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    <title>Le flux rss de camer.be : POINTDEVUE</title>
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    <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
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      <title>Le flux rss de camer.be : POINTDEVUE</title>
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    <lastBuildDate>Wed, 15 Apr 2026 18:00:38 +0200</lastBuildDate>
        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: 1982–2026 mémoire politique et exigence de cohérence : Réponse de Maurice Djiongo à Grégoire Owona :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93028/30:27/cameroun-1982-2026-memoire-politique-et-exigence-de-coherence-reponse-de-maurice-djiongo-a-gregoire-owona-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[La récente sortie de Grégoire Owona, au sujet de Maurice Kamto et de
la réforme constitutionnelle instaurant la Vice-Présidence, appelle
une réflexion qui dépas...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>La r&eacute;cente sortie de Gr&eacute;goire Owona, au sujet de Maurice Kamto et de la r&eacute;forme constitutionnelle instaurant la Vice-Pr&eacute;sidence, appelle une r&eacute;flexion qui d&eacute;passe les clivages partisans. Intitul&eacute;e autour de &laquo; l&rsquo;art d&rsquo;oublier &raquo;, cette prise de position a le m&eacute;rite d&rsquo;ouvrir un d&eacute;bat utile. &nbsp;Elle invite surtout &agrave; une interrogation simple : qui, dans cette affaire, oublie r&eacute;ellement&hellip; et quoi ? Car en mati&egrave;re de m&eacute;moire politique, l&rsquo;oubli est rarement unilat&eacute;ral.</p>
<p>S&rsquo;il est courant, en politique, de souligner les contradictions de l&rsquo;adversaire, il est tout aussi essentiel de ne pas laisser la pol&eacute;mique occulter les faits historiques et doctrinaux qui fondent notre R&eacute;publique.</p>
<p>Monsieur le Ministre invoque la &laquo; s&eacute;r&eacute;nit&eacute; &raquo; de la passation de t&eacute;moin de 1982 comme un mod&egrave;le. Or, l&rsquo;analyse impose une pr&eacute;cision : la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; n&rsquo;est pas un concept fig&eacute; ; elle &eacute;volue avec les institutions qui la portent.</p>
<p><strong>&nbsp;1. Le pi&egrave;ge de l&rsquo;anachronisme : le &laquo; monolithisme &raquo; d&eacute;pass&eacute;</strong></p>
<p>&Eacute;voquer 1982 comme une r&eacute;f&eacute;rence pour justifier une succession par nomination en 2026 rel&egrave;ve d&rsquo;un raccourci historique discutable. En 1982, le Cameroun &eacute;voluait sous le r&eacute;gime du parti unique.La comp&eacute;tition politique &eacute;tait inexistante et le d&eacute;bat contradictoire structur&eacute; n&rsquo;avait pas droit de cit&eacute;. Il est utile de rappeler que Paul Biya lui-m&ecirc;me, lors de la transformation de l&rsquo;UNC en RDPC, a qualifi&eacute; ce syst&egrave;me de &laquo; monolithique &raquo;, d&eacute;non&ccedil;ant un mod&egrave;le o&ugrave; les d&eacute;cisions se prenaient de mani&egrave;re centralis&eacute;e.</p>
<blockquote>
<p>Dans ce cadre, la &laquo; s&eacute;r&eacute;nit&eacute; &raquo; de 1982 n&rsquo;&eacute;tait pas le fruit d&rsquo;un consensus d&eacute;mocratique,mais la cons&eacute;quence d&rsquo;un syst&egrave;me sans alternative structur&eacute;e. Depuis 1990, le Cameroun a fait le choix du multipartisme. &nbsp;</p>
</blockquote>
<p>Ce qui &eacute;tait acceptable dans un syst&egrave;me ferm&eacute; ne peut plus servir de r&eacute;f&eacute;rence dans un syst&egrave;me ouvert.<br />&nbsp;<br /><strong>2. Paul Biya face &agrave; Paul Biya : le rejet du &laquo; dauphinat &raquo;</strong></p>
<p>En 2007, lors d&rsquo;une interview accord&eacute;e &agrave; France 24, Paul Biya d&eacute;clarait : &laquo; Le mot dauphin r&eacute;sonne mal dans une R&eacute;publique. &raquo; Il rappelait ainsi qu&rsquo;en d&eacute;mocratie, le pouvoir ne se d&eacute;l&egrave;gue pas par affinit&eacute;, il se conquiert par les urnes.&nbsp;</p>
<p>D&egrave;s lors, une question se pose : en instituant un Vice-Pr&eacute;sident nomm&eacute;, appel&eacute; &agrave; terminer un mandat sans passer devant le suffrage universel, ne fragilise-t-on pas cette exigence de l&eacute;gitimit&eacute; populaire ? Une succession ne se d&eacute;signe pas dans le secret d&rsquo;un cabinet ;elle se d&eacute;cide dans le secret de l&rsquo;isoloir.<br />&nbsp;<br /><strong>3. La coh&eacute;rence doctrinale &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve</strong></p>
<p>Dans Pour le lib&eacute;ralisme communautaire, Paul Biya esquissait les contours d&rsquo;un &Eacute;tat moderne, fond&eacute; sur des institutions fortes et sur le d&eacute;passement des logiques de personnalisation du pouvoir. L&rsquo;ambition &eacute;tait claire : passer d&rsquo;un pouvoir incarn&eacute; par un homme &agrave; un pouvoir port&eacute; par des r&egrave;gles impersonnelles et durables.&nbsp;</p>
<p>La perspective d&rsquo;une succession organis&eacute;e par nomination semble s&rsquo;&eacute;carter de cet id&eacute;al. Le pouvoir ne devrait pas &ecirc;tre un h&eacute;ritage transmis, mais une responsabilit&eacute; confi&eacute;e par le peuple.</p>
<p><strong>Conclusion : pour une s&eacute;r&eacute;nit&eacute; d&eacute;mocratique r&eacute;elle</strong></p>
<p>La m&eacute;moire politique ne peut &ecirc;tre partielle. On ne peut invoquer 1982 sans rappeler 1990. On ne peut d&eacute;fendre la stabilit&eacute; sans interroger ses conditions. On ne peut invoquer la doctrine sans en assumer toutes les implications.</p>
<blockquote>
<p>Monsieur le Ministre &eacute;voque la &laquo; m&eacute;moire s&eacute;lective &raquo;. Mais la m&eacute;moire est un exercice complet. La v&eacute;ritable s&eacute;r&eacute;nit&eacute; d&eacute;mocratique ne consiste pas &agrave; &eacute;viter le d&eacute;bat en le verrouillant, elle consiste &agrave; lui donner un cadre &eacute;quitable et pleinement assum&eacute;. Car, au fond, la question n&rsquo;est pas de savoir qui a oubli&eacute;.</p>
</blockquote>
<p>Elle est de savoir si nous voulons une R&eacute;publique de d&eacute;signation&hellip; ou une R&eacute;publique de choix. Une R&eacute;publique ne se mesure pas &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; &eacute;viter le choix&hellip; mais &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; l&rsquo;organiser.</p>
<p><strong>Maurice Djiongo : parcours d&rsquo;un inspecteur p&eacute;dagogique engag&eacute; pour la communaut&eacute; &eacute;ducative&nbsp;</strong></p>
<p>Inspecteur p&eacute;dagogique r&eacute;gional &agrave; la retraite, Maurice Djiongo est l&rsquo;une des voix issues de l&rsquo;enseignement technique qui interrogent la place de l&rsquo;&eacute;cole et de l&rsquo;enseignant dans la soci&eacute;t&eacute; camerounaise, dans le contexte des d&eacute;bats apparus apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025.</p>
<p><strong>Du terrain &agrave; l&rsquo;encadrement p&eacute;dagogique</strong></p>
<p>Titulaire d&rsquo;un baccalaur&eacute;at C, Maurice Djiongo s&rsquo;oriente vers l&rsquo;enseignement technique.<br />Il se forme en &eacute;lectrotechnique &agrave; l&rsquo;ENSET de Douala. Il exerce comme enseignant dans plusieurs &eacute;tablissements. Il acc&egrave;de ensuite aux fonctions d&rsquo;inspecteur &nbsp;p&eacute;dagogique r&eacute;gional. Sa carri&egrave;re est principalement consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;accompagnement des enseignants et &agrave; l&rsquo;analyse des pratiques professionnelles. &nbsp;Cette double exp&eacute;rience &mdash; terrain et encadrement &mdash; fa&ccedil;onne durablement sa vision de l&rsquo;&eacute;cole.</p>
<p><strong>Une philosophie ancr&eacute;e dans le r&eacute;el</strong></p>
<p>Au-del&agrave; de la p&eacute;dagogie, Maurice Djiongo d&eacute;veloppe une d&eacute;marche de philosophie appliqu&eacute;e. &nbsp;Il mobilise notamment les outils de l&rsquo;approche par les comp&eacute;tences pour relier id&eacute;es et r&eacute;alit&eacute;s sociales. &laquo; Aucun enseignement th&eacute;orique ne peut rester suspendu hors du r&eacute;el, pas plus qu&rsquo;aucune pratique ne peut se passer d&rsquo;un ancrage conceptuel solide. &raquo;</p>
<p><strong>Changer le Cameroun par la philosophie</strong></p>
<p>Cette orientation s&rsquo;exprime dans son essai publi&eacute; en 2017, Changer le Cameroun par la philosophie : du tribalisme &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence. L&rsquo;ouvrage pose une question centrale : &agrave; quoi sert la philosophie dans la vie quotidienne ?</p>
<p>Pour y r&eacute;pondre, l&rsquo;auteur relie des situations sociales concr&egrave;tes, comme le tribalisme, &agrave; des concepts philosophiques li&eacute;s au rapport &agrave; autrui et au conflit de conscience. &laquo; La philosophie doit cesser d&rsquo;&ecirc;tre cet avion qui n&rsquo;atterrit jamais. &raquo;</p>
<p><strong>Engagement civique et d&eacute;bats enseignants</strong></p>
<p>Apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 2025, Maurice Djiongo s&rsquo;engage dans l&rsquo;espace civique &agrave; travers OS POLITICS. &nbsp;Cet incubateur politique est port&eacute; par l&rsquo;ENSET Old Students Association (EOSA). L&rsquo;initiative vise &agrave; structurer l&rsquo;engagement citoyen des enseignants et cadres de l&rsquo;&eacute;ducation. &nbsp;Les travaux men&eacute;s ont abouti &agrave; un projet politique structur&eacute;, ayant trouv&eacute; un &eacute;cho aupr&egrave;s de certains acteurs politiques, dont Issa Tchiroma Bakary. Ce processus a &eacute;galement mis en lumi&egrave;re des d&eacute;bats internes au corps enseignant sur la neutralit&eacute;, l&rsquo;autorit&eacute; et le r&ocirc;le social de l&rsquo;enseignant.</p>
<p><strong>Une parole de recul</strong></p>
<p>Aujourd&rsquo;hui &agrave; la retraite, Maurice Djiongo revendique une parole de recul.<br />Il rappelle l&rsquo;importance de la neutralit&eacute; p&eacute;dagogique dans la salle de classe. Mais il estime que l&rsquo;enseignant demeure, en dehors de l&rsquo;&eacute;cole, un acteur responsable de la communaut&eacute; &eacute;ducative, appel&eacute;e depuis la loi d&rsquo;orientation de 1998 &agrave; participer &agrave; la d&eacute;finition des finalit&eacute;s de l&rsquo;&eacute;ducation.</p>
<p><strong>Rep&egrave;res bio-bibliographiques</strong><br />Maurice Djiongo est inspecteur p&eacute;dagogique r&eacute;gional &agrave; la retraite.<br />Titulaire d&rsquo;un baccalaur&eacute;at C, form&eacute; en &eacute;lectrotechnique &agrave; l&rsquo;ENSET de Douala, il a exerc&eacute; comme enseignant puis comme cadre d&rsquo;encadrement p&eacute;dagogique.<br />Il est l&rsquo;auteur de Changer le Cameroun par la philosophie : du tribalisme &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence (2017).</p>
<p>Maurice Djiongo&nbsp;<br />&Eacute;crivain philosophe<br />Inspecteur p&eacute;dagogique &agrave; la retraite<br />Leader enseignant</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Maurice Djiongo , Écrivain philosophe, Inspecteur pédagogique à la retraite, Leader enseignant</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-15 08:55:24</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Momo J. De Dieu: &quot;Museum of the Bamiléké génocide&quot;instrumentalisation du droit à des fins politiques :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93018/30:27/cameroun-momo-j-de-dieu-museum-of-the-bamileke-genocideinstrumentalisation-du-droit-a-des-fins-politiques-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Présenté comme génocidaire au musée du génocide Bamiléké qui a
 récemment ouvert ses portes aux USA, le Ministre Délégué auprès
du Ministre de la Justice, Jean...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Pr&eacute;sent&eacute; comme g&eacute;nocidaire au mus&eacute;e du g&eacute;nocide Bamil&eacute;k&eacute; qui a &nbsp;r&eacute;cemment ouvert ses portes aux USA, le Ministre D&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du Ministre de la Justice, Jean De Dieu MOMO r&eacute;agit comme Avocat P&eacute;nal international au Tribunal p&eacute;nal international pour le Rwanda (TPIR) pour d&eacute;clarer que les fondateurs de ce mus&eacute;e ont utilis&eacute; le mot "g&eacute;nocide" de mani&egrave;re abusive.</p>
