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        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://camer.be/rss/point-de-vue</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Sat, 03 Oct 2026 22:03:07 +0200</lastBuildDate>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - 1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-1er-octobre-balla-appelle-au-dialogue-et-au-federalisme.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Le 1er octobre 2026, Nkongho Felix Agbor Balla appelle au dialogue, à
la non-violence et à une solution fédérale pour sortir de la crise
anglophone au Cameroun....</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/26/Kameroon/Agbor-Balla101025500.jpg" alt="Cameroun - 1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-1er-octobre-balla-appelle-au-dialogue-et-au-federalisme.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Le 1er octobre 2026, Nkongho Felix Agbor Balla appelle au dialogue, &agrave; la non-violence et &agrave; une solution f&eacute;d&eacute;rale pour sortir de la crise anglophone au Cameroun.</p>
<p>Soixante-cinq ans apr&egrave;s la r&eacute;unification, l'avocat Nkongho Felix Agbor Balla place les victimes de la crise anglophone au centre de son message et r&eacute;affirme sa conviction : seule une solution f&eacute;d&eacute;rale, n&eacute;goci&eacute;e dans le dialogue et la non-violence, peut sortir le Cameroun de l'impasse.</p>
<p>Le 1er octobre n'est pas une date comme les autres au Cameroun. Pour certains, elle &eacute;voque la r&eacute;unification de 1961. Pour d'autres, elle rappelle une promesse trahie. Balla le sait. Il l'&eacute;crit. Et il refuse de choisir un camp.</p>
<h2>Une date qui divise, un appel &agrave; l'&eacute;coute</h2>
<p>&laquo; Nous n'interpr&eacute;tons pas tous cette date de la m&ecirc;me mani&egrave;re. &raquo; La phrase est simple. Elle est aussi courageuse. Balla ne cherche pas &agrave; gommer les diff&eacute;rences. Il les nomme.</p>
<p>Dans sa r&eacute;flexion publi&eacute;e jeudi, l'avocat rappelle que le 1er octobre &laquo; ravive des souvenirs de notre histoire, suscite des espoirs de dignit&eacute; et d'appartenance, et soul&egrave;ve des questions difficiles concernant les promesses faites et le chemin parcouru &raquo;.</p>
<p>Le 1er octobre 1961, le Southern Cameroons, administr&eacute; par les Britanniques sous mandat de l'ONU, rejoignait la R&eacute;publique du Cameroun pour former une f&eacute;d&eacute;ration &agrave; deux &Eacute;tats. Un accord scell&eacute; &agrave; Foumban, quelques mois plus t&ocirc;t. Une union qui devait respecter les sp&eacute;cificit&eacute;s linguistiques et juridiques des deux entit&eacute;s.</p>
<p>Onze ans plus tard, en 1972, un r&eacute;f&eacute;rendum abolissait la f&eacute;d&eacute;ration. Le pays devenait une R&eacute;publique unie. Pour beaucoup d'Anglophones, cette date marque le d&eacute;but d'un long processus d'effacement de leurs institutions, de leur syst&egrave;me juridique et de leur langue.</p>
<p>Balla ne s'attarde pas sur les responsabilit&eacute;s. Il pose une autre question : comment vivre ensemble malgr&eacute; des m&eacute;moires oppos&eacute;es ?</p>
<h2>Les victimes d'abord</h2>
<p>Le message de Balla n'est pas un discours politique. C'est une liste de noms qu'on ne prononce pas. Les familles qui ont perdu des &ecirc;tres chers. Les d&eacute;plac&eacute;s. Les enfants dont l'&eacute;cole a &eacute;t&eacute; interrompue. Ceux qui vivent dans la peur. Les d&eacute;tenus et leurs proches.</p>
<p>&laquo; Aujourd'hui, mes pens&eacute;es vont tout particuli&egrave;rement aux familles qui ont perdu des &ecirc;tres chers &raquo;, &eacute;crit-il. &laquo; Leur souffrance doit rester au c&oelig;ur de nos pr&eacute;occupations, quel que soit l'avenir politique que nous appelons de nos v&oelig;ux. &raquo;</p>
<p>Selon les organisations humanitaires, plus de 638 000 personnes ont &eacute;t&eacute; contraintes de fuir leurs villages depuis le d&eacute;but de la crise en 2016. Des centaines de milliers d'autres vivent d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur du pays. Certains ont travers&eacute; la fronti&egrave;re vers le Nigeria.</p>
<p>Le conflit a fait plus de 6 500 morts selon les estimations les plus r&eacute;centes. Un chiffre qui ne dit rien de ce qu'il repr&eacute;sente : des vies, des familles, des quartiers.</p>
<h2>La ligne de Balla : ni violence, ni renoncement</h2>
<p>Balla r&eacute;p&egrave;te une position qu'il tient depuis 2016. Non-violence. Dialogue constructif. Solution f&eacute;d&eacute;rale.</p>
<p>&laquo; Tout au long de mon engagement, je suis rest&eacute; attach&eacute; &agrave; la non-violence, &agrave; un dialogue constructif et &agrave; une solution f&eacute;d&eacute;rale &raquo;, &eacute;crit-il.</p>
<p>Ce positionnement lui a valu des critiques des deux c&ocirc;t&eacute;s. Les partisans de l'ind&eacute;pendance de l'Ambazonie le consid&egrave;rent comme trop mod&eacute;r&eacute;. Certains le voient comme un tra&icirc;tre &agrave; la cause. Les autorit&eacute;s camerounaises l'ont arr&ecirc;t&eacute; en 2017, l'accusant d'incitation au terrorisme. Il a &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute; apr&egrave;s sept mois de d&eacute;tention, sous pression internationale.</p>
<p>Balla assume. Il &eacute;crit qu'il faut &laquo; le courage d'&eacute;couter, y compris ceux avec qui nous sommes en profond d&eacute;saccord &raquo;. Une phrase qui pourrait viser aussi bien Yaound&eacute; que les factions s&eacute;paratistes.</p>
<h2>Des appels &agrave; la paix qui doivent devenir des actes</h2>
<p>Le message de Balla ne se limite pas &agrave; des principes. Il &eacute;num&egrave;re ce qu'il attend concr&egrave;tement.</p>
<p>Prot&eacute;ger les civils. Combattre l'injustice. Exiger que les auteurs de violations rendent des comptes. R&eacute;tablir la confiance.</p>
<p>&laquo; Les familles ont besoin de voir des changements dans leur vie quotidienne &raquo;, &eacute;crit-il. &laquo; Elles ont besoin de s&eacute;curit&eacute;, d'&eacute;coles, de moyens de subsistance et de la certitude que leur voix compte. &raquo;</p>
<p>Ces demandes ne sont pas nouvelles. Elles reprennent les recommandations formul&eacute;es par plusieurs organisations internationales depuis des ann&eacute;es. Mais Balla les formule sans d&eacute;tour, dans un contexte o&ugrave; le dialogue de Buea, pr&eacute;sid&eacute; par le Premier ministre Joseph Dion Ngute en septembre, a &eacute;t&eacute; critiqu&eacute; pour son manque de repr&eacute;sentativit&eacute;.</p>
<p>Balla l'avait pr&eacute;venu : &laquo; La valeur du dialogue se mesurera &agrave; ce qui se passera apr&egrave;s que tout le monde aura quitt&eacute; la salle &raquo;.</p>
<h2>Un leadership qui valorise la vie humaine</h2>
<p>Balla termine son message par une formule qui r&eacute;sume tout. &laquo; Nous leur devons un leadership qui valorise la vie humaine. Nous leur devons des &eacute;changes honn&ecirc;tes sur notre histoire et notre avenir. &raquo;</p>
<p>Ce n'est pas un slogan. C'est une exigence.</p>
<p>Dans un conflit o&ugrave; les civils sont pris entre les forces gouvernementales et les groupes s&eacute;paratistes, o&ugrave; les &eacute;coles sont attaqu&eacute;es, o&ugrave; les d&eacute;placements se poursuivent, cette phrase a un poids particulier.</p>
<p>Balla ne propose pas de solution miracle. Il propose une m&eacute;thode : &eacute;couter, dialoguer, n&eacute;gocier. Une m&eacute;thode lente. Une m&eacute;thode difficile. Mais peut-&ecirc;tre la seule qui reste.</p>
<hr />
<p><strong>Qui est Nkongho Felix Agbor Balla ?</strong><br />C'est un avocat camerounais anglophone, originaire du Sud-Ouest. Il a fond&eacute; le Centre pour les droits humains et la d&eacute;mocratie en Afrique. En 2016, il a dirig&eacute; le Consortium de la soci&eacute;t&eacute; civile anglophone, qui a lanc&eacute; les protestations contre la marginalisation des syst&egrave;mes juridique et &eacute;ducatif anglophones. Il a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; en 2017 et d&eacute;tenu pendant sept mois.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que le 1er octobre pour les Camerounais anglophones ?</strong><br />Le 1er octobre 1961 marque la r&eacute;unification du Southern Cameroons (ancien territoire sous tutelle britannique) avec la R&eacute;publique du Cameroun, formant une f&eacute;d&eacute;ration &agrave; deux &Eacute;tats. En 1972, un r&eacute;f&eacute;rendum a aboli cette f&eacute;d&eacute;ration. Pour beaucoup d'Anglophones, cette date symbolise &agrave; la fois l'union et la trahison des termes de cette union.</p>
<p><strong>Quelle est la position de Balla sur l'ind&eacute;pendance de l'Ambazonie ?</strong><br />Balla ne soutient pas l'ind&eacute;pendance. Il plaide pour une solution f&eacute;d&eacute;rale qui garantirait aux r&eacute;gions anglophones une autonomie dans la gestion de leurs affaires, le respect de leur syst&egrave;me juridique et la reconnaissance de leur identit&eacute;. Il rejette la violence comme moyen d'action.</p>
<p><strong>O&ugrave; en est la crise anglophone en 2026 ?</strong><br />Dix ans apr&egrave;s le d&eacute;but des protestations, le conflit continue. Les violences ont fait plus de 6 500 morts selon les estimations. Plus de 638 000 personnes sont d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur du pays, et des milliers d'autres ont fui vers le Nigeria. Les attaques contre les &eacute;coles et les civils se poursuivent.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 01 Oct 2026 15:45:01 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Mbanya : le sanctuaire traditionnel au cœur du bras de fer administratif du Canton Akwa]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>À quelques jours du sacre de Sa Majesté le Dr Louis Din Dika Akwa,
prévu le 10 octobre 2026 à Mbanya, une controverse oppose désormais
les représentants de l’ad...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Joel_Constant_Tchoegnia17062026.jpg" alt="Cameroun - Mbanya : le sanctuaire traditionnel au cœur du bras de fer administratif du Canton Akwa" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; quelques jours du sacre de Sa Majest&eacute; le Dr Louis Din Dika Akwa, pr&eacute;vu le 10 octobre 2026 &agrave; Mbanya, une controverse oppose d&eacute;sormais les repr&eacute;sentants de l&rsquo;administration territoriale aux responsables et ressortissants du canton Akwa. Au c&oelig;ur de la tension : la place accord&eacute;e aux autorit&eacute;s traditionnelles et, surtout, le statut et l&rsquo;usage du lieu initiatique de Mbanya.</p>
<p>L&rsquo;affaire d&eacute;passe ainsi la seule organisation d&rsquo;une c&eacute;r&eacute;monie coutumi&egrave;re. Elle met en lumi&egrave;re une question plus profonde : celle de la coexistence entre l&rsquo;autorit&eacute; administrative de l&rsquo;&Eacute;tat et les institutions traditionnelles, dans un contexte o&ugrave; ces derni&egrave;res demeurent des marqueurs essentiels de l&rsquo;histoire, de l&rsquo;identit&eacute; et de la coh&eacute;sion des communaut&eacute;s.</p>
<p>Pr&eacute;vu comme l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus de transmission de l&rsquo;autorit&eacute; traditionnelle, le sacre de Louis Din Dika Akwa intervient 25 ans apr&egrave;s celui de son d&eacute;funt p&egrave;re, Sa Majest&eacute; Din Dika Akwa. Le nouveau monarque avait &eacute;t&eacute; install&eacute; &agrave; la t&ecirc;te du canton en juillet 2023 par le pr&eacute;fet du Wouri.</p>
<p><strong>Mbanya, plus qu'un simple lieu de c&eacute;r&eacute;monie</strong></p>
<p>Pour les responsables du canton Akwa, Mbanya n&rsquo;est pas un simple espace destin&eacute; &agrave; accueillir une manifestation publique. Le site est pr&eacute;sent&eacute; comme un lieu associ&eacute; &agrave; la m&eacute;moire des anc&ecirc;tres et aux dimensions initiatiques de la royaut&eacute; Akwa. Selon le programme annonc&eacute; autour du sacre, le futur monarque doit notamment s&rsquo;y rendre pour communier avec les anc&ecirc;tres avant la c&eacute;r&eacute;monie solennelle.</p>
<p>C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment cette dimension particuli&egrave;re qui donne &agrave; la controverse une port&eacute;e symbolique. D&eacute;placer, encadrer ou r&eacute;glementer l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; un tel espace ne rel&egrave;ve pas, pour les d&eacute;tenteurs de la tradition, d'une simple question de protocole administratif. Le lieu participe au sens m&ecirc;me du rite.</p>
<p>Dans ce contexte, la moindre incompr&eacute;hension entre autorit&eacute;s administratives et autorit&eacute;s coutumi&egrave;res peut rapidement prendre une dimension institutionnelle.</p>
<p><strong>Le malaise des autorit&eacute;s traditionnelles</strong></p>
<p>&Agrave; l&rsquo;origine de la r&eacute;action des chefs de villages, des notables et des ressortissants du canton Akwa se trouve &eacute;galement un sentiment de consid&eacute;ration insuffisante au sein de certains services administratifs &agrave; Douala.</p>
<p>Les griefs exprim&eacute;s portent notamment sur l&rsquo;accueil r&eacute;serv&eacute; aux autorit&eacute;s coutumi&egrave;res dans les espaces officiels. Une r&eacute;cente r&eacute;ception est ainsi cit&eacute;e en exemple par les repr&eacute;sentants du canton : alors que des chefs traditionnels auraient &eacute;t&eacute; maintenus debout, des membres du gouvernement et des personnalit&eacute;s du secteur priv&eacute; occupaient les premiers rangs.</p>
<p>Au-del&agrave; de l&rsquo;&eacute;pisode protocolaire, c&rsquo;est donc la reconnaissance publique de la fonction traditionnelle qui est questionn&eacute;e.</p>
<p>Pour les d&eacute;fenseurs de cette position, le respect des chefs traditionnels ne devrait pas &ecirc;tre r&eacute;duit aux c&eacute;r&eacute;monies coutumi&egrave;res. Il devrait &eacute;galement se traduire dans les rapports quotidiens avec l&rsquo;administration, notamment lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de questions touchant directement &agrave; la m&eacute;moire, aux rites et au patrimoine des communaut&eacute;s.</p>
<p><strong>Une institution encadr&eacute;e par la loi</strong></p>
<p>Le d&eacute;bat intervient dans un cadre juridique pr&eacute;cis. Le d&eacute;cret n&deg;77/245 du 15 juillet 1977 organise les chefferies traditionnelles camerounaises en trois degr&eacute;s hi&eacute;rarchis&eacute;s : premier, deuxi&egrave;me et troisi&egrave;me degr&eacute;. Le texte encadre notamment leur organisation, la d&eacute;signation des chefs et leurs rapports avec l&rsquo;administration.</p>
<p>Ce dispositif a &eacute;t&eacute; modifi&eacute; et compl&eacute;t&eacute; par le d&eacute;cret n&deg;2013/332 du 13 septembre 2013.</p>
<p>L&rsquo;existence de ce cadre juridique traduit une r&eacute;alit&eacute; institutionnelle : les chefferies traditionnelles sont reconnues et int&eacute;gr&eacute;es dans l&rsquo;organisation administrative du pays, tout en conservant une dimension historique, culturelle et symbolique propre.</p>
<p>C&rsquo;est justement dans cet espace entre reconnaissance administrative et l&eacute;gitimit&eacute; traditionnelle que se situe aujourd&rsquo;hui la controverse autour du canton Akwa.</p>
<p><strong>Quand le protocole devient un symbole</strong></p>
<p>La question du protocole peut sembler secondaire face aux imp&eacute;ratifs de l&rsquo;administration. Elle ne l&rsquo;est pourtant pas pour les d&eacute;tenteurs de l&rsquo;autorit&eacute; coutumi&egrave;re.</p>
<p>Dans les soci&eacute;t&eacute;s o&ugrave; la tradition occupe encore une place importante, la disposition des personnes dans une salle, la mani&egrave;re de recevoir un chef, son rang lors d&rsquo;une c&eacute;r&eacute;monie ou encore les conditions d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; un espace sacr&eacute; constituent autant de signes de reconnaissance.</p>
<p>Une maladresse protocolaire peut d&egrave;s lors &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;e comme une d&eacute;valorisation de l&rsquo;institution elle-m&ecirc;me.</p>
<p>Le malaise exprim&eacute; par les ressortissants du canton Akwa s&rsquo;inscrit dans cette lecture. Ils demandent que l&rsquo;administration ne consid&egrave;re pas les chefs traditionnels uniquement comme des auxiliaires dans certaines proc&eacute;dures, mais &eacute;galement comme des interlocuteurs porteurs d&rsquo;une m&eacute;moire et d&rsquo;une l&eacute;gitimit&eacute; historique.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 30 Sep 2026 08:47:39 +0200</pubDate>
                                    <author>Joël Constant Tchoegnia</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Monde2/Joel_Constant_Tchoegnia17062026.jpg" type="image/jpeg"  />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun-FMI : Se préparer à un nouveau programme d&#039;ajustement structurel]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-fmi-se-preparer-a-un-nouveau-programme-dajustement-structurel.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le syndrome des années triste de 1990. Le gouvernement camerounais
négocie actuellement avec le FMI un nouvel accord de financement pour
la période 2026-2029. S...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Louis_Marie_Kakdeu_Pideu03022024.jpg" alt="Cameroun-FMI : Se préparer à un nouveau programme d&#039;ajustement structurel" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le syndrome des ann&eacute;es triste de 1990. Le gouvernement camerounais n&eacute;gocie actuellement avec le FMI un nouvel accord de financement pour la p&eacute;riode 2026-2029. Si l'expression &laquo; ajustement structurel &raquo; a officiellement disparu du vocabulaire du FMI depuis les ann&eacute;es 2000, la logique qui la sous-tend (discipline budg&eacute;taire, r&eacute;formes conditionn&eacute;es, d&eacute;caissements progressifs) reste bien celle qui se dessine &agrave; Yaound&eacute;. Je vous l&rsquo;explique :</p>
<p><strong>Qu'est-ce qu'un programme d'ajustement structurel ?</strong></p>
<p>Le terme &laquo; programme d'ajustement structurel &raquo; (PAS) est n&eacute; dans les ann&eacute;es 1980, lorsque le FMI et la Banque mondiale ont commenc&eacute; &agrave; conditionner leurs pr&ecirc;ts aux pays en d&eacute;faut de paiement &agrave; la mise en &oelig;uvre de r&eacute;formes &eacute;conomiques profondes : r&eacute;duction des d&eacute;penses publiques, d&eacute;valuation ou ajustement du taux de change, privatisation des entreprises d'&Eacute;tat, lib&eacute;ralisation des prix et du commerce, r&eacute;duction de la fonction publique (licenciement massif ou compression). Le Cameroun lui-m&ecirc;me a connu deux de ces programmes dans les ann&eacute;es 1990 (PAS I et PAS II), dans le sillage de la crise &eacute;conomique cons&eacute;cutive &agrave; la chute des cours du p&eacute;trole et &agrave; la d&eacute;valuation du franc CFA de 1994.</p>
<p>Ces programmes ont laiss&eacute; une r&eacute;putation sociale tr&egrave;s lourde en Afrique au point que le FMI a officiellement abandonn&eacute; l'expression au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000. L'institution parle d&eacute;sormais de &laquo; Facilit&eacute; &eacute;largie de cr&eacute;dit &raquo; (FEC), de &laquo; M&eacute;canisme &eacute;largi de cr&eacute;dit &raquo; (MEDC) ou de &laquo; Facilit&eacute; pour la r&eacute;silience et la durabilit&eacute; &raquo; (FRD). Le principe demeure toutefois similaire : un pays re&ccedil;oit un appui financier &eacute;chelonn&eacute;, d&eacute;caiss&eacute; par tranches apr&egrave;s des &laquo; revues &raquo; trimestrielles ou semestrielles qui v&eacute;rifient l'atteinte d'objectifs chiffr&eacute;s (d&eacute;ficit budg&eacute;taire, dette, r&eacute;serves de change) et la mise en &oelig;uvre de &laquo; rep&egrave;res structurels &raquo;, c'est-&agrave;-dire des r&eacute;formes pr&eacute;cises de gouvernance, de fiscalit&eacute; ou de gestion des finances publiques. C'est cette conditionnalit&eacute;, plus que l'&eacute;tiquette elle-m&ecirc;me, qui justifie qu'on parle encore aujourd'hui, dans le d&eacute;bat public, de &laquo; nouvel ajustement structurel &raquo; pour d&eacute;signer ce type d'accord.</p>
<p><strong>Le Cameroun semble n&rsquo;avoir pas de choix</strong></p>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce type d'accord que le Cameroun s'appr&ecirc;te &agrave; ren&eacute;gocier. Le pr&eacute;c&eacute;dent programme, couplant FEC et MEDC, approuv&eacute; en 2021 pour un montant de 483 millions de DTS (environ 390 milliards de FCFA de nos jours), s'est achev&eacute; apr&egrave;s une septi&egrave;me revue conduite par une mission du FMI. Depuis la fin de ce programme, en juillet 2025, le Cameroun n'a pas sign&eacute; de nouvel accord, alors m&ecirc;me que le pays y avait recours de fa&ccedil;on quasi continue depuis 2017.</p>
<p>Le sujet est d&eacute;sormais &eacute;minemment politique. Une d&eacute;cision issue du Conseil de cabinet pr&eacute;sid&eacute; le 30 octobre 2025 par le Premier ministre dit que la conclusion d'un nouveau programme &eacute;conomique et financier pour la p&eacute;riode 2026-2029 doit &ecirc;tre soumise &agrave; l'arbitrage du pr&eacute;sident Paul Biya. L'on attend toujours cet arbitrage comme l'on attend le nouveau gouvernement de Paul Biya. Le ministre des Finances en poste plaide ouvertement pour la reconduction du partenariat avec l'institution de Bretton Woods, un enjeu d'autant plus pressant que les deux programmes conduits entre 2017 et 2025 ont permis au pays de mobiliser environ 2 600 milliards de FCFA d'appuis budg&eacute;taires.</p>
<p>Les indicateurs macro&eacute;conomiques expliquent cette urgence. Le Document de programmation &eacute;conomique et budg&eacute;taire &agrave; moyen terme (DPEB) 2027-2029, soumis au Parlement, indique que le bouclage financier des budgets de ces trois exercices repose sur les appuis attendus d'un nouvel accord avec le FMI, appuis qui couvriraient pr&egrave;s de 30 % du d&eacute;ficit budg&eacute;taire global projet&eacute; pour 2027. Le contexte financier s'est par ailleurs tendu : l'agence Moody's a abaiss&eacute;, le 21 ao&ucirc;t 2026, la note souveraine du Cameroun &agrave; &laquo; Caa1 &raquo;, une notation correspondant &agrave; un risque de cr&eacute;dit &eacute;lev&eacute;, tandis que la dette publique s&rsquo;alourdit en 2026. Le gouverneur de la BEAC a de son c&ocirc;t&eacute; alert&eacute; sur une baisse acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e des r&eacute;serves de change de la zone entre juin et ao&ucirc;t 2025, li&eacute;e notamment &agrave; la fin des appuis budg&eacute;taires du FMI.</p>
<p>Sur le terrain diplomatique, les &eacute;changes se sont intensifi&eacute;s ces derni&egrave;res semaines. Le 17 septembre 2026, le Minepat a re&ccedil;u une d&eacute;l&eacute;gation du FMI dans le cadre d'une mission d'&eacute;valuation portant sur la situation macro&eacute;conomique du pays et la Strat&eacute;gie nationale de d&eacute;veloppement 2020-2030. Le FMI a par ailleurs boucl&eacute;, d&eacute;but 2026, sa consultation au titre de l'article IV, un exercice d'&eacute;valuation r&eacute;gulier distinct d'un programme financier, mais qui en dessine souvent les contours : les services du Fonds y pointent une d&eacute;t&eacute;rioration attendue du d&eacute;ficit primaire hors p&eacute;trole &agrave; environ 2,6 % du PIB, contre un objectif de 1,4 %, ainsi qu'une contre-performance des recettes non p&eacute;troli&egrave;res, et appellent &agrave; des r&eacute;formes structurelles portant notamment sur l'acc&egrave;s au financement du secteur priv&eacute;.</p>
<p><strong>Deux sc&eacute;narios, un choix politique</strong></p>
<p>Toutes les options ne sont cependant pas ferm&eacute;es. Selon le ministre des finances, deux hypoth&egrave;ses s'offrent au pays : renoncer purement et simplement au FMI, ce qui donnerait au gouvernement davantage de marge de man&oelig;uvre sur des d&eacute;cisions jusque-l&agrave; soumises &agrave; l'accord pr&eacute;alable de l'institution, et aller au FMI pour ne pas perdre des financements concessionnels qui y sont associ&eacute;s. Il faut que le Pr&eacute;sident Paul Biya se d&eacute;cide!</p>
<p>Les prochaines semaines diront si Yaound&eacute; et Washington parviennent &agrave; un accord avant l'&eacute;ch&eacute;ance budg&eacute;taire de 2027. Mais que l'&eacute;tiquette soit ou non celle d'un &laquo; ajustement structurel &raquo;, la m&eacute;canique qui s'annonce s'inscrit dans la continuit&eacute; directe de ce que ce terme a toujours d&eacute;sign&eacute;.</p>
<p>Que les Camerounais s'appr&ecirc;tent &agrave; serrer la ceinture!</p>
<p><em>Louis-Marie KAKDEU &nbsp;MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident National du SDF</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 29 Sep 2026 08:00:58 +0200</pubDate>
                                    <author>Louis-Marie KAKDEU</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-leditorial-qui-denonce-un-mandat-a-larret.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Onze mois après le serment de Paul Biya, Mutations publie un
éditorial sans concession sur l’inertie du pouvoir au Cameroun.
