs sont retenus : une atteinte &agrave; la dignit&eacute; de Me F&eacute;licit&eacute; Esther Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo, &agrave; travers un reportage diffus&eacute; le 2 juin 2026 ; la non-ex&eacute;cution d'une d&eacute;cision ant&eacute;rieure du 18 ao&ucirc;t 2026 visant le journaliste Martial Owona ; et une d&eacute;fiance envers le r&eacute;gulateur .</p>
<p>Canal+ retire le signal. La cha&icirc;ne dispara&icirc;t des bouquets.</p>
<p>Le 1er octobre, le Tribunal administratif du Centre ordonne un sursis &agrave; ex&eacute;cution des sanctions visant Vision 4 et deux de ses responsables . Le CNC d&eacute;cide de ne pas s'incliner. Il introduit un pourvoi en cassation . Le lendemain, une lettre du ministre de la Communication tombe.</p>
<h2>L'intervention de Mvondo Ayolo</h2>
<p>C'est ici que Jeune Afrique situe la premi&egrave;re intervention "en haut lieu". Selon le magazine panafricain, Jean-Pierre Amougou Belinga, alors d&eacute;tenu &agrave; la prison centrale de Yaound&eacute;-Kondengui, aurait sollicit&eacute; une intervention apr&egrave;s le pourvoi engag&eacute; par le CNC .</p>
<p>Selon l'enqu&ecirc;te, un &eacute;change a lieu entre un repr&eacute;sentant de Vision 4 et Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique . Mvondo Ayolo compte parmi les proches d'Amougou Belinga, pr&eacute;cise Jeune Afrique .</p>
<p>Au cours de cet &eacute;change, le repr&eacute;sentant de la cha&icirc;ne aurait d&eacute;fendu un argument d'ordre identitaire. Vision 4 permettrait de traiter l'actualit&eacute; "du point de vue des Beti", dans un paysage m&eacute;diatique qu'il estimait domin&eacute; par les Bamil&eacute;k&eacute;s . C'est &agrave; la suite de cet &eacute;change que Mvondo Ayolo aurait demand&eacute; &agrave; Ren&eacute; Emmanuel Sadi de se saisir du dossier .</p>
<h2>La lettre de Sadi &agrave; Canal+</h2>
<p>Le 2 octobre 2026, Ren&eacute; Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, signe une lettre. Elle est adress&eacute;e &agrave; la directrice g&eacute;n&eacute;rale de Canal+ Cameroun, &agrave; Douala .</p>
<p>Objet : demander la reprise de la diffusion de Vision 4 .</p>
<p>La lettre invoque "la pr&eacute;servation de l'&eacute;quilibre de l'espace m&eacute;diatique national", les emplois menac&eacute;s et l'&eacute;conomie nationale . Elle demande le r&eacute;tablissement "sans d&eacute;lai" de la cha&icirc;ne.</p>
<p>Ce que la lettre ne dit pas est tout aussi r&eacute;v&eacute;lateur. Elle ne r&eacute;pond &agrave; aucun des trois griefs du CNC. Elle ne cite aucune base l&eacute;gale permettant &agrave; un ministre de demander la remise en ligne d'un m&eacute;dia suspendu par le r&eacute;gulateur .</p>
<p>Le m&ecirc;me jour, le ministre met en demeure les responsables de Vision 4 de respecter les sanctions visant les trois journalistes . Une mise en garde qui n'emp&ecirc;chera pas la cha&icirc;ne de retrouver les ondes.</p>
<p>Le 5 octobre, Vision 4 est de retour sur Canal+ .</p>
<h2>L'intervention de Dion Ngute</h2>
<p>Le 6 octobre, le CNC contre-attaque. Joseph Chebonkeng Kalabubsu, pr&eacute;sident du r&eacute;gulateur, &eacute;crit &agrave; Canal+ International. Il demande le retrait "sans d&eacute;lai" du signal de Vision 4 . Il rappelle que le CNC est une "autorit&eacute; administrative ind&eacute;pendante, nullement plac&eacute;e sous la tutelle du Minist&egrave;re de la Communication" .</p>
<p>Le ton est ferme. Mais dans la soir&eacute;e du m&ecirc;me jour, le CNC fait marche arri&egrave;re. Une nouvelle correspondance est sign&eacute;e. Cette fois, le r&eacute;gulateur demande la r&eacute;activation du signal "dans l'esprit d'un traitement apais&eacute; du dossier" .</p>
<p>Que s'est-il pass&eacute; entre-temps ?</p>
<p>Jeune Afrique apporte une r&eacute;ponse. Selon le magazine, Joseph Dion Ngute, Premier ministre, a re&ccedil;u le CNC en audience quelques heures avant ce revirement . C'est cette intervention du chef du gouvernement qui expliquerait le changement de position du r&eacute;gulateur .</p>
<h2>Le "traitement apais&eacute;" : que signifie-t-il ?</h2>
<p>La formule employ&eacute;e par le CNC dans sa seconde correspondance m&eacute;rite d'&ecirc;tre examin&eacute;e. "Traitement apais&eacute;" signifie, dans le langage administratif camerounais, que le dossier est sorti du champ purement r&eacute;glementaire pour entrer dans celui de l'arbitrage politique.</p>
<p>Le CNC a choisi de ne pas maintenir sa position. Il a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; s'aligner sur la demande du ministre de la Communication. Une d&eacute;cision qui, selon plusieurs observateurs, affaiblit l'institution.</p>
<p>L'article 8 du d&eacute;cret de 1991 pr&eacute;cise que le CNC "propose ses conseils sur la politique globale de la communication sociale et l'attribution des licences aux entreprises audiovisuelles priv&eacute;es" . Il n'a pas le pouvoir de d&eacute;livrer ou de retirer une licence. C'est le Mincom qui d&eacute;tient cette pr&eacute;rogative.</p>
<p>Le tribunal administratif l'avait rappel&eacute; le 1er octobre. Le CNC peut avertir. Il peut suspendre un journaliste. Il peut suspendre une &eacute;mission. Mais il ne peut pas fermer une cha&icirc;ne.</p>
<h2>Ce que r&eacute;v&egrave;le cette s&eacute;quence</h2>
<p>L'affaire Vision 4 n'est plus seulement un contentieux entre un m&eacute;dia sanctionn&eacute; et son r&eacute;gulateur. Elle met en lumi&egrave;re un m&eacute;canisme qui traverse l'histoire politique camerounaise : l'intervention de l'ex&eacute;cutif dans les d&eacute;cisions des autorit&eacute;s administratives ind&eacute;pendantes.</p>
<p>Trois centres de pouvoir sont intervenus dans ce dossier. Le minist&egrave;re de la Communication, qui a demand&eacute; le r&eacute;tablissement. Le cabinet civil de la pr&eacute;sidence, qui a initi&eacute; la d&eacute;marche. Et le Premier ministre, qui a re&ccedil;u le CNC avant son revirement.</p>
<p>Le CNC, lui, a tent&eacute; de r&eacute;sister. Il a &eacute;crit, protest&eacute;, rappel&eacute; son ind&eacute;pendance. Puis il a c&eacute;d&eacute;.</p>
<p>Une question demeure. Si le CNC ne peut pas faire appliquer ses propres d&eacute;cisions face &agrave; une intervention de l'ex&eacute;cutif, &agrave; quoi sert sa suspension ?</p>
<hr>
<p><strong>Que r&eacute;v&egrave;le Jeune Afrique sur l'affaire Vision 4 ?</strong><br>Le magazine panafricain r&eacute;v&egrave;le que Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence, a demand&eacute; &agrave; Ren&eacute; Sadi de se saisir du dossier pour lever la suspension de Vision 4. Joseph Dion Ngute a re&ccedil;u le CNC avant son revirement.</p>
<p><strong>Qui est Mvondo Ayolo ?</strong><br>Samuel Mvondo Ayolo est le directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Il est charg&eacute; du protocole d'&Eacute;tat, de la communication du pr&eacute;sident et des affaires r&eacute;serv&eacute;es. Il compte parmi les proches d'Amougou Belinga, selon Jeune Afrique.</p>
<p><strong>Pourquoi le CNC a-t-il chang&eacute; de position ?</strong><br>Selon Jeune Afrique, le revirement du CNC fait suite &agrave; une intervention de Joseph Dion Ngute, qui a re&ccedil;u le r&eacute;gulateur en audience quelques heures avant.</p>
<p><strong>Le CNC est-il vraiment ind&eacute;pendant ?</strong><br>Le CNC a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; par la loi n&deg; 90/052 du 19 d&eacute;cembre 1990. Il est pr&eacute;sent&eacute; comme un organe dot&eacute; de la personnalit&eacute; juridique et de l'autonomie financi&egrave;re. Mais l'&eacute;pisode Vision 4 montre que son autonomie est limit&eacute;e face &agrave; l'intervention de l'ex&eacute;cutif.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 08 Oct 2026 00:10:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" type="image/webp" length="3759" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun3/Samuel-Mvondo-Ayolo081026500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Après-Biya : l&#039;option Franck Biya qui rassure Washington]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-apres-biya-loption-franck-biya-qui-rassure-washington</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Cameroun après-Biya : Washington multiplie les visites, surveille la
succession et étudie tous les scénarios. Enquête sur une diplomatie
qui prépare l'avenir....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" alt="Cameroun - Après-Biya : l&#039;option Franck Biya qui rassure Washington" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-apres-biya-loption-franck-biya-qui-rassure-washington</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Cameroun apr&egrave;s-Biya : Washington multiplie les visites, surveille la succession et &eacute;tudie tous les sc&eacute;narios. Enqu&ecirc;te sur une diplomatie qui pr&eacute;pare l'avenir.</p>
<p>Derri&egrave;re le rapprochement spectaculaire entre Washington et Yaound&eacute;, les &Eacute;tats-Unis pr&eacute;parent activement l'apr&egrave;s-Paul Biya, entre surveillance de la succession, accords secrets et pr&eacute;servation de leurs int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques.</p>
<p>Washington pr&eacute;pare l'apr&egrave;s-Paul Biya. Le pr&eacute;sident camerounais a 93 ans, il vient d'entamer un huiti&egrave;me mandat, et les Am&eacute;ricains ne veulent pas &ecirc;tre pris au d&eacute;pourvu.</p>
<p>Depuis septembre 2025, les g&eacute;n&eacute;raux de l'Africom d&eacute;filent au Palais de l'Unit&eacute;. Un ambassadeur sp&eacute;cialiste des accords d'expulsion a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Un accord secret a &eacute;t&eacute; sign&eacute; en d&eacute;cembre 2025. Et en mai 2026, Paul Biya a annul&eacute; un vol m&eacute;dical vers la Suisse sur recommandation des services de renseignement am&eacute;ricains.</p>
<p>Officiellement, tout cela rel&egrave;ve de la coop&eacute;ration antiterroriste. Mais dans les couloirs du pouvoir camerounais, personne n'y croit vraiment. La question que tout le monde se pose : que pr&eacute;pare exactement Washington ?</p>