<p>Selon le ministre MOMO, on ne saurait qualifier de g&eacute;nocide des violences/crimes qui manquent d&rsquo;&eacute;l&eacute;ment intentionnel sp&eacute;cifique exig&eacute;.</p>
<p><strong>Lire en dessous sa sortie</strong></p>
<blockquote>
<p>INTERNATIONAL MUSEUM OF THE BAMIL&Eacute;K&Eacute; G&Eacute;NOCIDE ou la manipulation militante autour d&rsquo;un pr&eacute;tendu &ldquo;g&eacute;nocide Bamil&eacute;k&eacute;&rdquo;: Une analyse juridique &agrave; la lumi&egrave;re du droit p&eacute;nal international.</p>
<p>La qualification de &laquo; g&eacute;nocide &raquo; appliqu&eacute;e aux violences survenues dans les r&eacute;gions Bamil&eacute;k&eacute; et Bassa du Cameroun &agrave; la veille et au lendemain de l&rsquo;ind&eacute;pendance fait l&rsquo;objet de manipulation militante par un groupe tribal et d&rsquo;un d&eacute;bat croissant dans certains milieux diasporiques.</p>
<p>Index&eacute; par une publication dans le fameux "mus&eacute;e international du g&eacute;nocide Bamil&eacute;k&eacute;", &nbsp; du haut de mon expertise professionnelle comme avocat p&eacute;nal international au Tribunal p&eacute;nal international pour le Rwanda ( TPIR), je &nbsp;propose une analyse juridique fond&eacute;e sur les normes du droit international p&eacute;nal et la jurisprudence des juridictions internationales. Je d&eacute;montre qu'en l&rsquo;absence de l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment intentionnel sp&eacute;cifique exig&eacute;, les violences objets de la confusion, ne sauraient &ecirc;tre qualifi&eacute;es de g&eacute;nocide, car elles rel&egrave;vent davantage des cat&eacute;gories de crimes de guerre ou de crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;mergence &nbsp;d&rsquo;initiatives comme celles qui donnent le pr&eacute;texte &agrave; cette r&eacute;flexion et qui visent &agrave; consacrer l&rsquo;existence d&rsquo;un &laquo; g&eacute;nocide Bamil&eacute;k&eacute; &raquo; dans la m&eacute;moire collective, notamment &agrave; travers des projets institutionnels &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger comme l'"international museum for the Bamil&eacute;k&eacute; Genocide", soul&egrave;ve des interrogations majeures quant &agrave; l&rsquo;usage du droit international dans l&rsquo;interpr&eacute;tation des faits historiques. La qualification de g&eacute;nocide ob&eacute;it &agrave; des crit&egrave;res juridiques stricts, ind&eacute;pendants des constructions m&eacute;morielles ou politiques.</p>
<p>I. La d&eacute;finition du g&eacute;nocide en droit international : un cadre normatif strict.</p>
<p>La d&eacute;finition du g&eacute;nocide trouve sa source dans la Convention pour la pr&eacute;vention et la r&eacute;pression du crime de g&eacute;nocide du 9 d&eacute;cembre 1948. Elle est aujourd&rsquo;hui reprise dans les statuts des juridictions internationales comme la Cour P&eacute;nale Internationale ( CPI).</p>
<p>Elle repose sur deux &eacute;l&eacute;ments cumulatifs :<br />Un &eacute;l&eacute;ment mat&eacute;riel ( commission d&rsquo;actes tels que meurtre, atteinte grave &agrave; l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; physique ou mentale, etc.),<br />Un &eacute;l&eacute;ment intentionnel sp&eacute;cifique (dolus specialis) par exemple la volont&eacute; de d&eacute;truire, en tout ou en partie, un groupe prot&eacute;g&eacute; en tant que tel.</p>
<p>La jurisprudence des juridictions p&eacute;nales internationales a consid&eacute;rablement pr&eacute;cis&eacute; cette d&eacute;finition, notamment, le Tribunal p&eacute;nal international pour le Rwanda (TPIR) et le Tribunal p&eacute;nal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).</p>
<p>L&rsquo;arr&ecirc;t Akayesu, TPIR, du 2 septembre 1998, est l'arr&ecirc;t de principe en la mati&egrave;re, il a pos&eacute; les bases juridiques d&eacute;finitionnelles du crime de g&eacute;nocide. Dans l&rsquo;affaire Procureur contre Akayesu, le TPIR &eacute;tablit clairement que le g&eacute;nocide suppose une intention sp&eacute;cifique de d&eacute;truire un groupe en tant que tel, distincte de toute autre intention criminelle. Cet arr&ecirc;t fondateur pr&eacute;cise que la simple commission d&rsquo;actes violents, m&ecirc;me massifs, est insuffisante pour caract&eacute;riser le crime de g&eacute;nocide. Il faut d&eacute;montrer une volont&eacute; cibl&eacute;e d&rsquo;extermination, comme au Rwanda o&ugrave; les Hutu ont pris des armes dans le but d'exterminer les Tutsi en tant que groupe ethnique. Cela aurait &eacute;t&eacute; pareil si les Bamil&eacute;k&eacute; ob&eacute;issaient au mot d'ordre de l'&eacute;crivain Patrice Nganang demandant aux Bamil&eacute;k&eacute; de prendre des armes pour exterminer les Bulu.<br />Dans l&rsquo;affaire Procureur c. Krstić, le TPIY( 2001) souligne que le g&eacute;nocide implique une destruction substantielle du groupe.<br />cette destruction doit &ecirc;tre planifi&eacute;e ou syst&eacute;matiquement dirig&eacute;e vers le groupe cible, &agrave; l'exemple des Tutsi cit&eacute;s ci-dessus: la planification de l'extermination et l'extermination effective et syst&eacute;matique.&nbsp;</p>
<p>Dans l'affaire Kayishema et Ruzindana le TPIR ( 1999) confirme le r&ocirc;le central du dol sp&eacute;cial comme &eacute;tant un &eacute;l&eacute;ment constitutif du crime de g&eacute;nocide. Dans l'affaire Jelisić, le TPIY (1999) souligne qu'il n'y a pas g&eacute;nocide faute de preuve suffisante de l&rsquo;intention sp&eacute;cifique.</p>
<p>II. Les violences dans les r&eacute;gions Bamil&eacute;k&eacute; : contextualisation historique et juridique.</p>
<p>Les &eacute;v&eacute;nements survenus dans les r&eacute;gions Bamil&eacute;k&eacute; s&rsquo;inscrivent dans un contexte marqu&eacute; par la lutte pour l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun,<br />l&rsquo;insurrection de mouvements politico-militaires, plus prosa&iuml;quement connus sous l'appellation de maquisards, l&rsquo;intervention des forces &eacute;tatiques, avec un appui ext&eacute;rieur de la France notamment.</p>
<p>Ce contexte correspond juridiquement &agrave; un conflit arm&eacute; non international.</p>
<p>Au regard du droit international humanitaire et du droit p&eacute;nal international, les faits document&eacute;s (ex&eacute;cutions, destructions, r&eacute;pression) peuvent relever de crimes de guerre ( violations graves des r&egrave;gles applicables en p&eacute;riode de conflit), crimes contre l&rsquo;humanit&eacute; ( attaques g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;es ou syst&eacute;matiques contre des populations civiles).</p>
<p>III. L&rsquo;absence de qualification de g&eacute;nocide : analyse des &eacute;l&eacute;ments constitutifs.</p>
<p>Aucune preuve juridiquement &eacute;tablie ne permet de d&eacute;montrer une politique &eacute;tatique visant &agrave; &eacute;liminer les Bamil&eacute;k&eacute; en tant que groupe ethnique, ni une planification d&rsquo;extermination syst&eacute;matique. Or, conform&eacute;ment &agrave; la jurisprudence Akayesu et Krstić, l&rsquo;absence de dolus specialis exclut la qualification de g&eacute;nocide.</p>
<p>Les violences s&rsquo;inscrivent dans une logique de lutte contre-insurrectionnelle, d&rsquo;affrontement id&eacute;ologique et politique.Des &eacute;l&eacute;ments historiques indiquent &eacute;galement l&rsquo;existence d&rsquo;actions violentes de groupes insurg&eacute;s ( l'assassinat du chef Bafou qui refusait de partager l'id&eacute;ologie violente des maquisards et &agrave; titre comparatif l'assassinat inhumain de Florence Ayafor dans le Nord-Ouest par les terroristes ambazoniens), une dynamique conflictuelle bilat&eacute;rale caract&eacute;ris&eacute;e par des groupes arm&eacute;s sous la conduite d'Ernest Ouandi&eacute; et autres contre les soldats gouvernementaux.&nbsp;<br />Ce sch&eacute;ma correspond davantage &agrave; un conflit arm&eacute; qu&rsquo;&agrave; une entreprise d&rsquo;extermination unilat&eacute;rale.</p>
<p>C'est pourquoi nous soutenons que l&rsquo;usage extensif ou abusif du terme g&eacute;nocide comporte des risques majeurs de dilution de sa port&eacute;e normative ou de confusion entre diff&eacute;rentes cat&eacute;gories de crimes internationaux, d'atteinte &agrave; la m&eacute;moire des g&eacute;nocides juridiquement &eacute;tablis comme ceux du Rwanda ou la Shoah etc.</p>
<p>Les initiatives contemporaines comme celle abusive de l'"International Museum of the Bamil&eacute;k&eacute; g&eacute;nocide" rel&egrave;vent d&rsquo;une relecture militante de l&rsquo;histoire, d&rsquo;une strat&eacute;gie de mobilisation identitaire, et d&rsquo;une instrumentalisation du droit &agrave; des fins politiques.Cette tendance criminelle soul&egrave;ve des enjeux telle que la responsabilit&eacute; juridique (notamment p&eacute;nale en mati&egrave;re de diffamation et civile par leur condamnation au paiement des dommages-int&eacute;r&ecirc;ts importants en r&eacute;paration du pr&eacute;judice grave port&eacute; &agrave; l'image d'autrui) de leurs auteurs, le risque d'atteinte &agrave; la stabilit&eacute; sociale et &agrave; la coh&eacute;sion nationale.</p>
<p>Le conflit actuel dans les r&eacute;gions anglophones du Nord-Ouest et du sud-ouest pr&eacute;sente des caract&eacute;ristiques similaires : Existence de groupes arm&eacute;s non &eacute;tatiques, violences contre les civils et contre les institutions, la riposte des forces &eacute;tatiques en &eacute;tat de l&eacute;gitime d&eacute;fense pour faire r&eacute;gner l'ordre public.&nbsp;<br />Cette comparaison illustre la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server la rigueur des qualifications juridiques, car demain les combattants ambazoniens arm&eacute;s, comme Field Marshall de triste m&eacute;moire, pourraient revendiquer &agrave; leur tour d'&ecirc;tre &eacute;rig&eacute;s en h&eacute;ros de l'ind&eacute;pendance de l'ambazonie.&nbsp;</p>
<p>PS: J'entends ici et l&agrave; que la France aurait reconnu le pr&eacute;tendu g&eacute;nocide ! Rien n'est plus faux! La France a reconnu les exactions de ses soldats contre les nationalistes camerounais ( Bamil&eacute;k&eacute; et Bassa'a notamment), ce qui au pire peut constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanit&eacute; mais pas le g&eacute;nocide au regard du droit p&eacute;nal international.</p>
<p>Dr Momo Jean de Dieu&nbsp;<br />Avocat Principal ( Lead Counsel)<br />Avocat P&eacute;nal international au TPIR<br />Ministre D&eacute;l&eacute;gu&eacute; aupr&egrave;s du Ministre de la Justice</p>
</blockquote>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Olivier Berhuse</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-14 10:33:24</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Kamto et Tchiroma : ce que l'amnésie sélective cache sur l'opposition camerounaise :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/93006/30:27/kamto-et-tchiroma-ce-que-lamnesie-selective-cache-sur-lopposition-camerounaise-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Un seul acteur doit tout expliquer

Dans la politique camerounaise, les mémoires sont courtes mais
sélectives. MAURICE KAMTO fait face aujourd'hui à une exigenc...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Un seul acteur doit tout expliquer</p>
<p>Dans la politique camerounaise, les m&eacute;moires sont courtes mais s&eacute;lectives. <strong>Maurice Kamto</strong> fait face aujourd'hui &agrave; une exigence que personne n'applique &agrave; ses adversaires : celle de justifier chaque posture, chaque silence, chaque convergence. Les faits, pourtant, racontent une autre histoire.</p>
<h2>Ce qui s'est r&eacute;ellement pass&eacute; avant, pendant et apr&egrave;s le scrutin</h2>
<p>Avant le vote, Kamto a activement promu une logique de coalition entre forces d'opposition. Des discussions impliquant <strong>Tchiroma</strong> et Bello ont bien eu lieu. Si Kamto avait voulu bloquer Tchiroma, les moyens politiques existaient. Il ne l'a pas fait.</p>