Analyse d’un cri d’alarme.

Dans un...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroon/Affiche-Paul-Biya290925500.jpg" alt="Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Onze mois apr&egrave;s le serment de Paul Biya, Mutations publie un &eacute;ditorial sans concession sur l&rsquo;inertie du pouvoir au Cameroun. Analyse d&rsquo;un cri d&rsquo;alarme.</p>
<p>Dans un &eacute;ditorial au vitriol, Georges Alain Boyomo d&eacute;crit un Cameroun &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t, onze mois apr&egrave;s le d&eacute;but du mandat de Paul Biya.</p>
<h2>Onze mois apr&egrave;s, le constat d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t</h2>
<p>Paul Biya a pr&ecirc;t&eacute; serment le 6 novembre 2025. Onze mois plus tard, Mutations publie un &eacute;ditorial sign&eacute; Georges Alain Boyomo. Le titre de ce mandat ? &laquo; La grandeur et l&rsquo;esp&eacute;rance &raquo;. L&rsquo;auteur, lui, parle d&rsquo;une &laquo; ambiance lunaire &raquo; et d&rsquo;une &laquo; inertie reptilienne &raquo;.</p>
<p>Le constat est simple. Pas de vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Pas de renouvellement du personnel gouvernemental. Pas de changement &agrave; la t&ecirc;te des entreprises et &eacute;tablissements publics. Pas de renouvellement du personnel politique &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale et dans les conseils municipaux. Pas de nouveaux gouverneurs. Pas de renouvellement dans le corps civil de la magistrature.</p>
<p>La liste est longue. Elle est surtout vide. C&rsquo;est ce vide que l&rsquo;&eacute;ditorial met en sc&egrave;ne.</p>
<h2>Aucun renouvellement : la liste qui inqui&egrave;te</h2>
<p>Pour Boyomo, ce ne sont pas les dossiers qui manquent. Eneo devenu Socadel, sans effets mesurables pour les m&eacute;nages. L&rsquo;axe lourd Yaound&eacute;-Douala, &laquo; maintes fois repl&acirc;tr&eacute; &raquo;. Des contentieux perdus en s&eacute;rie &agrave; l&rsquo;international. Des conclaves interminist&eacute;riels pour rendre Yaound&eacute; respirable. Le pouvoir d&rsquo;achat qui &laquo; se rabougrit &raquo;. Des alertes rouges sur les caisses de l&rsquo;&Eacute;tat. Un recensement chaotique. Des clans rivaux qui se d&eacute;chirent pour le pouvoir supr&ecirc;me.</p>
<p>Aucun de ces sujets ne trouve de solution visible. L&rsquo;&eacute;ditorial ne pr&eacute;tend pas apporter de chiffres. Il d&eacute;crit une impression. Celle d&rsquo;un pays qui reste &agrave; quai.</p>
<h2>Le quotidien : violences, vols, accidents</h2>
<p>L&rsquo;humeur nationale, &eacute;crit Boyomo, &laquo; se fait massacrante &raquo;. Il cite p&ecirc;le-m&ecirc;le : infanticides, f&eacute;minicides, viols, vols, accidents de la circulation, &eacute;boulements mortels. Le &laquo; puzzle de la d&eacute;sesp&eacute;rance &raquo; se constitue, dit-il, sous le regard &laquo; complaisant ou impuissant &raquo; des autorit&eacute;s.</p>
<p>Ces faits ne sont pas d&eacute;taill&eacute;s. Aucune statistique n&rsquo;est avanc&eacute;e. L&rsquo;&eacute;ditorial reste sur le terrain de l&rsquo;observation politique. Il ne pr&eacute;tend pas &eacute;tablir un bilan chiffr&eacute;. C&rsquo;est une nuance importante.</p>
<h2>Les r&eacute;seaux sociaux, exutoire d&rsquo;un mal-&ecirc;tre</h2>
<p>Dans ce vide, les r&eacute;seaux sociaux deviennent le d&eacute;fouloir. L&rsquo;&eacute;ditorial cite des formules qui circulent : &laquo; le pays a travers&eacute; les rem&egrave;des &raquo;, &laquo; Dans le film des pays, le Cameroun est le chef bandit &raquo;, &laquo; Les plus chanceux finiront fous dans ce pays &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;autod&eacute;rision est pouss&eacute;e &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me. &laquo; Nous sommes le continent &raquo;, reprend l&rsquo;auteur, en &eacute;cho &agrave; une formule pr&eacute;sidentielle. La phrase prend un autre sens. Elle devient ironie.</p>
<p>Les d&eacute;bats audiovisuels, eux, ressemblent &agrave; un &laquo; mur de lamentations &raquo;. L&rsquo;&eacute;ditorial ne propose pas de solution. Il constate une saturation.</p>
<h2>Paul Biya, l&rsquo;isolement et la continuit&eacute; de l&rsquo;&Eacute;tat</h2>
<p>Le texte pose une question : o&ugrave; est la lumi&egrave;re ? Puis il vise directement Paul Biya. Le pr&eacute;sident, &eacute;crit Boyomo, &laquo; se comporte comme si on l&rsquo;avait pouss&eacute; par la nuque &agrave; se pr&eacute;senter &agrave; la pr&eacute;sidentielle 2025 &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;auteur rappelle deux citations. F&eacute;lix Houphou&euml;t-Boigny : &laquo; Les hommes passent, quels qu&rsquo;ils soient, mais le pays reste. &raquo; Paul Biya lui-m&ecirc;me : &laquo; Nous passerons, le Cameroun restera. &raquo;</p>
<p>La conclusion est abrupte : &laquo; Il urge donc de joindre des actes &agrave; la parole. Le temps presse ! &raquo;</p>
<h2>Ce que dit vraiment l&rsquo;&eacute;ditorial : opinion, pas enqu&ecirc;te</h2>
<p>Il faut &ecirc;tre clair. Le texte de Georges Alain Boyomo est un &eacute;ditorial. Il engage son auteur et son journal. Ce n&rsquo;est pas un rapport d&rsquo;enqu&ecirc;te.</p>
<p>Les affirmations sur l&rsquo;inertie, l&rsquo;isolement du pr&eacute;sident ou la d&eacute;gradation du quotidien sont des opinions politiques. Elles ne sont pas accompagn&eacute;es de donn&eacute;es v&eacute;rifiables.&nbsp;Cela ne retire rien &agrave; la force du texte. Cela pr&eacute;cise seulement sa nature.</p>
<hr />
<p><strong>Que d&eacute;nonce l&rsquo;&eacute;ditorial de Mutations ?</strong><br />L&rsquo;absence de renouvellement au sommet de l&rsquo;&Eacute;tat et une inertie g&eacute;n&eacute;rale, onze mois apr&egrave;s le d&eacute;but du mandat de Paul Biya.</p>
<p><strong>Qui est Georges Alain Boyomo ?</strong><br />Il est directeur de publication du quotidien Mutations. Il signe r&eacute;guli&egrave;rement des &eacute;ditoriaux sur la gouvernance camerounaise.</p>
<p><strong>Paul Biya a-t-il r&eacute;agi ?</strong><br />Aucune r&eacute;action officielle n&rsquo;&eacute;tait disponible au moment de publier.</p>
<p><strong>Les chiffres cit&eacute;s sont-ils v&eacute;rifi&eacute;s ?</strong><br />L&rsquo;&eacute;ditorial ne donne pas de chiffres. Il s&rsquo;agit d&rsquo;observations politiques, pas de statistiques.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 28 Sep 2026 13:17:04 +0200</pubDate>
                                    <author>Onana Nestor</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-douala-un-hotel-de-luxe-a-220-milliards-dans-un-pays-sans-routes.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>ALS Group, via son PDG Rodolphe Simo Kam, investit 220 milliards FCFA
dans un complexe hôtelier Kempinski à Douala. Douze ans plus tôt,
Dangote avait mis 80 mil...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Kempinski260926500.webp" alt="Cameroun - Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>ALS Group, via son PDG Rodolphe Simo Kam, investit 220 milliards FCFA dans un complexe h&ocirc;telier Kempinski &agrave; Douala. Douze ans plus t&ocirc;t, Dangote avait mis 80 milliards FCFA pour une cimenterie. Un contraste qui pose une question simple : pourquoi un tel investissement dans un pays class&eacute; parmi les moins attractifs du monde pour le tourisme ?</p>
<p>Douala, 25 septembre 2026. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute pose la premi&egrave;re pierre du Kempinski Shekinah Palace &agrave; Bonanjo. 214 chambres. 35 appartements h&ocirc;teliers. 17 000 m&sup2; de bureaux de Grade A. Des restaurants, des boutiques de luxe, une galerie d'art. Un investissement de 220 milliards FCFA, soit environ 335 millions d'euros.</p>
<p>Le m&ecirc;me jour, &agrave; Douala, une autre r&eacute;alit&eacute;. Les camions qui desservent le port s'&eacute;tirent sur des kilom&egrave;tres. La route est d&eacute;fonc&eacute;e. Le train qui pourrait d&eacute;sengorger la ville n'existe pas encore.</p>
<p>Le Cameroun n'a ni r&eacute;seau ferroviaire structurant, ni a&eacute;roport international aux normes, ni routes en &eacute;tat sur la majorit&eacute; de son territoire. Il est class&eacute; parmi les dix derniers pays au monde en mati&egrave;re de comp&eacute;titivit&eacute; touristique, selon le Forum &eacute;conomique mondial.</p>
<p>Alors pourquoi 220 milliards dans un h&ocirc;tel ?</p>
<h2>Dangote, le pari du ciment</h2>
<p>Il faut remonter &agrave; 2015 pour comprendre le premier acte. Le 27 ao&ucirc;t de cette ann&eacute;e-l&agrave;, le Premier ministre Phil&eacute;mon Yang inaugure la cimenterie Dangote &agrave; Douala. La facture : 80 milliards FCFA, contre 50 milliards budg&eacute;t&eacute;s initialement. Soit une d&eacute;rive de 60 %.</p>
<p>L'usine, construite sur les berges du Wouri, a une capacit&eacute; de 1,5 million de tonnes par an. Elle est &eacute;quip&eacute;e d'un quai d'accostage pour l'importation directe de clinker, le principal composant du ciment. Un avantage logistique ind&eacute;niable : le groupe nig&eacute;rian importe son clinker, le broie sur place, et vend le produit fini.</p>
<p>Cette ann&eacute;e-l&agrave;, Dangote veut capter 30 % du march&eacute; camerounais. Face &agrave; Cimencam, la filiale de Lafarge-Holcim, et &agrave; Cimaf du groupe marocain Addoha. La demande nationale tourne alors autour de 3 millions de tonnes.</p>
<p>Douze ans plus tard, le bilan est plus contrast&eacute;. Dangote Cement Cameroon a vendu 596 800 tonnes au premier semestre 2026, en recul de 13,1 % sur un an. Le groupe attribue cette baisse au ralentissement de la construction apr&egrave;s les &eacute;lections et aux retards dans les d&eacute;penses publiques.</p>
<p>Mais l'ambition reste intacte. Dangote veut doubler sa capacit&eacute; &agrave; 3 millions de tonnes d'ici 2028, via l'expansion de l'usine de Douala et une seconde unit&eacute; &agrave; Yaound&eacute;. Un investissement suppl&eacute;mentaire, dont le montant n'a pas &eacute;t&eacute; rendu public.</p>
<h2>Le ciment suit la demande. L'h&ocirc;tel, quelle demande ?</h2>
<p>Le calcul de Dangote est simple. Le ciment, c'est un produit de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;. Les infrastructures, les logements, les routes : tout en consomme. M&ecirc;me dans un pays pauvre, on construit. Le march&eacute; camerounais du ciment est estim&eacute; &agrave; environ 3,6 millions de tonnes par an. Dangote veut sa part.</p>
<p>Pour l'h&ocirc;tel, la logique est diff&eacute;rente. Le Cameroun n'accueille que 912 000 touristes internationaux par an, selon les donn&eacute;es disponibles. Le pays occupe le 22e rang africain en termes d'arriv&eacute;es, et le 125e rang mondial. Le WEF classe le Cameroun 25e sur 34 pays africains en comp&eacute;titivit&eacute; touristique, et 126e mondial.</p>
<p>Les infrastructures touristiques sont quasi inexistantes en dehors de quelques enclaves. Kribi attire des visiteurs, mais les routes pour y acc&eacute;der sont dans un &eacute;tat d&eacute;plorable. Limb&eacute; a des plages, mais pas d'a&eacute;roport international digne de ce nom. Les parcs nationaux du Nord sont inaccessibles en saison des pluies.</p>
<p>Alors qui va remplir 214 chambres et 35 appartements de luxe &agrave; Bonanjo ?</p>
<p>Rodolphe Simo Kam, le PDG d'ALS Group, a sa r&eacute;ponse. &laquo; Ce projet s'inscrit dans la vision d'un Cameroun, reconnu comme une v&eacute;ritable mine d'or touristique, capable de concevoir et de r&eacute;aliser des infrastructures d'excellence &raquo;, d&eacute;clare-t-il dans un communiqu&eacute;.</p>
<p>La phrase est ambitieuse. La r&eacute;alit&eacute;, elle, est plus rugueuse.</p>
<h2>Les infrastructures : le maillon qui manque</h2>
<p>Le Cameroun a un plan. Un atelier s'est tenu les 24 et 25 juin 2026 &agrave; Yaound&eacute; pour restituer les &eacute;tudes de faisabilit&eacute; d'une Agence de r&eacute;gulation des Transports Terrestres et d'une Strat&eacute;gie Logistique Nationale &agrave; l'horizon 2035. Les investissements ferroviaires dominants sont estim&eacute;s &agrave; 40 milliards d'euros.</p>
<p>Quarante milliards d'euros. Pour un pays qui n'arrive pas &agrave; entretenir ses routes existantes.</p>
<p>Le projet le plus avanc&eacute; est la ligne Ed&eacute;a-Kribi-Lolab&eacute;-Campo, dont le m&eacute;morandum a &eacute;t&eacute; sign&eacute; en juin 2026. Mais un m&eacute;morandum n'est pas un chantier. Les Camerounais le savent : ils attendent depuis des d&eacute;cennies.</p>
<p>En attendant, les avions atterrissent &agrave; Douala sur une piste qui n'a pas &eacute;t&eacute; r&eacute;nov&eacute;e en profondeur. Les trains qui relient Douala &agrave; Yaound&eacute; roulent &agrave; une vitesse moyenne de 40 km/h. Les routes qui m&egrave;nent &agrave; Kribi sont coup&eacute;es &agrave; chaque saison des pluies.</p>
<p>Comment un h&ocirc;tel cinq &eacute;toiles peut-il attirer une client&egrave;le internationale dans un pays o&ugrave; l'on ne peut pas se d&eacute;placer ?</p>
<h2>La logique des 220 milliards</h2>
<p>Il y a plusieurs fa&ccedil;ons de lire l'investissement d'ALS Group.</p>
<p><strong>La lecture optimiste :</strong> le projet est financ&eacute; &agrave; 55 % par des fonds propres et 45 % par des emprunts aupr&egrave;s de la BDEAC, d'AFREXIMBANK et de BGFI BANK. Les bailleurs internationaux ne pr&ecirc;tent pas &agrave; fonds perdus. Si ces institutions ont accept&eacute; de financer, c'est qu'elles croient au projet. Le groupe Kempinski, qui exploitera l'h&ocirc;tel, est la plus ancienne cha&icirc;ne h&ocirc;teli&egrave;re de luxe au monde, fond&eacute;e en 1897 &agrave; Berlin. Une caution s&eacute;rieuse.</p>
<p><strong>La lecture r&eacute;aliste :</strong> le projet promet 3 000 emplois pendant le chantier et 4 000 emplois directs et indirects en exploitation. Ces emplois sont r&eacute;els. Les 220 milliards seront d&eacute;pens&eacute;s au Cameroun : mat&eacute;riaux, main-d'&oelig;uvre, services. M&ecirc;me si l'h&ocirc;tel ne remplit pas ses chambres, le pays aura gagn&eacute; un b&acirc;timent, une main-d'&oelig;uvre form&eacute;e, une vitrine.</p>
<p><strong>La lecture sceptique :</strong> 220 milliards FCFA pour un h&ocirc;tel de luxe dans un pays o&ugrave; 40 % de la population vit sous le seuil de pauvret&eacute;. O&ugrave; les h&ocirc;pitaux manquent de m&eacute;dicaments. O&ugrave; les &eacute;coles s'effondrent. O&ugrave; les routes sont des nids-de-poule. L'argent est priv&eacute;, certes. Mais ces capitaux auraient pu financer des infrastructures de base, dont le rendement social serait infiniment sup&eacute;rieur.</p>
<p>La question n'est pas de savoir si ALS Group a le droit d'investir. Il l'a. La question est de savoir si le Cameroun peut se permettre un Kempinski alors qu'il n'a pas de train.</p>
<h2>Ce que disent les chiffres</h2>
<p>Le complexe h&ocirc;telier pr&eacute;voit 36 mois de travaux, dont 31 pour la construction et 5 pour l'&eacute;quipement. Ouverture pr&eacute;vue : 2029.</p>
<p>D'ici l&agrave;, Dangote aura peut-&ecirc;tre construit sa seconde cimenterie &agrave; Yaound&eacute;. Les travaux de la ligne Ed&eacute;a-Kribi auront peut-&ecirc;tre commenc&eacute;. Les routes de Kribi seront peut-&ecirc;tre r&eacute;habilit&eacute;es.</p>
<p>Ou pas.</p>
<p>L'histoire &eacute;conomique du Cameroun est remplie de projets annonc&eacute;s, de premi&egrave;res pierres pos&eacute;es, de m&eacute;morandums sign&eacute;s. Beaucoup n'ont jamais vu le jour.</p>
<p>Le Kempinski Shekinah Palace est un pari. Sur un pays qui n'a pas encore prouv&eacute; qu'il pouvait offrir ce qu'un h&ocirc;tel de luxe exige : des routes praticables, un a&eacute;roport fonctionnel, une s&eacute;curit&eacute; juridique, une main-d'&oelig;uvre qualifi&eacute;e.</p>
<p>Rodolphe Simo Kam, lui, y croit. &laquo; L'engagement et le soutien du Chef de l'&Eacute;tat ont &eacute;t&eacute; d&eacute;terminants &raquo;, dit-il.</p>
<p>Paul Biya a 93 ans. Il ne sera probablement plus au pouvoir en 2029, &agrave; l'ouverture de l'h&ocirc;tel.</p>
<hr />
<p><strong>Combien co&ucirc;te le complexe h&ocirc;telier Kempinski de Douala ?</strong><br />220 milliards FCFA, soit environ 335 millions d'euros, avantages fiscaux et douaniers compris. Le financement repose sur 55 % de fonds propres et 45 % d'emprunts aupr&egrave;s de la BDEAC, d'AFREXIMBANK et de BGFI BANK.</p>
<p><strong>Qui est derri&egrave;re ce projet ?</strong><br />ALS Group, dirig&eacute; par Rodolphe Simo Kam. Le complexe sera exploit&eacute; sous l'enseigne Kempinski, la plus ancienne cha&icirc;ne h&ocirc;teli&egrave;re de luxe au monde, fond&eacute;e &agrave; Berlin en 1897.</p>
<p><strong>Pourquoi Dangote n'a-t-il investi que 80 milliards dans le ciment ?</strong><br />Le ciment est un produit de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;, avec une demande structurelle li&eacute;e &agrave; la construction et aux infrastructures. L'h&ocirc;tellerie de luxe d&eacute;pend d'une demande touristique internationale, qui reste faible au Cameroun.</p>
<p><strong>Le Cameroun est-il vraiment class&eacute; 125e mondial en attractivit&eacute; touristique ?</strong><br />Les donn&eacute;es disponibles, issues du Forum &eacute;conomique mondial, classaient le Cameroun 126e mondial en 2017 et 25e africain. Une mise &agrave; jour de ces classements pour 2026 n'a pas pu &ecirc;tre consult&eacute;e au moment de la publication.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 26 Sep 2026 00:36:37 +0200</pubDate>
                                    <author>Toto Jacques</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Recensement Cameroun 2026 : le fiasco d&#039;un pays qui ne sait plus se compter]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/recensement-cameroun-2026-le-fiasco-dun-pays-qui-ne-sait-plus-se-compter.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Trois prolongations, un budget explosé, des régions non couvertes :
le quatrième recensement général du Cameroun s'achève sur un
constat d'échec qui dépasse la...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Agents-recenseurs150526500.webp" alt="Recensement Cameroun 2026 : le fiasco d&#039;un pays qui ne sait plus se compter" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/recensement-cameroun-2026-le-fiasco-dun-pays-qui-ne-sait-plus-se-compter.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Trois prolongations, un budget explos&eacute;, des r&eacute;gions non couvertes : le quatri&egrave;me recensement g&eacute;n&eacute;ral du Cameroun s'ach&egrave;ve sur un constat d'&eacute;chec qui d&eacute;passe la simple statistique.</p>
<p>Le recensement g&eacute;n&eacute;ral du Cameroun s'est achev&eacute; le 15 septembre 2026. Il devait durer un mois. Il en a dur&eacute; cinq. Trois reports successifs, un budget pass&eacute; de 13,3 &agrave; 19,3 milliards de FCFA, et un pays qui, 21 ans apr&egrave;s son dernier d&eacute;nombrement, n'a toujours pas r&eacute;ussi &agrave; compter ses habitants.</p>
<p>Derri&egrave;re les communiqu&eacute;s officiels, une r&eacute;alit&eacute; que personne ne peut plus ignorer : le Cameroun ne sait pas combien il compte de citoyens. Et il le sait.</p>
<h2>Trois reports, une seule &eacute;vidence : le recensement n'&eacute;tait pas pr&ecirc;t</h2>
<p>24 avril 2026. Les agents recenseurs sont d&eacute;ploy&eacute;s dans les dix r&eacute;gions du pays. Objectif : d&eacute;nombrer la population, l'habitat, l'agriculture et l'&eacute;levage en un peu plus d'un mois. Une op&eacute;ration coupl&eacute;e, in&eacute;dite, ambitieuse.</p>