<h2>Des g&eacute;n&eacute;raux am&eacute;ricains au chevet du pouvoir camerounais</h2>
<p>Septembre 2025. Le g&eacute;n&eacute;ral Dagvin Anderson, commandant de l'Africom, est re&ccedil;u au Palais de l'Unit&eacute;. Une audience de quarante minutes avec Paul Biya. Officiellement, on parle de &laquo; la menace pr&eacute;occupante dans le Nord du Cameroun &raquo; et de la lutte contre Boko Haram.</p>
<p>En mai 2026, c'est son adjoint, le lieutenant-g&eacute;n&eacute;ral John William Brennan Jr., qui se rend &agrave; Yaound&eacute; pour &laquo; &eacute;valuer l'&eacute;volution du partenariat &raquo;. Deux g&eacute;n&eacute;raux de l'Africom en moins d'un an au sommet de l'&Eacute;tat camerounais.</p>
<p>Mais selon une enqu&ecirc;te de Jeune Afrique publi&eacute;e en juin 2026, le v&eacute;ritable enjeu de ces visites n'est pas la lutte contre le terrorisme. Cit&eacute; par plusieurs sources concordantes, un proche du dossier r&eacute;sume : &laquo; Le v&eacute;ritable enjeu porte sur la protection du chef de l'&Eacute;tat et sur le recueil de renseignement li&eacute;s &agrave; sa succession. &raquo;</p>
<p>La lutte contre Boko Haram est le paravent diplomatique. La succession de Biya est l'enjeu r&eacute;el.</p>
<h2>L'avion annul&eacute; et la note de la CIA</h2>
<p>L'&eacute;pisode le plus r&eacute;v&eacute;lateur remonte &agrave; mai 2026. Paul Biya doit se rendre en Suisse pour un s&eacute;jour m&eacute;dical. Un avion a &eacute;t&eacute; sp&eacute;cialement affr&eacute;t&eacute; depuis la Guin&eacute;e &Eacute;quatoriale. Le voyage est annul&eacute;.</p>
<p>La raison ? Une &laquo; note confidentielle des services de renseignement am&eacute;ricains faisant &eacute;tat de risques s&eacute;curitaires dans le pays &raquo;, selon Jeune Afrique. Le pr&eacute;sident camerounais a suivi la recommandation am&eacute;ricaine.</p>
<p>Ce que cela signifie concr&egrave;tement : les services de renseignement am&eacute;ricains orientent d&eacute;sormais les d&eacute;placements du pr&eacute;sident camerounais. Ils d&eacute;finissent les param&egrave;tres de sa protection personnelle. Et selon la m&ecirc;me enqu&ecirc;te, ils auraient renforc&eacute; la s&eacute;curit&eacute; autour de la r&eacute;sidence de Franck Biya, le fils a&icirc;n&eacute; du pr&eacute;sident.</p>
<h2>L'accord secret de d&eacute;cembre 2025</h2>
<p>Le rapprochement entre Washington et Yaound&eacute; ne se limite pas au renseignement. En d&eacute;cembre 2025, les deux pays signent un accord bilat&eacute;ral sur le partage de sp&eacute;cimens. Un texte technique, discret, entr&eacute; en vigueur le 15 janvier 2026.</p>
<p>Mais c'est un autre accord, bien plus sensible, qui a fait scandale. Le New York Times a r&eacute;v&eacute;l&eacute; le 25 mars 2026 que l'administration Trump avait conclu un accord confidentiel avec le Cameroun pour y expulser des migrants. Des migrants qui, pour la plupart, ne sont pas camerounais.</p>
<p>Le montant : 30 millions de dollars, vers&eacute;s au Haut-Commissariat aux r&eacute;fugi&eacute;s au Cameroun. Selon le New York Times, Washington a utilis&eacute; son silence face &agrave; la r&eacute;pression meurtri&egrave;re des manifestations post-&eacute;lectorales d'octobre 2025 comme levier de n&eacute;gociation.</p>
<p>Un responsable camerounais, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a qualifi&eacute; l'arrangement de &laquo; chantage &raquo;.</p>
<h2>Franck Biya, l'option qui rassure Washington</h2>
<p>Dans ce contexte, un nom revient avec insistance dans les discussions sur l'apr&egrave;s-Biya : Franck Biya.</p>
<p>Le fils a&icirc;n&eacute; du pr&eacute;sident, n&eacute; de son premier mariage avec Jeanne-Ir&egrave;ne Biya, n'a jamais occup&eacute; de poste minist&eacute;riel. Il n'a pas de base politique visible. Sa force, disent ses partisans, c'est justement sa discr&eacute;tion. Form&eacute; au Cameroun puis aux &Eacute;tats-Unis, dipl&ocirc;m&eacute; en sciences politiques, il incarne une forme de continuit&eacute; sans les exc&egrave;s du s&eacute;rail.</p>
<p>Washington aurait &laquo; jet&eacute; son d&eacute;volu &raquo; sur Franck Biya. Non pas qu'il soit officiellement soutenu, mais parce qu'il &laquo; rassurerait le plus en termes de stabilit&eacute; &raquo;.</p>
<p>Le quotidien britannique The Guardian a document&eacute; en juin 2026 la r&eacute;introduction du poste de vice-pr&eacute;sident, officiellement pour &laquo; assurer la continuit&eacute; de l'&Eacute;tat &raquo;. Dans la pratique, cette r&eacute;forme ouvre la voie &agrave; une succession dynastique. Une hypoth&egrave;se que le r&eacute;gime avait toujours repouss&eacute;e.</p>
<p>Nous n'avons pas pu obtenir de confirmation officielle de ces informations. Le cabinet de Franck Biya n'a pas r&eacute;pondu &agrave; nos sollicitations.</p>
<h2>Le BIR, pi&egrave;ce ma&icirc;tresse du dispositif am&eacute;ricain</h2>
<p>Si Washington s'int&eacute;resse &agrave; la succession de Biya, c'est aussi pour une raison militaire. Le Bataillon d'intervention rapide (BIR), unit&eacute; d'&eacute;lite de l'arm&eacute;e camerounaise, est un partenaire cl&eacute; dans la lutte contre Boko Haram dans l'Extr&ecirc;me-Nord.</p>
<p>Les &Eacute;tats-Unis ont form&eacute; et &eacute;quip&eacute; cette unit&eacute; pendant des ann&eacute;es. En juin 2026, le D&eacute;partement d'&Eacute;tat a offert deux h&ocirc;pitaux mobiles de campagne aux Forces arm&eacute;es camerounaises. Un don symbolique, mais qui dit l'importance du partenariat.</p>
<p>Washington veut &laquo; &eacute;viter une d&eacute;flagration au Cameroun, car le BIR constitue un &eacute;l&eacute;ment strat&eacute;gique pour la stabilit&eacute; de la sous-r&eacute;gion &raquo;. Une transition chaotique, un vide s&eacute;curitaire, et c'est tout le bassin du lac Tchad qui vacille.</p>
<p>Nous avons tent&eacute; de joindre le minist&egrave;re camerounais de la D&eacute;fense &agrave; plusieurs reprises. Aucune r&eacute;ponse n'a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e &agrave; nos questions sur l'avenir de cette coop&eacute;ration.</p>
<h2>Un rapprochement qui divise</h2>
<p>Tous les Camerounais ne voient pas d'un bon &oelig;il cette mainmise am&eacute;ricaine. L'avocat Ntimbane Bomo a d&eacute;nonc&eacute; dans une tribune ce qu'il appelle un &laquo; sc&eacute;nario &agrave; la gabonaise &raquo;. Pour lui, les lobbies occidentaux organisent &laquo; une transition contr&ocirc;l&eacute;e &raquo; sans le peuple camerounais.</p>
<p>Le Dr Ngobo Elok, dans un texte distinct que nous avons pu consulter, pose une question qui d&eacute;range : &laquo; Comment un pays peut-il accepter que des &eacute;trangers d&eacute;cident de sa succession ? &raquo;</p>
<p>Ces voix restent minoritaires dans le d&eacute;bat public. Mais elles traduisent une inqui&eacute;tude r&eacute;elle : celle d'un pays dont l'avenir se joue en partie &agrave; Washington.</p>
<h2>Que pr&eacute;pare Washington ?</h2>
<p>Deux mois apr&egrave;s la r&eacute;&eacute;lection contest&eacute;e de Paul Biya, Washington a f&eacute;licit&eacute; le pr&eacute;sident camerounais. Mais les mots &eacute;taient soigneusement choisis. Aucune mention de &laquo; d&eacute;mocratie &raquo; ou de &laquo; processus &eacute;lectoral &raquo;. Seulement &laquo; stabilit&eacute; &raquo; et &laquo; coop&eacute;ration &raquo;.</p>
<p>Pour les Am&eacute;ricains, l'objectif est clair : pr&eacute;server leurs int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques et s&eacute;curitaires dans une r&eacute;gion strat&eacute;gique. Le p&eacute;trole de l'Extr&ecirc;me-Nord, les min&eacute;raux critiques, la lutte contre Boko Haram. Tout cela vaut bien quelques accommodements.</p>
<p>La question n'est plus de savoir si Washington pr&eacute;pare l'apr&egrave;s-Biya. La question est de savoir quel r&ocirc;le les Camerounais auront dans cette pr&eacute;paration.</p>
<p>Une chose est certaine : &agrave; Yaound&eacute;, personne ne veut &ecirc;tre le dernier inform&eacute;.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi les &Eacute;tats-Unis s'int&eacute;ressent-ils &agrave; la succession de Paul Biya ?</strong><br>Parce que le Cameroun est un partenaire strat&eacute;gique dans la lutte contre Boko Haram et abrite des ressources p&eacute;troli&egrave;res et min&eacute;rales importantes. Washington veut &eacute;viter un vide s&eacute;curitaire.</p>
<p><strong>Qui est Franck Biya ?</strong><br>C'est le fils a&icirc;n&eacute; de Paul Biya, n&eacute; de son premier mariage. Il n'a jamais occup&eacute; de poste gouvernemental. Selon plusieurs sources, il serait per&ccedil;u par Washington comme une option rassurante pour une transition stable.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'accord secret de d&eacute;cembre 2025 ?</strong><br>Selon le New York Times, il s'agit d'un accord entre les &Eacute;tats-Unis et le Cameroun pour expulser vers ce pays des migrants qui ne sont pas camerounais, en &eacute;change de 30 millions de dollars.</p>
<p><strong>L'Africom a-t-elle vraiment renforc&eacute; la s&eacute;curit&eacute; autour de Paul Biya ?</strong><br>Selon Jeune Afrique, les services de renseignement am&eacute;ricains ont orient&eacute; les d&eacute;placements du pr&eacute;sident camerounais en mai 2026 et auraient renforc&eacute; la protection autour de son fils Franck. Nous n'avons pas pu confirmer ces informations de mani&egrave;re ind&eacute;pendante.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 06 Oct 2026 15:58:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" type="image/jpeg" length="3716" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Conseil constitutionnel : le bureau d&#039;Atangana scellé à Yaoundé]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-conseil-constitutionnel-le-bureau-datangana-scelle-a-yaounde</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Le bureau de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel
décédé le 4 octobre à Paris, a été scellé à Yaoundé. Nchoji
Nkwi assure l'intérim.