<p>Pendant le scrutin, des militants et sympathisants du <strong>MRC</strong> se sont d&eacute;ploy&eacute;s dans des bureaux de vote, y compris l&agrave; o&ugrave; le FSNC &eacute;tait absent. Leur objectif d&eacute;clar&eacute; : d&eacute;fendre un processus, pas un parti. Kamto, lui, appelait au vote libre et a publiquement affirm&eacute; que la volont&eacute; du peuple avait &eacute;t&eacute; confisqu&eacute;e.</p>
<p>Apr&egrave;s le scrutin, une fraction de partisans de Tchiroma et d'ex-sympathisants du MRC exige que Kamto reconnaisse la victoire de Tchiroma. Fait pass&eacute; sous silence : Kamto lui-m&ecirc;me a &eacute;t&eacute; &eacute;cart&eacute; d'un scrutin auquel il &eacute;tait attendu. La m&ecirc;me indignation de principe &eacute;tait alors introuvable.</p>
<h2>Pourquoi cette asym&eacute;trie n'est pas accidentelle</h2>
<p>Le Cameroun n'est pas un laboratoire de d&eacute;mocratie lib&eacute;rale. C'est un syst&egrave;me verrouill&eacute;, o&ugrave; les <strong>coalitions de l'opposition camerounaise</strong> se n&eacute;gocient dans l'ombre, o&ugrave; les retournements rel&egrave;vent de la survie, o&ugrave; la pression sur les opposants prend des formes invisibles aux commentateurs install&eacute;s dans le confort.</p>
<p>Exiger de Kamto des postures nettes, des soutiens formels et des lignes id&eacute;ologiques pures, c'est appliquer les r&egrave;gles d'un jeu qui n'existe pas. La politique camerounaise se joue &agrave; plusieurs niveaux simultan&eacute;ment : ce qui se dit, ce qui se tait, ce qui se n&eacute;gocie, ce qui se subit. R&eacute;duire les choix d'un acteur &agrave; une seule dimension, c'est choisir de ne pas comprendre ou de faire semblant.</p>
<h2>R&eacute;&eacute;criture narrative et double standard</h2>
<p>L'<strong>amn&eacute;sie s&eacute;lective en politique</strong> se d&eacute;finit comme le processus par lequel certains acteurs r&eacute;&eacute;crivent leur propre trajectoire sans contradiction, pendant qu'on exige d'un seul une coh&eacute;rence absolue et r&eacute;trospective.</p>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui se joue ici. On reproche &agrave; Kamto d'avoir cherch&eacute; des convergences dans une <strong>opposition fragment&eacute;e</strong>. On lui reproche d'avoir laiss&eacute; ses militants se mobiliser au-del&agrave; des fronti&egrave;res partisanes. On lui reproche de refuser d'ent&eacute;riner des narratifs changeants au gr&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts.</p>
<p>Pendant ce temps, l'acteur principal depuis la Gambie, &agrave; l'abri de toute pression de coh&eacute;rence peut modifier son r&eacute;cit sans qu'on lui en demande compte. Cette asym&eacute;trie n'est pas un accident de parcours. Elle est construite.</p>
<h2>Cr&eacute;dibilit&eacute; de l'opposition et recomposition politique</h2>
<p>Lorsque les acteurs se consacrent &agrave; se d&eacute;l&eacute;gitimer mutuellement, le pouvoir en place n'a rien &agrave; faire. L'&eacute;rosion est interne.</p>
<p>La question du leadership de l'opposition au Cameroun sera pos&eacute;e avec encore plus d'acuit&eacute;. Si chaque tentative de convergence devient pr&eacute;texte &agrave; proc&egrave;s en trahison, aucune coalition durable ne peut se construire. Et sans coalition durable, l'alternance reste hors de port&eacute;e.</p>
<p>Le <strong>double standard politique</strong> que subissent certains acteurs n'affaiblit pas seulement les individus vis&eacute;s. Il affaiblit la capacit&eacute; collective de l'opposition &agrave; formuler une alternative cr&eacute;dible face &agrave; un syst&egrave;me qui, lui, ne se divise pas.</p>
<h2>Ce d&eacute;bat r&eacute;v&egrave;le quelque chose de plus profond</h2>
<p>La vraie question n'est pas de savoir si Kamto a bien ou mal g&eacute;r&eacute; son rapport &agrave; Tchiroma. La vraie question est celle-ci : pourquoi un seul acteur doit-il r&eacute;pondre de tout, pendant que les autres r&eacute;&eacute;crivent leur propre histoire sans contradiction ?</p>
<p>Quand un seul homme doit tout justifier dans un d&eacute;bat qui implique plusieurs acteurs aux trajectoires tout aussi complexes, ce n'est plus du d&eacute;bat politique. C'est de la manipulation organis&eacute;e. Et la manipulation, contrairement aux m&eacute;moires, laisse des traces.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Avec Hanelore Fotso</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-13 10:59:25</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: LE TEMPS DES MEDIATIONS PRAGMATIQUES: Constitution, constitutionnalité, constitutionnalisme... :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92996/30:27/cameroun-le-temps-des-mediations-pragmatiques-constitution-constitutionnalite-constitutionnalisme-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Entre repères académiques, fait du prince, nécessité politique,
ambitions plurielles et clameur populaire

LE CHEMIN DE CROIX DE LA VICE – PRESIDENCE AU CAMEROU...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Entre rep&egrave;res acad&eacute;miques, fait du prince, n&eacute;cessit&eacute; politique, ambitions plurielles et clameur populaire</p>
<p>LE CHEMIN DE CROIX DE LA VICE &ndash; PRESIDENCE AU CAMEROUN</p>
<p>Avancer c&rsquo;est trouver des solutions, et trouver des solutions c&rsquo;est parfois faire preuve de sacrifices, porter l&rsquo;imagination au-del&agrave; des caprices intellectuels, des oppositions pu&eacute;riles r&eacute;sultant des sacralit&eacute;s doctrinales, des id&eacute;ologies et des codes &eacute;thiques. L&rsquo;art de la cr&eacute;ation sociale et technique productive tient dans la plupart des contextes, &agrave; une &eacute;vidente transcendance des formalismes &eacute;tablis tant&ocirc;t par les acceptions acad&eacute;miques et tant&ocirc;t par les appr&eacute;hensions, supputations et interdits de toute nature. C&rsquo;est le sommet de la violence certes douloureuse dans le principe, mais cons&eacute;quente et relativement salutaire dans la projection organisationnelle ainsi que dans la qu&ecirc;te de stabilit&eacute;, d&rsquo;assurance personnelle et collective. Dans le champs politique, l&rsquo;&eacute;quation peut se nouer en un &eacute;loquent d&eacute;fi de gouvernance &agrave; relever. C&rsquo;est le temps des m&eacute;diations pragmatiques.</p>
<p>Historiquement, la construction des syst&egrave;mes de gouvernance doit prioritairement aux configurations nationales ainsi qu&rsquo;aux donn&eacute;es anthropologiques, les contours de leur formalisation effective. Dans cette chevauch&eacute;e qui peut prendre du temps pour aboutir &agrave; des normes propres &agrave; chaque peuple, rien n&rsquo;est vraiment jamais acquis. Toutes les constitutions du monde ont connu des &eacute;tapes plus ou moins agit&eacute;es, preuves de l&rsquo;imperfection de toute &oelig;uvre humaine, et expression de la richesse de la pens&eacute;e au fil du temps.</p>
<p>Le Cameroun conna&icirc;t depuis quelques ann&eacute;es des &eacute;volutions politiques qui ont finalement install&eacute; dans l&rsquo;opinion publique, des interrogations d&rsquo;abord diffuses voire secr&egrave;tes ou discr&egrave;tes, puis ouvertes, brutales et m&ecirc;me intrigantes. Que n&rsquo;a-t-on pas entendu, parlant de la sant&eacute;, de l&rsquo;&acirc;ge et de la long&eacute;vit&eacute; du Chef de l&rsquo;Etat ? Nous nous sommes parfois prononc&eacute;s, exclam&eacute;s, chuchot&eacute;s, inqui&eacute;t&eacute;s, ennuy&eacute;s, troubl&eacute;s et bouscul&eacute;s. Dans la substance, nous voulions et voulons toujours une assurance pour les lendemains, pour la continuit&eacute; de la gouvernance, pour une certaine s&eacute;r&eacute;nit&eacute; s&rsquo;il arrivait quelque chose de brusque au pr&eacute;sident. C&rsquo;est alors que d&rsquo;autres interrogations ont surgi, sur les successeurs potentiels voire av&eacute;r&eacute;s grav&eacute;s dans la charte fondamentale. Et si cette charte &eacute;tait en cause ?&nbsp;</p>
<p>Qui doutera que la r&eacute;flexion a souvent &eacute;t&eacute; plus qu&rsquo;intense sur un poste, l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;un vice-pr&eacute;sident, comme au bon vieux temps ? Qui doutera que le fils du pr&eacute;sident a souvent &eacute;t&eacute; mis en vedette, disqualifi&eacute; par-ci et par-l&agrave;, soutenu par-ci et par-l&agrave; ? Qui doutera que nous n&rsquo;avons pas &eacute;pilogu&eacute; sur les ethnies, sur les r&eacute;gions, sur les jeunes, sur les femmes, sur la diaspora ?&nbsp;</p>
<p>Nous sommes en fait devenus des gens qui se plaignent de tout et refusent tout, contestent trop souvent et r&eacute;futent les solutions m&ecirc;me les plus pragmatiques, quand nous n&rsquo;y trouvons pas notre compte ou les int&eacute;r&ecirc;ts de nos chapelles claniques, sectaires et id&eacute;ologiques. En r&eacute;alit&eacute; peu importe les formes et les m&eacute;canismes par lesquels les gouvernants cristallisent la projection du bien-&ecirc;tre de leurs sujets, tant qu&rsquo;ils ont la conviction d&rsquo;&oelig;uvrer pour apaiser, rassurer et assurer, pr&eacute;munir et anticiper face aux agitations et aux appels des lendemains.&nbsp;</p>
<p>Un vice-pr&eacute;sident au Cameroun : recul ou avanc&eacute;e, violations des normes d&eacute;mocratiques &eacute;tablies, mais lesquelles ? De quoi est faite la conscience pure du destin des uns et des autres, quand aucun consensus n&rsquo;est possible ? Constitutionnalit&eacute;, constitutionnalisme et constitutionnaliste ? Hum ! O&ugrave; s&rsquo;arr&ecirc;te l&rsquo;acad&eacute;mie et o&ugrave; commence le r&eacute;el politique, la maturit&eacute; des besoins d&rsquo;ordonnancement dans l&rsquo;urgence du pouvoir politique en qu&ecirc;te de stabilisation de la soci&eacute;t&eacute; et de r&eacute;duction des doutes sur les lendemains ? C&rsquo;est une question propre, dure sans doute, mais qui m&eacute;rite que l&rsquo;on s&rsquo;asseye et m&eacute;dite. Les intellectuels et les champions de l&rsquo;acad&eacute;mie ne font pas la soupe du politique, et le politique ne cultive jamais l&rsquo;amiti&eacute; forc&eacute;e des savants de l&rsquo;acad&eacute;mie. Ce qui reste, c&rsquo;est l&rsquo;acceptation par tous de ce qui s&rsquo;impose comme une urgence bien plus qu&rsquo;une simple n&eacute;cessit&eacute;, m&ecirc;me si les voies et les moyens peuvent ne pas faire consensus.</p>
<p>Bienvenue au Vice &ndash; Pr&eacute;sident du Cameroun./.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Shanda Tonme</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-12 15:07:38</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Pope Leo XIV’s visit : A Test for the Vatican Amid Cameroun’s War on the former UN Trust Territory :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92995/30:27/pope-leo-xivs-visit-a-test-for-the-vatican-amid-camerouns-war-on-the-former-un-trust-territory-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Pope Leo XIV’s visit to Bamenda and La Republique du Cameroun: A
Moral Test for the Vatican Amid Cameroun’s War on the former UN