<p>Le 29 mai, rien n'est termin&eacute;. Le 31 juillet non plus. Le 15 septembre, enfin, les op&eacute;rations s'arr&ecirc;tent &mdash; mais pas parce qu'elles sont achev&eacute;es. Parce que le temps est &eacute;coul&eacute;. Encore.</p>
<p>Trois prolongations sign&eacute;es par Joseph Dion Ngute. Chaque arr&ecirc;t&eacute; promettait de &laquo; garantir la qualit&eacute; des donn&eacute;es &raquo; . Chaque report a r&eacute;v&eacute;l&eacute; l'inverse.</p>
<h2>Ce que les chiffres disent vraiment</h2>
<p>Au 20 ao&ucirc;t 2026, l'UNFPA rapportait 20 686 611 personnes d&eacute;nombr&eacute;es, soit 68,6% de la couverture nationale . La cible initiale &eacute;tait de 30,142 millions d'habitants . Il manque pr&egrave;s de dix millions de personnes.</p>
<p>Dans le Wouri, d&eacute;partement qui abrite Douala, le retard oscillait entre 29% et 32,5% . Un tiers de la capitale &eacute;conomique n'a pas &eacute;t&eacute; compt&eacute;. Des quartiers entiers de Yaound&eacute; et Douala, absents de la cartographie initiale, n'ont jamais vu un agent recenseur .</p>
<p>Le taux de couverture national &eacute;tait encore inf&eacute;rieur &agrave; 60% au 24 juillet . Un mois et demi plus tard, il avait grignot&eacute; huit points. Trop peu. Trop tard.</p>
<h2>La r&eacute;volte des agents</h2>
<p>Le 22 mai 2026, des agents recenseurs suspendent leurs activit&eacute;s. Ultimatum de 72 heures au gouvernement. Ils d&eacute;noncent des retards de paiement, des &eacute;quipements obsol&egrave;tes, des conditions de travail pr&eacute;caires et un &laquo; sentiment croissant d'abandon &raquo; .</p>
<p>Dans un m&eacute;morandum adress&eacute; au Premier ministre, ils r&eacute;clament 150 000 FCFA de forfait, le paiement de la formation et la revalorisation du transport en zones enclav&eacute;es .</p>
<p>Un agent d&eacute;ploy&eacute; dans le Centre confie, sous couvert d'anonymat : &laquo; On nous avait pr&eacute;sent&eacute; certaines sommes au d&eacute;part. Mais une fois sur le terrain, nous avons d&eacute;couvert des retenues et des d&eacute;penses impr&eacute;vues. Beaucoup d'agents ont le sentiment d'avoir &eacute;t&eacute; tromp&eacute;s &raquo; .</p>
<p>Des chefs d'&eacute;quipe affirment avoir per&ccedil;u les m&ecirc;mes indemnit&eacute;s que leurs subordonn&eacute;s, malgr&eacute; des responsabilit&eacute;s suppl&eacute;mentaires .</p>
<h2>Le Wouri, symbole d'un effondrement logistique</h2>
<p>L'UNFPA a d&eacute;p&ecirc;ch&eacute; une mission d'audit &agrave; Douala du 17 au 20 ao&ucirc;t 2026. Les conclusions sont sans appel : &laquo; anomalies de saisie num&eacute;rique CAPI, distorsions statistiques comme un taux aberrant de 113% &agrave; l'Est, d&eacute;mobilisation du personnel li&eacute;e aux arri&eacute;r&eacute;s de frais de mission, d&eacute;missions accompagn&eacute;es de r&eacute;tentions indues de tablettes &raquo; .</p>
<p>Des agents sont partis. Avec les tablettes. Les donn&eacute;es sont peut-&ecirc;tre dedans. Ou pas.</p>
<h2>21 ans sans compter : le vrai scandale</h2>
<p>Le dernier recensement datait de 2005. Les standards internationaux recommandent un d&eacute;nombrement tous les dix ans . Le Cameroun a attendu 21 ans.</p>
<p>Pendant ces deux d&eacute;cennies, l'&Eacute;tat a planifi&eacute; ses &eacute;coles, ses h&ocirc;pitaux, ses routes et ses dotations budg&eacute;taires sur des estimations . Des projections vieilles de vingt ans. Sur une population qui a explos&eacute;, s'est d&eacute;plac&eacute;e, s'est urbanis&eacute;e.</p>
<p>Entre-temps, le pays a connu des crises s&eacute;curitaires dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l'Extr&ecirc;me-Nord. Des d&eacute;placements massifs de populations. Une explosion d&eacute;mographique urbaine .</p>
<p>Comment planifier un d&eacute;veloppement quand on ne conna&icirc;t pas le nombre exact de ceux qu'on est cens&eacute; servir ?</p>
<h2>La confiance, deuxi&egrave;me victime du recensement</h2>
<p>L'UDC de Patricia Toma&iuml;no Ndam Njoya a publi&eacute; une d&eacute;claration le 26 ao&ucirc;t 2026. Le parti &laquo; d&eacute;nonce les prolongations &agrave; r&eacute;p&eacute;tition &raquo; et &laquo; s'interroge sur la fiabilit&eacute; des donn&eacute;es &raquo; .</p>
<p>Pour l'UDC, le risque est que &laquo; les difficult&eacute;s d'ex&eacute;cution viennent affaiblir la confiance accord&eacute;e aux futurs r&eacute;sultats &raquo; . Le v&eacute;ritable test viendra apr&egrave;s le 15 septembre.</p>
<p>Le Pr Jean Bahebeck avait d&eacute;j&agrave; lanc&eacute; l'alerte en mars 2026. Selon lui, le gouvernement veut &laquo; fabriquer les chiffres pour pr&eacute;parer les prochaines &eacute;lections &raquo; . Une accusation grave, jamais d&eacute;mentie publiquement.</p>
<p>Le recensement s'ach&egrave;ve dans un contexte pr&eacute;-&eacute;lectoral. Un d&eacute;nombrement qui s'&eacute;tire fait forc&eacute;ment jaser .</p>
<h2>Ce que personne ne dit</h2>
<p>Le probl&egrave;me n'est pas seulement logistique. Il est structurel.</p>
<p>Le Cameroun a perdu l'expertise du d&eacute;nombrement. Le BUCREP, l'organisme cens&eacute; piloter l'op&eacute;ration, n'a pas organis&eacute; de recensement depuis 2005. Les &eacute;quipes ont chang&eacute;. Les savoir-faire se sont dilu&eacute;s.</p>
<p>La crise de liquidit&eacute; qui frappe le pays a fait le reste. Le budget est pass&eacute; de 13,3 &agrave; 19,3 milliards FCFA . Six milliards suppl&eacute;mentaires pour un r&eacute;sultat que personne ne d&eacute;fend.</p>
<p>Et au sommet, un leadership politique qui n'a jamais port&eacute; le projet. Le recensement n'a pas &eacute;t&eacute; une priorit&eacute; nationale. Il a &eacute;t&eacute; une obligation administrative, repouss&eacute;e jusqu'&agrave; l'absurde.</p>
<p>Les r&eacute;sultats pr&eacute;liminaires sont attendus pour 2027 . Ils seront contest&eacute;s. Ils le sont d&eacute;j&agrave;.</p>
<p>La question n'est pas de savoir si les chiffres seront fiables. La question est : &agrave; quoi bon d&eacute;penser 19 milliards FCFA pour un r&eacute;sultat que personne ne croira ?</p>
<p>Le Cameroun s'ach&egrave;ve le 15 septembre 2026 avec un recensement inachev&eacute;, une confiance bris&eacute;e et une question qui reste sans r&eacute;ponse : combien sommes-nous ?</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi le recensement camerounais a-t-il &eacute;t&eacute; prolong&eacute; trois fois ?</strong><br />Officiellement, pour &laquo; garantir la qualit&eacute; des donn&eacute;es &raquo;. En r&eacute;alit&eacute;, les prolongations ont &eacute;t&eacute; caus&eacute;es par des difficult&eacute;s logistiques, des retards de paiement des agents, une faible mobilisation des m&eacute;nages et des quartiers entiers absents de la cartographie initiale.</p>
<p><strong>Combien de personnes ont &eacute;t&eacute; recens&eacute;es au Cameroun en 2026 ?</strong><br />Au 20 ao&ucirc;t 2026, l'UNFPA rapportait 20 686 611 personnes d&eacute;nombr&eacute;es, soit 68,6% de la couverture nationale. La cible &eacute;tait de 30,142 millions d'habitants.</p>
<p><strong>Le recensement camerounais est-il fiable ?</strong><br />L'UDC et le Pr Jean Bahebeck ont publiquement exprim&eacute; des doutes. Des anomalies de saisie, des distorsions statistiques et des d&eacute;missions d'agents avec r&eacute;tention de tablettes ont &eacute;t&eacute; document&eacute;es par l'UNFPA.</p>
<p><strong>Quand les r&eacute;sultats du recensement seront-ils publi&eacute;s ?</strong><br />Les r&eacute;sultats pr&eacute;liminaires sont attendus pour 2027, selon le calendrier officiel.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 23 Sep 2026 18:27:34 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Le piège que Biya s&#039;est tendu avec la vice-présidence]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-le-piege-que-biya-sest-tendu-avec-la-vice-presidence.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>La réforme d'avril 2026 crée un vice-président nommé qui peut
déclencher une procédure d'incapacité. Le piège constitutionnel
que Paul Biya s'est tendu.

En nom...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Michelle-Ndocki250125500.jpg" alt="Cameroun - Le piège que Biya s&#039;est tendu avec la vice-présidence" width="600"/></p>
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                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-le-piege-que-biya-sest-tendu-avec-la-vice-presidence.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>La r&eacute;forme d'avril 2026 cr&eacute;e un vice-pr&eacute;sident nomm&eacute; qui peut d&eacute;clencher une proc&eacute;dure d'incapacit&eacute;. Le pi&egrave;ge constitutionnel que Paul Biya s'est tendu.</p>
<p>En nommant lui-m&ecirc;me son successeur, Paul Biya a cr&eacute;&eacute; une fonction qui peut se retourner contre lui et aucun vice-pr&eacute;sident n'a encore &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute;.</p>
<p>Quatre mois apr&egrave;s la promulgation de la loi n&deg;2026/002 du 14 avril, le poste de vice-pr&eacute;sident du Cameroun reste vacant. Ce silence n'est pas un oubli. C'est peut-&ecirc;tre la preuve que le dispositif imagin&eacute; &agrave; Yaound&eacute; inqui&egrave;te jusqu'&agrave; ses propres architectes. Car sous les apparences d'une r&eacute;forme technique, la r&eacute;vision constitutionnelle d'avril 2026 a introduit une m&eacute;canique que ses auteurs n'avaient pas pleinement anticip&eacute;e : un successeur nomm&eacute;, non &eacute;lu, capable de saisir le Conseil constitutionnel pour constater l'incapacit&eacute; du pr&eacute;sident qui l'a d&eacute;sign&eacute;. Autrement dit, Paul Biya a peut-&ecirc;tre cr&eacute;&eacute;, sans le vouloir, l'instrument de sa propre fin politique.</p>
<h2>Une r&eacute;forme qui devait tout verrouiller</h2>
<p>Pendant des d&eacute;cennies, la Constitution camerounaise a &eacute;t&eacute; retouch&eacute;e au gr&eacute; des calculs politiques. La r&eacute;vision de 2008 avait d&eacute;j&agrave; supprim&eacute; la limitation des mandats pr&eacute;sidentiels. Celle d'avril 2026 devait, dans l'esprit de ses promoteurs, r&eacute;soudre un probl&egrave;me simple : garantir la continuit&eacute; du pouvoir en cas de vacance brutale.</p>
<p>Le Parlement r&eacute;uni en Congr&egrave;s a adopt&eacute; le texte le 4 avril 2026 par 200 voix contre 18 et 4 abstentions. Dix jours plus tard, Paul Biya a promulgu&eacute; la loi. Le m&eacute;canisme para&icirc;t limpide : le pr&eacute;sident nomme un vice-pr&eacute;sident, qui assure l'int&eacute;rim et ach&egrave;ve le mandat en cas de d&eacute;c&egrave;s, d&eacute;mission ou incapacit&eacute; permanente du chef de l'&Eacute;tat.</p>
<h2>Le pi&egrave;ge : un successeur nomm&eacute; au c&oelig;ur du pouvoir</h2>
<p>Mich&egrave;le Ndoki, avocate et ancienne vice-pr&eacute;sidente de l'aile f&eacute;minine du MRC, a &eacute;t&eacute; la premi&egrave;re &agrave; formuler publiquement le paradoxe. Dans une tribune publi&eacute;e le 21 septembre 2026, elle &eacute;crit : &laquo; En cas d'incapacit&eacute; permanente, le vice-pr&eacute;sident peut d&eacute;clencher la proc&eacute;dure constitutionnelle qui saisit le Conseil constitutionnel. Le vice-pr&eacute;sident ne peut pas, &agrave; lui seul, destituer le Pr&eacute;sident : c'est le Conseil constitutionnel qui prend la d&eacute;cision d&eacute;terminante &raquo;.</p>
<p>La formulation est prudente. Mais l'implication est vertigineuse. La personne que Paul Biya aura lui-m&ecirc;me install&eacute;e au poste de vice-pr&eacute;sident se retrouve <strong>au c&oelig;ur du processus capable de mettre fin aux fonctions de celui qui l'a nomm&eacute;</strong>. Ce n'est pas un sc&eacute;nario de fiction constitutionnelle. C'est un article du texte.</p>
<p>L'avocate Ndoki pointe &eacute;galement une disparition : l'ancienne obligation d'organiser une nouvelle &eacute;lection pr&eacute;sidentielle dans un d&eacute;lai de 20 &agrave; 120 jours, qui pesait sur le pr&eacute;sident du S&eacute;nat en cas d'int&eacute;rim, a &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e. D&eacute;sormais, un vice-pr&eacute;sident nomm&eacute; peut achever le mandat en cours jusqu'en 2032 sans que les Camerounais ne retournent aux urnes.</p>
<h2>Le Conseil constitutionnel : juge et partie ?</h2>
<p>L'ind&eacute;pendance du Conseil constitutionnel camerounais a &eacute;t&eacute; mise en cause &agrave; chaque scrutin contest&eacute;. La loi organique pr&eacute;voit que ses onze membres sont tous, en derni&egrave;re instance, nomm&eacute;s par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Leurs candidatures proviennent de la Pr&eacute;sidence, de l'Assembl&eacute;e nationale, du S&eacute;nat et du Conseil sup&eacute;rieur de la magistrature. Mais le d&eacute;cret de nomination reste pr&eacute;sidentiel.</p>
<p>En octobre 2025, le Conseil a rejet&eacute; huit recours contestant la r&eacute;&eacute;lection de Paul Biya, puis proclam&eacute; sa victoire avec 53,66 % des voix. Sa d&eacute;cision &eacute;tait <strong>d&eacute;finitive et sans appel</strong>.</p>
<p>Le m&ecirc;me Conseil qui a valid&eacute; cette &eacute;lection pourrait, demain, avoir &agrave; trancher une question d'incapacit&eacute; opposant un pr&eacute;sident &agrave; son propre vice-pr&eacute;sident. Ce n'est pas une hypoth&egrave;se d'&eacute;cole : c'est une comp&eacute;tence que le texte lui conf&egrave;re explicitement.</p>
<h2>L'opposition d&eacute;nonce une &laquo; d&eacute;rive monarchique &raquo;</h2>
<p>Maurice Kamto, pr&eacute;sident du MRC, a qualifi&eacute; la r&eacute;forme de &laquo; coup d'&Eacute;tat institutionnel et constitutionnel &raquo;. Issa Tchiroma Bakary, arriv&eacute; deuxi&egrave;me &agrave; la pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, a parl&eacute; d'une &laquo; d&eacute;rive monarchique du pouvoir ill&eacute;gitime &raquo;. La professeure Kourra F&eacute;licit&eacute; Owona Mfegue a soulev&eacute; l'ambigu&iuml;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e par le dispositif.</p>
<p>Ces critiques ne sont pas seulement politiques. Elles touchent &agrave; un point de droit : comment un pouvoir nomm&eacute; par un seul homme peut-il &ecirc;tre contr&ocirc;l&eacute; par une institution dont ce m&ecirc;me homme nomme les membres ?</p>
<h2>Le silence de la nomination</h2>
<p>Depuis avril 2026, aucun nom n'a &eacute;t&eacute; officialis&eacute;. Des rumeurs ont circul&eacute; notamment sur une possible nomination de Franck Emmanuel Biya, fils du pr&eacute;sident. Elles ont &eacute;t&eacute; d&eacute;menties par les fact-checkers. &Agrave; ce jour, la fonction reste vacante.</p>
<p>Ce silence nourrit toutes les lectures. Pour certains observateurs, Paul Biya h&eacute;site &agrave; installer un successeur qui pourrait devenir un rival. Pour d'autres, il attend le moment opportun pour d&eacute;signer quelqu'un dont il contr&ocirc;le encore les loyaut&eacute;s. Le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Pr&eacute;sidence, circule dans les cercles du palais.</p>
<p>Mais la question centrale demeure : <strong>pourquoi nommer un vice-pr&eacute;sident si ce vice-pr&eacute;sident peut, un jour, se retourner contre vous ?</strong></p>
<hr />
<p><strong>Le vice-pr&eacute;sident camerounais est-il &eacute;lu par le peuple ?</strong><br />Non. Il est nomm&eacute; par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Contrairement &agrave; d'autres pays o&ugrave; le vice-pr&eacute;sident est un colistier &eacute;lu avec le pr&eacute;sident, au Cameroun la fonction est une d&eacute;signation pr&eacute;sidentielle.</p>
<p><strong>Que se passe-t-il si Paul Biya d&eacute;c&egrave;de en fonction ?</strong><br />Le vice-pr&eacute;sident s'il est nomm&eacute; assure l'int&eacute;rim et ach&egrave;ve le mandat en cours, jusqu'en 2032. Il n'y a plus d'obligation de convoquer une nouvelle &eacute;lection pr&eacute;sidentielle dans un d&eacute;lai de 20 &agrave; 120 jours.</p>
<p><strong>Le vice-pr&eacute;sident peut-il destituer le pr&eacute;sident ?</strong><br />Pas seul. Il peut saisir le Conseil constitutionnel pour constater une incapacit&eacute; permanente. C'est le Conseil qui d&eacute;cide. Mais le vice-pr&eacute;sident est celui qui d&eacute;clenche la proc&eacute;dure.</p>
<p><strong>Le Conseil constitutionnel est-il ind&eacute;pendant ?</strong><br />Ses onze membres sont nomm&eacute;s par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Leurs candidatures viennent de diff&eacute;rentes institutions, mais la nomination finale reste pr&eacute;sidentielle. Cette configuration a &eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement critiqu&eacute;e par l'opposition.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 13:05:38 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec Michel Ndocki</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-note-de-lecture-critique-du-rapport-pays-2026-de-la-bad-un-ton-de-resilience-qui-masque-la-misere.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de
résilience qui masque la misère sociale au Cameroun

Le Groupe de la Banque Africaine de Dév...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Louis_Marie_Kakdeu_Pideu03022024.jpg" alt="Cameroun - Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère" width="600"/></p>
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                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-note-de-lecture-critique-du-rapport-pays-2026-de-la-bad-un-ton-de-resilience-qui-masque-la-misere.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de r&eacute;silience qui masque la mis&egrave;re sociale au Cameroun</p>
<p>Le Groupe de la Banque Africaine de D&eacute;veloppement vient de publier son rapport pays sur le Cameroun qui tient sur 57 pages et se subdivise en 3 chapitres. Comme toujours, la part du citoyen ordinaire se r&eacute;sume &agrave; la &laquo; r&eacute;silience &raquo; et je fais cette note critique pour relever les contradictions du rapport sur la base des donn&eacute;es fournies.</p>
<p><strong>1. Un narratif institutionnel &agrave; nuancer</strong></p>
<p>Le rapport affiche un ton de r&eacute;silience assez constant (&laquo; l'&eacute;conomie camerounaise continue de faire preuve d'une r&eacute;silience remarquable &raquo;) qui m&eacute;rite d'&ecirc;tre interrog&eacute;, pour plusieurs raisons :</p>
<p>* Position de juge et partie. La BAD est &agrave; la fois auteur du diagnostic et cr&eacute;ancier/partenaire op&eacute;rationnel (PAGFIP, zone industrielle de Kribi, garanties partielles). Les sections &laquo; Actions possibles &agrave; engager par la Banque &raquo; s'ins&egrave;rent directement dans l'analyse des risques, ce qui tend &agrave; orienter le diagnostic vers la justification de ses propres instruments plut&ocirc;t que vers une &eacute;valuation strictement ind&eacute;pendante.</p>
<p>* Le contexte politique est trait&eacute; en une seule page introductive (report des l&eacute;gislatives et municipales &laquo; au vu de certaines contraintes imp&eacute;rieuses &raquo;, prorogation des mandats, cr&eacute;ation d'un poste de vice-pr&eacute;sident), sans que son impact sur la cr&eacute;dibilit&eacute; budg&eacute;taire, la gouvernance des march&eacute;s publics ou la confiance des investisseurs ne soit r&eacute;ellement int&eacute;gr&eacute; dans l'analyse des risques du Chapitre 1.</p>
<p><strong>2. Une soutenabilit&eacute; de la dette affirm&eacute;e mais, fragile dans le d&eacute;tail</strong></p>