Vingt-qu...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Conseil-Constitutionnel090224500.jpg" alt="Cameroun - Conseil constitutionnel : le bureau d&#039;Atangana scellé à Yaoundé" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-conseil-constitutionnel-le-bureau-datangana-scelle-a-yaounde</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Le bureau de Cl&eacute;ment Atangana, pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 4 octobre &agrave; Paris, a &eacute;t&eacute; scell&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Nchoji Nkwi assure l'int&eacute;rim.</p>
<p>Vingt-quatre heures apr&egrave;s la mort de Cl&eacute;ment Atangana &agrave; Paris, le bureau du pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel a &eacute;t&eacute; plac&eacute; sous scell&eacute;s &agrave; Yaound&eacute;, sous la supervision du procureur de la R&eacute;publique. Une mesure conservatoire qui ouvre la question de la succession &agrave; la t&ecirc;te de l'institution.</p>
<p>Cl&eacute;ment Atangana est mort dimanche 4 octobre 2026, &agrave; l'h&ocirc;pital am&eacute;ricain de Paris, &agrave; l'&acirc;ge de 85 ans. Il &eacute;tait le premier pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel du Cameroun. Vingt-quatre heures plus tard, son bureau au Palais des Congr&egrave;s de Yaound&eacute; a &eacute;t&eacute; scell&eacute;.</p>
<p>L'op&eacute;ration a &eacute;t&eacute; men&eacute;e sous la supervision du procureur de la R&eacute;publique pr&egrave;s le Tribunal de premi&egrave;re instance de Yaound&eacute;, Ntyam Nkoto Yves Florent. Des bandes de scell&eacute;s ont &eacute;t&eacute; appos&eacute;es sur la porte. Un document indiquant la date de l'op&eacute;ration a &eacute;t&eacute; affich&eacute;.</p>
<p>Mais pourquoi sceller le bureau d'un haut magistrat d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans l'exercice de ses fonctions ? Et que dit cette mesure de la vacance &agrave; la t&ecirc;te de l'institution qui doit valider les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives ?</p>
<h2>Ce qui s'est pass&eacute; au Conseil constitutionnel</h2>
<p>Le Conseil constitutionnel camerounais si&egrave;ge au Palais des Congr&egrave;s de Yaound&eacute;. C'est l&agrave;, dans ce b&acirc;timent officiel, que le bureau de Cl&eacute;ment Atangana a &eacute;t&eacute; scell&eacute;.</p>
<p>Le procureur de la R&eacute;publique pr&egrave;s le Tribunal de premi&egrave;re instance de Yaound&eacute; Centre administratif, Ntyam Nkoto Yves Florent, a supervis&eacute; l'op&eacute;ration. Selon les informations recueillies, plusieurs responsables &eacute;taient pr&eacute;sents : le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Conseil constitutionnel, le greffier en chef, et des agents de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<p>Apr&egrave;s v&eacute;rification de la fermeture du bureau, des bandes de scell&eacute;s ont &eacute;t&eacute; appos&eacute;es sur la porte. Un document indiquant la date de l'op&eacute;ration a &eacute;t&eacute; affich&eacute;. Le bureau restera inaccessible jusqu'&agrave; ce que la famille et l'institution soient pr&ecirc;tes &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer les effets personnels.</p>
<p>&laquo; C'est une mesure de pr&eacute;caution destin&eacute;e &agrave; emp&ecirc;cher tout acc&egrave;s au bureau du d&eacute;funt &raquo;, a expliqu&eacute; le procureur.</p>
<h2>Le parcours d'un magistrat hors norme</h2>
<p>Pour comprendre l'importance de cette vacance, il faut mesurer ce qu'a repr&eacute;sent&eacute; Cl&eacute;ment Atangana dans l'appareil judiciaire camerounais.</p>
<p>N&eacute; le 20 septembre 1941 &agrave; Ekoumeyeck, dans l'arrondissement de Ngomedzap, dans la r&eacute;gion du Centre, il est dipl&ocirc;m&eacute; de l'&Eacute;cole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) et de l'Institut international d'administration publique de Paris. Il int&egrave;gre la magistrature le 20 d&eacute;cembre 1968, &agrave; l'&acirc;ge de 27 ans.</p>
<p>Sa carri&egrave;re est un long parcours dans les rouages de l'&Eacute;tat. Juge d'instruction &agrave; Nkongsamba. Pr&eacute;sident des tribunaux d'Es&eacute;ka, de Bafia, de Mora et de Sangm&eacute;lima. Directeur adjoint des affaires judiciaires et du sceau au minist&egrave;re de la Justice. Procureur g&eacute;n&eacute;ral pr&egrave;s la cour d'appel de Garoua. Pr&eacute;sident de la cour d'appel du Centre. Conseiller &agrave; la Cour supr&ecirc;me, puis pr&eacute;sident de sa chambre administrative. Il prend sa retraite de la magistrature en d&eacute;cembre 2014.</p>
<p>Entre 1997 et 2014, il pr&eacute;side &eacute;galement la Commission nationale de recensement g&eacute;n&eacute;ral des votes, supervisant le comptage des r&eacute;sultats de plusieurs &eacute;lections l&eacute;gislatives et pr&eacute;sidentielles.</p>
<p>Le 7 f&eacute;vrier 2018, un d&eacute;cret du pr&eacute;sident Paul Biya le nomme membre du Conseil constitutionnel. Un second d&eacute;cret, le m&ecirc;me jour, le d&eacute;signe pr&eacute;sident de l'institution. Il devient le premier &agrave; occuper ce poste depuis la cr&eacute;ation du Conseil par la r&eacute;vision constitutionnelle du 18 janvier 1996.</p>
<p>Son mandat est renouvel&eacute; le 18 janvier 2024 pour six ans suppl&eacute;mentaires.</p>
<h2>Deux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles sous sa pr&eacute;sidence</h2>
<p>C'est pendant les contentieux &eacute;lectoraux que Cl&eacute;ment Atangana a forg&eacute; sa r&eacute;putation publique.</p>
<p>En 2018, le Conseil constitutionnel examine les recours d&eacute;pos&eacute;s par Maurice Kamto et d'autres candidats apr&egrave;s la victoire de Paul Biya. Une formule revient alors comme un refrain dans les audiences t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es : &laquo; irrecevable &raquo;. Elle lui vaut le surnom de &laquo; Monsieur Irrecevable &raquo; sur les r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p>En 2025, la configuration change. Issa Tchiroma Bakary, ancien alli&eacute; de Paul Biya, conteste le r&eacute;sultat proclam&eacute; par le Conseil constitutionnel, qui d&eacute;clare Paul Biya vainqueur avec 53,66 % des voix contre 35,19 % pour son principal adversaire. Le camp Tchiroma annonce qu'il ne saisira pas le Conseil constitutionnel. D'autres candidats d&eacute;posent des recours. La candidature de Maurice Kamto, investi par le MANIDEM, avait &eacute;t&eacute; invalid&eacute;e en amont.</p>
<p>Un &eacute;pisode alimente la controverse apr&egrave;s la proclamation des r&eacute;sultats. Dans une vid&eacute;o diffus&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux, Cl&eacute;ment Atangana appara&icirc;t levant un verre devant des proches, d&eacute;clarant : &laquo; Je suis heureux que vous c&eacute;l&eacute;briez &agrave; la fois le travail de votre p&egrave;re et la victoire de votre candidat. &raquo; La s&eacute;quence relance le d&eacute;bat sur l'impartialit&eacute; du Conseil constitutionnel.</p>
<p>&laquo; Le Conseil constitutionnel aux ordres et partial &raquo;, d&eacute;non&ccedil;ait alors l'opposition. Une critique que le pr&eacute;sident de l'institution n'a jamais comment&eacute;e publiquement.</p>
<h2>Une vacance juridique, pas un simple int&eacute;rim</h2>
<p>La mort de Cl&eacute;ment Atangana cr&eacute;e une vacance &agrave; la t&ecirc;te du Conseil constitutionnel. Le droit camerounais est clair sur la proc&eacute;dure.</p>
<p>L'article 51 de la Constitution pr&eacute;voit qu'il est pourvu au remplacement d'un membre d&eacute;c&eacute;d&eacute; par l'autorit&eacute; qui l'avait d&eacute;sign&eacute;. Pour le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, cette autorit&eacute; est le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Un d&eacute;cret doit &ecirc;tre sign&eacute;.</p>
<p>En attendant, c'est le doyen d'&acirc;ge du coll&egrave;ge des conseillers qui assure l'int&eacute;rim. Le Pr Paul Nchoji Nkwi, 86 ans, anthropologue de formation, a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; au Conseil constitutionnel en 2018. Il si&egrave;ge depuis sa mise en place effective.</p>
<p>&laquo; Cet int&eacute;rim automatique ne vaut pas nomination d&eacute;finitive &raquo;, citant les dispositions combin&eacute;es de l'article 7 de la loi n&deg;2004/004 et de la loi n&deg;2004/005.</p>
<p>Paul Nchoji Nkwi est un universitaire. N&eacute; en 1940 dans la r&eacute;gion du Nord-Ouest, originaire de Kom, il a &eacute;tudi&eacute; l'anthropologie &agrave; l'Universit&eacute; de Fribourg en Suisse, o&ugrave; il a obtenu son habilitation en 1982. Il a enseign&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; de Yaound&eacute; I, &agrave; l'Universit&eacute; catholique d'Afrique centrale, et dans plusieurs universit&eacute;s internationales. Il a fond&eacute; la Pan-African Association of Anthropology.</p>
<p>Son int&eacute;rim devrait durer le temps n&eacute;cessaire &agrave; la nomination d'un pr&eacute;sident titulaire. Mais combien de temps ? Le texte ne fixe pas de d&eacute;lai.</p>
<h2>Ce que r&eacute;v&egrave;le la mise sous scell&eacute;s</h2>
<p>La mise sous scell&eacute;s du bureau de Cl&eacute;ment Atangana n'est pas une mesure anodine.</p>
<p>D'abord, parce qu'elle est judiciaire. Le procureur de la R&eacute;publique a supervis&eacute; l'op&eacute;ration. Cela signifie que la justice s'est saisie du dossier, non pas pour enqu&ecirc;ter sur un crime rien ne l'indique &agrave; ce stade mais pour s&eacute;curiser un espace institutionnel.</p>
<p>Ensuite, parce qu'elle intervient dans un contexte de vacance. Le Conseil constitutionnel est sans pr&eacute;sident titulaire. L'int&eacute;rim est assur&eacute; par un doyen d'&acirc;ge. Le bureau du d&eacute;funt reste ferm&eacute;.</p>
<p>Enfin, parce qu'elle pose une question de confiance. Que contient ce bureau ? Des dossiers en cours ? Des documents sensibles ? La mesure vise pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; garantir que rien ne disparaisse avant l'ouverture officielle.</p>
<p>&laquo; On ne g&egrave;re pas par int&eacute;rim l'arbitre des &eacute;lections, des r&eacute;f&eacute;rendums et des lois &raquo;, &eacute;crit Koaci. &laquo; Qui valide les candidatures, proclame les r&eacute;sultats et tranche les contentieux doit avoir un visage, et vite. &raquo;</p>
<p>Les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives sont pr&eacute;vues en 2027. Le Conseil constitutionnel aura &agrave; valider les candidatures, &agrave; proclamer les r&eacute;sultats et &agrave; trancher les contentieux. Il ne peut pas rester sans pr&eacute;sident titulaire ind&eacute;finiment.</p>
<h2>Trois questions restent ouvertes.</h2>
<p>Qui sera le prochain pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel ? Aucun nom n'a filtr&eacute;. Le pr&eacute;sident Paul Biya doit signer un d&eacute;cret. Le d&eacute;lai n'est pas fix&eacute; par la loi.</p>
<p>Que va-t-il se passer avec les deux si&egrave;ges vacants ? Le Conseil constitutionnel compte normalement onze membres. Cl&eacute;ment Atangana &eacute;tait le onzi&egrave;me. Avant lui, Bah Oumarou Sanda, doyen des conseillers, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le 7 ao&ucirc;t 2026 &agrave; Yaound&eacute;, &agrave; l'&acirc;ge de 86 ans. Deux si&egrave;ges sont donc vacants.</p>
<p>Quand le bureau scell&eacute; sera-t-il ouvert ? La r&eacute;ouverture devra se d&eacute;rouler sous la supervision du procureur. Aucune date n'a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e.</p>
<hr>
<p><strong>Pourquoi le bureau de Cl&eacute;ment Atangana a-t-il &eacute;t&eacute; scell&eacute; ?</strong><br>C'est une mesure conservatoire prise sous la supervision du procureur de la R&eacute;publique. Elle vise &agrave; emp&ecirc;cher tout acc&egrave;s au bureau jusqu'&agrave; sa r&eacute;ouverture officielle, en pr&eacute;sence de la famille et de l'autorit&eacute; judiciaire.</p>
<p><strong>Qui dirige le Conseil constitutionnel en attendant ?</strong><br>Le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d'&acirc;ge du coll&egrave;ge des conseillers, assure l'int&eacute;rim. Il a 86 ans et si&egrave;ge au Conseil depuis 2018. Cet int&eacute;rim ne vaut pas nomination d&eacute;finitive.</p>
<p><strong>Quand un nouveau pr&eacute;sident sera-t-il nomm&eacute; ?</strong><br>Aucun d&eacute;lai n'est fix&eacute; par la loi. C'est le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique qui signe le d&eacute;cret de nomination. &Agrave; ce stade, aucun nom n'a filtr&eacute;.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que cela change pour les prochaines &eacute;lections ?</strong><br>Les &eacute;lections l&eacute;gislatives sont pr&eacute;vues en 2027. Le Conseil constitutionnel devra valider les candidatures et proclamer les r&eacute;sultats. La vacance &agrave; sa t&ecirc;te pourrait compliquer le processus si elle se prolonge.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 05 Oct 2026 19:47:00 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Conseil-Constitutionnel090224500.jpg" type="image/jpeg" length="5261" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Conseil-Constitutionnel090224500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Effoudou : de l&#039;EMIA à l&#039;exil, itinéraire d&#039;un officier]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-effoudou-de-lemia-a-lexil-itineraire-dun-officier.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Le capitaine Effoudou, ex-membre de l'état-major de Biya, accuse
Ferdinand Ngoh Ngoh de contrôler l'appareil sécuritaire. Il vit en
exil en France.