Trust Territory of British Sout...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">Pope Leo XIV&rsquo;s visit to Bamenda and La Republique du Cameroun: </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">A Moral Test for the Vatican Amid Cameroun&rsquo;s War on the former UN Trust Territory of British Southern Cameroons.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">As Pope Leo XIV makes his way to Bamenda on 16 April 2026 for a &ldquo;</span><span style="font-family: Verdana, serif;"><strong>Meeting For Peace</strong></span><span style="font-family: Verdana, serif;">&rdquo; in St Joseph&rsquo;s Cathedral and a Mass at Bamenda International Airport, the inhabitants of the former UN Trust Territory of British Southern Cameroons (Ambazonia) look at him with a mix of hope and profound doubt. The Holy Father&rsquo;s mission to Cameroon comes during a nine-year armed conflict which the Yaound&eacute; government does not consider war but that has resulted in what the Norwegian Refugee Council has accurately described as the world&rsquo;s most neglected displacement crisis.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">The crisis is not an "</span><span style="font-family: Verdana, serif;"><strong>internal Cameroonian matter</strong></span><span style="font-family: Verdana, serif;">." It is the immediate and predictable consequence of failed decolonisation in the former British Southern Cameroons of the United Nations Trust Territory. The UN General Assembly Resolution 1608 (XV) of 21 April 1961 explicitly required negotiations for a federal union of two equal states supervised by the UN. This process was stopped; annexation followed. Both the African Commission on Human and Peoples&rsquo; Rights (ACHPR) Decision on Communication 266/2003 (the Banjul Decision) and the 2019 Federal High Court decision in Abuja, Nigeria, have confirmed the historic grievances and also the illegality of the rendition of Ambazonian leaders. But the guns have not gone silent.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">Cameroon's security forces have carried out operations of extrajudicial killings, torture, enforced disappearances, and systematic burning of villages since late 2016. Summary executions, burning homes and looting health centres in the North-West region is another area documented by Human Rights Watch. Amnesty International has also recorded soldiers dousing civilian houses with petrol and setting them on fire while asking, &ldquo;</span><span style="font-family: Verdana, serif;"><em>Where are the Amba boys?</em></span><span style="font-family: Verdana, serif;">&rdquo; The U.S. State Department&rsquo;s 2021-2025 human rights reports detailed arbitrary killings, forced disappearances and the dumping of bodies by government forces. Today, over 580,000 people in the North-West and South-West regions are displaced, according to Amnesty International. &ldquo;Civilians in Ambazonia are at imminent risk of atrocity crimes,&rdquo; the Global Centre for the Responsibility to Protect says.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">These violations engage international human rights law at the highest level. The International Covenant on Civil and Political Rights, the Convention Against Torture, the Rome Statute of the International Criminal Court, and the African Charter on Human and Peoples&rsquo; Rights all forbid the very same conduct, often credited to Cameroonian security forces. The right of peoples to self-determination, codified in the UN Charter and the two International Covenants of 1966 &ndash; is not a slogan; it is a peremptory norm. When a state addresses legitimate political grievances with collective punishment, it loses every claim to moral high ground.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">Making the humanitarian catastrophe look worse is the political sleight of hand that is taking place in Yaound&eacute;. On 4 April 2026, Cameroon&rsquo;s parliament hurried through constitutional amendments restoring the vice presidency &ndash; abolished since 1972 &ndash; without having any guarantee that the holder had to come from the English-speaking community when the President is Francophone. The Guardian Post Cameroon rightly headlined the motion &ldquo;Anglophones cheated again!&rdquo; Article 10 of the amended constitution is just another excuse to let the Head of State appoint a Vice President. Instead of addressing the structural marginalisation that caused the crisis, the amendment strengthens presidential discretion and risks further entrenching the grievances that drive separatism.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">Here is the Cameroon that Pope Leo XIV will encounter in Bamenda: </span><span style="font-family: Verdana, serif;"><em>a state that proclaims &ldquo;peace&rdquo; when its military pursues scorched-earth tactics but which rewrites its own constitution in an attempt to appease international opinion without consenting to real power-sharing, and which yet maintains Ambazonian leaders in Yaound&eacute;&rsquo;s maximum security prison in defiance of Nigerian and African Commission rulings.</em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">The Vatican has a moral duty to tell the truth to power. A generic call for &ldquo;dialogue&rdquo; that doesn&rsquo;t take into account the structural causes of the crisis, and the unacceptable marginalisation of Southern Cameroonians is guilty by its own admission. The 16-Point Peace Plan released by the Ambazonian representatives in July 2025 presents a concrete, staged step-by-step programme addressing the root causes of the crisis and the unacceptable marginalisation of Southern Cameroonians at the same time to: </span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Immediate ceasefire</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"> </span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Unconditional release of all Ambazonian political prisoners at home and abroad</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> (including the Nera 10) </span></span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Recognition of the legal foundations</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> in UN Resolution 1608 (XV) </span></span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Restoration of meaningful autonomy</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> or the </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>explicit negotiation of total independence</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"> </span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Independent truth and reconciliation commission</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"> </span></p>
<p align="justify">&bull; <span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Demilitarisation</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> and international guarantees.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">The plan has already been endorsed by the ACHPR and Nigerian courts, according to the same instruments. It is implementable, monitorable, and puts the alternative full restoration of Ambazonian statehood on an equal basis with any federal framework &ndash; just what international law calls for.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Pope Leo XIV&rsquo;s visit to Bamenda is not merely pastoral; it is political.</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> By standing in the capital of the North-West region while villages still smoulder and displaced families crowd into refugee camps across Nigeria and beyond, the Holy Father has an </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>unparalleled platform</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">. He must use it to demand:</span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">An </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>immediate, verifiable ceasefire</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> monitored by a neutral AU/UN mission;</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">The </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>unconditional release of all Ambazonian political prisoners at home and abroad</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">;</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Unfettered humanitarian access</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">;</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Direct negotiations</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> - </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>without preconditions</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> - between Yaound&eacute; and the legitimate Ambazonian representatives, hosted in a neutral third country, with the </span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>full spectrum of political outcomes, including independence</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE">, on the table; and</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><strong>Explicit addressing of the root causes</strong></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"> of the crisis and the unacceptable marginalisation of Southern Cameroonians.</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><span lang="en-IE"><em>Call on countries</em></span></span><span style="font-family: Verdana, serif;"><em> with significant leverage on the Biya regime &ndash; such as France, China, Russia, Switzerland and the USA &ndash; must now exert diplomatic and international pressure on the Yaound&eacute; regime to end its senseless genocidal war on Ambazonians immediately.</em></span></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;"><em><strong>Anything less will be remembered not as peace but as a photo opportunity that legitimised a regime still at war with its own people.</strong></em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, serif;">The suffering of the Ambazonian people &ndash; burned villages, orphaned children, raped women and exiled leaders &ndash; not only requires more than prayers. It requires prophetic courage. The Vatican, that at one time broke apartheid and mediated civil wars in Latin America, cannot afford to remain silent when another English-speaking African community is disappearing from the map.</span></p>
<p align="justify"><em><span style="font-family: Verdana, serif;"><strong>About the Author:</strong></span><span style="font-family: Verdana, serif;"> Dr Larry Ayamba is a pioneering spokesman of the Ambazonian independence movement and a former Secretary of State for Foreign Affairs of the Ambazonia Governing Council (AGovC). He campaigned for the decolonisation of the former UN Trust Territory of British Southern Cameroons (Ambazonia), was actively involved in the representation of AGovC in the world, and was the author of its re-admission to the UNPO in 2018. Dr Ayamba presents the crisis as a continuation of colonial annexation and, in essence, calls for genuine dialogue and for total independence.</span></em></p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Dr Larry Ayamba</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-12 14:51:34</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Députée Nourane Foster : quand le discours souverainiste cache une économie chinoise assumée :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92993/30:27/cameroun-deputee-nourane-foster-quand-le-discours-souverainiste-cache-une-economie-chinoise-assumee-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Indignation ou hypocrisie ? Le double langage d'une élue camerounaise

La SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE ne se décrète pas sur Facebook. Quand
une députée camerounaise...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Indignation ou hypocrisie ? Le double langage d'une &eacute;lue camerounaise</p>
<p>La <strong>souverainet&eacute; &eacute;conomique</strong> ne se d&eacute;cr&egrave;te pas sur Facebook. Quand une d&eacute;put&eacute;e camerounaise d&eacute;nonce l'influence chinoise le matin et vend des perruques import&eacute;es de Canton le soir, le foss&eacute; entre le discours et les actes m&eacute;rite d'&ecirc;tre mesur&eacute;. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que r&eacute;v&egrave;le la r&eacute;plique publique de l'&eacute;crivaine Ernis &agrave; la d&eacute;put&eacute; Nourane Foster.</p>
<h2>Ce qui s'est pass&eacute; : une indignation qui se retourne contre son auteure</h2>
<p>La d&eacute;put&eacute; Nourane Foster a publi&eacute; une prise de position critiquant la <strong>capitalisation &eacute;conomique</strong> des Chinois et des Libanais sur le sol camerounais. La sortie a circul&eacute; rapidement, g&eacute;n&eacute;rant adh&eacute;sion et applaudissements dans une partie de l'opinion publique.</p>
<p>L'&eacute;crivaine Ernis, connue sous le pseudonyme Griote, a r&eacute;pondu point par point. Sa r&eacute;plique, diffus&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux, pose une question centrale : peut-on d&eacute;noncer une d&eacute;pendance &eacute;conomique structurelle tout en en &eacute;tant soi-m&ecirc;me un maillon actif ?</p>
<h2>Perruques, lampadaires et conflit d'int&eacute;r&ecirc;ts : l'anatomie d'une contradiction</h2>
<p><strong>Ernis soul&egrave;ve deux faits pr&eacute;cis.</strong></p>