<p>Le rapport qualifie la dette de &laquo; soutenable &raquo; (39,4% du PIB, bien en de&ccedil;&agrave; du plafond CEMAC de 70%), mais les donn&eacute;es qu'il fournit lui-m&ecirc;me racontent une autre histoire :</p>
<p>* Risque de surendettement &eacute;lev&eacute; reconnu explicitement (avril 2026), li&eacute; &agrave; un probl&egrave;me de liquidit&eacute; plus que de solvabilit&eacute;, c'est-&agrave;-dire un risque de court terme sur le service de la dette, pas seulement sur le stock.</p>
<p>* Service de la dette : 23,8% du budget en 2025 (contre 21,6% en 2024) et 40,1% des recettes fiscales. La dette int&eacute;rieure, plus ch&egrave;re (3,5% contre 2,4% pour l'ext&eacute;rieure) et &agrave; maturit&eacute; plus courte (5,5 ans contre 7,6 ans), prend une place croissante (33,2% du total en 2025 contre 28,5% en 2020), ce qui constitue un profil de refinancement de plus en plus tendu.</p>
<p>Accumulation d'arri&eacute;r&eacute;s de paiement, admise sans quantification pr&eacute;cise.</p>
<p>Le rapport souligne lui-m&ecirc;me, via la Figure 6, qu'entre 2021 et 2023 le Cameroun a d&eacute;pens&eacute; plus pour le service des int&eacute;r&ecirc;ts de la dette que pour la sant&eacute; publique. C&rsquo;est un indicateur d'arbitrage budg&eacute;taire d&eacute;j&agrave; d&eacute;favorable au social, avant m&ecirc;me la d&eacute;gradation de 2025-2026.</p>
<p><strong>3. Mise en perspective r&eacute;gionale (CEMAC)</strong></p>
<p>Le Cameroun se pr&eacute;sente comme la &laquo; plus grande puissance &eacute;conomique de la CEMAC &raquo; (50% du PIB r&eacute;gional, 50% des r&eacute;serves de change communautaires), ce qui en fait un acteur syst&eacute;mique pour toute la zone ; ses difficult&eacute;s budg&eacute;taires et son statut sur la liste grise du GAFI (depuis juin 2024) p&egrave;sent donc sur la cr&eacute;dibilit&eacute; financi&egrave;re r&eacute;gionale dans son ensemble, via la BEAC et la COBAC. Le Cameroun est donc &agrave; la fois le pilier et le maillon vuln&eacute;rable de l'architecture financi&egrave;re CEMAC, ce que le rapport documente sans vraiment en tirer les implications syst&eacute;miques pour la sous-r&eacute;gion.</p>
<p><strong>4. Les limites pour les d&eacute;penses sociales : le c&oelig;ur du probl&egrave;me</strong></p>
<p>C'est ici que les contradictions du rapport sont les plus significatives, car le narratif de &laquo; r&eacute;silience &raquo; macro&eacute;conomique masque un espace budg&eacute;taire social structurellement comprim&eacute; :</p>
<p>1. L'effet d'&eacute;viction par le service de la dette. Avec 23,8% du budget et 40,1% des recettes fiscales absorb&eacute;s par le service de la dette, et des paiements d'int&eacute;r&ecirc;ts qui ont d&eacute;pass&eacute; les d&eacute;penses de sant&eacute; sur 2021-2023, la marge disponible pour l'&eacute;ducation, la sant&eacute; et la protection sociale se r&eacute;duit m&eacute;caniquement, ind&eacute;pendamment des intentions affich&eacute;es.</p>
<p>2. Une assiette fiscale trop &eacute;troite pour financer l'action publique. Avec 13,3% du PIB de recettes fiscales (contre un plancher r&eacute;gional de 17%) et une &eacute;lasticit&eacute; fiscale inf&eacute;rieure &agrave; 1 (0,99), les recettes croissent plus lentement que l'&eacute;conomie elle-m&ecirc;me ; la capacit&eacute; de financer durablement les d&eacute;penses sociales ne progresse donc pas au m&ecirc;me rythme que les besoins d&eacute;mographiques.</p>
<p>3. Un secteur informel qui &eacute;chappe presque totalement &agrave; la fiscalit&eacute; (49,2% du PIB, 86,6% des emplois, mais moins de 5% des recettes fiscales), ce qui signifie que la majorit&eacute; de la population active reste hors du syst&egrave;me contributif (fiscal et social), avec seulement 26,5% des travailleurs informels couverts par une assurance volontaire.</p>
<p>4. Des dispositifs sociaux &agrave; l'&eacute;chelle d&eacute;risoire face &agrave; l'ampleur de la pauvret&eacute;. Le rapport se f&eacute;licite que 199 997 m&eacute;nages pauvres aient b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de transferts et 15 300 jeunes entrepreneurs d'un accompagnement ; ce sont des chiffres &agrave; mettre en regard des quelque 5,8 millions de personnes vivant dans l'extr&ecirc;me pauvret&eacute; (19,5% de 29,9 millions d'habitants). L'&eacute;cart d'&eacute;chelle est consid&eacute;rable.</p>
<p>5. Une croissance par habitant structurellement insuffisante. Le rapport reconna&icirc;t lui-m&ecirc;me que la croissance du PIB r&eacute;el par habitant (1,1% en 2025, projet&eacute;e &agrave; 1,5-1,6% en 2026-2027) reste tr&egrave;s en-de&ccedil;&agrave; du seuil de 3,5% jug&eacute; n&eacute;cessaire pour r&eacute;duire durablement pauvret&eacute; et in&eacute;galit&eacute;s ; c&rsquo;est un aveu qui contredit le ton globalement optimiste des perspectives.</p>
<p>6. Des in&eacute;galit&eacute;s territoriales extr&ecirc;mes non trait&eacute;es : 18,6% de pauvret&eacute; extr&ecirc;me en milieu rural contre 0,9% en milieu urbain ; c&rsquo;est un diff&eacute;rentiel qui interroge la pertinence des instruments de ciblage actuels, et que le rapport mentionne sans l'analyser.</p>
<p>7. Un gap d'efficience des investissements publics de 50% : ind&eacute;pendamment du niveau des ressources mobilis&eacute;es, la moiti&eacute; des d&eacute;penses d'investissement ne se traduit pas en capital productif, ce qui signifie que m&ecirc;me une hausse des recettes ne garantirait pas une am&eacute;lioration proportionnelle des services sociaux sans r&eacute;forme de la gestion de la d&eacute;pense.</p>
<p>8. L'absence de Compte unique du Tr&eacute;sor et la non-publication des &eacute;tats financiers des entreprises publiques traduisent des fuites et un manque de tra&ccedil;abilit&eacute; qui peuvent r&eacute;duisent l'efficacit&eacute; de chaque franc CFA allou&eacute; au social.</p>
<p>Le rapport documente correctement, dans son propre corps de donn&eacute;es, une situation o&ugrave; le service de la dette et l'inefficience de la d&eacute;pense publique contraignent structurellement l'espace budg&eacute;taire social, alors m&ecirc;me que son message de synth&egrave;se met l'accent sur la &laquo; r&eacute;silience &raquo; et la mobilisation de capitaux pour la &laquo; transformation structurelle &raquo;. La dimension sociale (pauvret&eacute;, in&eacute;galit&eacute;s, protection sociale) est trait&eacute;e comme une cons&eacute;quence d&eacute;riv&eacute;e de la croissance plut&ocirc;t que comme un axe de politique publique &agrave; part enti&egrave;re alors que les donn&eacute;es m&ecirc;mes du rapport (Figure 6 notamment) montrent que l'arbitrage entre dette et social est d&eacute;j&agrave; d&eacute;favorable &agrave; ce dernier depuis plusieurs ann&eacute;es.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident National du SDF</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 12:34:48 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Louis Marie Kakdeu</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - Saccage des ambassades : La lettre ouverte Shanda Tonme à certains compatriotes de la diaspora]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>A propos du saccage des ambassades...Manifester, protester, dénoncer,
revendiquer, alerter, interroger et s’indigner est un droit
inhérent à la liberté d’opinio...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Shanda_Tonme13022025.jpg" alt="Cameroun - Saccage des ambassades : La lettre ouverte Shanda Tonme à certains compatriotes de la diaspora" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>A propos du saccage des ambassades...Manifester, protester, d&eacute;noncer, revendiquer, alerter, interroger et s&rsquo;indigner est un droit inh&eacute;rent &agrave; la libert&eacute; d&rsquo;opinion, la libert&eacute; d&rsquo;association et la libert&eacute; de parole, toutes consacr&eacute;es par les instruments internationaux de r&eacute;f&eacute;rence. Mais casser des locaux diplomatiques, d&eacute;truire, s&rsquo;attaquer physiquement &agrave; des personnes de tout statut, constituent des fautes susceptibles de poursuites devant des instances judiciaires appropri&eacute;es.</p>
<p>Chers s&oelig;urs et chers fr&egrave;res de la diaspora,<br />Chers compatriotes,</p>
<p>J&rsquo;ai regard&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux, les images de vos actions contre les missions diplomatiques de notre pays en Europe, notamment les ambassades de Bruxelles et de La Haye. Je refuse de m&rsquo;&eacute;riger en donneurs de le&ccedil;ons, conscients de ce que je m&rsquo;adresse &agrave; des adultes, des personnes toutes matures et responsables d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, des actes qu&rsquo;elles posent, des d&eacute;cisions qu&rsquo;elles prennent et des cons&eacute;quences et implications de toute nature qui en r&eacute;sultent ou en r&eacute;sulteraient, maintenant ou &agrave; long terme.</p>
<p>Aucun compatriote ne vous emp&ecirc;chera de vous exprimer sur la marche de notre pays, sur son destin. Aucun compatriote ni m&ecirc;me aucun &eacute;tranger ne vous privera de votre droit de vous rendre &agrave; la repr&eacute;sentation diplomatique de votre pays partout dans le monde, d&rsquo;y accomplir des formalit&eacute;s quelconques, d&rsquo;y solliciter des services ou de vous y renseigner, vous informer, de rencontrer pacifiquement et de fa&ccedil;on convivial les personnels, y compris l&rsquo;ambassadeur. C&rsquo;est votre droit le plus absolu.&nbsp;</p>
<p>J&rsquo;ai regard&eacute; et m&eacute;moris&eacute; avec minutie, vos cris, vos signaux d&rsquo;alerte, vos mots d&rsquo;ordre. Rien ne permet ni &agrave; moi-m&ecirc;me ni &agrave; un autre, de dire que vous &ecirc;tes hors sujet, puisque vous &eacute;voquez des probl&egrave;mes et citez des noms, des &eacute;v&eacute;nements, des situations. Tout cela, bien que graves, peut &ecirc;tre fait diff&eacute;remment, sans violences ni agressions ni humiliations ni injures ni attaques physiques et ni destructions. En effet, la mission diplomatique, l&rsquo;ambassade, ses structures, ses logistiques constituent ce qui magnifie votre propre pr&eacute;sence et votre identit&eacute; hors du pays, partout o&ugrave; vous vous trouvez. C&rsquo;est notre bien commun, c&rsquo;est notre patrimoine sans chapelle ni tribu ni condition sociale ni religion.&nbsp;</p>
<p>Renseign&eacute;s, nous le sommes tous sur les maux de notre pays, et concern&eacute;s, nous le sommes &eacute;galement tous, avec la diff&eacute;rence que nous vivons sur place au pays, savons les g&eacute;rer, les c&ocirc;toyer et savons alerter diff&eacute;remment. Jamais je ne vous demanderai de vous taire ou de vous conformer &agrave; certaines inepties, errements, d&eacute;faillance et travers que nous connaissons. Mais jamais je ne vous soutiendrai ni vous conseillerai pour casser, d&eacute;truire, attaquer m&ecirc;me indirectement nos embl&egrave;mes. L&rsquo;heure est certes grave pour notre pays, plong&eacute; dans des attentes multiples, des inerties, des rumeurs indigestes et des proc&egrave;s interminables, mais jamais vous ne devez trouver l&agrave; un motif pour afficher ce comportement. Casser l&rsquo;ambassade c&rsquo;est casser votre chose, votre maison, c&rsquo;est vous d&eacute;truire vous-m&ecirc;mes. Faites-vous entendre autrement et votre message sera mieux respect&eacute; et plus audible, au lieu de prendre des allures de terrorismes ou de d&eacute;linquances irresponsables, inutiles, condamnables et contreproductives. D&eacute;filez, portez des banderoles, saisissez les instances dans le monde qui vous plaisent pour vous faire entendre, et voil&agrave; comment la cause, votre cause sera valablement entendue et respect&eacute;e. Nous sommes tous soucieux et tr&egrave;s pr&eacute;occup&eacute;s par l&rsquo;&eacute;volution de notre pays, et peut-&ecirc;tre nous sur place plus que vous &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. Ce qui est s&ucirc;r, le pays restera et nous passerons, laissant derri&egrave;re les ambassades comme nos maisons communes, notre identit&eacute; et nos refuges incontournables.</p>
<p>Je r&eacute;it&egrave;re que l&rsquo;ambassade c&rsquo;est votre chose, et tous ceux qui y travaillent, sont vos fr&egrave;res et s&oelig;urs et vous repr&eacute;sentent absolument. De gr&acirc;ce, faites autrement, faites sagement, faites intelligemment et sans haines ni vengeance ni sectarisme. Plaider une cause, c&rsquo;est d&rsquo;abord c&rsquo;est cela, vraiment ainsi./.&nbsp;</p>
<p>Yaound&eacute;, le 21 septembre 2026</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 08:31:28 +0200</pubDate>
                                    <author>Shanda Tonme</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Cameroun - Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-le-clash-comme-programme-politique-ou-comment-le-regime-dort-tranquille.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s'éteint et s'enlise,
une néo-classe politique s'écharpe sur les réseaux sociaux. Le
pouvoir n'a même plus besoin...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Louis_Marie_Kakdeu13072024.jpg" alt="Cameroun - Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s'&eacute;teint et s'enlise, une n&eacute;o-classe politique s'&eacute;charpe sur les r&eacute;seaux sociaux. Le pouvoir n'a m&ecirc;me plus besoin de se d&eacute;fendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n'est pas un accident. C'est un syst&egrave;me. Et la n&eacute;o-opposition dite &laquo; radicale &raquo; a pour mission d&rsquo;aider le r&eacute;gime en place &agrave; distraire le peuple.</p>
<p><strong>Une distraction regrettable</strong></p>
<p>L&rsquo;on met d&eacute;sormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Ed&eacute;a (moins de 50 km) mais, le citoyen qui est assis au fond d&rsquo;un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa t&ecirc;te, ni de l&rsquo;&eacute;tat de la route en d&eacute;gradation avanc&eacute;e. Il cherche plut&ocirc;t &agrave; sauver son t&eacute;l&eacute;phone et &agrave; se plaindre des probl&egrave;mes de connexion internet qui l&rsquo;emp&ecirc;che de suivre en direct les clashes sur les r&eacute;seaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la p&eacute;nurie de gaz, de la chert&eacute; du co&ucirc;t de vie, du ch&ocirc;mage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le r&eacute;gime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L&rsquo;image de ce paradoxe camerounais est que les ch&ocirc;meurs ont vot&eacute; le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au ch&ocirc;mage et qui leur a servi le bluff.&nbsp;</p>
<p><strong>Le clash comme programme&nbsp;</strong></p>
<p>Nous avons d&eacute;sormais une vie politique rythm&eacute;e par des querelles, pas par des id&eacute;es. Depuis la pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, qu'a-t-on surtout d&eacute;battu ? Des rumeurs de m&oelig;urs, des histoires d'argent, des &laquo; r&eacute;v&eacute;lations &raquo; sans preuve et des audios &laquo; fuit&eacute;s &raquo;. Elles font cliquer, mais elles n'ont jamais produit un kilom&egrave;tre de route ni un litre d'eau. Des proc&egrave;s en trahison sont le sport favori de certains. Il s&rsquo;agit des d&eacute;bats sur la moralit&eacute; des personnalit&eacute;s politiques comme s&rsquo;il y avait un seul &laquo; saint &raquo; sur terre : &laquo; que celui ou celle qui est saint-e jette en premier la pierre sur l&rsquo;autre ! &raquo;. Vous voyez des gens dont les vies sont enti&egrave;rement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalit&eacute;s politiques doit &ecirc;tre &laquo; propre &raquo; comme si l&rsquo;on &eacute;tait au ciel ou comme si l&rsquo;on interdisait &agrave; certains d&rsquo;&ecirc;tre aussi &laquo; personnalit&eacute;s politiques &raquo; ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caract&eacute;ristique d&rsquo;un d&eacute;ficit criard d&rsquo;engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l'&eacute;nergie militante est d&eacute;pens&eacute;e &agrave; partager, commenter ou d&eacute;mentir des rumeurs.</p>
<p><strong>Qui profite du bruit ?</strong></p>
<p>La r&eacute;ponse est simple : le pouvoir en place. Un r&eacute;gime qui dure depuis plus de quarante ans n'a qu'un ennemi s&eacute;rieux : le bilan. Tout d&eacute;bat sur les r&eacute;sultats l'oblige &agrave; r&eacute;pondre du d&eacute;lestage, du prix de l'eau, des chantiers inachev&eacute;s, des budgets engloutis. Il n'a donc qu'un int&eacute;r&ecirc;t : que le d&eacute;bat porte sur autre chose. Chaque pol&eacute;mique entre n&eacute;o-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins &agrave; venir, le r&eacute;gime affiche une retenue d&eacute;crite comme de la discipline, pendant qu'une agitation d&eacute;sordonn&eacute;e r&egrave;gne dans plusieurs camps de la n&eacute;o-opposition. Le pouvoir peut se taire : la n&eacute;o-opposition parle &agrave; sa place, et parle d'elle-m&ecirc;me.</p>
<p>C'est le point le plus douloureux. Une partie de la n&eacute;o-opposition qui se dit &laquo; radicale &raquo; a fait de la posture un projet : la d&eacute;nonciation permanente, l'anath&egrave;me contre ceux qui participent, le boycott &eacute;rig&eacute; en principe, le &laquo; tout ou rien &raquo;. Elle vit du clash parce que le clash produit de l'audience, et l'audience passe pour une l&eacute;gitimit&eacute;. Or, ni l'une ni l'autre ne remplacent une offre politique.</p>
<p>Le r&eacute;sultat est m&eacute;canique : Tant que &laquo; radical &raquo; signifie &laquo; celui qui hurle le plus fort &raquo;, il n'y a ni programme chiffr&eacute;, ni &eacute;quipe pr&ecirc;te &agrave; gouverner, ni ancrage local durable. Et le r&eacute;gime peut se pr&eacute;senter comme le seul acteur capable de g&eacute;rer un &Eacute;tat. On ne renverse pas un syst&egrave;me avec des punchlines : on l'use par des propositions. Et c&rsquo;est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m&rsquo;attends pas &agrave; &ecirc;tre entendu ; je ne suis pas dupe. Mais, je joue mon r&ocirc;le.</p>
<p>&Agrave; l'inverse, l'opposition authentique, celle qui fait le travail patient (&eacute;lus locaux, programmes sur l'eau, l'&eacute;nergie, la d&eacute;centralisation, contre-budgets, contr&ocirc;le de l'action gouvernementale), n'a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu&rsquo;elle est invisible dans l&rsquo;espace public qui r&eacute;compense le scandale. Elle est pourtant la seule &agrave; pr&eacute;parer l'alternance et l&rsquo;alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.</p>
<p>Le Cameroun n'a pas besoin d'un feuilleton de plus. Il a besoin d'eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne d&eacute;bordent pas. Tant que les acteurs politiques pr&eacute;f&eacute;reront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le r&eacute;gime dormira tranquille.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident National du SDF</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 21 Sep 2026 09:37:58 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Louis Marie Kakdeu</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - l&#039;impasse de la dette et le mirage d&#039;un financement exclusif par l&#039;endettement]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-limpasse-de-la-dette-et-le-mirage-dun-financement-exclusif-par-lendettement.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le gouvernement emprunte et les fonctionnaires détournent plus de 50%
de cet argent emprunté : voilà l'image de la mauvaise gouvernance du
Cameroun en 2026.