Kenneth Ron...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" alt="Cameroun - Effoudou : de l&#039;EMIA à l&#039;exil, itinéraire d&#039;un officier" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-effoudou-de-lemia-a-lexil-itineraire-dun-officier.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Le capitaine Effoudou, ex-membre de l'&eacute;tat-major de Biya, accuse Ferdinand Ngoh Ngoh de contr&ocirc;ler l'appareil s&eacute;curitaire. Il vit en exil en France.</p>
<p>Kenneth Ronald Effoudou a servi au c&oelig;ur du renseignement pr&eacute;sidentiel. Depuis la France, il accuse Ferdinand Ngoh Ngoh d'avoir voulu s'emparer du pouvoir.</p>
<p>Il a suivi les traces de son grand-p&egrave;re, un g&eacute;n&eacute;ral qui dirigeait les services de renseignements camerounais. Puis il est entr&eacute; &agrave; l'&eacute;tat-major particulier de Paul Biya. Aujourd'hui, il vit en exil en France et accuse Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, d'avoir voulu s'emparer du pouvoir. Le capitaine Kenneth Ronald Effoudou n'est pas un opposant ordinaire. Il a vu l'appareil d'&Eacute;tat de l'int&eacute;rieur. Et ce qu'il d&eacute;crit ressemble &agrave; un avertissement.</p>
<h2>Le petit-fils du g&eacute;n&eacute;ral Angouand</h2>
<p>Kenneth Ronald Effoudou a grandi dans l'ombre d'un nom qui p&egrave;se lourd dans l'histoire du renseignement camerounais. Son grand-p&egrave;re, le g&eacute;n&eacute;ral de division Angouand Claude Laurent, a dirig&eacute; le Centre national des &eacute;tudes et des recherches (Cener), l'anc&ecirc;tre de la Direction g&eacute;n&eacute;rale de la recherche ext&eacute;rieure (DGRE).</p>
<p>&laquo; J'ai suivi, &agrave; ma mani&egrave;re, les traces de mon grand-p&egrave;re &raquo;, confie-t-il &agrave; Jeune Afrique.</p>
<p>Pensionnaire de la 35ᵉ promotion de l'EMIA, baptis&eacute;e &laquo; Paix et &Eacute;mergence &raquo; (2013-2016), il est nomm&eacute; sous-lieutenant le 1ᵉʳ juillet 2016. Son stage d'application le conduit dans les r&eacute;gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, alors en guerre. Une balle lui laisse une cicatrice dans le dos. En mars 2018, il est rappel&eacute; &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<h2>De l'ombre au c&oelig;ur du pouvoir</h2>
<p>Effoudou gravit les &eacute;chelons. Cabinet du Secr&eacute;taire d'&Eacute;tat &agrave; la Gendarmerie. Division des affaires g&eacute;n&eacute;rales. Int&eacute;rim au service du protocole. Puis, en janvier 2020, il est d&eacute;tach&eacute; &agrave; l'&eacute;tat-major particulier du chef de l'&Eacute;tat comme chef du Bureau des renseignements.</p>
<p>Ce poste lui donne acc&egrave;s aux informations les plus confidentielles du r&eacute;gime. Il suit et exploite les renseignements de tous les services de s&eacute;curit&eacute; : DGRE, Centre de renseignement militaire, SED, et les &laquo; honorables correspondants &raquo; r&eacute;partis sur le territoire.</p>
<p>C'est l&agrave; qu'il dit avoir constat&eacute; ce qu'il d&eacute;nonce aujourd'hui.</p>
<h2>&laquo; Il n'est pas le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &raquo;</h2>
<p>Dans une interview de 27 minutes accord&eacute;e au journaliste Morgan Palmer le 24 juillet 2026, Effoudou brise trois ans de silence. Il vise directement Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence depuis 2009.</p>
<p>&laquo; Ferdinand Ngoh Ngoh a progressivement plac&eacute; sous son contr&ocirc;le plusieurs pans de l'appareil s&eacute;curitaire de l'&Eacute;tat, bien au-del&agrave; des attributions attach&eacute;es &agrave; sa fonction &raquo;, accuse-t-il.</p>
<p>Il cite la nomination de Galax Yves Landry Etoga &agrave; la t&ecirc;te du SED et celle de Jean-Pierre Robins Ghoumo &agrave; la DGRE comme des preuves de cette mainmise.</p>
<p>&laquo; Je veux rappeler une chose simple &agrave; Ferdinand Ngoh Ngoh : il n'est pas le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Il demeure un collaborateur du chef de l'&Eacute;tat. &raquo;</p>
<h2>L'affaire du l&eacute;gionnaire</h2>
<p>Effoudou &eacute;voque un dossier qu'il dit avoir suivi &agrave; l'&eacute;tat-major particulier. Un ancien militaire de la L&eacute;gion &eacute;trang&egrave;re fran&ccedil;aise, Sani Mouhamadou, aurait &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; et soup&ccedil;onn&eacute; d'&ecirc;tre &laquo; un maillon important d'un dispositif de d&eacute;stabilisation des institutions mis en place depuis 2022 &raquo;.</p>
<p>L'homme se faisait passer pour un chef de bataillon et un conseiller &agrave; la d&eacute;fense du ministre de l'Administration territoriale. Son arrestation aurait permis la saisie d'un fusil d'assaut, d'une arme de poing et de munitions de guerre.</p>
<p>Effoudou affirme que Sani Mouhamadou aurait pr&eacute;sent&eacute; des autorisations &eacute;manant du minist&egrave;re de l'Administration territoriale. &laquo; Comment un tel individu a-t-il pu obtenir ces documents &agrave; vingt-six reprises entre 2018 et 2022 ? &raquo;</p>
<p>Sani Mouhamadou d&eacute;ment ces accusations. Il a saisi la justice fran&ccedil;aise pour diffamation, selon plusieurs m&eacute;dias camerounais. Joint par t&eacute;l&eacute;phone, son entourage n'a pas souhait&eacute; commenter en d&eacute;tail.</p>
<h2>&laquo; La DGRE est venue me tuer en France &raquo;</h2>
<p>Effoudou dit avoir re&ccedil;u des menaces de mort. &laquo; Plusieurs personnalit&eacute;s directement mises en cause m'ont menac&eacute;, certaines ouvertement, d'autres en mobilisant les moyens de l'&Eacute;tat. J'&eacute;tais r&eacute;guli&egrave;rement suivi &agrave; Yaound&eacute;, et mon v&eacute;hicule de service a &eacute;t&eacute; vandalis&eacute; &agrave; plusieurs reprises. &raquo;</p>
<p>Sa hi&eacute;rarchie l'aurait &laquo; l&acirc;chement abandonn&eacute; &raquo;. Il quitte le Cameroun en mai 2025. Les autorit&eacute;s le poursuivent pour &laquo; d&eacute;sertion en temps de paix &raquo;. Il est radi&eacute; des cadres de l'arm&eacute;e en juin 2026.</p>
<p>Depuis la France, il affirme qu'une &eacute;quipe de la DGRE est arriv&eacute;e avec pour mission de l'assassiner. Il &eacute;tablit un parall&egrave;le avec l'assassinat du journaliste Martinez Zogo en janvier 2023.</p>
<p>&laquo; Inutile de rappeler que ce sont des &eacute;l&eacute;ments de la DGRE, agissant sur commande, qui ont &eacute;limin&eacute; le journaliste Martinez Zogo. &raquo;</p>
<p>Nous n'avons pas pu v&eacute;rifier ces accusations de mani&egrave;re ind&eacute;pendante. Aucune source officielle camerounaise n'a confirm&eacute; l'envoi d'agents en France.</p>
<h2>Ce que dit la loi, ce que dit Effoudou</h2>
<p>Effoudou affirme disposer de preuves. Il dit &ecirc;tre pr&ecirc;t &agrave; les transmettre &agrave; la justice. &laquo; Par respect pour le secret de la proc&eacute;dure, je ne pourrai en dire davantage publiquement, mais je continue d'esp&eacute;rer que les juridictions comp&eacute;tentes me solliciteront. &raquo;</p>
<p>Ces &eacute;l&eacute;ments, pr&eacute;cise-t-il, font partie de ses archives personnelles. Certains sont &laquo; couverts par le secret d&eacute;fense ou n&eacute;cessitent la protection des personnes et des sources concern&eacute;es &raquo;.</p>
<p>La justice camerounaise n'a pas rendu public un quelconque mandat de comparution ou acte d'accusation visant Effoudou au-del&agrave; des poursuites pour d&eacute;sertion. Nous n'avons pas pu joindre le parquet militaire de Yaound&eacute;.</p>
<h2>Pourquoi cet officier parle maintenant</h2>
<p>Effoudou dit avoir attendu trois ans. Trois ans &agrave; l'&eacute;tranger, &agrave; voir les accusations qu'il portait rester sans &eacute;cho judiciaire. Il dit avoir voulu donner une chance aux institutions.</p>
<p>&laquo; Mon d&eacute;part n'est pas une fuite, c'est un repli strat&eacute;gique. &raquo;</p>
<p>Il conclut par une promesse : &laquo; &Agrave; ceux qui ont voulu me r&eacute;duire au silence, je dis : nous nous reverrons plus t&ocirc;t que vous ne le pensez. Le Cameroun est notre bien commun et nul ne peut se l'approprier exclusivement. &raquo;</p>
<hr />
<p><strong>Qui est le capitaine Effoudou ?</strong><br />C'est un ancien officier de l'arm&eacute;e camerounaise, ex-chef du Bureau des renseignements &agrave; l'&eacute;tat-major particulier du pr&eacute;sident Paul Biya. Il vit en exil en France depuis mai 2025.</p>
<p><strong>Que reproche-t-il &agrave; Ferdinand Ngoh Ngoh ?</strong><br />Il l'accuse d'avoir plac&eacute; sous son contr&ocirc;le plusieurs services de s&eacute;curit&eacute;, d'avoir voulu s'emparer du pouvoir et d'&ecirc;tre impliqu&eacute; dans une tentative de d&eacute;stabilisation via un ancien l&eacute;gionnaire fran&ccedil;ais.</p>
<p><strong>Pourquoi a-t-il quitt&eacute; le Cameroun ?</strong><br />Il dit avoir &eacute;t&eacute; menac&eacute; de mort par des personnalit&eacute;s qu'il avait mises en cause dans ses rapports. Il affirme que son d&eacute;part &eacute;tait un &laquo; repli strat&eacute;gique &raquo;, pas une fuite.</p>
<p><strong>Ngoh Ngoh a-t-il r&eacute;pondu aux accusations ?</strong><br />Non. Ni Ferdinand Ngoh Ngoh ni le secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence n'ont r&eacute;agi publiquement aux accusations d'Effoudou au moment d'&eacute;crire ces lignes.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 16:33:16 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec JA</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" type="image/jpeg" length="6640" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Special2/Effoudou-keneth.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - À Yaoundé, les espions s&#039;espionnent désormais entre eux]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-a-yaounde-les-espions-sespionnent-desormais-entre-eux.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Révélations sur la guerre des clans qui paralyse la DGRE et le
renseignement camerounais. Ngoh Ngoh, Eko Eko, Franck Biya : les
dessous d'une fracture d'État. ...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Palais_Etoudi290424500.jpg" alt="Cameroun - À Yaoundé, les espions s&#039;espionnent désormais entre eux" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-a-yaounde-les-espions-sespionnent-desormais-entre-eux.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>R&eacute;v&eacute;lations sur la guerre des clans qui paralyse la DGRE et le renseignement camerounais. Ngoh Ngoh, Eko Eko, Franck Biya : les dessous d'une fracture d'&Eacute;tat.&nbsp;</p>
<p>La DGRE, nagu&egrave;re redout&eacute;e, n'est plus que l'ombre d'elle-m&ecirc;me. Derri&egrave;re l'affaiblissement du service, une guerre de clans autour de Paul Biya qui transforme les secrets d'&Eacute;tat en monnaie d'&eacute;change.</p>
<p>Le patron du renseignement ext&eacute;rieur camerounais est en prison. Son successeur ne peut transmettre ses rapports au pr&eacute;sident qu'apr&egrave;s les avoir fait lire par le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence. Et le fils a&icirc;n&eacute; du chef de l'&Eacute;tat a r&eacute;clam&eacute; par &eacute;crit, en f&eacute;vrier 2026, la t&ecirc;te de ce m&ecirc;me successeur.</p>
<p>Voil&agrave; o&ugrave; en est la DGRE. Le service qui, il y a dix ans, &eacute;tait craint jusqu'au sein de l'appareil d'&Eacute;tat camerounais. Aujourd'hui, il produit des notes que plus personne ne croit. Des rapports que tout le monde soup&ccedil;onne d'&ecirc;tre filtr&eacute;s. Des agents qui monnayent leurs informations sur un march&eacute; clandestin, &agrave; Yaound&eacute;.</p>
<p>Ce n'est pas une crise passag&egrave;re. C'est une fracture.</p>
<h2>Une conversation fuit&eacute;e, une proph&eacute;tie r&eacute;alis&eacute;e</h2>
<p>Novembre 2021. Un &eacute;change entre le colonel &Eacute;mile Jo&euml;l Bamkoui, alors patron de la S&eacute;curit&eacute; militaire, et un lanceur d'alerte atterrit sur les r&eacute;seaux sociaux. Le contenu est stup&eacute;fiant : le lanceur d'alerte ne se contente pas de r&eacute;clamer des informations. Il donne des conseils &agrave; l'officier. Il s'inqui&egrave;te de voir son nom m&ecirc;l&eacute; &agrave; des affaires. Et il met en garde Bamkoui contre leur &laquo; complice commun &raquo;, Herv&eacute; Parfait Mbapou, dont les r&eacute;v&eacute;lations finiront par provoquer la chute.</p>