<p>Premier fait : Nourane Foster commercialise depuis plusieurs ann&eacute;es des perruques d'origine chinoise aupr&egrave;s de jeunes Camerounaises. Chaque vente r&eacute;alis&eacute;e &agrave; Douala correspond, selon l'&eacute;crivaine, &agrave; un emploi cr&eacute;&eacute; &agrave; Canton et un emploi d&eacute;truit au march&eacute; de Mboppi. Le <strong>made in Cameroon</strong> brille par son absence dans ce mod&egrave;le commercial.</p>
<p>Second fait : pendant la campagne pr&eacute;sidentielle, la d&eacute;put&eacute;e aurait import&eacute; de Chine des lampadaires destin&eacute;s &agrave; ses activit&eacute;s politiques. L'acte finance directement l'<strong>industrie chinoise</strong>, sans transfert de technologie ni retomb&eacute;e pour l'ing&eacute;nierie locale.</p>
<p>La critique d&eacute;passe l'anecdote. Elle pointe un <strong>conflit d'int&eacute;r&ecirc;ts</strong> structurel : une &eacute;lue dont le mod&egrave;le &eacute;conomique personnel contredit le discours nationaliste qu'elle tient en public.</p>
<h2>Le vrai d&eacute;ficit : l'absence de bilan l&eacute;gislatif</h2>
<p>Ernis va plus loin que la simple contradiction personnelle. Elle interroge le r&ocirc;le institutionnel de la d&eacute;put&eacute;e.</p>
<p>Combien de propositions de loi ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;es sur le ch&ocirc;mage des jeunes, la <strong>politique industrielle</strong> ou le droit de s&eacute;jour des &eacute;trangers au Cameroun ? Combien d'auditions, de travaux en commission, d'amendements concrets ? Ces questions restent, &agrave; ce stade, sans r&eacute;ponse publique document&eacute;e.</p>
<p>Le salaire minimum au Cameroun est inf&eacute;rieur &agrave; 45 000 francs CFA. L'indemnit&eacute; parlementaire d'une d&eacute;put&eacute;e repr&eacute;sente environ vingt fois ce montant. L'&eacute;cart illustre la distance entre gouvernants et gouvern&eacute;s une distance que ni les posts Facebook ni les &eacute;motions performatives ne comblent.</p>
<h2>Fiscalit&eacute; opaque et privil&egrave;ges douaniers : un syst&egrave;me qui m&eacute;rite d&eacute;bat</h2>
<p>L'&eacute;crivaine soul&egrave;ve &eacute;galement la question des <strong>avantages fiscaux</strong> dont b&eacute;n&eacute;ficient certains &eacute;lus pour importer des marchandises. Un vendeur informel paie ses taxes au prix fort. Un d&eacute;put&eacute;-commer&ccedil;ant op&eacute;rerait, selon Ernis, dans un cadre moins contraignant.</p>
<p>La r&eacute;forme fiscale constitue ici un enjeu d&eacute;mocratique direct. Si des &eacute;lus cumulent mandats politiques et activit&eacute;s commerciales prot&eacute;g&eacute;es par des exon&eacute;rations douani&egrave;res, la s&eacute;paration entre int&eacute;r&ecirc;t public et int&eacute;r&ecirc;t priv&eacute; devient fragile. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment pour &eacute;viter ce type de confusion que les r&eacute;gimes parlementaires modernes encadrent strictement les conflits d'int&eacute;r&ecirc;ts.</p>
<p>Enjeux imm&eacute;diats et structurels pour le Cameroun</p>
<p>&Agrave; court terme, l'&eacute;change entre Foster et Ernis r&eacute;v&egrave;le une demande sociale croissante de <strong>transparence l&eacute;gislative</strong>. Les citoyens camerounais ne se contentent plus des prises de parole &eacute;motionnelles. Ils exigent des bilans chiffr&eacute;s, des textes soumis, des votes document&eacute;s.</p>
<p>&Agrave; moyen terme, la question pos&eacute;e d&eacute;passe le cas individuel. Le Cameroun dispose d'un tissu artisanal et manufacturier que les importations massives fragilisent durablement. Tant que des acteurs politiques, y compris ceux qui d&eacute;noncent la d&eacute;pendance &eacute;trang&egrave;re, continueront d'alimenter cette d&eacute;pendance par leurs propres pratiques commerciales, aucune politique d'<strong>industrialisation nationale</strong> ne trouvera de base cr&eacute;dible.</p>
<p>La coh&eacute;rence entre le discours et l'acte n'est pas une exigence morale abstraite. Elle conditionne la confiance des citoyens dans leurs institutions. Sans cette confiance, les r&eacute;formes restent lettre morte.</p>
<h2>La question qui reste ouverte</h2>
<p>Le patriotisme &eacute;conomique camerounais passera-t-il un jour du slogan &agrave; la loi ? Et si oui, qui en sera l'auteur ceux qui le proclament ou ceux qui en paient le prix chaque jour ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Avec Griot</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-12 00:16:49</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Alternance en Afrique : Fomunyoh compare le Malawi et le Bénin au Cameroun de Biya :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92983/30:27/alternance-en-afrique-fomunyoh-compare-le-malawi-et-le-benin-au-cameroun-de-biya-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[43 ans au pouvoir contre deux transferts pacifiques : le contraste
africain selon Fomunyoh

Quarante-trois ans. C'est la durée du règne de Paul Biya au
Cameroun...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>43 ans au pouvoir contre deux transferts pacifiques : le contraste africain selon Fomunyoh</p>
<p>Quarante-trois ans. C'est la dur&eacute;e du r&egrave;gne de Paul Biya au Cameroun, point&eacute;e par le Dr Christopher Fomunyoh comme le contre-exemple absolu d'une <strong>alternance d&eacute;mocratique en Afrique</strong>. Sa d&eacute;claration, publi&eacute;e apr&egrave;s le forum APO2026 de Bruxelles, met en regard trois trajectoires africaines radicalement oppos&eacute;es.</p>
<h2>Qui parle, depuis o&ugrave;, et sur quoi : une voix africaine de r&eacute;f&eacute;rence internationale</h2>
<p>Le Dr Christopher Fomunyoh est directeur principal pour l'Afrique au National Democratic Institute (NDI), organisation am&eacute;ricaine de promotion de la d&eacute;mocratie. Sa prise de parole intervient au lendemain du forum <strong>APO2026</strong>, tenu &agrave; Bruxelles, o&ugrave; il a rencontr&eacute; l'ancien pr&eacute;sident malawien Lazarus Chakwera. Ce dernier a re&ccedil;u une standing ovation en pl&eacute;ni&egrave;re pour avoir respect&eacute; la constitution de son pays apr&egrave;s sa d&eacute;faite &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 2025 au <strong>Malawi</strong>.</p>
<p>Fomunyoh cite &eacute;galement Mokgweetsi Masisi, ancien pr&eacute;sident du <strong>Botswana</strong>, comme second exemple d'une sortie de pouvoir digne et constitutionnelle. Il les oppose au cas camerounais, o&ugrave; Paul Biya, 93 ans, gouverne depuis 1982. Fomunyoh rapporte que des millions de Camerounais affirment que Biya a perdu l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025 ; une all&eacute;gation contest&eacute;e par le r&eacute;gime en place.</p>
<h2>Pourquoi ces contrastes sont devenus le symbole d'un d&eacute;bat continental</h2>
<p>Le <strong>transfert pacifique de pouvoir en Afrique</strong> est devenu l'un des indicateurs les plus scrut&eacute;s par les institutions internationales et les observateurs &eacute;lectoraux. Pendant des d&eacute;cennies, le continent a &eacute;t&eacute; associ&eacute; aux coups d'&Eacute;tat, aux mandats prolong&eacute;s et aux constitutions r&eacute;vis&eacute;es pour maintenir des dirigeants au pouvoir. Les cas du Malawi et du Botswana rompent avec cette tendance de mani&egrave;re&nbsp; v&eacute;rifiable.</p>
<p>Au Malawi, Chakwera avait lui-m&ecirc;me b&eacute;n&eacute;fici&eacute; en 2020 d'une d&eacute;cision historique de la Cour constitutionnelle qui avait annul&eacute; l'&eacute;lection de son pr&eacute;d&eacute;cesseur Peter Mutharika pour fraudes. Sa propre d&eacute;faite en 2025 et son retrait sans contestation violente sont donc per&ccedil;us comme une coh&eacute;rence institutionnelle rare. Au Botswana, la d&eacute;faite de Masisi face &agrave; Duma Boko en 2024 s'est sold&eacute;e par une passation de pouvoir salu&eacute;e par l'Union africaine et les observateurs internationaux.</p>
<p>La <strong>d&eacute;mocratie &eacute;lectorale en Afrique</strong> n'est donc pas un id&eacute;al th&eacute;orique. Elle existe, elle fonctionne, et elle produit des pr&eacute;c&eacute;dents.</p>
<h2>Comment Fomunyoh construit son argument : la comparaison comme outil politique</h2>
<p>La d&eacute;claration de Fomunyoh n'est pas une analyse acad&eacute;mique. C'est un acte politique d&eacute;lib&eacute;r&eacute;. En pla&ccedil;ant Chakwera et Masisi sur un pi&eacute;destal lors d'un forum international de haut niveau, il cr&eacute;e un standard implicite auquel tout dirigeant africain peut &ecirc;tre compar&eacute;. Le <strong>Cameroun de Paul Biya</strong> devient ainsi le contre-mod&egrave;le nomm&eacute;, dans un espace o&ugrave; la formule a une r&eacute;sonance diplomatique r&eacute;elle.</p>
<p>L'all&eacute;gation selon laquelle Biya aurait perdu l'<strong>&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d'octobre 2025 au Cameroun</strong> est port&eacute;e par l'opposition et relay&eacute;e par Fomunyoh. Le r&eacute;gime camerounais conteste ces accusations. Aucun organe international ind&eacute;pendant n'a &agrave; ce jour tranch&eacute; d&eacute;finitivement sur la r&eacute;gularit&eacute; du scrutin. Ce que la d&eacute;claration de Fomunyoh &eacute;tablit avec certitude, c'est que la contestation de ce r&eacute;sultat a d&eacute;sormais une audience internationale structur&eacute;e.</p>
<p>La mention du <strong>B&eacute;nin</strong> dans sa d&eacute;claration ajoute une dimension d'actualit&eacute; imm&eacute;diate : Patrice Talon s'appr&ecirc;te &agrave; quitter le pouvoir apr&egrave;s deux mandats constitutionnels, conform&eacute;ment &agrave; la loi fondamentale de son pays. Ce d&eacute;part volontaire, dans un contexte ouest-africain marqu&eacute; par plusieurs coups d'&Eacute;tat r&eacute;cents, est pr&eacute;sent&eacute; comme un acte de maturit&eacute; institutionnelle.</p>
<h2>Entre exemplarit&eacute; continentale et pression sur Yaound&eacute;</h2>
<p>La pression internationale sur le r&eacute;gime camerounais va s'intensifier. Les forums multilat&eacute;raux africains? Union africaine, Communaut&eacute; &eacute;conomique des &Eacute;tats de l'Afrique centrale seront des espaces o&ugrave; le cas camerounais continuera d'&ecirc;tre discut&eacute;, m&ecirc;me indirectement. La <strong>crise politique au Cameroun</strong> post-&eacute;lectorale cherche une tribune internationale que des voix comme celle de Fomunyoh contribuent &agrave; construire.</p>
<p>Les exemples malawien et botswanais pourraient devenir des r&eacute;f&eacute;rences jurisprudentielles pour les cours constitutionnelles africaines confront&eacute;es &agrave; des contestations &eacute;lectorales.&nbsp;</p>
<h2>L'Afrique peut choisir : la question que Fomunyoh pose sans la formuler</h2>
<p>Ce que la d&eacute;claration de Fomunyoh dit en creux est simple : les institutions africaines peuvent fonctionner. Des pr&eacute;sidents peuvent perdre et partir. Des peuples peuvent &eacute;lire et &ecirc;tre entendus. La question qu'il laisse ouverte sans la formuler est celle-ci : les Camerounais obtiendront-ils un jour, eux aussi, leur standing ovation ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-11 04:18:18</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Tribalisme politique au Cameroun : Hamadou Babba dénonce 34 ans d'équilibre stérile :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92978/30:27/tribalisme-politique-au-cameroun-hamadou-babba-denonce-34-ans-dequilibre-sterile-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[34 ans au perchoir, zéro route : le bilan accusateur d'un opposant
camerounais

Trente-quatre ans. C'est la durée pendant laquelle Cavayé Yéguié
Djibril a prési...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>34 ans au perchoir, z&eacute;ro route : le bilan accusateur d'un opposant camerounais</p>
<p>Trente-quatre ans. C'est la dur&eacute;e pendant laquelle Cavay&eacute; Y&eacute;gui&eacute; Djibril a pr&eacute;sid&eacute; l'Assembl&eacute;e nationale du Cameroun. Son village natal, Mada, dans l'Extr&ecirc;me-Nord, reste aujourd'hui enclav&eacute;. Cet &eacute;cart entre pouvoir occup&eacute; et d&eacute;veloppement local est au c&oelig;ur d'une tribune politique percutante publi&eacute;e en 2026.</p>
<h2>Qui parle, et de quoi : une tribune d'opposition sign&eacute;e et dat&eacute;e</h2>