En...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Kakdeu_Louis_Marie28102024.jpg" alt="Cameroun - l&#039;impasse de la dette et le mirage d&#039;un financement exclusif par l&#039;endettement" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le gouvernement emprunte et les fonctionnaires d&eacute;tournent plus de 50% de cet argent emprunt&eacute; : voil&agrave; l'image de la mauvaise gouvernance du Cameroun en 2026.</p>
<p>Entre les tourn&eacute;es r&eacute;p&eacute;t&eacute;es du ministre des Finances vers les places financi&egrave;res, et l'absence persistante d'un nouvel accord avec le FMI, le <strong>Cameroun</strong> donne l'image d'un &Eacute;tat en qu&ecirc;te permanente de nouveaux cr&eacute;anciers. Mais, les chiffres racontent une histoire plus pr&eacute;occupante : celle d'un mod&egrave;le de financement qui repose presque exclusivement sur l'endettement, pendant que les autres leviers (IDE, croissance interne, &eacute;pargne de la diaspora, march&eacute; financier r&eacute;gional) restent largement sous-exploit&eacute;s. Je fais ici le d&eacute;cryptage de l'impasse dans laquelle le gouvernement actuel a mis le pays.</p>
<p><strong>Un ministre en tourn&eacute;e permanente, un FMI qui se fait attendre</strong></p>
<p>Depuis l'ach&egrave;vement, en juillet 2025, du programme &eacute;conomique et financier 2021-2025 conclu avec le FMI, le gouvernement multiplie les rencontres avec les missions du Fonds, la derni&egrave;re en date ayant eu lieu ce 17 septembre 2026. Un nouveau programme tarde pourtant &agrave; se mat&eacute;rialiser. En parall&egrave;le, le ministre multiplie les d&eacute;placements vers les capitales financi&egrave;res : ces 9 et 10 septembre 2026 encore, une forte d&eacute;l&eacute;gation s'est rendue &agrave; Marlborough House, &agrave; Londres, pour un &laquo; market sounding &raquo; organis&eacute; par le Commonwealth Enterprise and Investment Council. Or l'absence d'accord avec le FMI n'est pas anodine. Entre 2017 et 2025, le Cameroun a re&ccedil;u environ 2 600 milliards de FCFA dans le cadre de deux programmes successifs, une manne que le pays n'a pas pu mettre &agrave; profit. Pour 2027, le d&eacute;ficit budg&eacute;taire global est projet&eacute; &agrave; 1018 milliards de FCFA et les 300 milliards esp&eacute;r&eacute;s du FMI n'en couvriraient que pr&egrave;s de 30%.</p>
<p><strong>Un besoin de financement qui explose</strong></p>
<p>Le budget 2026 affiche un besoin de financement de 3104,2 milliards de FCFA, contre 2326,5 milliards en 2025, soit une hausse de 777,5 milliards. Pour le couvrir, le gouvernement pr&eacute;voit des tirages sur pr&ecirc;ts-projets de 826,7 milliards, une &eacute;mission de titres publics r&eacute;gionaux de 400 milliards, et un financement bancaire int&eacute;rieur de 589,7 milliards. L'essentiel des ressources projet&eacute;es provient donc d'instruments de dette.</p>
<p>R&eacute;sultat de cette accumulation : le service de la dette devrait absorber environ 17 % des recettes fiscales au cours des trois prochains exercices, limitant la flexibilit&eacute; du budget. Moody's a confirm&eacute;, le 21 ao&ucirc;t 2026, une note souveraine &laquo; Caa1 &raquo;, correspondant &agrave; un risque &laquo; &agrave; haut risque &raquo;, en &laquo; quasi-d&eacute;faut &raquo;, pointant des liquidit&eacute;s tendues et une dette publique en hausse. L'&eacute;ch&eacute;ance imm&eacute;diate est lourde : le pays doit affronter, en 2026, un mur de dette de 3,54 milliards de dollars, avec un remboursement des cr&eacute;anciers multilat&eacute;raux, bilat&eacute;raux et priv&eacute;s atteignant un pic historique.</p>
<p><strong>Les investissements &eacute;trangers : un levier en recul</strong></p>
<p>Le discours officiel invoque r&eacute;guli&egrave;rement les IDE comme relais de financement (attraits des capitaux). La r&eacute;alit&eacute; chiffr&eacute;e dit le contraire. Le stock d'IDE du Cameroun culminait &agrave; 560 milliards de FCFA en 2022. Il est retomb&eacute; &agrave; environ 473 milliards en 2026, soit seulement 1,2 % du PIB, alors que la SND30 exige d'en mobiliser 1500 milliards par an, plus de trois fois le stock actuel.</p>
<p>Ce recul traduit des blocages structurels identifi&eacute;s par les investisseurs eux-m&ecirc;mes. Une enqu&ecirc;te de la Banque mondiale (juin 2024-f&eacute;vrier 2025 sur 615 entreprises) cite l'acc&egrave;s au financement comme premier obstacle (28,8 %), suivi de l'acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;lectricit&eacute; (16,8 %), de la concurrence informelle (12,9 %) et de la corruption (7,3 %). La pression fiscale effective dans le formel atteint 57 %, la plus &eacute;lev&eacute;e de la CEMAC. L&rsquo;on voit que le ministre des finances se sp&eacute;cialise dans des voyages de luxe en vue d'endetter le pays au lieu de s&rsquo;affairer &agrave; am&eacute;liorer le climat des affaires.</p>
<p><strong>La croissance nationale : un moteur trop faible pour financer l'ambition</strong></p>
<p>Le second relais th&eacute;orique (croissance &eacute;conomique et cr&eacute;dit au secteur productif) peine &eacute;galement &agrave; jouer son r&ocirc;le. La croissance s'est maintenue &agrave; 3,5 % en 2025, pour la troisi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive, un rythme jug&eacute; trop modeste. Le Comit&eacute; national de suivi-&eacute;valuation (CNSE), dans un rapport d'ao&ucirc;t 2026, indique qu'&agrave; quatre ans de l'&eacute;ch&eacute;ance 2030, seuls 49,6% des besoins d'investissement de la SND30 sont satisfaits ; l'&eacute;cart entre investissements attendus et r&eacute;alis&eacute;s (2021-2030) atteint 44 432 milliards de FCFA. Le cr&eacute;dit au secteur productif ne repr&eacute;sente que 17,6 % du PIB, contre une cible de 23,2 %. Ni la croissance organique ni l'investissement priv&eacute; domestique ne comblent donc le d&eacute;ficit de financement.</p>
<p><strong>Des m&eacute;canismes alternatifs &eacute;voqu&eacute;s mais, jamais activ&eacute;s</strong></p>
<p>Le gouvernement reconna&icirc;t pourtant, dans son discours, la n&eacute;cessit&eacute; de diversifier. &Agrave; Londres, le ministre a plaid&eacute; pour des financements &agrave; co&ucirc;ts soutenables, des garanties, des financements mixtes et le partage des risques, plut&ocirc;t qu'un simple recours accru &agrave; l'endettement. Le Cameroun explorerait ainsi les Panda Bonds (march&eacute; chinois), les Samurai Bonds (march&eacute; japonais) et les Sukuk (finance islamique), mais sans montant ni calendrier pr&eacute;cis&eacute;s. Ce ne sont que des discours ! Pourtant, deux gisements restent quasiment ignor&eacute;s :<br />● La diaspora, forte d'environ six millions de personnes, dont l'&eacute;pargne pourrait alimenter des instruments d&eacute;di&eacute;s, mais qui reste absente des m&eacute;canismes de mobilisation actuels.<br />● Le partenariat public-priv&eacute; et les financements mixtes, cit&eacute;s comme priorit&eacute; mais, rarement traduits en projets concrets, faute d'un cadre incitatif stable.</p>
<p><strong>Quelles solutions r&eacute;alistes ?</strong></p>
<p>1. Compter prioritairement sur la croissance locale en levant les obstacles cit&eacute;s par les entreprises (am&eacute;lioration du climat des affaires) : acc&egrave;s au cr&eacute;dit local, fiabilit&eacute; &eacute;lectrique, lutte contre la concurrence d&eacute;loyale de l'informel.<br />2. Structurer une offre d'investissement pour la diaspora (obligations d&eacute;di&eacute;es, garanties de change, guichet sp&eacute;cifique) plut&ocirc;t que compter sur leur mobilisation spontan&eacute;e.<br />3. Revoir la pression fiscale sur le secteur formel, la plus &eacute;lev&eacute;e de la CEMAC, qui d&eacute;courage l'investissement qu'elle vise &agrave; financer.<br />4. Acc&eacute;l&eacute;rer les financements mixtes et garanties partag&eacute;es avec les bailleurs (Banque mondiale, BAD, AFD), moins co&ucirc;teux que la dette souveraine pure.<br />5. Concr&eacute;tiser, chiffres et calendrier &agrave; l'appui, les instruments alternatifs d&eacute;j&agrave; annonc&eacute;s (Sukuk, obligations vertes, Panda/Samurai Bonds).<br />6. Renforcer la mobilisation des recettes non p&eacute;troli&egrave;res, priorit&eacute; identifi&eacute;e par le FMI lors de sa mission Article IV de f&eacute;vrier 2026.</p>
<p>Nous disons que le Cameroun n'est pas condamn&eacute; &agrave; l'endettement perp&eacute;tuel. Mais tant que les leviers alternatifs resteront des d&eacute;clarations d'intention plut&ocirc;t que des programmes chiffr&eacute;s et ex&eacute;cut&eacute;s, chaque nouvelle tourn&eacute;e du ministre des Finances ressemblera moins &agrave; une strat&eacute;gie de diversification qu'&agrave; la gestion, au jour le jour, d'une d&eacute;pendance devenue structurelle.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident du SDF</em></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 17:16:38 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Louis Marie Kakdeu</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                <title><![CDATA[Féminicide au Cameroun : derrière chaque mort, un mystère à élucider]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/feminicide-au-cameroun-derriere-chaque-mort-un-mystere-a-elucider.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Derrière chaque mort violente, derrière chaque homme ou chaque femme
battue, se cache parfois une histoire que personne ne connaît dans
son entièreté.
Il y a l'...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Femme-Battue100626500.webp" alt="Féminicide au Cameroun : derrière chaque mort, un mystère à élucider" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Derri&egrave;re chaque mort violente, derri&egrave;re chaque homme ou chaque femme battue, se cache parfois une histoire que personne ne conna&icirc;t dans son enti&egrave;ret&eacute;.<br />Il y a l'acte que tout le monde voit.</p>
<p><strong>Il y a la plaie que personne ne voit.</strong></p>
<p>Et entre les deux se trouve souvent tout un monde de souffrances, de frustrations, de silences, de conflits, d'humiliations, de trahisons et de blessures accumul&eacute;es au fil des ann&eacute;es.</p>
<p>C'est pourquoi, face &agrave; un f&eacute;minicide, &agrave; un homicide conjugal ou &agrave; une violence extr&ecirc;me, il faut se garder des conclusions h&acirc;tives.<br />Condamner l'acte est une chose.<br />Comprendre le chemin qui y a conduit en est une autre.<br />Comprendre ne signifie pas excuser. Expliquer ne signifie pas justifier. Mais si nous voulons v&eacute;ritablement pr&eacute;venir les prochains drames, nous devons avoir le courage de regarder au-del&agrave; du dernier geste.</p>
<p>Car parfois, la violence que l'on d&eacute;couvre soudainement n'est que l'explosion visible d'une souffrance beaucoup plus ancienne.<br />Le magma qui bouillonne sous la surface<br />Certaines blessures ressemblent &agrave; un magma enfoui sous la terre.</p>
<p><strong>Pendant des ann&eacute;es, tout semble calme.</strong></p>
<p>La personne travaille, sourit, &eacute;l&egrave;ve ses enfants, fr&eacute;quente sa famille, participe &agrave; la vie sociale.<br />Mais &agrave; l'int&eacute;rieur, quelque chose bouillonne.<br />Une humiliation apr&egrave;s l'autre.<br />Une trahison apr&egrave;s l'autre.<br />Une frustration apr&egrave;s l'autre.<br />Une injustice ressentie.<br />Un conflit jamais r&eacute;solu.<br />Une parole qui blesse.</p>
<p><strong>Un silence qui s'&eacute;ternise.</strong></p>
<p>Une accumulation de ranc&oelig;urs que personne ne prend le temps d'&eacute;couter.<br />Puis vient un jour o&ugrave; le magma trouve une faille.<br />Et lorsque l'explosion survient, tout le monde d&eacute;couvre soudainement la violence.<br />On s'interroge :<br />&laquo; Comment a-t-il pu faire cela ? &raquo;<br />&laquo; Comment a-t-elle pu en arriver l&agrave; ? &raquo;<br />&laquo; Pourquoi personne n'a rien vu ? &raquo;</p>
<p>Mais parfois, la v&eacute;ritable question est aussi :<br />&laquo; Qu'est-ce qui s'est pass&eacute; pendant toutes ces ann&eacute;es avant que tout n'explose ? &raquo;<br />Ne jugeons pas une histoire enti&egrave;re sur son dernier chapitre<br />Lorsqu'un drame survient, notre &eacute;motion nous pousse naturellement &agrave; chercher imm&eacute;diatement un coupable et une victime.<br />La justice doit &eacute;videmment &eacute;tablir les responsabilit&eacute;s.<br />Mais la soci&eacute;t&eacute;, elle, doit aussi chercher &agrave; comprendre.</p>
<p>Car une personne ne devient pas n&eacute;cessairement violente du jour au lendemain. De m&ecirc;me, une relation ne devient pas destructrice en une seule nuit.<br />Il peut exister une longue histoire derri&egrave;re quelques minutes de violence.<br />Cela peut concerner une femme comme un homme.</p>
<p>Cela peut concerner la violence physique, mais &eacute;galement la violence psychologique, &eacute;conomique ou affective.<br />Le dernier coup n'explique pas toujours les dix ann&eacute;es qui l'ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;.<br />C'est pr&eacute;cis&eacute;ment pourquoi les enqu&ecirc;tes doivent &ecirc;tre s&eacute;rieuses, approfondies et d&eacute;barrass&eacute;es des pr&eacute;jug&eacute;s.</p>
<p><strong>Le r&ocirc;le de la famille</strong></p>
<p>La famille a ici une responsabilit&eacute; immense.<br />Combien de drames auraient peut-&ecirc;tre pu &ecirc;tre &eacute;vit&eacute;s si les proches avaient &eacute;cout&eacute; plus t&ocirc;t ?<br />Si quelqu'un avait pris au s&eacute;rieux les appels &agrave; l'aide ?<br />Si les parents avaient accept&eacute; d'entendre les deux versions ?<br />Si l'on avait cess&eacute; de consid&eacute;rer certaines humiliations comme de simples &laquo; probl&egrave;mes de couple &raquo; ?<br />Si l'on avait compris que derri&egrave;re un silence prolong&eacute; peut se cacher une immense souffrance ?<br />La famille ne doit pas attendre le drame pour d&eacute;couvrir qu'il y avait un probl&egrave;me.<br />Elle doit apprendre &agrave; intervenir avant que le magma ne trouve sa faille.</p>
<p><strong>Le r&ocirc;le de l'&Eacute;tat</strong></p>
<p>L'&Eacute;tat doit &eacute;galement cr&eacute;er les conditions permettant de d&eacute;tecter et de pr&eacute;venir ces situations avant qu'elles ne deviennent irr&eacute;versibles.<br />La lutte contre le f&eacute;minicide ne peut pas se limiter &agrave; compter les morts et &agrave; condamner les auteurs apr&egrave;s le drame.<br />Elle doit aussi s'attaquer aux m&eacute;canismes qui pr&eacute;c&egrave;dent la violence : conflits conjugaux chroniques, violences psychologiques, menaces, harc&egrave;lement, pr&eacute;carit&eacute;, isolement, instrumentalisation des enfants et absence de m&eacute;diation efficace.<br /><strong>La justice doit &eacute;tablir les faits.</strong></p>
<p>Les services sociaux doivent pouvoir intervenir.</p>
<p>Les familles doivent pouvoir &ecirc;tre accompagn&eacute;es.<br />Et les victimes, qu'elles soient femmes ou hommes, doivent savoir o&ugrave; trouver de l'aide avant que la situation ne devienne explosive.<br />Comprendre pour pr&eacute;venir<br />Une soci&eacute;t&eacute; qui ne regarde que l'explosion ne comprend pas le volcan.<br />Elle condamne la lave lorsqu'elle a d&eacute;j&agrave; d&eacute;truit la maison, mais elle oublie parfois de surveiller les signes qui annon&ccedil;aient l'&eacute;ruption.</p>
<p>C'est pourquoi, face aux f&eacute;minicides et aux violences conjugales au Cameroun, nous devons avoir deux exigences simultan&eacute;es :<br />la fermet&eacute; face &agrave; la violence et la profondeur dans la compr&eacute;hension de ses causes.<br />Il ne faut ni banaliser la souffrance, ni justifier le passage &agrave; l'acte.<br />Il faut &eacute;couter avant qu'il ne soit trop tard.<br />Il faut intervenir avant que la col&egrave;re ne devienne haine.<br />Il faut accompagner avant que la frustration ne devienne d&eacute;sespoir.<br />Et surtout, il faut comprendre que derri&egrave;re chaque drame, il y a parfois une histoire longue, complexe et douloureuse que les apparences ne racontent pas.</p>
<p>Derri&egrave;re chaque mort, il y a un myst&egrave;re humain qu'une enqu&ecirc;te s&eacute;rieuse doit chercher &agrave; &eacute;lucider.<br />Parce que le sang vers&eacute; est le dernier chapitre.<br />La v&eacute;ritable histoire, elle, a souvent commenc&eacute; des ann&eacute;es auparavant.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 08:12:07 +0200</pubDate>
                                    <author>Kemta</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Femme-Battue100626500.webp" type="image/webp"  />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Féminicide au Cameroun : et si l’on parlait aussi de l’homme sacrifié ?]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/feminicide-au-cameroun-et-si-lon-parlait-aussi-de-lhomme-sacrifie.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Au Cameroun, parler des violences faites aux femmes est devenu une
nécessité. Les féminicides, les agressions et les violences
conjugales sont des réalités grav...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Bagarre21.jpg" alt="Féminicide au Cameroun : et si l’on parlait aussi de l’homme sacrifié ?" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Au Cameroun, parler des violences faites aux femmes est devenu une n&eacute;cessit&eacute;. Les f&eacute;minicides, les agressions et les violences conjugales sont des r&eacute;alit&eacute;s graves qui doivent &ecirc;tre combattues. Mais vouloir prot&eacute;ger une cat&eacute;gorie de victimes ne devrait jamais conduire &agrave; fermer les yeux sur les souffrances d&rsquo;une autre.</p>
<p>Car il existe aussi des hommes qui, dans certaines s&eacute;parations ou certains conflits conjugaux, sont progressivement d&eacute;pouill&eacute;s de tout : leurs biens, leurs ressources, leur r&eacute;putation, leur dignit&eacute; et parfois m&ecirc;me leurs enfants.</p>
<p>Et derri&egrave;re certaines de ces trag&eacute;dies, il y a une r&eacute;alit&eacute; que notre soci&eacute;t&eacute; h&eacute;site encore &agrave; regarder en face : <strong>la responsabilit&eacute; des familles.</strong></p>