<p>La proph&eacute;tie s'est r&eacute;alis&eacute;e. Mbapou a &eacute;t&eacute; bri&egrave;vement d&eacute;tenu, puis rel&acirc;ch&eacute; sous surveillance, apr&egrave;s son implication pr&eacute;sum&eacute;e dans une tentative de chantage visant le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller de Paul Biya. Fouda a travers&eacute; une p&eacute;riode de disgr&acirc;ce tensions vives avec Chantal Biya avant de revenir en cour &agrave; Etoudi.</p>
<p>Mais ce qui importe, c'est ce que cet &eacute;pisode a r&eacute;v&eacute;l&eacute; : l'implication croissante des services de renseignement dans les guerres de clans autour du pr&eacute;sident. Une premi&egrave;re fissure dans un mur qui semblait monolithique.</p>
<h2>&Agrave; Yaound&eacute;, l'information est devenue une arme qui se vend</h2>
<p>Dans les couloirs du palais, disposer d'un relais au sein des &laquo; services &raquo; n'est plus un luxe. C'est une n&eacute;cessit&eacute; strat&eacute;gique. Une indiscr&eacute;tion peut prot&eacute;ger une position. Un rapport peut neutraliser un adversaire.</p>
<p>Le contexte aggrave tout : les agents sont sous-pay&eacute;s, pr&eacute;caris&eacute;s. Alors les d&eacute;tenteurs de secrets monnayent leur savoir. Une photographie de proc&egrave;s-verbal. Une note confidentielle envoy&eacute;e par messagerie crypt&eacute;e. Un relev&eacute; t&eacute;l&eacute;phonique. Quelques lignes extraites d'un rapport. Tout se vend.</p>
<p>&laquo; Certains publient ces documents tels que re&ccedil;us. D'autres les vendent ou les utilisent pour faire pression sur les adversaires de leurs commanditaires et pr&eacute;cipiter leur chute &raquo;, confie une source au palais pr&eacute;sidentiel d'Etoudi.</p>
<p>Herv&eacute; Parfait Mbapou &eacute;tait l'un de ces acteurs. Justin Danwe en est un autre mais depuis l'int&eacute;rieur. Alors qu'il &eacute;tait Directeur des op&eacute;rations de la DGRE, il a longtemps fait fuiter des informations. Selon son dossier au Tribunal militaire de Yaound&eacute;, il transmettait des &eacute;l&eacute;ments de surveillance &agrave; Modeste Mopa Fatoing, ancien directeur des imp&ocirc;ts. Le lieutenant-colonel entretenait aussi des liens &eacute;troits avec Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d'affaires incarc&eacute;r&eacute; dans l'affaire Zogo, qui aurait b&eacute;n&eacute;fici&eacute; des moyens de la DGRE pour surveiller ministres et responsables de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Ces informations lui auraient servi &agrave; exercer des pressions. Ou &agrave; consolider ses relations avec des dirigeants &eacute;trangers Faure Essozimna Gnassingb&eacute; (Togo), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guin&eacute;e &eacute;quatoriale), Faustin-Archange Touad&eacute;ra (Centrafrique).</p>
<p>Une seule conclusion s'impose : il n'existe plus de rapports de renseignements neutres. Tous sont manipul&eacute;s. Tous sont trafiqu&eacute;s.</p>
<h2>Eko Eko et Ngoh Ngoh, la rivalit&eacute; qui a tout chang&eacute;</h2>
<p>L'affrontement entre L&eacute;opold Maxime Eko Eko et Ferdinand Ngoh Ngoh a fa&ccedil;onn&eacute; le renseignement camerounais tel qu'il existe aujourd'hui. Mais d'o&ugrave; vient-il ?</p>
<p>2020. Eko Eko, encore directeur de la DGRE, transmet &agrave; Paul Biya un rapport sur la gestion des fonds Covid-19. Le document fait &eacute;tat de l'implication pr&eacute;sum&eacute;e de Ferdinand Ngoh Ngoh dans des d&eacute;tournements. Laurent Esso, ministre de la Justice, en d&eacute;licatesse de longue date avec le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, y voit une opportunit&eacute;. Fort du rapport et des conclusions de la Cour des comptes, il fait convoquer Ngoh Ngoh devant le Tribunal criminel sp&eacute;cial.</p>
<p>Ngoh Ngoh refuse de s'y pr&eacute;senter. Une cinquantaine de policiers d&eacute;p&ecirc;ch&eacute;s &agrave; son domicile y trouvent face &agrave; eux une unit&eacute; du Bataillon d'intervention rapide, lourdement arm&eacute;e. L'op&eacute;ration est suspendue sur ordre d'Etoudi.</p>
<p>Paul Biya charge alors Eko Eko d'enqu&ecirc;ter sur son secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. Le 26 janvier 2023, le patron de la DGRE est convoqu&eacute; pour exposer ses conclusions. Quatre jours plus tard, son rapport parvient &agrave; la pr&eacute;sidence. Il est explosif : Ngoh Ngoh y est d&eacute;crit comme impliqu&eacute; dans un projet de coup d'&Eacute;tat contre Paul Biya.</p>
<p>Le 31 janvier, moins de vingt-quatre heures apr&egrave;s la transmission de ce rapport, c'est Eko Eko qui est arr&ecirc;t&eacute;. Dans le cadre de l'enqu&ecirc;te sur l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Il n'a pas recouvr&eacute; la libert&eacute; depuis.</p>
<p>L'ex-chef des espions camerounais d&eacute;taille &agrave; qui veut l'entendre le curieux timing de sa chute. Ferdinand Ngoh Ngoh balaie les accusations.</p>
<p>Mais l'histoire ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave;.</p>
<h2>Franck Biya entre en sc&egrave;ne et r&eacute;clame la t&ecirc;te du patron de la DGRE</h2>
<p>Fin 2023, le poste d'Eko Eko est pourvu. Ngoh Ngoh y fait nommer un proche : Jean-Pierre Robins Ghoumo, ancien cadre du secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence.</p>
<p>Le probl&egrave;me, c'est que Ghoumo est per&ccedil;u comme une cr&eacute;ature de Ngoh Ngoh et de Chantal Biya. Les deux auraient pes&eacute; ensemble pour sa nomination. Une nomination port&eacute;e par le clan adverse &agrave; Franck Biya, le fils a&icirc;n&eacute; du pr&eacute;sident.</p>
<p>En f&eacute;vrier 2026, Franck Biya passe &agrave; l'offensive. Selon les r&eacute;v&eacute;lations de Jeune Afrique, il adresse une note directement &agrave; son p&egrave;re. Il y r&eacute;clame le remplacement de Ghoumo. Et propose un successeur : le colonel de gendarmerie &agrave; la retraite Jo&euml;l &Eacute;mile Bamkoui, ex-patron de la S&eacute;curit&eacute; militaire.</p>
<p>Ce n'est pas une suggestion. C'est une demande politique. D'un fils qui entend peser sur l'appareil s&eacute;curitaire.</p>
<p>Pourquoi cette offensive ? Parce que, selon des sources proches de la pr&eacute;sidence cit&eacute;es par Jeune Afrique, &laquo; les rapports de Jean-Pierre Robins Ghoumo transitent exclusivement par Ngoh Ngoh, qui contr&ocirc;le ainsi les informations remontant au Chef de l'&Eacute;tat &raquo;. Franck Biya redoute la r&eacute;tention d'informations. Il redoute que Ngoh Ngoh filtre les renseignements concernant ses propres ambitions. Ou pire : qu'il transmette &agrave; son p&egrave;re des informations d&eacute;form&eacute;es sur son fils.</p>
<p>La note n'a pas produit l'effet escompt&eacute;. Ghoumo est toujours en poste. Mais elle a r&eacute;v&eacute;l&eacute; une chose : la guerre du renseignement ne se joue plus seulement entre services. Elle se joue au sein de la famille pr&eacute;sidentielle.</p>
<h2>Une DGRE asphyxi&eacute;e, des circuits parall&egrave;les qui prosp&egrave;rent</h2>
<p>L&eacute;opold Maxime Eko Eko aurait peut-&ecirc;tre &eacute;chapp&eacute; &agrave; Kondengui s'il avait accept&eacute;, fin 2020, le poste d'ambassadeur au Br&eacute;sil. Mais l&agrave; o&ugrave; d'autres auraient vu une promotion, lui a per&ccedil;u une man&oelig;uvre pour l'&eacute;carter. Il est parvenu &agrave; &eacute;viter l'exil. Le d&eacute;cret n'a jamais &eacute;t&eacute; sign&eacute;.</p>
<p>Eko Eko en est persuad&eacute; : l'homme qui a tent&eacute; de l'&eacute;loigner, c'est Ferdinand Ngoh Ngoh. Et le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral aurait ensuite adopt&eacute; une autre strat&eacute;gie : affaiblir financi&egrave;rement la DGRE. &laquo; M&ecirc;me pour acheter une rame de papier, la DGRE n'avait plus de moyens &raquo;, r&eacute;sume un interlocuteur.</p>
<p>Dans le m&ecirc;me temps, des circuits de renseignements parall&egrave;les se sont d&eacute;velopp&eacute;s. L'un a pris racine au Secr&eacute;tariat d'&Eacute;tat &agrave; la D&eacute;fense, o&ugrave; Ngoh Ngoh dispose d'un homme de confiance, Galax Yves Landry Etoga. Un autre &agrave; la S&eacute;curit&eacute; militaire, dirig&eacute;e jusqu'&agrave; r&eacute;cemment par Bamkoui un temps r&eacute;put&eacute; proche du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>La DGRE a peu &agrave; peu perdu son r&ocirc;le central. Comme lorsque le service a tent&eacute; d'engager le dialogue avec les s&eacute;paratistes anglophones de l'Ambazonie, avec l'aval de Paul Biya. &laquo; Eko Eko avait obtenu un passeport ordinaire pour le Canada et un autre pour un pays europ&eacute;en, afin de conduire cette m&eacute;diation avec le soutien du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Mais, au dernier moment, les man&oelig;uvres du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral ont entrav&eacute; ce processus. On lui a interdit de quitter le territoire &raquo;, affirme une source.</p>
<p>Des agents qui ne peuvent plus travailler. Des rapports qui ne circulent plus. Une m&eacute;diation bloqu&eacute;e. Et pendant ce temps, la crise anglophone continue.</p>
<h2>La cellule Alpha est morte, les Am&eacute;ricains sont arriv&eacute;s</h2>
<p>Paul Biya a bien tent&eacute; de reprendre la main. En 2015, il cr&eacute;e la &laquo; cellule Alpha &raquo;, un groupe d'environ huit officiers et agents charg&eacute;s de v&eacute;rifier les renseignements qui lui parviennent. Recrut&eacute;s par Jean-Marie Aleokol, alors secr&eacute;taire d'&Eacute;tat &agrave; la D&eacute;fense. Hors de tout organigramme officiel. Aleokol &eacute;tait l'unique interm&eacute;diaire entre les agents Alpha et le chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Seulement, Aleokol est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en juin 2024. Et la cellule Alpha est tomb&eacute;e en d&eacute;sh&eacute;rence. Le m&eacute;canisme cens&eacute; limiter les effets des rivalit&eacute;s de clans n'existe plus.</p>
<p>Alors, Paul Biya s'est tourn&eacute; ailleurs. De discrets conseillers am&eacute;ricains lui fournissent d&eacute;sormais leurs propres analyses. Objectif : limiter l'influence des r&eacute;seaux isra&eacute;liens, historiquement au c&oelig;ur de la protection pr&eacute;sidentielle, jug&eacute;s trop proches d'un certain Ferdinand Ngoh Ngoh.</p>
<p>Selon Jeune Afrique, le partenariat s&eacute;curitaire entre Yaound&eacute; et Tel-Aviv, qui durait depuis des d&eacute;cennies, est progressivement remplac&eacute; par une coop&eacute;ration avec Washington. &laquo; C'est la recommandation am&eacute;ricaine qui l'emporte signifiant que Paul Biya fait d&eacute;sormais plus confiance &agrave; la CIA qu'&agrave; son propre Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral sur les questions de s&eacute;curit&eacute; personnelle &raquo;, analyse un observateur.</p>
<p>Un basculement g&eacute;opolitique majeur. Et un aveu : le pr&eacute;sident ne croit plus son propre appareil.</p>
<h2>Ce que cette guerre dit de l'apr&egrave;s-Biya</h2>
<p>La guerre du renseignement n'est pas un &eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne. C'est un sympt&ocirc;me.</p>
<p>Chaque clan celui de Ngoh Ngoh et Chantal Biya, celui de Franck Biya, les r&eacute;seaux parall&egrave;les au SED et &agrave; la Semil tente de contr&ocirc;ler l'information qui remonte au pr&eacute;sident. Parce que celui qui contr&ocirc;le l'information contr&ocirc;le la perception. Et celui qui contr&ocirc;le la perception contr&ocirc;le la succession.</p>
<p>&laquo; Chaque homme politique haut plac&eacute; au Cameroun dispose de son agent de renseignements. Chaque ministre a ses relais &agrave; la DGRE, &agrave; la Semil ou dans les renseignements g&eacute;n&eacute;raux &raquo;, affirme Val&egrave;re Bessala, ancien administrateur civil.</p>
<p>Dans ce contexte, la s&eacute;curit&eacute; nationale devient un enjeu secondaire. La lutte contre Boko Haram dans l'Extr&ecirc;me-Nord ? La crise anglophone ? Les menaces ext&eacute;rieures ? Tout passe au second plan derri&egrave;re la guerre de positionnement.</p>