<p>Abdouraman Hamadou Babba, pr&eacute;sident national du Rassemblement pour le D&eacute;veloppement et la D&eacute;fense de la R&eacute;publique du Cameroun (RDDRC), a publi&eacute; une tribune ciblant ce qu'il appelle l'<strong>&eacute;quilibre tribal</strong> du r&eacute;gime Biya-RDPC. Son propos central : la <strong>redistribution tribale des postes</strong> de responsabilit&eacute; au Cameroun constitue un frein structurel au d&eacute;veloppement national. Cette prise de position intervient dans le contexte de la r&eacute;vision constitutionnelle du 4 avril 2026, qui a suscit&eacute; une vive controverse politique dans le pays.</p>
<p>Hamadou Babba vise directement la logique de nomination pratiqu&eacute;e depuis des d&eacute;cennies au sommet de l'&Eacute;tat camerounais. Il soutient que confier la pr&eacute;sidence de l'Assembl&eacute;e nationale &agrave; un ressortissant de l'Ouest ou celle du S&eacute;nat &agrave; un ressortissant du Nord ne profite ni &agrave; l'Ouest ni au Nord.</p>
<h2>Pourquoi ce mod&egrave;le perdure : la logique du contr&ocirc;le politique</h2>
<p>L'&eacute;quilibre tribal se d&eacute;finit, dans la terminologie politique camerounaise, comme la pratique consistant &agrave; r&eacute;partir les postes institutionnels entre les grandes r&eacute;gions et ethnies du pays pour pr&eacute;server une apparence d'inclusion nationale. Hamadou Babba conteste la sinc&eacute;rit&eacute; de ce m&eacute;canisme.</p>
<p>Selon lui, les personnalit&eacute;s ainsi nomm&eacute;es sont s&eacute;lectionn&eacute;es non pour leur comp&eacute;tence mais pour leur capacit&eacute; de soumission aux logiques du r&eacute;gime. Leur r&ocirc;le r&eacute;el serait de contr&ocirc;ler les aspirations politiques de leurs communaut&eacute;s respectives, non de les repr&eacute;senter. La <strong>conservation du pouvoir</strong> primerait ainsi syst&eacute;matiquement sur l'&eacute;mergence &eacute;conomique du Cameroun.</p>
<p>Il cite un exemple pr&eacute;cis : la route reliant Maroua &agrave; Kousseri, dans la r&eacute;gion de l'Extr&ecirc;me-Nord, est en quasi-disparition malgr&eacute; des d&eacute;cennies de pr&eacute;sence de cadres de cette r&eacute;gion au sommet des institutions nationales.</p>
<h2>Comment le syst&egrave;me se reproduit : un m&eacute;casnisme h&eacute;rit&eacute; de la p&eacute;riode coloniale</h2>
<p>Hamadou Babba situe l'origine de cette <strong>approche villageoise de la gestion du Cameroun</strong> dans l'&egrave;re coloniale. Il affirme qu'elle a &eacute;t&eacute; perp&eacute;tu&eacute;e par les dirigeants postind&eacute;pendance, et qu'elle structure encore aujourd'hui les nominations au sein du r&eacute;gime <strong>Biya-RDPC</strong>. La m&eacute;canique est d&eacute;crite ainsi : nommer des oblig&eacute;s politiques &agrave; des postes souvent vid&eacute;s de leur substance r&eacute;elle, en &eacute;change de leur loyaut&eacute; et de leur capacit&eacute; &agrave; neutraliser toute contestation dans leurs r&eacute;gions d'origine.</p>
<p>Le r&eacute;sultat, selon lui, est un syst&egrave;me o&ugrave; le partage des postes se substitue au partage des ressources. Il oppose explicitement ces deux logiques : l'une produit des dividendes politiques pour le r&eacute;gime, l'autre produirait du d&eacute;veloppement pour les populations.</p>
<p>La r&eacute;cente <strong>r&eacute;vision constitutionnelle</strong> adopt&eacute;e par un Parlement dont les pr&eacute;sidents sont issus de l'Ouest et du Nord illustre selon lui comment des cadres r&eacute;gionaux peuvent orchestrer des d&eacute;cisions contraires aux int&eacute;r&ecirc;ts de leurs propres communaut&eacute;s, d&egrave;s lors qu'ils sont int&eacute;gr&eacute;s &agrave; la logique du r&eacute;gime.</p>
<h2>Une critique qui s'inscrit dans le cycle &eacute;lectoral &agrave; venir</h2>
<p>&Agrave; court terme, cette tribune s'inscrit clairement dans une strat&eacute;gie &eacute;lectorale. Hamadou Babba appelle explicitement &agrave; remporter les prochaines <strong>&eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales</strong> au Cameroun pour retirer au r&eacute;gime en place sa base de l&eacute;galit&eacute; institutionnelle. La fen&ecirc;tre &eacute;lectorale des prochains mois rend ce discours imm&eacute;diatement op&eacute;rationnel sur le plan politique.</p>
<p>La question de la gouvernance tribale au Cameroun devient ins&eacute;parable de celle de la succession pr&eacute;sidentielle. Si la r&eacute;forme constitutionnelle du 4 avril 2026 s'applique, un Vice-pr&eacute;sident nomm&eacute; lui-m&ecirc;me produit de logiques de d&eacute;signation pourrait incarner demain la continuit&eacute; d'un syst&egrave;me que ses opposants d&eacute;crivent comme fond&eacute; sur la m&eacute;diocrit&eacute; organis&eacute;e.</p>
<h2>Le d&eacute;veloppement contre l'identit&eacute; : un faux choix que les urnes devront trancher</h2>
<p>Hamadou Babba pose une question que les partis d'opposition camerounais r&eacute;p&egrave;tent depuis des ann&eacute;es sans parvenir &agrave; en faire le moteur d'une alternance : les Camerounais sont-ils pr&ecirc;ts &agrave; voter contre le sentiment d'appartenance communautaire au profit d'un projet de d&eacute;veloppement national ? La r&eacute;ponse appartient aux &eacute;lecteurs. Les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales en seront le premier test mesurable.</p>
<hr />
<blockquote>
<p>&Agrave; quoi sert le fait d&rsquo;avoir un fr&egrave;re du village &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une institution sens&eacute;e &ecirc;tre r&eacute;publicaine ?!<br />Comment expliquer qu&rsquo;en 2026, la principale carte politique jou&eacute;e par le r&eacute;gime Biya-RDPC se base toujours sur la redistribution tribale des postes de responsabilit&eacute; au d&eacute;triment des imp&eacute;ratifs de d&eacute;veloppement ?!</p>
<p>Que gagnent les ressortissants de l&rsquo;Ouest d&rsquo;avoir un des leurs &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale ou ceux du Nord d&rsquo;avoir un des leurs &agrave; la t&ecirc;te du S&eacute;nat ? Assur&eacute;ment rien du tout ! M&ecirc;me pas un radier !</p>
<p>Pour s&rsquo;en convaincre, il suffit de voir dans quel &eacute;tat se trouve la r&eacute;gion de l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord avec la quasi-disparition de la route reliant Maroua &agrave; Kousseri ou bien le niveau de d&eacute;veloppement de Mada, le village de l&rsquo;honorable Cavay&eacute; Y&eacute;gui&eacute; Djibril qui a cumul&eacute; 34 ans au perchoir &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale.</p>
<p>Un bonne partie de ceux qui se r&eacute;clament &laquo; &Eacute;kang &raquo;, malgr&eacute; leur souffrance et le piteux &eacute;tat actuel du Cameroun, trouvent une certaine satisfaction de savoir que c&rsquo;est l&rsquo;un des &laquo; leurs &raquo; qui dirige le Cameroun, au point d&rsquo;&ecirc;tre pr&ecirc;ts &agrave; risquer la destruction de ce pays pour le maintenir &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&Eacute;tat...</p>
<p>De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, les faits ont toujours prouv&eacute; que les fr&egrave;res du village qui sont nomm&eacute;s ne travaillent pas pour le village mais pour les clans qui ont facilit&eacute; leurs nominations et dont les pr&eacute;occupations sont toujours tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;es de celles des pauvres populations.<br />L&rsquo;exemple le plus r&eacute;cent concerne la violation de la Constitution par l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale et le S&eacute;nat respectivement dirig&eacute;s par des fils de l&rsquo;Ouest et du Nord qui ont orchestr&eacute; la plus grossi&egrave;re et la plus dommageable des manipulations institutionnelles qu&rsquo;a connu le Cameroun depuis ce qu&rsquo;on a consid&eacute;r&eacute; comme ind&eacute;pendances en 1960 ! Ceci contre la volont&eacute; manifeste d&rsquo;une &eacute;crasante majorit&eacute; des Camerounais parmi lesquels une &eacute;crasante majorit&eacute; des fils et des filles de l&rsquo;Ouest et du Nord.</p>
<p>En r&eacute;alit&eacute;, nul n&rsquo;a besoin d&rsquo;avoir son fr&egrave;re du village nulle part au sein des institutions r&eacute;publicaines pour se sentir &eacute;panoui en tant que Citoyen camerounais !<br />Au lieu de nommer des personnes comp&eacute;tentes capables de bien diriger et de bien administrer le Cameroun pour cr&eacute;er des richesses &agrave; redistribuer &eacute;quitablement &agrave; tous, &nbsp;le r&eacute;gime Biya-RDPC a toujours privil&eacute;gi&eacute; un &eacute;quilibre tribal st&eacute;rile fond&eacute; sur des consid&eacute;rations purement politiciennes.</p>
</blockquote>
<p>Cet &eacute;quilibre qui consiste &agrave; faire semblant d&rsquo;associer certaines tribus &agrave; la gestion du Cameroun en nommant &agrave; des postes de responsabilit&eacute; des personnes soigneusement s&eacute;lectionn&eacute;s pour leur capacit&eacute; de soumission et donc pour la m&eacute;diocrit&eacute; dont ils peuvent faire preuve n&rsquo;a en r&eacute;alit&eacute; pour but que la conservation du pouvoir, au d&eacute;triment l&rsquo;&eacute;mergence du Cameroun.<br />Le vrai partage c&rsquo;est celui des ressources aux populations et non le partage des postes, tr&egrave;s souvent vid&eacute;s de leur consistance, &agrave; des oblig&eacute;s politiques qui n&rsquo;ont pour seul objectif que de contr&ocirc;ler les aspirations politiques de leurs communaut&eacute;s respectives.</p>
<blockquote>
<p>Il faut donc mettre fin &agrave; cette approche villageoise de la gestion du Cameroun institu&eacute;e par les colons et p&eacute;rennis&eacute;e par leurs h&eacute;ritiers actuellement au pouvoir. Pour cela, nous devons travailler davantage pour remporter les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales afin de retirer &agrave; ce r&eacute;gime le semblant de l&eacute;galit&eacute; qui lui a permis de confisquer le Cameroun pendant des d&eacute;cennies.</p>
<hr />
<p>Abdouraman Hamadou Babba<br />Pr&eacute;sident National du Rassemblement pour le D&eacute;veloppement et la D&eacute;fense de la R&eacute;publique du Cameroun (RDDRC)</p>
</blockquote>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-10 18:36:12</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Vice-président au Cameroun : Simh dénonce une succession illégitime qui choque l'opinion :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92977/30:27/vice-president-au-cameroun-simh-denonce-une-succession-illegitime-qui-choque-lopinion-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Une réforme adoptée sans les Camerounais, selon l'opposition

Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais réuni en congrès a voté
une RÉVISION CONSTITUTIONNELLE m...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Une r&eacute;forme adopt&eacute;e sans les Camerounais, selon l'opposition</p>
<p>Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais r&eacute;uni en congr&egrave;s a vot&eacute; une <strong>r&eacute;vision constitutionnelle</strong> majeure. Elle cr&eacute;e un poste de Vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Ce futur titulaire deviendra successeur constitutionnel du chef de l'&Eacute;tat en cas de vacance du pouvoir. L'opposition parle de coup d'&Eacute;tat institutionnel.</p>
<h2>Ce que la r&eacute;forme change concr&egrave;tement</h2>
<p>La r&eacute;vision constitutionnelle adopt&eacute;e par les d&eacute;put&eacute;s et s&eacute;nateurs camerounais modifie l'ordre successoral au sommet de l'&Eacute;tat. Jusqu'ici, la vacance du pouvoir &eacute;tait g&eacute;r&eacute;e par le pr&eacute;sident du S&eacute;nat. D&eacute;sormais, un <strong>Vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique</strong> nomm&eacute; par le chef de l'&Eacute;tat assure cette succession. Ce Vice-pr&eacute;sident peut donc exercer la pr&eacute;sidence pour la dur&eacute;e du mandat restant, sans avoir &eacute;t&eacute; &eacute;lu par le peuple. Le texte a &eacute;t&eacute; largement vot&eacute; par les parlementaires du <strong>RDPC</strong>, parti au pouvoir depuis 1985.</p>