<p><strong>Quand certains comportements sont connus mais couverts par les parents</strong></p>
<p>Il arrive que certains comportements particuli&egrave;rement destructeurs soient connus de l&rsquo;entourage : infid&eacute;lit&eacute;s r&eacute;p&eacute;t&eacute;es, relations extraconjugales affich&eacute;es sans aucune retenue, comportements sexuels assum&eacute;s au grand jour, mensonges, manipulations financi&egrave;res ou humiliations publiques du conjoint.</p>
<p>Le probl&egrave;me n&rsquo;est pas la vie priv&eacute;e d&rsquo;un adulte en elle-m&ecirc;me. Le probl&egrave;me commence lorsque ces comportements s&rsquo;inscrivent dans une relation de couple et deviennent des instruments de tromperie, de manipulation ou de destruction de l&rsquo;autre.</p>
<p>Et lorsque la famille sait, mais se tait, une question doit &ecirc;tre pos&eacute;e :</p>
<p><strong>Pourquoi le silence des parents devient-il parfois plus important que la v&eacute;rit&eacute; ?</strong></p>
<p>Pourquoi certains parents savent-ils que leur fille trompe son mari, le d&eacute;pouille progressivement de ses biens, l'humilie ou utilise les enfants dans le conflit, mais choisissent-ils de fermer les yeux ?</p>
<p>Pourquoi certains proches pr&eacute;f&egrave;rent-ils prot&eacute;ger l'image de leur fille plut&ocirc;t que de lui dire : &laquo; Ce que tu fais est mal &raquo; ?</p>
<p>Aimer son enfant ne signifie pas justifier toutes ses actions.</p>
<p><strong>Un parent responsable ne couvre pas une faute : il aide son enfant &agrave; la reconna&icirc;tre et &agrave; la r&eacute;parer.</strong></p>
<p><strong>Le silence familial peut devenir une seconde violence</strong></p>
<p>Lorsqu'une famille intervient uniquement pour d&eacute;fendre son proche, sans chercher &agrave; conna&icirc;tre la v&eacute;rit&eacute;, elle peut transformer un probl&egrave;me conjugal en v&eacute;ritable affrontement.</p>
<p>L'homme devient alors l'&eacute;tranger, celui qu'il faut accuser, humilier et &eacute;carter.</p>
<p>On peut lui reprocher d'&ecirc;tre mauvais mari, mauvais p&egrave;re, irresponsable ou violent sans m&ecirc;me avoir entendu sa version. Sa parole devient suspecte simplement parce qu'il est un homme.</p>
<p>Pendant ce temps, certains comportements peuvent &ecirc;tre excus&eacute;s au nom de la solidarit&eacute; familiale.</p>
<p>C'est une grave erreur.</p>
<p><strong>La famille ne devrait pas &ecirc;tre une machine &agrave; fabriquer des coupables et des victimes. Elle devrait &ecirc;tre un espace de v&eacute;rit&eacute;.</strong></p>
<p><strong>Et lorsque les enfants deviennent une arme ?</strong></p>
<p>La situation devient encore plus dramatique lorsque les enfants sont utilis&eacute;s dans le conflit.</p>
<p>Priver un p&egrave;re de ses enfants, emp&ecirc;cher le contact, les dresser contre lui ou les utiliser comme moyen de pression peut constituer une violence psychologique consid&eacute;rable.</p>
<p>Les enfants ne devraient jamais &ecirc;tre la propri&eacute;t&eacute; d'un parent contre l'autre.</p>
<p>Ils ne sont ni une r&eacute;compense, ni une arme, ni une monnaie d'&eacute;change.</p>
<p>Un p&egrave;re qui a perdu son couple ne devrait pas n&eacute;cessairement perdre ses enfants.</p>
<p><strong>L'&Eacute;tat ne doit pas laisser les conflits familiaux devenir des guerres</strong></p>
<p>Face &agrave; ces situations, l'&Eacute;tat camerounais a une responsabilit&eacute;.</p>
<p>La justice doit pouvoir entendre aussi bien la femme que l'homme victime. Les violences physiques doivent &ecirc;tre sanctionn&eacute;es, mais les violences &eacute;conomiques et psychologiques doivent &eacute;galement &ecirc;tre prises au s&eacute;rieux.</p>
<p>Il faut davantage de m&eacute;canismes de m&eacute;diation familiale, une meilleure protection des enfants et des proc&eacute;dures permettant de d&eacute;terminer objectivement les responsabilit&eacute;s de chacun.</p>
<p>La justice ne doit pas &ecirc;tre remplac&eacute;e par les familles, les r&eacute;seaux sociaux, les rumeurs ou les campagnes de d&eacute;nigrement.</p>
<p><strong>Une accusation n'est pas une condamnation. Une r&eacute;putation d&eacute;truite n'est pas une preuve. Et le sexe d'une personne ne d&eacute;termine pas automatiquement qui est la victime et qui est le coupable.</strong></p>
<p><strong>Parlons enfin de cette violence que personne ne voit</strong></p>
<p>Il existe une violence qui ne laisse pas forc&eacute;ment de cicatrice sur le corps.</p>
<p>Elle peut prendre la forme de l'humiliation quotidienne, du m&eacute;pris, de la manipulation, du chantage affectif, de l'infid&eacute;lit&eacute; utilis&eacute;e pour d&eacute;truire l'autre, du contr&ocirc;le financier, de l'isolement, des insultes, du d&eacute;nigrement public ou de l'instrumentalisation des enfants.</p>
<p><strong>Cette violence psychologique est toute aussi dangereuse.</strong></p>
<p>Elle ne fait pas toujours couler le sang.</p>
<p>Elle peut pourtant faire couler les larmes en silence.</p>
<p>Elle peut vider un homme de sa confiance, de sa dignit&eacute; et de son envie de vivre. Elle peut le pousser &agrave; s'isoler, &agrave; se taire et &agrave; porter seul une souffrance que son entourage refuse de reconna&icirc;tre.</p>
<p>C'est pourquoi notre soci&eacute;t&eacute; doit cesser de consid&eacute;rer qu'un homme doit forc&eacute;ment &ecirc;tre fort, silencieux et capable d'encaisser.</p>
<p>Un homme peut &ecirc;tre victime.</p>
<p>Une femme peut &ecirc;tre victime.</p>
<p>Et dans les deux cas, la r&eacute;ponse doit &ecirc;tre la m&ecirc;me : <strong>la v&eacute;rit&eacute;, la protection, la justice et la responsabilit&eacute;.</strong></p>
<p>Le v&eacute;ritable courage d'une famille n'est pas de cacher les d&eacute;rives de son enfant.</p>
<p><strong>C'est d'avoir le courage de lui dire la v&eacute;rit&eacute;, m&ecirc;me lorsque cette v&eacute;rit&eacute; d&eacute;range.</strong></p>
<p>Et le v&eacute;ritable r&ocirc;le de l'&Eacute;tat n'est pas de choisir entre les hommes et les femmes.</p>
<p><strong>Son devoir est de prot&eacute;ger les personnes, de prot&eacute;ger les enfants et de faire respecter la justice.</strong></p>
<p>Car une violence qui ne fait pas couler le sang n'en est pas moins une violence.</p>
<p>Et parfois, derri&egrave;re un homme qui semble simplement avoir &laquo; perdu son foyer &raquo;, il y a une histoire de spoliation, d'humiliation, de trahison, de silence familial et de souffrance psychologique que personne n'a voulu entendre.</p>
<p><strong>Il est temps de parler de toutes les victimes.</strong></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 17 Sep 2026 08:18:30 +0200</pubDate>
                                    <author>Olivier Berhuse</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Bagarre21.jpg" type="image/jpeg"  />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Lecture d&#039;une actualité sportive à la lumière d&#039;une œuvre littéraire : L&#039;Os de Mor Lam]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-lecture-dune-actualite-sportive-a-la-lumiere-dune-oeuvre-litteraire-los-de-mor-lam.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>À toutes fins utiles. La présente tribune ne relève ni du
règlement de comptes, ni de la polémique partisane. Elle est un
exercice de lecture croisée. Une tenta...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Los_De_Morlam_19092026.jpg" alt="Cameroun - Lecture d&#039;une actualité sportive à la lumière d&#039;une œuvre littéraire : L&#039;Os de Mor Lam" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-lecture-dune-actualite-sportive-a-la-lumiere-dune-oeuvre-litteraire-los-de-mor-lam.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>&Agrave; toutes fins utiles. La pr&eacute;sente tribune ne rel&egrave;ve ni du r&egrave;glement de comptes, ni de la pol&eacute;mique partisane. Elle est un exercice de lecture crois&eacute;e. Une tentative de comprendre une actualit&eacute; sportive br&ucirc;lante &agrave; la lumi&egrave;re d'une &oelig;uvre litt&eacute;raire qui a berc&eacute; l'enfance de toute une g&eacute;n&eacute;ration de Camerounais.</p>
<p>Nous avons choisi de convoquer la litt&eacute;rature, car elle dit souvent, mieux que les communiqu&eacute;s officiels, les ressorts profonds du pouvoir, du secret et de la responsabilit&eacute;. Lorsque les faits comptables sont remplac&eacute;s par des incantations, lorsque la preuve est remplac&eacute;e par la victimisation, le conte devient plus &eacute;clairant que le droit.</p>
<p>C'est &agrave; cet exercice que nous nous livrons ici : lire l'affaire des 500 000 euros du match amical Cameroun-Russie &agrave; travers le prisme intemporel de L'Os de Mor Lam &nbsp;de Birago Diop.</p>
<p>Que le lecteur y voie un appel &agrave; la raison, &agrave; la transparence et au simple bon sens : en mati&egrave;re de gestion publique, on ne raconte pas l'os. On le montre.</p>
<p>L'affaire des 500 000 euros du match amical Cameroun-Russie : Samuel Eto'o, notre Mor Lam contemporain</p>
<p>Il est des contes qui ne vieillissent jamais, parce qu'ils disent la nature humaine dans ce qu'elle a de plus constant.</p>
<p>Dans Les Contes d'Amadou Koumba, &nbsp;Birago Diop nous offre l'histoire de Mor Lam. Un homme ordinaire qui, au retour d'une chasse myst&eacute;rieuse, ram&egrave;ne un os prodigieux. Un os qui chante, un os qui parle, un os qui nourrit tout le village. Mais quand les anciens l'interrogent, quand les femmes et les enfants lui demandent : &laquo; Mor Lam, d'o&ugrave; vient cet os ? &raquo;, l'homme se d&eacute;robe. Il parle de la for&ecirc;t, il parle du vent, il parle de la jalousie de ses voisins. Il parle de tout, sauf de l'os.</p>
<p>Cette parabole n'est pas anodine pour nous, Camerounais.</p>
<p>Pour toute la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 90, L'Os de Mor Lam a &eacute;t&eacute; &eacute;tudi&eacute; au coll&egrave;ge et au lyc&eacute;e comme &oelig;uvre au programme de lecture suivie. Tout le monde conna&icirc;t donc la fin de l'histoire.</p>
<p>Cette fable, apprise sur les bancs de l'&eacute;cole, semblait appartenir au folklore. Elle est devenue l'actualit&eacute; la plus br&ucirc;lante du football camerounais.</p>
<p>Aujourd'hui, notre Mor Lam s'appelle Samuel Eto'o Fils. L'os prodigieux, ce sont 500 000 euros. La chasse myst&eacute;rieuse, c'est un match amical &agrave; Moscou en 2023 contre la Russie. Et le village qui demande des comptes, c'est tout le peuple camerounais.</p>
<p>Depuis que la presse internationale affirme que cette somme, vers&eacute;e par la F&eacute;d&eacute;ration russe de football, aurait transit&eacute; par son compte personnel, l'ancien buteur, devenu pr&eacute;sident de la FECAFOOT, fait comme son anc&ecirc;tre litt&eacute;raire : il raconte tout, sauf l'essentiel.</p>
<p>Il convoque Gianni Infantino, il d&eacute;nonce CNN, les m&eacute;dias &eacute;trangers, les individus tapis dans l'ombre, une cabale, un complot contre le football africain. Il convoque le monde entier.</p>
<p>Une seule chose manque &agrave; son r&eacute;cit : l'os.</p>
<p>O&ugrave; est l'os, Pr&eacute;sident ?</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 17 Sep 2026 08:08:01 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Darren LAMBO EBELLE,Journaliste et enseignant de Lettres</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Kamerun/Los_De_Morlam_19092026.jpg" type="image/jpeg"  />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Firmin Bakabe prend la défense du Général de Brigade Tobie Gabriel Ngolo Ngomba]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-firmin-bakabe-prend-la-defense-du-general-de-brigade-tobie-gabriel-ngolo-ngomba.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Firmin Bakabe est le Président de l'Association pour la Promotion de
la Démocratie, du Développement Économique et Social et de la
Protection des Droits de l'Ho...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Firmin_Bakabe_Tobie_Gabriel_Ngolo_Ngomba_16092026.jpg" alt="Cameroun - Firmin Bakabe prend la défense du Général de Brigade Tobie Gabriel Ngolo Ngomba" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <content:encoded><![CDATA[<p><br />Firmin Bakabe est le Pr&eacute;sident de l'Association pour la Promotion de la D&eacute;mocratie, du D&eacute;veloppement &Eacute;conomique et Social et de la Protection des Droits de l'Homme au Cameroun et en Afrique.</p>
<p>Pris pour cible sur les r&eacute;seaux sociaux, le patron de la <strong>RMIA2 de Doual</strong>a re&ccedil;oit un soutien appuy&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; civile.</p>
<p>Depuis quelques jours, le G&eacute;n&eacute;ral de Brigade<strong> Tobie Gabriel NGOLO &nbsp;NGOMBA</strong>, nouveau Commandant de la 2e R&eacute;gion Militaire Interarm&eacute;es de Douala, est la cible d'une violente cabale sur les r&eacute;seaux sociaux. Face &agrave; ces attaques, Firmin Bakabe monte au cr&eacute;neau. Dans une tribune ferme parvenue &agrave; notre r&eacute;daction, le pr&eacute;sident de l'APRODEC d&eacute;nonce des accusations anonymes et d&eacute;fend le parcours d'un officier qu'il pr&eacute;sente comme un mod&egrave;le de m&eacute;ritocratie.</p>
<p>" Il faut que cela soit dit. Et il faut que ce soit dit clairement."</p>
<p>Depuis quelques jours, je lis sur les r&eacute;seaux sociaux une cabale indigne, faite de commentaires anonymes, de ragots de couloir et de jalousies mal d&eacute;guis&eacute;es, visant le G&eacute;n&eacute;ral de Brigade Tobie Gabriel NGOLO NGOMBA.</p>
<p>Je ne suis ni militaire, ni membre de sa famille, ni militant d'un clan suppos&eacute; ou r&eacute;el.</p>
<p>&Agrave; toutes fins utiles Je suis un simple citoyen camerounais qui refuse que l'on salisse, dans l'anonymat l&acirc;che d'un clavier, un serviteur de l'&Eacute;tat dont le parcours force le respect. On ne doit pas tout sacrifier m&ecirc;me dans le m&eacute;contentement le plus justifi&eacute; ou la col&egrave;re la plus l&eacute;gitime. Il faut pr&eacute;server les &eacute;toiles, &eacute;pargner veux qui se distinguent par leur excellence et int&eacute;grit&eacute; &agrave; servir la Nation. Une col&egrave;re ou un m&eacute;contentement qui ne s&eacute;pare pas le bon grain de l'ivraie est pire que l'injustice.&nbsp;</p>
<p>Car de quoi parle-t-on au juste ? On parle d'un officier issu de la promotion 1993-1996 de l'&Eacute;cole Militaire Interarm&eacute;es, qui n'a jamais b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'aucun passe-droit. Qui a gravi chaque &eacute;chelon &agrave; la sueur de son treillis. Formateur de commandos, commandant de compagnie, chef de centre d'instruction, puis chef d'&Eacute;tat-Major de la Garde Pr&eacute;sidentielle. C'est sous son commandement que des g&eacute;n&eacute;rations de commandos ont appris &agrave; tenir plus de 400 kilom&egrave;tres en terrain hostile. Cela ne s'obtient pas par l'intrigue. Cela s'obtient par la rigueur.</p>
<p>On parle d'un major de l'&Eacute;cole Internationale de Guerre de Yaound&eacute;. Que ceux qui ironisent aillent se renseigner sur ce que signifie &ecirc;tre major de l'&Eacute;cole de Guerre. Ce n'est pas une nomination de copinage, c'est la sanction d'un concours intellectuel impitoyable o&ugrave; seule surnage l'excellence strat&eacute;gique.</p>
<p>On parle aujourd'hui du commandant de la 2e R&eacute;gion Militaire Interarm&eacute;es de Douala. L'une des zones les plus sensibles du pays, o&ugrave; se jouent &agrave; la fois la s&eacute;curit&eacute; de notre fa&ccedil;ade maritime, la protection de notre poumon &eacute;conomique et la stabilit&eacute; de toute la c&ocirc;te. On n'envoie pas un homme &agrave; Douala par hasard. On y envoie celui en qui la haute hi&eacute;rarchie a toute confiance.</p>
<p>Alors que lui reproche-t-on au fond ? D'&ecirc;tre jeune ? D'&ecirc;tre le plus jeune G&eacute;n&eacute;ral de sa g&eacute;n&eacute;ration ? Faut-il d&eacute;sormais s'excuser d'&ecirc;tre comp&eacute;tent trop t&ocirc;t ? Depuis quand la valeur devrait-elle attendre le nombre des ann&eacute;es dans notre arm&eacute;e ?</p>
<p>Cette cabale est r&eacute;v&eacute;latrice d'un mal bien camerounais : nous c&eacute;l&eacute;brons l'excellence &agrave; l'&eacute;tranger, mais nous la soup&ccedil;onnons syst&eacute;matiquement chez nous. Nous pr&eacute;f&eacute;rons le mythe du G&eacute;n&eacute;ral qui aurait r&eacute;ussi par des r&eacute;seaux occultes &agrave; la r&eacute;alit&eacute;, plus simple et plus exigeante, d'un homme qui a travaill&eacute;.</p>
<p>J'ai vu des commentaires parler de ce qu'ils ignorent, juger un parcours qu'ils n'ont jamais approch&eacute; et salir un nom qu'ils ne portent pas.</p>
<p>Le G&eacute;n&eacute;ral NGOLO NGOMBA n'a pas besoin que je le d&eacute;fende. Son dossier le d&eacute;fend. Ses hommes le d&eacute;fendent. Son &eacute;toile le d&eacute;fend.</p>
<p>Mais notre arm&eacute;e, elle, a besoin que nous, citoyens, ne laissions pas faire. Une arm&eacute;e qui voit ses meilleurs cadres tra&icirc;n&eacute;s dans la boue num&eacute;rique sans qu'aucune voix ne s'&eacute;l&egrave;ve pour r&eacute;tablir la v&eacute;rit&eacute; est une arm&eacute;e que l'on affaiblit.</p>
<p>Moi, je choisis de dire ceci : merci, mon G&eacute;n&eacute;ral, pour le service rendu. Et bon commandement &agrave; Douala. Le terrain vous attend. C'est l&agrave; que vous avez toujours &eacute;t&eacute; le meilleur, loin des bruits de couloir et des commentaires Facebook.</p>
<p>Avec respect.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Wed, 16 Sep 2026 12:32:21 +0200</pubDate>
                                    <author>Firmin Bakabe</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Firmin_Bakabe_Tobie_Gabriel_Ngolo_Ngomba_16092026.jpg" type="image/jpeg"  />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Alamine Ousmane Mey, l&#039;homme qui peut réveiller le Grand-Nord]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-alamine-ousmane-mey-lhomme-qui-peut-reveiller-le-grand-nord.html</link>
                <description>
                    <![CDATA[
                    <p>Après l'exil de Tchiroma, le Grand-Nord cherche un leader. Alamine
Ousmane Mey peut-il combler ce vide ? Enquête sur une succession qui
divise.