<p>Et pendant que les clans s'affrontent, la DGRE, elle, ne remplit plus sa mission. Un service de renseignement ext&eacute;rieur qui ne peut plus transmettre directement ses conclusions au chef de l'&Eacute;tat n'est plus un service de renseignement. C'est un bureau de poste filtr&eacute;.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi la DGRE camerounaise est-elle affaiblie ?</strong><br />La DGRE a &eacute;t&eacute; priv&eacute;e de moyens financiers &agrave; partir de 2020, dans le cadre du conflit entre son ancien directeur, L&eacute;opold Maxime Eko Eko, et le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Son successeur, Jean-Pierre Robins Ghoumo, ne peut transmettre ses rapports &agrave; Paul Biya qu'apr&egrave;s filtrage par Ngoh Ngoh.</p>
<p><strong>Qui est Ferdinand Ngoh Ngoh ?</strong><br />Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence depuis quinze ans, il est consid&eacute;r&eacute; comme l'homme le plus puissant du Cameroun apr&egrave;s Paul Biya. Il dispose du &laquo; pouvoir de signature &raquo; qui lui permet de signer des documents officiels au nom du pr&eacute;sident. Un rapport de la DGRE l'a d&eacute;crit, en janvier 2023, comme impliqu&eacute; dans un projet de coup d'&Eacute;tat. Il d&eacute;ment.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'affaire Martinez Zogo ?</strong><br />Le journaliste Martinez Zogo, animateur de Radio Amplitude &agrave; Yaound&eacute;, a &eacute;t&eacute; enlev&eacute; le 17 janvier 2023, tortur&eacute;, puis retrouv&eacute; mort cinq jours plus tard. Le lieutenant-colonel Justin Danwe, de la DGRE, a reconnu avoir planifi&eacute; l'enl&egrave;vement et la torture. Eko Eko et Amougou Belinga figurent parmi les principaux accus&eacute;s. Le proc&egrave;s est en cours.</p>
<p><strong>Franck Biya peut-il r&eacute;ellement &eacute;vincer le patron de la DGRE ?</strong><br />Franck Biya a adress&eacute; une note &agrave; son p&egrave;re en f&eacute;vrier 2026 pour r&eacute;clamer le remplacement de Ghoumo. La note n'a pas produit d'effet imm&eacute;diat. Mais elle marque l'entr&eacute;e active du fils a&icirc;n&eacute; dans la bataille pour le contr&ocirc;le de l'appareil s&eacute;curitaire, en vue de la succession.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 15:34:25 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec JA</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Palais_Etoudi290424500.jpg" type="image/jpeg" length="4882" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Palais_Etoudi290424500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Atanga Nji : « Paul Biya connaît le Cameroun mieux que chacun »]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/atanga-nji-paul-biya-connait-le-cameroun-mieux-que-chacun.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Dans une tribune au Guardian Post, Paul Atanga Nji défend le droit de
Paul Biya à choisir seul le vice-président et qualifie de « chasse
aux sorcières » les cri...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Atanga_Nji01122023.jpg" alt="Atanga Nji : « Paul Biya connaît le Cameroun mieux que chacun »" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/atanga-nji-paul-biya-connait-le-cameroun-mieux-que-chacun.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Dans une tribune au Guardian Post, Paul Atanga Nji d&eacute;fend le droit de Paul Biya &agrave; choisir seul le vice-pr&eacute;sident et qualifie de &laquo; chasse aux sorci&egrave;res &raquo; les critiques sur cette r&eacute;forme.</p>
<p>Alors que les sp&eacute;culations sur l'identit&eacute; du futur vice-pr&eacute;sident agitent la classe politique camerounaise, le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji publie une tribune incendiaire dans The Guardian Post pour d&eacute;fendre les pr&eacute;rogatives pr&eacute;sidentielles et mettre fin aux controverses.</p>
<p>Le 7 septembre 2026, Paul Atanga Nji a publi&eacute; une tribune dans The Guardian Post. Son message est sans ambigu&iuml;t&eacute; : &laquo; <strong>Quiconque pr&eacute;tend aimer le Cameroun davantage que le chef de l'&Eacute;tat est un charlatan</strong> &raquo;.</p>
<p>Le ministre de l'Administration territoriale ne m&acirc;che pas ses mots. La r&eacute;forme constitutionnelle cr&eacute;ant le poste de vice-pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e &agrave; une &laquo; <strong>tr&egrave;s large majorit&eacute;</strong> &raquo; par le Parlement et promulgu&eacute;e par le chef de l'&Eacute;tat. Alors pourquoi tant de pol&eacute;miques ?</p>
<p>La r&eacute;ponse est dans la question que tout le Cameroun se pose : <strong>qui sera le prochain vice-pr&eacute;sident ?</strong> Le fils du pr&eacute;sident ? Son beau-fils ? Un fid&egrave;le du r&eacute;gime ? Atanga Nji r&eacute;pond : ce n'est pas &agrave; nous de d&eacute;cider.</p>
<h2>DE LA PROMESSE DE 2025 &Agrave; LA LOI DE 2026</h2>
<h3>Le 6 novembre 2025, Paul Biya s'engage</h3>
<p>Tout commence le 6 novembre 2025. Ce jour-l&agrave;, Paul Biya, 93 ans, pr&ecirc;te serment pour un huiti&egrave;me mandat &agrave; la t&ecirc;te du Cameroun. Devant le Parlement r&eacute;uni en s&eacute;ance solennelle, le pr&eacute;sident d&eacute;clare : &laquo; Nous devons &eacute;galement soumettre au Parlement certaines r&eacute;formes qui permettront &agrave; l'&Eacute;tat de fonctionner plus efficacement, en adaptant nos institutions aux exigences de notre environnement &raquo;.</p>
<p>Cette promesse, Paul Biya la tiendra. En mars 2026, il saisit le Parlement d'un projet de loi constitutionnelle portant cr&eacute;ation du poste de vice-pr&eacute;sident.</p>
<h2>L'adoption par le Parlement : un vote sans surprise</h2>
<p>Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais, r&eacute;uni en session conjointe &agrave; Yaound&eacute;, adopte la r&eacute;vision constitutionnelle. Les chiffres parlent d'eux-m&ecirc;mes : <strong>200 voix pour, 18 contre, 4 abstentions</strong>. Le Rassemblement d&eacute;mocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir depuis 1982, domine l'Assembl&eacute;e nationale. Le texte est promulgu&eacute; par le pr&eacute;sident le 14 avril 2026.</p>
<p>Le nouveau vice-pr&eacute;sident sera <strong>nomm&eacute; directement par le chef de l'&Eacute;tat</strong> et non &eacute;lu. En cas de vacance du pouvoir d&eacute;c&egrave;s, d&eacute;mission ou incapacit&eacute; du pr&eacute;sident il ach&egrave;vera le mandat en cours. Une fonction supprim&eacute;e en 1972, r&eacute;introduite 54 ans plus tard.</p>
<h2>LES CONTESTATIONS : ENTRE &laquo; COUP D'&Eacute;TAT INSTITUTIONNEL &raquo; ET RECOURS INTERNATIONAUX</h2>
<h3>L'opposition monte au cr&eacute;neau</h3>
<p>D&egrave;s l'adoption du texte, les critiques fusent. <strong>Maurice Kamto</strong>, pr&eacute;sident du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), d&eacute;nonce un &laquo; <strong>coup d'&Eacute;tat institutionnel et constitutionnel</strong> &raquo;. L'opposition pointe du doigt le caract&egrave;re <strong>nomm&eacute;</strong> du vice-pr&eacute;sident, qui, selon elle, &laquo; affaiblit la l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique et ouvre la porte &agrave; un transfert de pouvoir non &eacute;lectif &raquo;.</p>
<p><strong>Issa Tchiroma Bakary</strong>, autre figure de l'opposition en exil en Gambie, rejoint le concert de critiques. Le <strong>Social Democratic Front (SDF)</strong> estime que l'amendement &laquo; ne garantit pas la l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique, l'inclusivit&eacute; et l'&eacute;quilibre institutionnel &raquo;.</p>
<h2>La saisine de l'Union africaine</h2>
<p>Le MRC ne s'arr&ecirc;te pas aux d&eacute;clarations. Le parti de Maurice Kamto <strong>saisit l'Union africaine</strong> pour d&eacute;noncer ce qu'il appelle un &laquo; <strong>changement anticonstitutionnel du gouvernement</strong> &raquo;. L'opposition craint que ce m&eacute;canisme ne &laquo; normalise une succession non &eacute;lective au sommet de l'&Eacute;tat camerounais &raquo;.</p>
<h2>L'International Crisis Group met en garde</h2>
<p>L'International Crisis Group (ICG) s'est &eacute;galement exprim&eacute;e. L'organisation estime que la r&eacute;forme &laquo; pourrait exacerber les tensions entre les factions rivales au sein de l'&eacute;lite dirigeante, dans un contexte de sp&eacute;culations intenses sur l'identit&eacute; du successeur de Paul Biya &raquo;.</p>
<h2>LA TRIBUNE D'ATANGA NJI : &laquo; PAUL BIYA CONNA&Icirc;T LE CAMEROUN MIEUX QUE CHACUN D'ENTRE NOUS &raquo;</h2>
<h3>Une d&eacute;fense en r&egrave;gle des pr&eacute;rogatives pr&eacute;sidentielles</h3>
<p>C'est dans ce climat de tensions que Paul Atanga Nji publie sa tribune le 7 septembre 2026 dans The Guardian Post. Le ministre, qui a eu le privil&egrave;ge de pr&eacute;senter le texte devant le Parlement, y d&eacute;fend point par point la r&eacute;forme.</p>
<p>Son argumentaire repose sur un principe constitutionnel : le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique nomme aux emplois civils et militaires et peut relever de leurs fonctions les personnes nomm&eacute;es &agrave; tout moment. Vouloir imposer au chef de l'&Eacute;tat un nom, un profil ou un calendrier de nomination constituerait, selon lui, une ing&eacute;rence dans ses pr&eacute;rogatives constitutionnelles.</p>
<h2>&laquo; Le Cameroun, ma&icirc;tre de son destin &raquo;</h2>
<p>Atanga Nji rejette &eacute;galement l'id&eacute;e d'importer m&eacute;caniquement des mod&egrave;les &eacute;trangers. &laquo; Pourquoi le Cameroun devrait-il se pr&eacute;occuper de ce qui se passe ailleurs ? &raquo; interroge-t-il. Il rappelle que Paul Biya avait d&eacute;j&agrave; averti : &laquo; Le Cameroun est un pays ma&icirc;tre de son propre destin, qui ne suit pas aveugl&eacute;ment les autres sans tenir compte de ses propres r&eacute;alit&eacute;s &raquo;.</p>
<h2>L'hommage &agrave; 37 ans de loyaut&eacute;</h2>
<p>Le ministre s'appuie &eacute;galement sur son ouvrage publi&eacute; en septembre 2025, 37 Years of Unwavering Loyalty to the Head of State. Un livre qui retrace son parcours et son &laquo; <strong>d&eacute;vouement ind&eacute;fectible</strong> &raquo; envers le chef de l'&Eacute;tat. Une mani&egrave;re de rappeler que sa d&eacute;fense du r&eacute;gime n'est pas une posture, mais l'&oelig;uvre d'une vie.</p>
<h2>La formule qui fait pol&eacute;mique</h2>
<p>Mais la phrase qui retient l'attention, celle que les r&eacute;seaux sociaux s'arracheront, c'est celle-ci : &laquo; Quiconque pr&eacute;tend aimer le Cameroun davantage que le pr&eacute;sident Paul Biya est un charlatan &raquo;. Une d&eacute;claration qui ne laisse aucune place &agrave; l'ambigu&iuml;t&eacute;.</p>
<h2>LES CANDIDATS POTENTIELS : QUI SERA LE VICE-PR&Eacute;SIDENT ?</h2>
<h3>Les trois favoris</h3>
<p>Plusieurs noms circulent dans les couloirs du pouvoir :</p>
<p>- <strong>Ferdinand Ngoh Ngoh</strong>, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence, d&eacute;tenteur du &laquo; pouvoir de signature &raquo;<br />- <strong>Paul Atanga Nji</strong>, ministre de l'Administration territoriale, auteur de la tribune<br />- <strong>Louis-Paul Motaz&eacute;</strong>, ministre des Finances</p>
<h2>L'hypoth&egrave;se dynastique : Franck Biya et Franck Hertz</h2>
<p>Mais la rumeur la plus persistante concerne les deux fils du pr&eacute;sident : <strong>Franck Biya</strong>, fils de la d&eacute;funte premi&egrave;re dame Jean-Ir&egrave;ne Biya, et <strong>Franck Hertz</strong>, fils de l'actuelle premi&egrave;re dame Chantal Biya. The Guardian &eacute;voque une possible &laquo; cr&eacute;ation d'un syst&egrave;me dynastique qui transf&eacute;rerait le pouvoir &agrave; son fils ou &agrave; son beau-fils &raquo;.</p>
<p>Franck Biya a officiellement rejoint le RDPC en novembre 2023. Franck Hertz, homme d'affaires membre du conseil d'administration de Tradex, accompagne r&eacute;guli&egrave;rement le pr&eacute;sident dans ses d&eacute;placements &agrave; l'&eacute;tranger.</p>
<h2>Une nomination encore &agrave; venir</h2>
<p>&Agrave; ce jour, aucune nomination n'a &eacute;t&eacute; officialis&eacute;e. Des rumeurs d'avril 2026 annon&ccedil;ant la nomination de Franck Biya ont &eacute;t&eacute; d&eacute;menties par les autorit&eacute;s camerounaises.</p>
<h2>PERSPECTIVE CE QUE LA VICE-PR&Eacute;SIDENCE CHANGE POUR LE CAMEROUN</h2>
<h3>Une r&eacute;forme majeure depuis 2008</h3>