<p>Le <strong>MRC</strong>, principale formation d'opposition dirig&eacute;e par Maurice Kamto, a imm&eacute;diatement qualifi&eacute; la man&oelig;uvre de coup d'&Eacute;tat constitutionnel. Une p&eacute;tition a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e pour permettre aux Camerounais de s'exprimer sur la r&eacute;forme.</p>
<h2>Pourquoi l'opposition conteste la l&eacute;gitimit&eacute; du processus</h2>
<p>Me <strong>Emmanuel Simh</strong>, juriste et cadre du MRC, cible deux probl&egrave;mes distincts. Le premier est proc&eacute;dural : une r&eacute;forme de cette nature aurait d&ucirc;, selon lui, passer par voie r&eacute;f&eacute;rendaire. Le second est d&eacute;mocratique : nommer un successeur potentiel &agrave; la pr&eacute;sidence sans &eacute;lection contredit le principe de souverainet&eacute; populaire.</p>
<p>Sa position est tranch&eacute;e. Il d&eacute;clare que les Camerounais ne comprennent pas qu'un pr&eacute;sident puisse d&eacute;signer son rempla&ccedil;ant, lequel pourrait gouverner sans jamais avoir &eacute;t&eacute; &eacute;lu. Il ajoute que seuls les cadres du RDPC d&eacute;fendent publiquement cette r&eacute;forme, et qu'eux-m&ecirc;mes n'y croient probablement pas.</p>
<p>Le d&eacute;bat sur la <strong>l&eacute;gitimit&eacute; du Vice-pr&eacute;sident</strong> nomm&eacute; cristallise ainsi une fracture politique profonde entre majorit&eacute; parlementaire et opposition structur&eacute;e.</p>
<h2>Comment fonctionne le verrouillage constitutionnel</h2>
<p>La <strong>r&eacute;vision constitutionnelle au Cameroun</strong> suit une proc&eacute;dure pr&eacute;cise. Elle peut &ecirc;tre adopt&eacute;e par le Parlement r&eacute;uni en congr&egrave;s &agrave; la majorit&eacute; des trois cinqui&egrave;mes des membres, sans recours au r&eacute;f&eacute;rendum. C'est la voie choisie le 4 avril. Cette proc&eacute;dure est l&eacute;gale. Elle est aussi, selon les critiques, politiquement opaque.</p>
<p>Le r&eacute;f&eacute;rendum constitutionnel se d&eacute;finit comme la consultation directe du peuple sur une modification des r&egrave;gles fondamentales de l'&Eacute;tat. En l'&eacute;cartant, le gouvernement camerounais a l&eacute;galement &eacute;vit&eacute; tout test populaire sur une r&eacute;forme qui touche directement &agrave; la transmission du pouvoir supr&ecirc;me. Me Simh souligne que c'&eacute;tait pourtant le seul moyen de v&eacute;rifier si les Camerounais approuvaient r&eacute;ellement le texte.</p>
<p>La p&eacute;tition lanc&eacute;e par le MRC vise pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; combler ce d&eacute;ficit de consultation citoyenne. Son impact r&eacute;el d&eacute;pendra de sa port&eacute;e et de la r&eacute;ponse des institutions.</p>
<h2>Une succession sous tension dans un Cameroun vieillissant au sommet</h2>
<p>&Agrave; court terme, dans les six &agrave; douze prochains mois, la d&eacute;signation effective d'un Vice-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique au Cameroun sera scrut&eacute;e comme un signal politique majeur. Le profil du futur titulaire r&eacute;v&eacute;lera les intentions du pr&eacute;sident Paul Biya, en exercice depuis 1982, sur la question de sa succession.</p>
<p>&Agrave; moyen terme, sur trois &agrave; cinq ans, cette r&eacute;forme redessine le paysage politique camerounais. Elle cr&eacute;e un m&eacute;canisme de transmission du pouvoir qui contourne l'&eacute;lection directe pour la succession en cours de mandat. Si ce Vice-pr&eacute;sident venait &agrave; exercer la pr&eacute;sidence, sa l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique serait imm&eacute;diatement contest&eacute;e par une partie significative de la population et de la communaut&eacute; internationale. Le risque d'une crise institutionnelle post-Biya augmente m&eacute;caniquement si la r&eacute;forme n'est pas accompagn&eacute;e d'un consensus politique plus large.</p>
<h2>Le peuple camerounais sera-t-il consult&eacute; un jour ?</h2>
<p>La question pos&eacute;e par Me Simh d&eacute;passe le d&eacute;bat juridique. Elle touche &agrave; la confiance des citoyens dans leurs institutions. Une constitution modifi&eacute;e sans r&eacute;f&eacute;rendum peut &ecirc;tre l&eacute;gale. Elle n'est pas n&eacute;cessairement l&eacute;gitime aux yeux de ceux qu'elle gouverne. La p&eacute;tition du MRC trouvera-t-elle un &eacute;cho suffisant pour forcer un d&eacute;bat public r&eacute;el ? Ou la r&eacute;forme s'installera-t-elle dans les faits, sans que les Camerounais aient jamais eu leur mot &agrave; dire ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-10 16:31:46</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Guerre Iran-États-Unis : La superpuissance américaine face à sonpiège stratégique :: UNITED STATES]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92951/30:27/guerre-iran-etats-unis-la-superpuissance-americaine-face-a-sonpiege-strategique-united-states.html</link>
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      <description><![CDATA[Une hégémonie sous perfusion

Pour la première fois depuis l'Irak, une PUISSANCE MILITAIRE
AMÉRICAINE se retrouve engluée dans un conflit sans sortie visible.
L...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Une h&eacute;g&eacute;monie sous perfusion</p>
<p>Pour la premi&egrave;re fois depuis l'Irak, une <strong>puissance militaire am&eacute;ricaine</strong> se retrouve englu&eacute;e dans un conflit sans sortie visible. La guerre contre l'Iran n'est pas une op&eacute;ration de plus : c'est le r&eacute;v&eacute;lateur d'une fragilit&eacute; syst&eacute;mique que Washington refusait d'admettre.</p>
<h2>Le pi&egrave;ge que personne n'a vu venir</h2>
<p>Donald Trump a lanc&eacute; cette campagne avec une promesse claire : pas de guerre longue, pas d'objectifs flous, pas de r&eacute;p&eacute;tition des fiascos afghans et irakiens. Pete Hegseth incarnait cette nouvelle doctrine force &eacute;crasante, r&eacute;sultats rapides, victoire d&eacute;clarable.</p>
<p>L'op&eacute;ration Midnight Hammer, l'&eacute;t&eacute; dernier, semblait confirmer ce sch&eacute;ma. Les frappes sur les installations nucl&eacute;aires iraniennes ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;es comme une d&eacute;monstration de pr&eacute;cision et d'efficacit&eacute;. Mais T&eacute;h&eacute;ran n'a pas pli&eacute;. L'Iran r&eacute;siste, s'adapte et intensifie. Et Washington se retrouve dans la configuration qu'il avait jur&eacute; d'&eacute;viter : une <strong>guerre asym&eacute;trique</strong> sans issue strat&eacute;gique claire.</p>
<p>La m&eacute;canique est celle d'un casino. Plus on mise, plus il est difficile de quitter la table. La logique strat&eacute;gique se soumet &agrave; l'imp&eacute;ratif politique de ne jamais para&icirc;tre vaincu.</p>
<h2>Le mythe technologique fracass&eacute;</h2>
<p>La <strong>sup&eacute;riorit&eacute; militaire technologique</strong> am&eacute;ricaine &eacute;tait suppos&eacute;e trancher les conflits avant qu'ils ne s'enlisent. Intelligence artificielle, armes de pr&eacute;cision, capacit&eacute; de d&eacute;capitation du commandement ennemi : la doctrine reposait sur cette certitude.</p>
<p>Elle vacille. L'analyste Hamidreza Azizi l'explique sans d&eacute;tour : l'Iran ne cherche plus &agrave; absorber les frappes. Il red&eacute;finit le terrain du conflit en visant les infrastructures qui soutiennent les op&eacute;rations am&eacute;ricaines et isra&eacute;liennes. L'objectif n'est plus de gagner sur le champ de bataille, mais d'&eacute;lever durablement le co&ucirc;t strat&eacute;gique de toute attaque contre l'Iran.</p>
<p>Ce n'est pas de l'improvisation. Depuis la guerre contre l'Irak dans les ann&eacute;es 1980, T&eacute;h&eacute;ran d&eacute;veloppe une autonomie industrielle militaire. Avant ce conflit, l'Iran exportait d&eacute;j&agrave; pr&egrave;s d'un milliard de dollars annuels en drones. L'ancien commissaire europ&eacute;en Thierry Breton est direct : dans la &laquo; guerre des r&eacute;serves &raquo;, l'Iran tient sur le long terme.</p>
<p>La destruction d'un F-15E en est le symbole le plus brutal. La <strong>supr&eacute;matie a&eacute;rienne</strong> ne garantit plus rien.</p>
<h2>Ormuz, le vrai centre de gravit&eacute;</h2>
<p>Le point le plus critique n'est pas militaire. Il est maritime. La fermeture s&eacute;lective du <strong>d&eacute;troit d'Ormuz</strong> attaque le c&oelig;ur m&ecirc;me de l'h&eacute;g&eacute;monie am&eacute;ricaine : le contr&ocirc;le des flux commerciaux mondiaux.</p>
<p>Washington ne domine pas le monde uniquement par ses porte-avions. Il le domine parce qu'il contr&ocirc;le les isthmes, les d&eacute;troits, les routes &eacute;nerg&eacute;tiques, le tissu de la mondialisation. Remettre en cause ce contr&ocirc;le, c'est saper la l&eacute;gitimit&eacute; de toute la pr&eacute;sence militaire am&eacute;ricaine au Moyen-Orient.</p>
<p>Stephen Wertheim, du Carnegie Endowment for International Peace, pose la question sans filtre : quelle est la justification de cette pr&eacute;sence si elle provoque pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu'elle &eacute;tait cens&eacute;e emp&ecirc;cher ?</p>
<h2>Les &Eacute;tats-Unis, facteur de d&eacute;stabilisation mondiale</h2>
<p>C'est le retournement le plus profond. Washington n'est plus per&ccedil;u comme le garant de l'ordre mondial. Ses propres alli&eacute;s le disent. Vivian Balakrishnan, ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res de Singapour, l'affirme publiquement : le garant de l'<strong>ordre mondial fond&eacute; sur les r&egrave;gles</strong> est devenu une puissance r&eacute;visionniste, voire un perturbateur.</p>
<p>La <strong>sur-extension imp&eacute;riale</strong> est document&eacute;e. Les &Eacute;tats-Unis sont engag&eacute;s sur plusieurs fronts simultan&eacute;ment. Ils &eacute;puisent un arsenal qu'il faudra des ann&eacute;es &agrave; reconstituer. Ils se d&eacute;tournent du Pacifique priorit&eacute; strat&eacute;gique d&eacute;clar&eacute;e pour s'enliser au Moyen-Orient, cette m&ecirc;me r&eacute;gion que Trump avait jur&eacute; d'abandonner.</p>
<p>Rosemary Kelanic, de Defense Priorities, synth&eacute;tise l'&eacute;chec : cette campagne d&eacute;montre que les &Eacute;tats-Unis ne poss&egrave;dent plus les avantages strat&eacute;giques qu'ils croyaient avoir.</p>
<h2>Une h&eacute;g&eacute;monie qui se vide de l'int&eacute;rieur</h2>
<p>La guerre en Iran acc&eacute;l&eacute;rera la course mondiale aux armements. Les alli&eacute;s des &Eacute;tats-Unis, dont la confiance s'&eacute;rode, n'ont plus que deux options : l'autonomie strat&eacute;gique ou la subordination &agrave; une autre puissance.</p>
<p>Si les &Eacute;tats-Unis ne peuvent plus s&eacute;curiser les mers, imposer des r&eacute;sultats ou offrir de la stabilit&eacute;, leur <strong>d&eacute;clin imp&eacute;rial</strong> ne sera plus une hypoth&egrave;se d'analyse. Ce sera un fait accompli comme ce le fut pour d'autres empires avant leur chute.</p>
<p>La vraie question n'est pas de savoir si Trump peut d&eacute;clarer la victoire. C'est de savoir si la prochaine superpuissance a d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; prendre sa place.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-07 15:19:03</pubDate>
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      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Hamadou Babba Tranche : Le Bulletin de Vote, Seule Arme Légitime contre Biya :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92938/30:27/cameroun-hamadou-babba-tranche-le-bulletin-de-vote-seule-arme-legitime-contre-biya-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Le peuple ne se soulève pas sur commande

Un seul message, net et sans ambiguïté. ABDOURAMAN HAMADOU BABBA,
président national du RDDRC, rejette l'insurrection...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le peuple ne se soul&egrave;ve pas sur commande</p>
<p>Un seul message, net et sans ambigu&iuml;t&eacute;. <strong>Abdouraman Hamadou Babba</strong>, pr&eacute;sident national du <strong>RDDRC</strong>, rejette l'insurrection comme strat&eacute;gie et d&eacute;signe l'&eacute;lection comme seul levier cr&eacute;dible contre le <strong>r&eacute;gime Biya-RDPC</strong>. Dans un contexte de monarchisation des institutions d&eacute;nonc&eacute;e publiquement, sa tribune fixe une ligne politique claire pour l'opposition camerounaise.</p>