L'exil d'Issa T...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Alamine-Ousmane-Mey021024500.jpg" alt="Cameroun - Alamine Ousmane Mey, l&#039;homme qui peut réveiller le Grand-Nord" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
                <guid isPermaLink="true">https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-alamine-ousmane-mey-lhomme-qui-peut-reveiller-le-grand-nord.html</guid>
                <content:encoded><![CDATA[<p>Apr&egrave;s l'exil de Tchiroma, le Grand-Nord cherche un leader. Alamine Ousmane Mey peut-il combler ce vide ? Enqu&ecirc;te sur une succession qui divise.</p>
<p>L'exil d'Issa Tchiroma Bakary a laiss&eacute; le Grand-Nord orphelin. Alamine Ousmane Mey, discret ministre de l'&Eacute;conomie, pourrait h&eacute;riter d'une revendication historique &agrave; condition de sortir de l'ombre.</p>
<p>Le Grand-Nord camerounais n'a plus de voix. Depuis que l'ex-ministre de l'Emploi, candidat malheureux de la pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025, s'est exil&eacute; en Gambie. Depuis que Paul Biya, r&eacute;&eacute;lu pour un huiti&egrave;me mandat, gouverne depuis Yaound&eacute;, indiff&eacute;rent &agrave; cette r&eacute;gion qui lui a longtemps donn&eacute; ses voix. Depuis que la promesse d'alternance Nord-Sud, vieille de quatre d&eacute;cennies, s'est dissoute dans le silence.</p>
<p>Un nom circule pourtant, &agrave; voix basse, dans les salons de Garoua et les couloirs de Yaound&eacute; : Alamine Ousmane Mey.</p>
<h2>Alamine Ousmane Mey, l'&eacute;lectron libre qui peut r&eacute;veiller le Grand-Nord</h2>
<p>Issa Tchiroma Bakary a quitt&eacute; le Cameroun en novembre 2025. Depuis, il vit en Gambie. Le 20 juillet dernier, il a lanc&eacute; un appel vid&eacute;o &agrave; l'arm&eacute;e camerounaise : &laquo;<strong> Venez me r&eacute;cup&eacute;rer</strong> &raquo;, a-t-il demand&eacute;, se pr&eacute;sentant comme le &laquo; pr&eacute;sident &eacute;lu &raquo; de la pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025.</p>
<p>Un an plus t&ocirc;t, il &eacute;tait ministre de l'Emploi. Il avait d&eacute;missionn&eacute; trois mois avant le scrutin. Le Conseil constitutionnel a proclam&eacute; Paul Biya vainqueur avec 53,66 % des voix. Tchiroma a obtenu 35,19 % un score contest&eacute;, mais un fait brut : il a gagn&eacute; l'Adamaoua (50,33 %), le Nord (43,51 %) et le Littoral (64,59 %).</p>
<p>Pour la premi&egrave;re fois depuis 1997, le Grand-Nord a vot&eacute; contre le candidat du pouvoir. La chute est vertigineuse. En 2011, Paul Biya glanait 86,15 % dans l'Adamaoua, 90,15 % dans l'Extr&ecirc;me-Nord, 77,98 % dans le Nord. En 2025, il perd deux de ces trois r&eacute;gions.</p>
<p>Ce basculement n'est pas un accident. C'est une revendication ancienne, enfouie depuis la d&eacute;mission d'Ahmadou Ahidjo en 1982. Le premier pr&eacute;sident, originaire du Nord, avait c&eacute;d&eacute; le pouvoir &agrave; Paul Biya, du Sud. Quarante ans plus tard, le Grand-Nord r&eacute;clame sa part. Tchiroma en a &eacute;t&eacute; l'incarnation. Il est parti.</p>
<h2>L'homme qui ne dit jamais non, mais qui ne dit rien</h2>
<p>Alamine Ousmane Mey n'a jamais prononc&eacute; un mot de trop. Ministre de l'&Eacute;conomie, de la Planification et de l'Am&eacute;nagement du Territoire depuis 2015, cet ancien banquier de 58 ans est d&eacute;crit par Jeune Afrique comme &laquo; l'&eacute;lectron libre du pouvoir &raquo;. Encart&eacute; au RDPC, proche de Franck Biya le fils du pr&eacute;sident il joue &laquo; sa propre partition &raquo;, loin des intrigues de Yaound&eacute;.</p>
<p>Son ancrage territorial est r&eacute;el. Fils de Garoua, il incarne une g&eacute;n&eacute;ration de technocrates nordistes qui n'ont pas fait de la revendication identitaire leur m&eacute;tier. Il a dirig&eacute; des missions dans le Septentrion pour &eacute;valuer les projets structurants de la Strat&eacute;gie nationale de d&eacute;veloppement 2030. En septembre 2025, il a sign&eacute; avec la Banque africaine de d&eacute;veloppement un pr&ecirc;t de 136 millions d'euros pour l'employabilit&eacute; et l'entrepreneuriat dans l'Extr&ecirc;me-Nord.</p>
<p>Mais l'homme ne se presse jamais. Il ne revendique rien. Il attend.</p>
<h2>La condition que personne n'avait vue venir</h2>
<p>Selon l'enqu&ecirc;te de Jeune Afrique, Alamine Ousmane Mey pourrait pr&eacute;tendre &agrave; f&eacute;d&eacute;rer le Grand-Nord. Sa stature nationale, son ancrage local, sa proximit&eacute; avec le clan pr&eacute;sidentiel : tout semble align&eacute;. Sauf une chose.</p>
<p><strong>Il devrait abandonner sa discr&eacute;tion.</strong></p>
<p>Pour un homme qui s'est construit une carri&egrave;re en se tenant &laquo; au-dessus de la m&ecirc;l&eacute;e &raquo;, le basculement serait une rupture strat&eacute;gique majeure. Alamine Ousmane Mey n'a jamais fait campagne pour lui-m&ecirc;me. Il n'a jamais pris la parole dans un meeting. Il n'a jamais &eacute;lev&eacute; la voix.</p>
<p>Le Grand-Nord attend un tribun. Il a un gestionnaire.</p>
<h2>Le vide que Tchiroma a laiss&eacute;</h2>
<p>Le Front pour le Salut national du Cameroun (FSNC), le parti de Tchiroma, a annonc&eacute; en f&eacute;vrier 2026 qu'il participerait finalement aux &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales. Un revirement. Le parti avait initialement proclam&eacute; le boycott, refusant de &laquo; cautionner les irr&eacute;gularit&eacute;s &raquo; du syst&egrave;me &eacute;lectoral. Mais Alice Nkom, porte-parole du FSNC, a expliqu&eacute; que la strat&eacute;gie visait d&eacute;sormais &agrave; &laquo; r&eacute;cup&eacute;rer des mains du RDPC &raquo; certaines circonscriptions cl&eacute;s, notamment Douala 2e.</p>
<p>Cette d&eacute;cision r&eacute;v&egrave;le une r&eacute;alit&eacute; : le FSNC continue d'exister sans son leader. Mais il n'a plus d'incarnation. Tchiroma, depuis la Gambie, appelle l'arm&eacute;e &agrave; le ramener. Il revendique 72 % des suffrages, y compris au sein de l'arm&eacute;e. Personne, &agrave; Yaound&eacute;, ne r&eacute;pond.</p>
<p>Le Grand-Nord, lui, n'a plus de porte-voix. Les &eacute;lections l&eacute;gislatives approchent. Les municipales aussi. Qui portera la revendication de l'alternance ? Qui parlera pour l'Adamaoua, l'Extr&ecirc;me-Nord et le Nord ?</p>
<p>Alamine Ousmane Mey pourrait &ecirc;tre cet homme. Mais il faudrait qu'il parle.</p>
<h2>La question qui d&eacute;range</h2>
<p>L'entourage de Paul Biya 93 ans, au pouvoir depuis 43 ans observe. Le pr&eacute;sident est rest&eacute; hors du Cameroun pendant 74 jours cet &eacute;t&eacute;, alimentant les sp&eacute;culations sur sa sant&eacute; et sa succession. Franck Biya, son fils, est cit&eacute; comme un possible h&eacute;ritier. Alamine Ousmane Mey, proche de lui, est dans l'&eacute;quation.</p>
<p>La succession ouverte du RDPC et la revendication du Grand-Nord sont deux dynamiques distinctes. Elles pourraient se rejoindre. Alamine Ousmane Mey est le point de jonction possible : un Nordiste loyal au r&eacute;gime, capable de rassurer Yaound&eacute; et de parler au Septentrion.</p>
<p>Mais il y a un prix. S'il choisit de f&eacute;d&eacute;rer le Grand-Nord, il devra se positionner. S'il se positionne, il entre dans la m&ecirc;l&eacute;e. S'il entre dans la m&ecirc;l&eacute;e, il perd la neutralit&eacute; qui fait sa valeur.</p>
<p>Le dilemme est simple. Rester discret, ou devenir un leader. Alamine Ousmane Mey n'a pas encore choisi. Le Grand-Nord, lui, n'a plus le temps d'attendre.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi Issa Tchiroma Bakary est-il en exil en Gambie ?</strong><br />Il a quitt&eacute; le Cameroun en novembre 2025, apr&egrave;s avoir contest&eacute; les r&eacute;sultats de la pr&eacute;sidentielle du 12 octobre. Il a demand&eacute; l'asile en Gambie.</p>
<p><strong>Qui est Alamine Ousmane Mey ?</strong><br />Ministre de l'&Eacute;conomie depuis 2015, ancien banquier, originaire de Garoua. Il est d&eacute;crit comme un &laquo; &eacute;lectron libre &raquo; du pouvoir, proche de Franck Biya.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'alternance Nord-Sud ?</strong><br />Une revendication historique du Grand-Nord, qui estime qu'apr&egrave;s la d&eacute;mission d'Ahmadou Ahidjo en 1982, le pouvoir devait alterner entre le Nord et le Sud. Quarante ans plus tard, aucun Nordiste n'a succ&eacute;d&eacute; &agrave; Biya.</p>
<p><strong>Le Grand-Nord peut-il encore peser sur la pr&eacute;sidentielle ?</strong><br />Lors de la pr&eacute;sidentielle de 2025, les trois r&eacute;gions septentrionales ont massivement vot&eacute; pour Tchiroma. Le poids &eacute;lectoral de la r&eacute;gion reste significatif, mais divis&eacute;.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 15 Sep 2026 10:30:46 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Alamine-Ousmane-Mey021024500.jpg" type="image/jpeg"  />
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                            </item>
        
                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - DR CORANTIN TALLA: « Kamto hier, Tchiroma aujourd’hui… et demain qui ?]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-dr-corantin-talla-kamto-hier-tchiroma-aujourdhui-et-demain-qui.html</link>
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                    <p>Comment certains des casseurs, mégalomanes en treillis et prétendus
généraux de la BAS, qui hier encore ne juraient que par Maurice
Kamto, sont-ils devenus aujo...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Corentin_Talla07042024.jpg" alt="Cameroun - DR CORANTIN TALLA: « Kamto hier, Tchiroma aujourd’hui… et demain qui ?" width="600"/></p>
                                        ]]>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Comment certains des casseurs, m&eacute;galomanes en treillis et pr&eacute;tendus g&eacute;n&eacute;raux de la BAS, qui hier encore ne juraient que par Maurice Kamto, sont-ils devenus aujourd&rsquo;hui ses adversaires au point de lui pr&eacute;f&eacute;rer Issa Tchiroma ?</p>
<p>Hier, Kamto &eacute;tait leur messie.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, Kamto serait devenu infr&eacute;quentable et Tchiroma serait soudainement le sauveur du Cameroun.</p>
<p>Demain, ce sera qui ?</p>
<p>Voil&agrave; pr&eacute;cis&eacute;ment la politique des girouettes que j&rsquo;ai toujours m&eacute;pris&eacute;e.</p>
<p>Et que l&rsquo;on ne vienne surtout pas me pr&eacute;senter Issa Tchiroma comme une vierge politique descendue du ciel.</p>
<p>L&rsquo;homme a lui aussi &eacute;t&eacute; ministre de Paul Biya.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, depuis l&rsquo;&eacute;tranger, il distribue &agrave; tout vent des titres et des postes dans ce que je consid&egrave;re comme un pseudo-gouvernement de Facebook, pendant que des fanfarons se d&eacute;couvrent ministres, g&eacute;n&eacute;raux, conseillers et dignitaires d&rsquo;un pouvoir qu&rsquo;ils n&rsquo;exercent nulle part.</p>
<p>Le Cameroun est devenu, pour certains, un gigantesque th&eacute;&acirc;tre politique sur les r&eacute;seaux sociaux.</p>
<p>On met un treillis.</p>
<p>On se proclame g&eacute;n&eacute;ral.</p>
<p>On fait trois directs Facebook.</p>
<p>On insulte quelques personnes.</p>
<p>On distribue des minist&egrave;res imaginaires.</p>
<p>Et voil&agrave; : on se prend d&eacute;j&agrave; pour un homme d&rsquo;&Eacute;tat !</p>
<p>Mais ce qui m&rsquo;int&eacute;resse davantage, c&rsquo;est la facilit&eacute; avec laquelle certains changent de champion.</p>
<p>Car je n&rsquo;ai pas oubli&eacute; les accusations qui avaient circul&eacute; autrefois concernant certains activistes de la diaspora et leurs contacts suppos&eacute;s avec des autorit&eacute;s du r&eacute;gime Biya en s&eacute;jour en Europe.</p>
<p>On avait parl&eacute; de personnes qui auraient cherch&eacute; de l&rsquo;argent en contrepartie d&rsquo;une cessation de leurs activit&eacute;s antigouvernementales.</p>
<p>Des sommes &eacute;normes avaient &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;es.</p>
<p>D&rsquo;aucuns auraient r&eacute;clam&eacute; des centaines de millions de francs CFA. Il avait m&ecirc;me &eacute;t&eacute; all&eacute;gu&eacute; qu&rsquo;un groupe conduit par un pr&eacute;tendu &laquo; g&eacute;n&eacute;ral &raquo; de la BAS, toujours affubl&eacute; de ses treillis militaires, aurait demand&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; un milliard de francs CFA.</p>
<p>Je le pr&eacute;cise : je rapporte ici des accusations formul&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Je ne les transforme pas artificiellement en faits judiciairement &eacute;tablis lorsque je ne dispose pas ici des &eacute;l&eacute;ments permettant de le faire.</p>
<p>Mais ma question politique, elle, demeure enti&egrave;re.</p>
<p>Ces gens qui ont aujourd&rsquo;hui rejoint Tchiroma, qu&rsquo;ont-ils gagn&eacute; ?</p>
<p>Quelles id&eacute;es nouvelles ont-ils d&eacute;couvertes ?</p>
<p>Quel programme &eacute;conomique ?</p>
<p>Quelle doctrine institutionnelle ?</p>
<p>Quelle vision de l&rsquo;&Eacute;tat ?</p>
<p>Quelle conception de la d&eacute;mocratie ?</p>
<p>Expliquez-nous !</p>
<p>Parce que si hier vous &eacute;tiez pr&ecirc;ts &agrave; mourir politiquement pour Kamto et qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui vous &ecirc;tes pr&ecirc;ts &agrave; mourir politiquement pour Tchiroma, alors que vos id&eacute;es n&rsquo;ont manifestement subi aucune r&eacute;volution intellectuelle identifiable, le peuple camerounais est parfaitement en droit de demander :</p>
<p>QU&rsquo;EST-CE QUI A CHANG&Eacute;, &Agrave; PART VOS INT&Eacute;R&Ecirc;TS ?</p>
<p>C&rsquo;est cela, le probl&egrave;me d&rsquo;une partie de notre pr&eacute;tendue opposition.</p>
<p>Ils ne suivent pas les id&eacute;es.</p>
<p>Ils suivent les hommes.</p>
<p>Ils suivent les rapports de force.</p>
<p>Ils suivent les promesses de postes.</p>
<p>Et, pour certains, la question de l&rsquo;argent finit toujours par r&ocirc;der quelque part.</p>
<p>Moi, je ne fonctionne pas ainsi.</p>
<p>Je ne suis pas adepte du fake support, du suivisme et du m&rsquo;as-tu-vu politique qui consiste &agrave; courir derri&egrave;re celui vers qui souffle momentan&eacute;ment le vent.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;un treillis pour exister politiquement.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas besoin qu&rsquo;un politicien me promette un minist&egrave;re imaginaire pour avoir une opinion.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas besoin de changer de &laquo; pr&eacute;sident &raquo; tous les six mois pour rester visible sur Facebook.</p>
<p>Et personne n&rsquo;ach&egrave;tera ma conscience avec de l&rsquo;argent.</p>
<p>Voil&agrave; pourquoi je peux critiquer Biya sans devenir kamto&iuml;ste.</p>
<p>Je peux critiquer Kamto sans devenir tchiromiste.</p>
<p>Je peux critiquer Tchiroma sans retourner vers Biya.</p>
<p>C&rsquo;est cela, &ecirc;tre politiquement libre.</p>
<p>Le Cameroun ne sortira pas de plusieurs d&eacute;cennies de pouvoir autoritaire en rempla&ccedil;ant le culte d&rsquo;un homme par le culte d&rsquo;un autre.</p>
<p>Encore moins avec des mercenaires politiques de Facebook qui changent de g&eacute;n&eacute;ral, de pr&eacute;sident et de r&eacute;volution au gr&eacute; du vent.</p>
<p>Les girouettes suivent le vent.<br />Les hommes de conviction suivent leurs principes.</p>
<p>J&rsquo;ai choisi mon camp depuis longtemps.</p>
<p>Dr Corantin Talla<br />alias G&eacute;n&eacute;ral Schwarzkopf</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sun, 13 Sep 2026 11:06:12 +0200</pubDate>
                                    <author>Dr Corantin Talla, alias Général Schwarzkopf</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
                                                    <enclosure url="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun/Corentin_Talla07042024.jpg" type="image/jpeg"  />
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Edito de Alain Ndanga : Maurice Kamto, pape du droit, pape de la politique]]></title>
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                    <p>Maurice Kamto. Qui es-tu ? Des internautes se jettent le plus souvent
dans ce questionnement à l’homme politique, membre fondateur du
Mouvement pour la renaissa...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Alain_Ndanga_12092026.jpg" alt="Cameroun - Edito de Alain Ndanga : Maurice Kamto, pape du droit, pape de la politique" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Maurice Kamto. Qui es-tu ? Des internautes se jettent le plus souvent dans ce questionnement &agrave; l&rsquo;homme politique, membre fondateur du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Ils cherchent, en vain, &agrave; comprendre de quoi est-il constitu&eacute;. Ses adversaires ont tout essay&eacute; : invectives, accusations, trahisons politiques, interdictions, arrestations, campagnes de d&eacute;nigrement.</p>
<p>Pourtant, Kamto demeure debout. &Agrave; la violence de la confrontation politique, il oppose r&eacute;guli&egrave;rement un discours de paix, de r&eacute;conciliation et d&rsquo;amour du prochain.</p>
<p>Je fais mienne cette interrogation : Kamto, qui es-tu ? Depuis la pr&eacute;sidentielle de 2018, son nom n&rsquo;a pratiquement jamais quitt&eacute; l&rsquo;espace public et m&eacute;diatique camerounais. Huit ann&eacute;es, pr&egrave;s de 3 000 jours, durant lesquelles il ne se passe pratiquement pas un jour sans que son nom soit cit&eacute; sur un plateau de t&eacute;l&eacute;vision, &agrave; la radio, dans les colonnes des journaux, sur les sites web ou dans les m&eacute;dias sociaux. Il a ainsi &eacute;t&eacute; au c&oelig;ur des controverses, des d&eacute;bats politiques et des affrontements institutionnels. Plus on a tent&eacute; de le marginaliser, plus son nom s&rsquo;est impos&eacute;. Plus on a voulu r&eacute;duire son influence &agrave; une communaut&eacute;, plus sa formation politique a occup&eacute; une place significative dans le paysage national. Le paradoxe est l&agrave; : l&rsquo;acharnement contre un homme a contribu&eacute; &agrave; renforcer sa visibilit&eacute; et, avec elle, la capacit&eacute; du MRC &agrave; s&rsquo;enraciner dans l&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;me politique camerounais.</p>
<p>Juriste de r&eacute;putation internationale, universitaire et ancien ministre, Maurice Kamto a introduit dans la comp&eacute;tition politique camerounaise une arme dont le pouvoir ne mesure peut-&ecirc;tre pas toujours la port&eacute;e : <strong>le droit</strong><strong>.</strong> Il a fait du droit constitutionnel, du droit &eacute;lectoral et du droit international des instruments de combat politique. L&agrave; o&ugrave; d&rsquo;autres opposants ont souvent choisi l&rsquo;invective ou la surench&egrave;re, Kamto a install&eacute; le d&eacute;bat sur le terrain des textes, des institutions et de la l&eacute;galit&eacute;.</p>
<p>Sa d&eacute;mission, le 8 septembre dernier, de la pr&eacute;sidence du MRC constitue, &agrave; cet &eacute;gard, un nouvel &eacute;pisode d&rsquo;une histoire politique d&eacute;j&agrave; longue. Elle a imm&eacute;diatement provoqu&eacute; commentaires, critiques et sp&eacute;culations. Ceux qui r&eacute;clamaient hier son d&eacute;part semblent parfois d&eacute;concert&eacute;s par le fait qu&rsquo;il ait pris lui-m&ecirc;me l&rsquo;initiative de partir. Comme si, dans une partie politique o&ugrave; beaucoup avaient pris l&rsquo;habitude de commenter chacun de ses mouvements, Kamto venait encore de reprendre la main. C&rsquo;est l&agrave; l&rsquo;une des caract&eacute;ristiques les plus singuli&egrave;res du personnage : il demeure capable de d&eacute;placer le centre de gravit&eacute; du d&eacute;bat politique par un simple acte.</p>
<p>Depuis 2018, Maurice Kamto a contribu&eacute;, &agrave; sa mani&egrave;re, &agrave; &eacute;veiller une partie de la conscience politique camerounaise. Il a popularis&eacute; des notions souvent confin&eacute;es aux amphith&eacute;&acirc;tres des facult&eacute;s de droit : mandat imp&eacute;ratif, souverainet&eacute; populaire, contentieux &eacute;lectoral, contr&ocirc;le de constitutionnalit&eacute;, fonctionnement des institutions. Ses prises de position ont oblig&eacute; nombre de Camerounais &agrave; regarder autrement les m&eacute;canismes qui organisent la conqu&ecirc;te et la conservation du pouvoir.</p>
<p>Maurice Kamto expose aux yeux du monde ce qu&rsquo;il qualifie de m&eacute;thodes dictatoriales du pouvoir de Paul Biya (93 ans, au pouvoir depuis 43 ans). Il a &eacute;lev&eacute; le niveau de conscience des Camerounais sur les questions li&eacute;es au mandat imp&eacute;ratif, aux failles du Code &eacute;lectoral et de la Constitution, ainsi qu&rsquo;aux m&eacute;canismes institutionnels qui ont marqu&eacute; les &eacute;v&eacute;nements pr&eacute;c&eacute;dant la pr&eacute;sidentielle d&rsquo;octobre 2025. Paul Biya et ses ministres ne se cacheraient d&eacute;sormais plus, selon ses d&eacute;tracteurs, pour tordre le droit. <strong>Et l&rsquo;histoire noire continue de s&rsquo;&eacute;crire, sous les yeux d&rsquo;un peuple qui refuse de d&eacute;tourner le regard.</strong></p>