<p>Cette r&eacute;vision constitutionnelle est la plus significative depuis 2008. Elle modifie l'architecture de l'ex&eacute;cutif camerounais et s&eacute;curise la transition au sommet de l'&Eacute;tat.</p>
<h2>Un enjeu de succession</h2>
<p>&Agrave; 93 ans, Paul Biya est le <strong>plus vieux chef d'&Eacute;tat du monde</strong>. La question de sa succession longtemps taboue est d&eacute;sormais au c&oelig;ur du d&eacute;bat public. La vice-pr&eacute;sidence est une r&eacute;ponse institutionnelle &agrave; cette interrogation.</p>
<h2>Entre stabilit&eacute; et d&eacute;rive monarchique</h2>
<p>Les autorit&eacute;s pr&eacute;sentent cette &eacute;volution comme un <strong>facteur de stabilit&eacute;</strong>. Les opposants y voient une &laquo; d&eacute;rive monarchique du pouvoir &raquo;. Le barreau du Cameroun a mis en garde contre une r&eacute;forme qui &laquo; &eacute;rode la l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique du bureau pr&eacute;sidentiel &raquo;.</p>
<h2>&nbsp;L'HEURE DES CHOIX</h2>
<p>La tribune de Paul Atanga Nji ne mettra pas fin aux sp&eacute;culations. Mais elle rappelle une r&eacute;alit&eacute; institutionnelle : au Cameroun, le pr&eacute;sident nomme. Et il nommera seul.</p>
<p>Reste la question que tout le pays se pose : qui ? Et surtout, pourquoi maintenant ? Alors que la communaut&eacute; internationale observe, que l'Union africaine est saisie et que l'opposition d&eacute;nonce un &laquo; coup d'&Eacute;tat institutionnel &raquo;, le Cameroun retient son souffle.</p>
<p>&laquo; Paul Biya conna&icirc;t le Cameroun mieux que chacun d'entre nous &raquo;, affirme Atanga Nji. Les Camerounais jugeront.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 08 Sep 2026 01:26:03 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Atanga_Nji01122023.jpg" type="image/jpeg" length="13290" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Atanga_Nji01122023.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/succession-dynastique-au-cameroun-le-scenario-secret.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Après la présidentielle du 12 octobre 2025, Paul Biya est au plus
haut de son impopularité. La succession se heurte à un blocage
institutionnel total au Camerou...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" alt="Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/succession-dynastique-au-cameroun-le-scenario-secret.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Apr&egrave;s la pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025, Paul Biya est au plus haut de son impopularit&eacute;. La succession se heurte &agrave; un blocage institutionnel total au Cameroun. Analyse des enjeux.</p>
<p>Alors que le pr&eacute;sident Paul Biya, 93 ans, est &agrave; un niveau historique d'impopularit&eacute;, le Cameroun s'enfonce dans une paralysie institutionnelle qui alimente toutes les sp&eacute;culations sur sa succession entre rumeurs dynastiques, blocage du remaniement et d&eacute;sinformation d'&Eacute;tat.</p>
<p>Le 12 octobre 2025, le Cameroun a vot&eacute;. Huit mois plus tard, le pays attend toujours son Vice-pr&eacute;sident. Son gouvernement aussi. Et dans les couloirs du pouvoir &agrave; Yaound&eacute;, une question hante les esprits : qui succ&eacute;dera &agrave; Paul Biya ?</p>
<p>&Agrave; 93 ans, le plus vieux pr&eacute;sident en exercice au monde, au pouvoir depuis 1982, n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi impopulaire. L'occultation de la liste &eacute;lectorale nationale en violation flagrante de la loi a ouvert la porte &agrave; toutes les fraudes. Le remaniement minist&eacute;riel annonc&eacute; par Biya lui-m&ecirc;me est bloqu&eacute; depuis 246 jours. Les communicants du r&eacute;gime multiplient les d&eacute;clarations contradictoires.</p>
<p>Et dans ce vide politique, une rumeur persistante : et si Franck Biya, le fils du pr&eacute;sident, h&eacute;ritait du tr&ocirc;ne ?</p>
<h2>Paul Biya, 44 ans de pouvoir et une impopularit&eacute; historique</h2>
<p>Paul Biya est pr&eacute;sident du Cameroun depuis le 6 novembre 1982. Quarante-quatre ans. Aucun autre chef d'&Eacute;tat en exercice dans le monde ne d&eacute;tient ce record.</p>
<p>Mais le temps n'&eacute;pargne personne. L'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025, dont les r&eacute;sultats officiels n'ont jamais &eacute;t&eacute; pleinement transparents en raison de l'occultation de la liste &eacute;lectorale nationale par Elecam a marqu&eacute; un tournant.</p>
<p>Selon des sources proches du dossier, l'impopularit&eacute; du r&eacute;gime n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi &eacute;lev&eacute;e. Les communicants du pouvoir de Yaound&eacute; peinent &agrave; masquer cette r&eacute;alit&eacute;, multipliant les d&eacute;clarations contradictoires sur un remaniement minist&eacute;riel annonc&eacute; mais jamais concr&eacute;tis&eacute;.</p>
<h2>Le blocage du remaniement minist&eacute;riel : 246 jours d'attente</h2>
<p>Le pr&eacute;sident Paul Biya a lui-m&ecirc;me annonc&eacute; un remaniement minist&eacute;riel. Cela fait 246 jours. Pourtant, aucun d&eacute;cret n'est sign&eacute;.</p>
<p>&laquo; Le pr&eacute;sident Paul Biya a d&eacute;j&agrave; choisi le Vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &raquo;, affirment certains communicants du r&eacute;gime. &laquo; <strong>Les Camerounais conna&icirc;tront bient&ocirc;t le Vice-pr&eacute;sident</strong> &raquo;, promettent d'autres. &laquo; Une short list de trois personnalit&eacute;s est &agrave; l'&eacute;tude &raquo;, ajoutent les plus optimistes.</p>
<p>Mais les jours passent. Les semaines. Les mois. Et le Cameroun tourne au ralenti, avec un appareil d'&Eacute;tat en &eacute;tat de paralysie partielle.</p>
<h2>Succession dynastique : le sc&eacute;nario Franck Biya</h2>
<p>Depuis la fin des ann&eacute;es 1990, une campagne de d&eacute;sinformation s'emploie &agrave; instiller dans la conscience collective une id&eacute;e : Franck Biya, le fils du pr&eacute;sident, va succ&eacute;der &agrave; son p&egrave;re.</p>
<p>Le pic de cette strat&eacute;gie a &eacute;t&eacute; atteint les 25 et 26 juillet 2022, lors de la visite officielle d'Emmanuel Macron &agrave; Yaound&eacute;. Les communicants du r&eacute;gime ont alors laiss&eacute; entendre que la France apportait sa caution &agrave; la succession dynastique.</p>
<p>Cette th&egrave;se, jamais confirm&eacute;e par l'&Eacute;lys&eacute;e, a pourtant &eacute;t&eacute; largement relay&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux et dans certains m&eacute;dias proches du pouvoir.</p>
<h2>D&eacute;sinformation d'&Eacute;tat : quand le r&eacute;gime s'emp&ecirc;tre</h2>
<p>Les contradictions s'accumulent. &laquo; Le vice-pr&eacute;sident est d&eacute;j&agrave; choisi &raquo;, affirmait-on il y a encore quelques semaines. &laquo; <strong>Il est actuellement &agrave; l'&eacute;tranger</strong> &raquo;, a-t-on ensuite pr&eacute;cis&eacute;. Puis : &laquo; <strong>Une short list est &agrave; l'&eacute;tude</strong> &raquo;.</p>
<p>Ces d&eacute;clarations, parfois tenues par des membres de la majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle, t&eacute;moignent d'une f&eacute;brilit&eacute; inhabituelle.</p>
<p>L'occultation de la liste &eacute;lectorale nationale en violation de la loi camerounaise ouvre la porte &agrave; toutes les sp&eacute;culations. La fraude &eacute;lectorale, si elle &eacute;tait av&eacute;r&eacute;e, pourrait bien &ecirc;tre l'arme du r&eacute;gime pour tenter de se maintenir.</p>
<h2>Le vide politique : quelles cons&eacute;quences pour les Camerounais ?</h2>
<p>Au-del&agrave; des sp&eacute;culations, ce sont les Camerounais qui paient le prix de cette paralysie.</p>
<p>Le syst&egrave;me de sant&eacute; est en crise. L'&eacute;ducation est sous-financ&eacute;e. L'ins&eacute;curit&eacute; s&eacute;vit dans plusieurs r&eacute;gions. Et pendant ce temps, les communicants du r&eacute;gime s'&eacute;puisent &agrave; justifier l'injustifiable.</p>
<p>&laquo; Nous expliquons depuis des lustres quelque chose que les soutiens ind&eacute;fectibles de l'ordre de Yaound&eacute; n'arrivent manifestement pas &agrave; comprendre &raquo;, confie un analyste politique sous couvert d'anonymat.</p>
<h2>L'apr&egrave;s-Biya : un horizon encore flou</h2>
<p>Une certitude : Paul Biya ne sera pas &eacute;ternel. Mais personne ne sait quand, ni comment, ni par qui il sera remplac&eacute;.</p>
<p>La Constitution camerounaise pr&eacute;voit un vice-pr&eacute;sident. Mais le poste est vacant. Un vide institutionnel qui accentue l'incertitude.</p>
<p>L'arm&eacute;e, comme toujours dans les transitions incertaines, observe. Les chefs traditionnels et religieux appellent au calme. La soci&eacute;t&eacute; civile s'organise.</p>
<p>Et les Camerounais, lass&eacute;s des promesses non tenues, attendent. Ils attendent un remaniement qui ne vient pas. Un vice-pr&eacute;sident qui n'arrive pas. Une transition qui n'est pas programm&eacute;e. Une d&eacute;mocratie qui peine &agrave; s'installer.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 04 Sep 2026 12:57:34 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" type="image/jpeg" length="2056" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Franck_Biya140224500.jpg" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Qui est vraiment Junior Biya ?]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-qui-est-vraiment-junior-biya.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Junior Biya, le fils discret du président Paul Biya, a fêté ses 31
ans à Genève entouré du clan présidentiel. Portrait d'un héritier
que tout le monde observe s...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Junior-Biya030926500.webp" alt="Cameroun - Qui est vraiment Junior Biya ?" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-qui-est-vraiment-junior-biya.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Junior Biya, le fils discret du pr&eacute;sident Paul Biya, a f&ecirc;t&eacute; ses 31 ans &agrave; Gen&egrave;ve entour&eacute; du clan pr&eacute;sidentiel. Portrait d'un h&eacute;ritier que tout le monde observe sans qu'il ne se montre jamais.&nbsp;</p>
<p>&Agrave; 31 ans, Junior Biya, fils cadet du pr&eacute;sident Paul Biya et de Chantal Biya, reste un myst&egrave;re pour les Camerounais. Sa discr&eacute;tion contraste avec les sp&eacute;culations sur la succession pr&eacute;sidentielle qui agitent le pays.</p>
<p>Junior Biya a 31 ans. Il les a f&ecirc;t&eacute;s le 22 juin &agrave; Gen&egrave;ve, en Suisse, entour&eacute; de toute sa famille son p&egrave;re Paul Biya, sa m&egrave;re Chantal Biya, sa s&oelig;ur Brenda et une partie du clan pr&eacute;sidentiel. Mais vous ne l'avez probablement jamais vu.</p>
<p>Le fils du pr&eacute;sident camerounais est un fant&ocirc;me. Il n'a pas de compte sur les r&eacute;seaux sociaux. Il ne donne pas d'interview. Il fuit les cam&eacute;ras. Et pourtant, tout le monde l'observe. Car dans l'ombre de ce jeune homme discret se joue peut-&ecirc;tre l'avenir politique du Cameroun.</p>
<h2>&laquo; Monsieur le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &raquo; : un surnom qui interroge</h2>
<p>Lors de la c&eacute;l&eacute;bration de ses 31 ans &agrave; Gen&egrave;ve, une sc&egrave;ne a marqu&eacute; les esprits. Cathy Meba, la ni&egrave;ce de Paul Biya, s'est adress&eacute;e &agrave; lui en ces termes : &laquo; <strong>Nous sommes l&agrave; pour f&ecirc;ter l'ann&eacute;e de plus de Monsieur le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique : Junior Biya !</strong> &raquo;</p>
<p>Une pluie d'applaudissements a salu&eacute; cette d&eacute;claration. Mais ce titre honorifique a imm&eacute;diatement fait r&eacute;agir. Dans l'entourage du chef de l'&Eacute;tat, on assure pourtant qu'il s'agit d'une simple marque d'affection ancr&eacute;e dans la tradition ekang. &laquo; Ce titre affectueux, utilis&eacute; dans le cercle familial, n'a rien &agrave; voir avec un quelconque projet politique secret &raquo;, insiste un proche.</p>
<p>Dans le contexte camerounais celui d'une succession de Paul Biya &agrave; laquelle chacun pense cette pr&eacute;cision est d'importance.</p>
<h2>Un fils b&eacute;ni par deux papes</h2>
<p>Junior Biya est n&eacute; en 1995, l'ann&eacute;e de la visite du pape Jean-Paul II au Cameroun. Le souverain pontife l'a baptis&eacute;. En mars 2009, il a re&ccedil;u une seconde imposition des mains cette fois du pape Beno&icirc;t XVI.</p>