<p>Tout &eacute;tait clair. Bien qu&rsquo;il ait remport&eacute; la bataille sur le terrain du droit, Paul Biya a &eacute;vit&eacute; l&rsquo;affront pendant cette &eacute;lection cruciale, alors que sa cote de popularit&eacute; avait, selon ses adversaires, exponentiellement grimp&eacute;. Sa rencontre avec la diaspora occidentale, du 31 mai au 1er juin 2025, &agrave; la place de la R&eacute;publique &agrave; Paris, et sa s&eacute;questration quelques jours plus tard &agrave; Douala &eacute;taient, pour ses d&eacute;tracteurs, les prodromes d&rsquo;une fin de r&egrave;gne. Il ne fallait surtout pas lui permettre d&rsquo;aller &agrave; ce scrutin en tant que candidat du MRC, bien que la loi le lui autorise. Son investiture par le Manidem du feu Anicet Ekan&eacute; a encore mis en exergue la &laquo; d&eacute;mon(cratie) &raquo; de Paul Biya. Son propre ministre de l&rsquo;Administration territoriale (AT), Paul Atanga Nji, est accus&eacute; d&rsquo;avoir fait modifier le site de l&rsquo;AT pour remplacer Anicet Ekan&eacute; par un certain Dieudonn&eacute; Yebga, sorti de nulle part et qui s&rsquo;&eacute;tait retir&eacute; de la politique plusieurs ann&eacute;es auparavant.</p>
<p>Si le Cameroun &eacute;tait un pays qui, tout au moins, amor&ccedil;ait un v&eacute;ritable tournant d&eacute;mocratique, Maurice Kamto serait en train de conduire la destin&eacute;e du pays. Pourtant, le mot d&rsquo;ordre est maintenu : <strong>tout sauf Kamto</strong><strong>.</strong> En assumant de l&rsquo;avoir injustement &eacute;cart&eacute; de la pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025, le pouvoir d&eacute;voile sa frilosit&eacute; face &agrave; cet homme qui, depuis des ann&eacute;es, lui donne des insomnies, ainsi qu&rsquo;&agrave; son gouvernement et &agrave; son parti, le RDPC.</p>
<p>Maurice Kamto a consacr&eacute; son &acirc;me au Cameroun. Pourtant, il est trait&eacute; par le r&eacute;gime de Yaound&eacute; comme un citoyen enti&egrave;rement &agrave; part. Son histoire politique est consubstantielle &agrave; celle du Cameroun. Elle ne commence pas avec cette forme barbare de dictature observ&eacute;e en 2025, encore moins avec son affrontement avec Paul Biya lors de la pr&eacute;sidentielle de 2018, au cours de laquelle il affirme avoir &eacute;t&eacute; &eacute;lu sans &ecirc;tre proclam&eacute; vainqueur par le Conseil constitutionnel. Cette histoire s&rsquo;inscrit dans une succession d&rsquo;&eacute;pisodes qui remontent bien plus loin, au-del&agrave; m&ecirc;me de la cr&eacute;ation du MRC en 2012, apr&egrave;s sa d&eacute;mission du gouvernement. Ce nouveau parti s&rsquo;impose rapidement dans le paysage politique national et attire une importante partie des Camerounais en qu&ecirc;te d&rsquo;une alternative face au r&eacute;gime du Rassemblement d&eacute;mocratique du peuple camerounais (RDPC), que ses d&eacute;tracteurs accusent de plonger le Cameroun dans l&rsquo;ab&icirc;me et l&rsquo;impasse.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;lite mondiale du droit s&rsquo;est illustr&eacute;e dans le conflit opposant le Cameroun et le Nigeria dans la p&eacute;ninsule de Bakassi. Dans cette bataille juridique, le droit international a pris le pas sur le fracas des armes. Avec ses coll&egrave;gues, Maurice Kamto a contribu&eacute; &agrave; porter la cause camerounaise devant les instances comp&eacute;tentes, dans un conflit qui aurait pu conduire les deux pays voisins &agrave; une confrontation militaire meurtri&egrave;re. Cette s&eacute;quence a durablement install&eacute; l&rsquo;image d&rsquo;un juriste capable de transformer la ma&icirc;trise du droit en instrument de d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts de son pays. De cet h&eacute;ritage, il est premier co-laur&eacute;at du prix Boutros Boutros-Ghali.</p>
<p>Paul Biya a nourri autour de Maurice Kamto un sentiment qui n&rsquo;est plus seulement politique, mais qui rel&egrave;ve, chez certains Camerounais, de la haine d&rsquo;un homme qu&rsquo;ils appellent d&eacute;sormais la &laquo; Kamtophobie &raquo;. Et, parlant d&rsquo;histoire, Paul Biya est en train d&rsquo;&eacute;crire, selon ses d&eacute;tracteurs, certaines des pages les plus sombres de l&rsquo;histoire du Cameroun. On retiendra de lui, selon ses opposants, l&rsquo;image d&rsquo;un dirigeant qui a &eacute;touff&eacute; la contradiction, r&eacute;prim&eacute; ses adversaires et refus&eacute; d&rsquo;assumer pleinement les exigences de la d&eacute;mocratie. Au sommet de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais depuis 43 ans, son obstination aurait toujours &eacute;t&eacute; de tout faire pour conserver le pouvoir, m&ecirc;me lorsque les conditions de vie des Camerounais demeurent difficiles. D&rsquo;ann&eacute;e en ann&eacute;e, il est compar&eacute; au tyran Mobutu, qui a dirig&eacute; la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo de 1965 &agrave; 1997.</p>
<p>L&rsquo;histoire jugera Maurice Kamto. Elle jugera &eacute;galement ceux qui auront tent&eacute; de l&rsquo;emp&ecirc;cher de participer pleinement &agrave; la comp&eacute;tition politique. Car, au-del&agrave; d&rsquo;un homme, c&rsquo;est une question fondamentale qui demeure pos&eacute;e : <strong>dans le Cameroun de demain, le pouvoir appartiendra-t-il &agrave; celui qui gagne la bataille &eacute;lectorale ou &agrave; celui qui ma&icirc;trise le mieux les m&eacute;canismes permettant de contr&ocirc;ler cette bataille ?</strong> C&rsquo;est l&agrave; que se trouve le v&eacute;ritable enjeu de l&rsquo;affaire Kamto. Et c&rsquo;est pourquoi, huit ans apr&egrave;s 2018, son nom continue de hanter les nuits du pouvoir, d&rsquo;occuper les conversations du pays et de s&rsquo;imposer dans l&rsquo;histoire politique contemporaine du Cameroun.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Sat, 12 Sep 2026 16:51:03 +0200</pubDate>
                                    <author>Alain Ndanga</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Les limites du système de soupape de sécurité : Risque de surpression (partie 4et fin)]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-les-limites-du-systeme-de-soupape-de-securite-risque-de-surpression-partie-4et-fin.html</link>
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                    <p>Si la soupape évacue le surplus de pression, la canalisation dirige
les fluides restants vers des itinéraires circonscrits, fragmentant
ainsi l'opposition polit...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameRoun/Louis_Marie_Kakdeu_11092026.jpg" alt="Cameroun - Les limites du système de soupape de sécurité : Risque de surpression (partie 4et fin)" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Si la soupape &eacute;vacue le surplus de pression, la canalisation dirige les fluides restants vers des itin&eacute;raires circonscrits, fragmentant ainsi l'opposition politique et sociale. Bien que cette ing&eacute;nierie politique ait fait preuve de durabilit&eacute;, il faut souligner qu'un syst&egrave;me fond&eacute; sur la gestion des sympt&ocirc;mes plut&ocirc;t que sur la r&eacute;solution des causes structurelles comporte des vuln&eacute;rabilit&eacute;s :</p>
<p>1. L'usure des m&eacute;canismes de r&eacute;gulation : &Agrave; force d'&ecirc;tre sollicit&eacute;es, les promesses de concertation ont perdu leur efficacit&eacute; symbolique aupr&egrave;s des populations jeunes. On voit bien que la jeunesse camerounaise est de plus en plus d&eacute;sinvolte et qu&rsquo;elle entre difficile dans un moule. Il est difficile aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;on la contr&ocirc;le.&nbsp;</p>
<p>2. L'&eacute;mergence d'espaces non canalisables : L'utilisation massive des plateformes num&eacute;riques et des messageries crypt&eacute;es &eacute;chappe en partie aux sch&eacute;mas traditionnels de m&eacute;diation, cr&eacute;ant des poches de tension invisibles pour les capteurs classiques de l'&Eacute;tat. Les avanc&eacute;es technologiques vont plus vite que les strat&eacute;gies politiques, l&rsquo;on voit bien que le r&eacute;gime de Yaound&eacute; &eacute;prouve beaucoup de peine &agrave; rester &agrave; jour.</p>
<p>3. La fissuration des canalisations : Comme en m&eacute;canique, le vieillissement des canalisations, les mouvements de sol et les variations thermiques arrivent toujours par survenir. Par exemple, le gel ou de fortes pressions internes dilatent et fendent des parois fragiles, ce qui peut faire l&acirc;cher le syst&egrave;me. L&rsquo;on voit bien que le r&eacute;gime de Yaound&eacute; est faible en mati&egrave;re d&rsquo;entretien des infrastructures. Pourtant, il faut identifier et r&eacute;parer rapidement les fissures pour &eacute;viter que le syst&egrave;me c&egrave;de. Par exemple, l&rsquo;on note dans l&rsquo;actualit&eacute; le vol des dossiers judiciaires au TCS. C'est une fissure importante dans le syst&egrave;me. Th&eacute;oriquement, les grands criminels du pays n&rsquo;ont plus de dossiers contre eux. Ils peuvent &nbsp;encore passer &agrave; l&rsquo;acte.</p>
<p>Voil&agrave; la limite de cette strat&eacute;gie qui r&eacute;side dans la r&eacute;sistance des mat&eacute;riaux. En ing&eacute;nierie, si la soupape est mal calibr&eacute;e ou obstru&eacute;e, le syst&egrave;me explose. Au Cameroun, la r&eacute;silience des populations est forte, mais l'essoufflement de ce mod&egrave;le d'usure est &agrave; l&rsquo;ordre du jour. La superposition des crises &agrave; l'approche d&rsquo;une transition future (&eacute;conomique, s&eacute;curitaire, politique) augmente le niveau de pression globale. Canaliser l&rsquo;eau ou lib&eacute;rer les drains de la col&egrave;re ne suffit plus si la source elle-m&ecirc;me continue de d&eacute;border.&nbsp;</p>
<p>Pour passer d'une stabilit&eacute; subie par usure &agrave; une paix durable, la gouvernance camerounaise devra sans doute remplacer ses soupapes temporaires par de v&eacute;ritables fondations structurelles.</p>
<p><em>Louis Marie Kakdeu MPA, PhD &amp; HDR</em><br /><em>Deuxi&egrave;me Vice-Pr&eacute;sident SDF</em></p>
<p><a href="/author/Louis%20Marie%20Kakdeu"><strong>Lire les articles de cet auteur sur ce lien</strong></a></p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:11:37 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Louis Marie Kakdeu</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Cameroun - Darren Lambo Ebelle répond au Dr Gaston Ndock Ndock]]></title>
                <link>https://camer.be/analyse/point-de-vue/cameroun-darren-lambo-ebelle-repond-au-dr-gaston-ndock-ndock.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Ma réponse aux attaques du Dr Gaston NDOCK NDOCK, Chargé de Cours de
Géographie à l'Ecole Normale Supérieure de Yaoundé

Analyse littéraire et linguistique du d...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Cameroun2/Darren_Lambo_Ebelle_11092026.jpg" alt="Cameroun - Darren Lambo Ebelle répond au Dr Gaston Ndock Ndock" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Ma r&eacute;ponse aux attaques du Dr Gaston NDOCK NDOCK, Charg&eacute; de Cours de G&eacute;ographie &agrave; l'Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;</p>
<p>Analyse litt&eacute;raire et linguistique du discours ordurier d'un universitaire &agrave; propos de son ancien Recteur</p>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p>Je ne juge pas l'homme, je diss&egrave;que son discours afin que la conclusion s'impose d'elle-m&ecirc;me.</p>
<p><strong>Cadre th&eacute;orique de l'analyse</strong></p>
<p>La pr&eacute;sente analyse s'inscrit dans le champ de la philologie et de l'analyse du discours. Elle mobilise une grille d'analyse &agrave; quatre niveaux : lexical, syntaxique, rh&eacute;torique et &eacute;thique. L'objectif n'est pas de v&eacute;rifier la v&eacute;racit&eacute; des faits all&eacute;gu&eacute;s, mais d'interroger la mani&egrave;re dont le discours est construit, les registres de langue mobilis&eacute;s et la posture &eacute;nonciative de son auteur. Il s'agit d'une approche descriptive et critique qui permet de r&eacute;v&eacute;ler, au-del&agrave; des mots, les carences cognitives, p&eacute;dagogiques, didactiques et scientifiques d'un discours produit en milieu universitaire.</p>
<p><strong>Contexte de l'analyse</strong></p>
<p>La veille de mon passage sur Canal 2 International, dans le cadre de l'&eacute;mission L'Ar&egrave;ne dont l'invit&eacute; &eacute;tait le Pr Maurice Aur&eacute;lien SOSSO, Recteur &Eacute;m&eacute;rite de l'Universit&eacute; de Yaound&eacute; I, j'ai fait l'objet d'une attaque du Dr Gaston NDOCK NDOCK, Charg&eacute; de Cours &agrave; l'Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;. Non seulement m'a-t-il confondu avec le contradicteur de l'invit&eacute;, mais il a all&eacute;gu&eacute; entre autres, que j'aurais &nbsp;b&eacute;n&eacute;fici&eacute; du soutien de l'ancien Recteur pour mon entr&eacute;e &agrave; l'Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;.</p>
<p>Et si c'&eacute;tait le cas, il faudrait honn&ecirc;tement reconna&icirc;tre la clairvoyance et le jugement &eacute;clair&eacute; du Recteur &nbsp;Maurice Aur&eacute;lien SOSSO &agrave; jauger une comp&eacute;tence. Mais, comme le dit &nbsp;l'&eacute;crivain fran&ccedil;ais Marcel Pagnol dans son roman "La Gloire de mon p&egrave;re", " il est &nbsp;malais&eacute; de parler de soi en bien...", je n'en dirai pas plus sur moi-m&ecirc;me.</p>
<p>Je vais plut&ocirc;t m'&eacute;vertuer &agrave; psychanalyser le discours ordurier d'un universitaire sur les r&eacute;seaux sociaux, apr&egrave;s le passage du Recteur &Eacute;m&eacute;rite Maurice Aur&eacute;lien SOSSO sur les antennes de la cha&icirc;ne verte.</p>
<p>C'est dans cette perspective que nous sommes en pr&eacute;sence d'un sujet qui, par ses &eacute;crits, s'av&egrave;re indigne d'exercer dans une &eacute;cole d'&eacute;lite charg&eacute;e de former les formateurs, c'est-&agrave;-dire les professeurs, les &eacute;ducateurs, les fonctionnaires de la cat&eacute;gorie A, A1 et A2, de la Fonction publique camerounaise.</p>
<p>La question qui se pose alors est d'ordre didactico-p&eacute;dagogique : que ressentent les &eacute;l&egrave;ves-professeurs de l'Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Yaound&eacute; &agrave; la lecture d'un tel discours produit par l'un de leurs enseignants ?</p>
<p>&Agrave; cet enseignant qui a cru devoir s'attaquer &agrave; ma personne, par pr&eacute;jug&eacute; et sur la base d'all&eacute;gations non fond&eacute;es, je choisis de r&eacute;pondre sur le terrain qui nous est commun : celui de la science et celui de la relation enseignement-apprentissage.</p>
<p>C'est pourquoi je me propose de d&eacute;montrer, dans les lignes qui suivent, l'inaptitude et l'imposture qui sont les siennes &agrave; enseigner &agrave; l'Ecole Normale Sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;. Cette d&eacute;monstration sera conduite sur quatre plans indissociables de l'acte d'enseigner :</p>
<p>Sur le plan cognitif : par l'incapacit&eacute; &agrave; g&eacute;rer la charge &eacute;motionnelle et &agrave; mobiliser des op&eacute;rations de haut niveau comme la conceptualisation, la nuance et l'argumentation rationnelle. Le discours rel&egrave;ve du registre pulsionnel et non du registre r&eacute;flexif.</p>
<p>Sur le plan p&eacute;dagogique : par la rupture du contrat didactique et de la posture d'&eacute;ducateur-mod&egrave;le. L'enseignant est un mod&egrave;le langagier et &eacute;thique. L'usage d'un lexique trivial et injurieux d&eacute;truit son ethos et invalide son autorit&eacute; p&eacute;dagogique.</p>
<p>Sur le plan didactique : par l'&eacute;chec total de la transposition didactique et de la ma&icirc;trise des registres de langue. L'universitaire doit &ecirc;tre capable de passer du registre courant au registre soutenu. Ici, on assiste &agrave; une contamination volontaire du discours savant par le registre ordurier, ce qui t&eacute;moigne d'une incomp&eacute;tence langagi&egrave;re fondamentale.</p>
<p>Sur le plan scientifique : par le recours syst&eacute;matique au sophisme ad personam et &agrave; l'attaque ad hominem, au d&eacute;triment de l'administration de la preuve et de la discussion critique des faits.</p>
<p>Nous sommes donc face &agrave; un cas d'&eacute;cole de d&eacute;rapage de registre chez un universitaire, r&eacute;v&eacute;lateur de carences lourdes qui interrogent sa l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; former de futurs enseignants.</p>
<p><strong>FICHE D'ANALYSE - LE DISCOURS ORDURIER EN MILIEU UNIVERSITAIRE</strong></p>
<p>Texte support : Attaque d'un Charg&eacute; de Cours contre son ancien Recteur</p>
<p>1. M&Eacute;THODE D'ANALYSE : La grille en 4 niveaux</p>
<p>Quand on analyse un tel texte en philologie, on ne regarde pas si c'est vrai ou faux. On regarde COMMENT c'est dit.</p>
<p>Niveau 1 : Lexique - Quels mots il choisit<br />Niveau 2 : Syntaxe - Comment il construit ses phrases<br />Niveau 3 : Rh&eacute;torique - Comment il veut &nbsp;manipuler<br />Niveau 4 : &Eacute;thique - Ce que &ccedil;a dit de sa posture d'enseignant</p>
<p>2. D&eacute;monstration</p>
<p><strong>A. Au niveau du Lexique : La chute dans le registre ordurier</strong></p>
<p>Le propre de l'universitaire, c'est le registre soutenu ou courant. Ici, on a une contamination volontaire par le registre trivial et injurieux.</p>
<p>- Lexique scatologique et sexuel comme arme : aplatventrisme, pratiques contre nature, anustocrate. Ce n'est plus du fran&ccedil;ais acad&eacute;mique. C'est une strat&eacute;gie de souillure. On ne critique plus l'id&eacute;e, on salit le corps de l'autre. En stylistique, on appelle &ccedil;a l'argumentum ad personam ordurier.<br />- Lexique de la diabolisation : esprit mal&eacute;fique de la pire esp&egrave;ce, monstre, imposteur. On sort du d&eacute;bat rationnel pour entrer dans le champ lexical religieux / moral. L'adversaire n'est plus un coll&egrave;gue en tort, c'est le Mal.<br />- Lexique du m&eacute;pris infantilisant : geste, agiter, manger tranquillement l'argent qu'il a vol&eacute;. Proc&eacute;d&eacute; de r&eacute;duction : on ram&egrave;ne un Pr titulaire, Recteur pendant 12 ans, au statut d'enfant capricieux ou de voleur de cantine.</p>
<p>Diagnostic philologique : C'est l'inverse d'un enseignant soucieux de son rang : il peut &agrave; tout le moins complexifier la langue pour &eacute;lever le d&eacute;bat. Ici, on appauvrit et on ordurise la langue pour abaisser l'homme.</p>
<p><strong>B. Au niveau Syntaxique : La phrase qui se perd</strong></p>
<p>- Phrases hypertrophi&eacute;es et asyntaxiques : 4 &agrave; 5 lignes sans respiration. Exemple : Le recrutement de son fils, avec un Master professionnel, maintenu au m&ecirc;me grade... Il n'y a plus de verbe principal. C'est une phrase nominale qui n'en finit pas. Signe d'une pens&eacute;e sous &eacute;motion, qui n'est plus contr&ocirc;l&eacute;e.<br />- Abus de parenth&egrave;ses et de guillemets de d&eacute;rision : je connais Nk&eacute; depuis l'embryon, mal structur&eacute;. Les guillemets ne servent plus &agrave; citer, mais &agrave; tourner en d&eacute;rision.<br />- Rupture d'anaphore : Il commence par il puis passe &agrave; ce type puis le type. On d&eacute;shumanise grammaticalement au fur et &agrave; mesure du texte.</p>
<p><strong>C. Au niveau Rh&eacute;torique : Le manuel du discr&eacute;dit</strong></p>
<p>C'est une construction tr&egrave;s classique en 3 temps :</p>
<p>1. La victimisation invers&eacute;e : C'est lui qui est venu me chercher... j'ai refus&eacute;... il a d&eacute;truit ma carri&egrave;re. Je suis la victime d'un puissant.<br />2. Le d&eacute;voiement vers la famille : Quand on n'a plus d'argument sur le plan professionnel, on attaque le fils et l'&eacute;pouse. C'est le point de bascule o&ugrave; le discours cesse d'&ecirc;tre une critique universitaire et devient une diffamation. C'est le moment o&ugrave; l'enseignant perd son titre symboliquement.<br />3. La proph&eacute;tie auto-r&eacute;alisatrice : Il n'aura plus rien... Il esp&egrave;re &ecirc;tre nomm&eacute; Ministre de l'Enseignement Sup&eacute;rieur... On se fait devin pour annoncer la chute de l'autre, pour se consoler.</p>
<p><strong>D. Au niveau &Eacute;thique : La faute professionnelle</strong></p>
<p>Pour un Charg&eacute; de Cours, ceci s'impose sans concession : on ne r&egrave;gle pas un conflit hi&eacute;rarchique avec le lexique de la rue.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que l'enseignant d'universit&eacute; est le mod&egrave;le de langue. Si l'&eacute;tudiant voit son ma&icirc;tre dire anustocrate sur les r&eacute;seaux sociaux, quelle autorit&eacute; lui reste pour appeler &agrave; l'&eacute;thique du langage en classe ?</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 11 Sep 2026 13:49:58 +0200</pubDate>
                                    <author>Par Darren LAMBO EBELLE,, Journaliste et Professeur de l&#039;Enseignement Secondaire Général de Lettres Modernes Françaises, diplômé de l&#039;Ecole Normale Supérieure de Yaoundé</author>
                                                    <category>POINT DE VUE</category>
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