<p>Ces deux gestes pontificaux font de lui, selon un artiste camerounais, &laquo; l'enfant le plus b&eacute;ni de la R&eacute;publique &raquo;. Une b&eacute;n&eacute;diction qui, dans l'imaginaire collectif, renforce son aura myst&eacute;rieuse.</p>
<h2>L'homme le plus discret du clan pr&eacute;sidentiel</h2>
<p>La biographie officielle du chef de l'&Eacute;tat, publi&eacute;e par la pr&eacute;sidence, mentionne trois enfants : Emmanuel Franck Biya, Anastasie Brenda Biya Eyenga et Paul Biya Junior. Mais ce dernier l'a&icirc;n&eacute; de Brenda Biya de deux ans est de loin le plus secret.</p>
<p>&Agrave; l'adolescence, il a &eacute;t&eacute; scolaris&eacute; en internat au Coll&egrave;ge du L&eacute;man, &agrave; Gen&egrave;ve. L'&eacute;crin est &agrave; l'abri des regards. Ses parents l'en ont ensuite retir&eacute; pour des raisons de s&eacute;curit&eacute;.</p>
<p>Sur internet, l'une de ses rares photographies r&eacute;centes le montre aux c&ocirc;t&eacute;s de Samuel Eto'o, &agrave; la veille de la candidature de l'ancien capitaine des Lions indomptables &agrave; la pr&eacute;sidence de la Fecafoot.</p>
<h2>Le passage controvers&eacute; &agrave; l'Enam</h2>
<p>En 2017, son nom s'est impos&eacute; dans le d&eacute;bat public. Junior Biya se pr&eacute;sente avec sa s&oelig;ur Brenda au concours d'entr&eacute;e de l'&Eacute;cole nationale d'administration et de magistrature (Enam). Leur admission alimente une pol&eacute;mique nationale sur l'&eacute;galit&eacute; devant le concours.</p>
<p>Arriv&eacute; en retard &agrave; une &eacute;preuve, Junior Biya aurait permis &agrave; d'autres candidats retardataires d'entrer &agrave; leur tour. La pol&eacute;mique enfle. Pourtant, il poursuit son cursus jusqu'&agrave; son terme et obtient son dipl&ocirc;me.</p>
<p>Mais depuis, aucune nomination au sein de la fonction publique. Junior Biya est retomb&eacute; dans l'anonymat.</p>
<h2>Un r&ocirc;le discret mais influent</h2>
<p>Calme et r&eacute;serv&eacute;, Junior Biya n'est pas indiff&eacute;rent &agrave; la vie de la famille. Il est d&eacute;crit comme l'un des d&eacute;fenseurs les plus fervents de la &laquo; mesure &raquo; au sein du clan Biya. Il lui arrive de rappeler sa s&oelig;ur Brenda &agrave; l'ordre lorsque celle-ci s'aventure dans des d&eacute;clarations jug&eacute;es trop sensibles sur les r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p>Il discute aussi de politique en priv&eacute; au palais. Il donne son avis sur la marche du pays, sur les rivalit&eacute;s et les batailles qui opposent ceux qu'il consid&egrave;re comme ses &laquo; fr&egrave;res &raquo;.</p>
<h2>Une succession qui divise la famille</h2>
<p>L'ann&eacute;e 2026 n'a pas chang&eacute; la donne. Alors que les pr&eacute;tendants &agrave; la succession sont nombreux, Franck Biya reste le seul candidat familial s&eacute;rieux. Mais il fait face &agrave; l'opposition de l'actuelle premi&egrave;re dame, Chantal Biya, qui serait tent&eacute;e de favoriser l'ascension d'un autre fils, Franck Hertz.</p>
<p>En revanche, Junior Biya, enfant de Chantal Biya tout autant que du pr&eacute;sident, n'est pas cit&eacute; chez les pr&eacute;tendants. Pour l'instant.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 03 Sep 2026 18:19:14 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec JA</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Junior-Biya030926500.webp" type="image/webp" length="15755" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Junior-Biya030926500.webp" />
                            </item>
        
                            <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Olive Ngobo Elok attaque Joseph Fouda en justice]]></title>
                <link>https://camer.be/actualites/serail/cameroun-olive-ngobo-elok-attaque-joseph-fouda-en-justice.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Olive Ngobo Elok dépose une plainte pénale contre le Vice-Amiral
Joseph Fouda pour tortures, corruption, haute trahison et blanchiment.
Le tribunal militaire de...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Contre-Amiral-Fouda060826500.webp" alt="Cameroun - Olive Ngobo Elok attaque Joseph Fouda en justice" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/actualites/serail/cameroun-olive-ngobo-elok-attaque-joseph-fouda-en-justice.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Olive Ngobo Elok d&eacute;pose une plainte p&eacute;nale contre le Vice-Amiral Joseph Fouda pour tortures, corruption, haute trahison et blanchiment. Le tribunal militaire de Yaound&eacute; est saisi.&nbsp;</p>
<p>Le Vice-Amiral Joseph Fouda, conseiller sp&eacute;cial du pr&eacute;sident Paul Biya, est vis&eacute; par une plainte p&eacute;nale d&eacute;pos&eacute;e devant le Tribunal militaire de Yaound&eacute; pour des faits de tortures, corruption, complicit&eacute; d'enl&egrave;vement, atteinte &agrave; la S&ucirc;ret&eacute; de l'&Eacute;tat et haute trahison.</p>
<p>Une plainte p&eacute;nale d'une gravit&eacute; exceptionnelle a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e le 31 ao&ucirc;t 2024 devant le parquet militaire de Yaound&eacute;. La plaignante, le Docteur Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales et ancienne cadre au Minist&egrave;re de la D&eacute;fense et &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, accuse le Vice-Amiral Joseph Fouda, conseiller sp&eacute;cial du pr&eacute;sident Paul Biya et officier sup&eacute;rieur de la Marine Nationale, de douze chefs d'accusation incluant tortures, corruption, complicit&eacute; d'enl&egrave;vement et haute trahison.</p>
<p><strong>Les faits d&eacute;nonc&eacute;s plongent au c&oelig;ur des arcanes du pouvoir camerounais.</strong> La plaignante affirme avoir &eacute;t&eacute; victime de harc&egrave;lement sexuel d&egrave;s 2017, puis d'une tentative de viol en janvier 2018, avant d'&ecirc;tre instrumentalis&eacute;e dans des proc&eacute;dures secondaires l'impliquant &agrave; tort dans des trafics d'armes au sein du minist&egrave;re. La plainte s'inscrit dans le prolongement de l'affaire dite &laquo; Fouda / Mbapou et consorts &raquo;, dont les ramifications touchent aux plus hautes sph&egrave;res de l'&Eacute;tat.</p>
<p>Le commissaire du gouvernement pr&egrave;s le Tribunal militaire de Yaound&eacute; doit d&eacute;sormais appr&eacute;cier l'opportunit&eacute; des poursuites. Une d&eacute;cision qui, compte tenu de la personnalit&eacute; mise en cause, sera scrut&eacute;e de pr&egrave;s par l'opinion publique camerounaise et la communaut&eacute; internationale.</p>
<h2>Une plainte aux multiples ramifications</h2>
<p>Le Tribunal militaire de Yaound&eacute;, juridiction d'exception charg&eacute;e des affaires impliquant des militaires et des atteintes &agrave; la s&ucirc;ret&eacute; de l'&Eacute;tat, a &eacute;t&eacute; saisi d'une plainte qui pourrait faire date. Le Docteur Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales, y d&eacute;nonce un syst&egrave;me d'abus et d'impunit&eacute; qu'elle attribue au Vice-Amiral Joseph Fouda, l'un des officiers les plus influents du r&eacute;gime camerounais.</p>
<p>Les accusations sont d'une rare densit&eacute; : escroquerie aggrav&eacute;e, man&oelig;uvres frauduleuses, corruption, complicit&eacute; d'enl&egrave;vement, s&eacute;questration ill&eacute;gale, tortures ayant entra&icirc;n&eacute; l'interruption involontaire de grossesse de la plaignante. <strong>S'y ajoutent des qualifications relevant du droit p&eacute;nal sp&eacute;cial</strong> : atteinte &agrave; la S&ucirc;ret&eacute; de l'&Eacute;tat, atteinte au secret de la D&eacute;fense Nationale, actes de haute trahison, terrorisme, blanchiment de capitaux, et instrumentalisation des institutions judiciaires et de l'autorit&eacute; pr&eacute;sidentielle.</p>
<h2>L'affaire &laquo; Fouda / Mbapou et consorts &raquo;</h2>
<p>La plainte du Dr Ngobo Elok s'inscrit dans le prolongement de la proc&eacute;dure dite &laquo; Fouda / Mbapou et consorts &raquo;. Cette affaire, d&eacute;j&agrave; connue des observateurs de la vie judiciaire camerounaise, implique le Vice-Amiral Fouda dans un litige complexe dont les contours restent encore flous.</p>
<p>Ce qui est nouveau, c'est la dimension personnelle des accusations. La plaignante ne se contente plus de d&eacute;noncer des faits g&eacute;n&eacute;raux de corruption ou d'abus de pouvoir. Elle articule sa plainte autour de son propre parcours de victime, apportant des &eacute;l&eacute;ments documentaires, des enregistrements et des d&eacute;positions de t&eacute;moins &agrave; l'appui de ses all&eacute;gations.</p>
<h2>Un dossier sensible au c&oelig;ur du pouvoir</h2>
<p><strong>Le Vice-Amiral Joseph Fouda n'est pas un militaire ordinaire.</strong> Conseiller sp&eacute;cial du pr&eacute;sident Paul Biya, il est l'un des officiers les plus proches du chef de l'&Eacute;tat. Sa position lui donne acc&egrave;s aux plus hautes instances de d&eacute;cision et le place &agrave; l'intersection des sph&egrave;res politique, militaire et s&eacute;curitaire.</p>
<p>Cette proximit&eacute; avec le pouvoir rend l'affaire particuli&egrave;rement sensible. La plainte met en cause non seulement un haut dignitaire militaire, mais aussi, indirectement, l'autorit&eacute; pr&eacute;sidentielle dont il est le conseiller. L'accusation d'&laquo; instrumentalisation des institutions judiciaires et de l'autorit&eacute; pr&eacute;sidentielle &raquo; ne manquera pas d'alimenter les interrogations sur l'ind&eacute;pendance de la justice camerounaise.</p>
<h2>Que risque Joseph Fouda ?</h2>
<p>Les chefs d'accusation retenus contre le Vice-Amiral Fouda sont parmi les plus graves du code p&eacute;nal militaire camerounais. La haute trahison, le terrorisme et l'atteinte &agrave; la S&ucirc;ret&eacute; de l'&Eacute;tat sont passibles de peines pouvant aller jusqu'&agrave; la r&eacute;clusion &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;, voire la peine capitale dans certaines juridictions militaires d'Afrique centrale.</p>
<p><strong>Toutefois, rien n'est moins s&ucirc;r &agrave; ce stade.</strong> La plainte a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e, mais le commissaire du gouvernement pr&egrave;s le Tribunal militaire de Yaound&eacute; doit d&eacute;sormais appr&eacute;cier l'opportunit&eacute; des poursuites. Il peut d&eacute;cider d'engager des poursuites, de requ&eacute;rir un suppl&eacute;ment d'information ou de classer la plainte sans suite.</p>
<h2>Les enjeux pour la justice camerounaise</h2>
<p><strong>Cette affaire met la justice militaire camerounaise face &agrave; un test de cr&eacute;dibilit&eacute;.</strong> Le Tribunal militaire de Yaound&eacute;, souvent per&ccedil;u comme une juridiction aux ordres de l'ex&eacute;cutif, devra d&eacute;montrer son ind&eacute;pendance en instruisant cette plainte avec rigueur et impartialit&eacute;.</p>
<p>La communaut&eacute; internationale, et particuli&egrave;rement les organisations de d&eacute;fense des droits de l'homme, seront attentives. Les accusations de tortures ayant entra&icirc;n&eacute; une interruption involontaire de grossesse, de s&eacute;questration et de violences sexuelles si elles &eacute;taient confirm&eacute;es constitueraient des violations graves des droits humains, engageant la responsabilit&eacute; de l'&Eacute;tat camerounais.</p>
<p>Pour le Dr Olive Ngobo Elok, l'enjeu est &agrave; la fois personnel et symbolique. En brisant le silence et en engageant une proc&eacute;dure judiciaire contre un haut dignitaire, elle prend un risque consid&eacute;rable. Mais elle ouvre aussi une br&egrave;che dans le syst&egrave;me d'impunit&eacute; qui, selon de nombreux observateurs, caract&eacute;rise les affaires impliquant des proches du pouvoir au Cameroun.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 31 Aug 2026 20:18:49 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>SéRAIL</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Contre-Amiral-Fouda060826500.webp" type="image/webp" length="18981" />
                    <media:thumbnail url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Contre-Amiral-Fouda060826500.webp" />
                            </item>
            </channel>
</rss>