<h2>Une prise de position apr&egrave;s une semaine de crise institutionnelle</h2>
<p>Abdouraman Hamadou Babba, pr&eacute;sident du Rassemblement pour le D&eacute;veloppement et la D&eacute;fense de la R&eacute;publique du Cameroun (RDDRC), publie une tribune directe &agrave; l'adresse des partisans du changement politique au Cameroun.</p>
<p>Le contexte imm&eacute;diat : un vote parlementaire qualifi&eacute; de trahison, intervenu le week-end pr&eacute;c&eacute;dant la publication. Des s&eacute;nateurs et des d&eacute;put&eacute;s ont, selon lui, failli &agrave; leur mandat en validant une reconfiguration institutionnelle pr&eacute;sent&eacute;e comme une <strong>monarchisation des institutions r&eacute;publicaines</strong>. La r&eacute;f&eacute;rence au <strong>12 octobre 2025</strong> ancre le propos dans un cycle &eacute;lectoral r&eacute;cent, o&ugrave; une large majorit&eacute; de Camerounais aurait, selon Babba, exprim&eacute; une volont&eacute; de changement.</p>
<h2>Pourquoi il &eacute;carte la rue comme option</h2>
<p>Hamadou Babba s'appuie sur son exp&eacute;rience personnelle en Tunisie et en &Eacute;gypte sous <strong>Ben Ali</strong> et <strong>Hosni Moubarak</strong> pour poser un constat : un peuple martyris&eacute; ne se soul&egrave;ve pas m&eacute;caniquement &agrave; l'appel de ses &eacute;lites politiques.</p>
<p>Sa conclusion est ferme. Si le <strong>peuple camerounais</strong> venait &agrave; se soulever, ce serait un mouvement spontan&eacute;, sans leadership pr&eacute;alable. En d'autres termes : aucun leader de l'opposition camerounaise ne peut revendiquer le pouvoir de d&eacute;clencher une insurrection populaire. Pr&eacute;tendre le contraire revient &agrave; se tromper sur la nature du changement politique en Afrique subsaharienne.</p>
<p>Cette analyse disqualifie autant les appels &agrave; la rue qu'elle prot&egrave;ge les militants : l'isoloir est, selon lui, le seul espace o&ugrave; un partisan du changement peut s'exprimer sans risquer une balle, un char, une prison ou un internement psychiatrique.</p>
<h2>La strat&eacute;gie &eacute;lectorale comme seule voie praticable</h2>
<p>Le m&eacute;canisme propos&eacute; est pr&eacute;cis. Hamadou Babba appelle &agrave; concentrer ressources financi&egrave;res et &eacute;nergie militante sur les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales camerounaises. L'objectif : renvoyer les parlementaires qui ont, selon lui, trahi le Cameroun lors du vote incrimin&eacute;.</p>
<p>Il anticipe par ailleurs une man&oelig;uvre du r&eacute;gime Biya-RDPC : un d&eacute;coupage &eacute;lectoral con&ccedil;u pour prot&eacute;ger ses bases g&eacute;ographiques avant le scrutin. Cette lecture suppose que le r&eacute;gime organisera les &eacute;lections car il y est contraint institutionnellement tout en cherchant &agrave; en neutraliser les effets d&eacute;favorables.</p>
<p>La strat&eacute;gie de l'opposition camerounaise doit donc &ecirc;tre double : remporter les urnes et anticiper les manipulations de la carte &eacute;lectorale.</p>
<p>L'appel de Babba structure un agenda concret. Il donne &agrave; l'opposition un calendrier les l&eacute;gislatives et municipales et un crit&egrave;re de mobilisation sanctionner les &eacute;lus tra&icirc;tres. Cela cristallise une ligne de fracture entre partisans du changement par les urnes et tenants d'une confrontation plus directe.</p>
<p>Si le r&eacute;gime Biya proc&egrave;de effectivement &agrave; un d&eacute;coupage &eacute;lectoral pr&eacute;ventif, et si l'opposition ne parvient pas &agrave; le contrecarrer, le bulletin de vote perdra sa valeur symbolique aux yeux d'une partie de l'&eacute;lectorat. La strat&eacute;gie de Babba ne peut fonctionner que si l'int&eacute;grit&eacute; du processus &eacute;lectoral est suffisamment pr&eacute;serv&eacute;e pour rendre le vote d&eacute;cisif.</p>
<h2>L'urne, dernier rempart ou dernier espoir ?</h2>
<p>Abdouraman Hamadou Babba ne demande pas au peuple camerounais d'&ecirc;tre courageux. Il lui demande d'&ecirc;tre strat&egrave;ge. Mais sa th&egrave;se repose sur un postulat fragile : que le r&eacute;gime Biya-RDPC accepte de perdre si les urnes parlent. L'histoire r&eacute;cente du Cameroun et le souvenir du 12 octobre 2025 rappelle que le pouvoir politique ne se rend pas toujours aux r&egrave;gles qu'il fixe lui-m&ecirc;me. Le bulletin de vote est-il encore une arme, ou seulement l'illusion d'en avoir une ?</p>
<hr />
<blockquote>
<p>Il ne sert &agrave; rien d&rsquo;invectiver le Peuple camerounais en le traitant de Peuple poltron !<br />Ayant &eacute;t&eacute; un visiteur tr&egrave;s r&eacute;gulier de la Tunisie et de l&rsquo;Egypte sous Ben Ali et sous Hosni Moubarak, je suis bien plac&eacute; pour savoir qu&rsquo;un peuple, bien que martyris&eacute;, terroris&eacute; et humili&eacute;, ne se soul&egrave;ve pas forc&eacute;ment &agrave; l&rsquo;appel des leaders politiques ou autres.<br />Je suis convaincu que s&rsquo;il arrive que les Camerounais se soul&egrave;vent un jour contre la tyrannie, ce ne serait pas parce qu&rsquo;un leader politique les y aura invit&eacute;s. Ce serait un mouvement spontan&eacute;, sans leadership.<br />Je continue de penser que le seul moyen viable dont dispose le Peuple camerounais pour venir &agrave; bout du r&eacute;gime Biya-RDPC reste le bulletin de vote.<br />L&rsquo;isoloir reste le seul endroit o&ugrave; les Partisans du Changement peuvent encore s&rsquo;exprimer sans risquer de se faire abattre, de se faire rouler dessus par un char, de se faire emprisonner ou encore de se faire interner en psychiatrie&hellip;<br />Nous devons concentrer nos &eacute;nergies et nos moyens financiers pour remporter les prochaines &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales et renvoyer les D&eacute;put&eacute;s et les S&eacute;nateurs qui ont trahi le Cameroun et son Peuple le week-end dernier.<br />Le 12 octobre 2025, le Peuple camerounais, dans sa large majorit&eacute;, a montr&eacute; sa volont&eacute; de Changement et cette tendance ne peut que se renforcer avec la monarchisation des institutions r&eacute;publicaines orchestr&eacute;e ces derniers jours.<br />Ce r&eacute;gime qui fuit les &eacute;lections comme la peste est tout de m&ecirc;me oblig&eacute; de les organiser dans les prochains mois, mais certainement apr&egrave;s avoir proc&eacute;d&eacute; &agrave; un d&eacute;coupage &eacute;lectoral &eacute;pousant intimement ce qu&rsquo;il croit encore &ecirc;tre les contours de ses bases &eacute;lectorales.<br />Arr&ecirc;tons donc de tergiverser et travaillons pour &ecirc;tre pr&ecirc;ts le plus t&ocirc;t possible !<br />Que DIEU prot&egrave;ge le Cameroun !<br />Abdouraman Hamadou Babba<br />Pr&eacute;sident National du Rassemblement pour la D&eacute;veloppement et la D&eacute;fense de la R&eacute;publique du Cameroun (RDDRC)</p>
</blockquote>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-06 14:12:03</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[Opposition Camerounaise : Messanga Nyamding Démonte le Double Jeu de Kamto en Direct :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92936/30:27/opposition-camerounaise-messanga-nyamding-demonte-le-double-jeu-de-kamto-en-direct-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Un universitaire pro-Biya met l'opposition en contradiction

Un seul débat télévisé. Une seule question. Et une opposition
camerounaise exposée dans ses incohér...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Un universitaire pro-Biya met l'opposition en contradiction</p>
<p>Un seul d&eacute;bat t&eacute;l&eacute;vis&eacute;. Une seule question. Et une opposition camerounaise expos&eacute;e dans ses incoh&eacute;rences les plus flagrantes. <strong>Messanga Nyamding</strong>, professeur d'universit&eacute; et soutien affich&eacute; du r&eacute;gime, a fractur&eacute; le discours de l'opposition en ciblant le silence de Maurice Kamto lors de l'affaire Issa Tchiroma Bakary.</p>
<h2>Une attaque frontale lors d'un d&eacute;bat t&eacute;l&eacute;vis&eacute;</h2>
<p>Les faits sont dat&eacute;s et pr&eacute;cis. Lors d'un d&eacute;bat diffus&eacute; r&eacute;cemment sur une cha&icirc;ne camerounaise, Messanga Nyamding qualifie l'<strong>opposition camerounaise</strong> de plus faible et de plus opportuniste au monde. Sa cible principale : <strong>Maurice Kamto</strong>, pr&eacute;sident du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun.</p>
<p>L'accusation centrale porte sur un silence. Quand <strong>Issa Tchiroma Bakary</strong>, ancien ministre et figure politique majeure, s'est retrouv&eacute; en difficult&eacute; apr&egrave;s avoir revendiqu&eacute; la victoire &agrave; l'&eacute;lection d'octobre, Kamto n'a pas pris sa d&eacute;fense. Pas un communiqu&eacute;. Pas une d&eacute;claration publique.</p>
<p>Messanga Nyamding formule la contradiction en termes directs : Kamto n'intervient que lorsque Paul Biya consolide son pouvoir, jamais pour d&eacute;fendre un adversaire du r&eacute;gime qui en aurait besoin.</p>
<h2>Pourquoi ce silence de Kamto fait d&eacute;sordre</h2>
<p>La logique d'une opposition d&eacute;mocratique se d&eacute;finit comme la d&eacute;fense coh&eacute;rente des libert&eacute;s politiques, ind&eacute;pendamment des affinit&eacute;s id&eacute;ologiques. Or, Issa Tchiroma Bakary avait franchi un pas politique rare au Cameroun : se d&eacute;clarer lui-m&ecirc;me pr&eacute;sident &eacute;lu &agrave; l'issue du scrutin d'octobre d'apr&egrave;s les r&eacute;sultats sortis des urnes, bravant ainsi directement l'appareil d'&Eacute;tat.</p>
<p>Ce geste aurait d&ucirc;, selon Messanga Nyamding, susciter la solidarit&eacute; de Kamto. Les deux hommes partagent une opposition, au moins tactique, &agrave; la recentralisation du pouvoir op&eacute;r&eacute;e par <strong>Paul Biya</strong>. Kamto venait lui-m&ecirc;me de d&eacute;noncer publiquement la cr&eacute;ation d'un poste de vice-pr&eacute;sident comme un <strong>coup d'&Eacute;tat constitutionnel</strong> pr&eacute;par&eacute; par le chef de l'&Eacute;tat.</p>
<p>La contradiction est donc structurelle. Kamto d&eacute;nonce les atteintes institutionnelles quand elles le menacent directement. Il se tait quand un autre acteur, moins align&eacute; sur ses int&eacute;r&ecirc;ts, affronte le m&ecirc;me syst&egrave;me.</p>
<h2>Les m&eacute;canismes d'une opposition fragment&eacute;e</h2>
<p>L'opposition camerounaise souffre d'une fracture ancienne : l'absence de solidarit&eacute; transversale. Chaque formation joue sa partition sans coordination v&eacute;ritable. Les alliances se font et se d&eacute;font selon les cycles &eacute;lectoraux, jamais selon une ligne id&eacute;ologique stable.</p>
<p>Kamto incarne cette logique d'entrepreneur politique solitaire. Son MRC construit une image de r&eacute;sistance institutionnelle recours aux urnes, d&eacute;nonciations juridiques mais &eacute;vite les coalitions susceptibles de diluer son leadership.</p>
<p>Dans ce sch&eacute;ma, d&eacute;fendre Issa Tchiroma Bakary aurait signifi&eacute; l&eacute;gitimer un concurrent potentiel. Le silence devient alors un calcul, pas une omission. Messanga Nyamding a rendu ce calcul visible, ce qui constitue le v&eacute;ritable enjeu de son intervention.</p>
<h2>Ce que cette pol&eacute;mique change ou pas</h2>
<p>&Agrave; court terme, l'attaque de Messanga Nyamding alimente le r&eacute;cit du r&eacute;gime : une opposition incapable de se f&eacute;d&eacute;rer, donc inapte &agrave; gouverner. Ce narratif sera utilis&eacute; dans les prochains mois &agrave; l'approche de toute &eacute;ch&eacute;ance politique.</p>
<p>Si Kamto ne parvient pas &agrave; sortir de son image d'opposant s&eacute;lectif, il perd sa cr&eacute;dibilit&eacute; aupr&egrave;s des &eacute;lecteurs qui cherchent une alternative syst&eacute;mique. L'opposition camerounaise ne peut peser face au RDPC que si elle construit une culture de solidarit&eacute; politique que ni Kamto, ni ses alli&eacute;s n'ont encore su incarner.</p>
<p>Le pi&egrave;ge est r&eacute;el : rester coh&eacute;rent co&ucirc;te des ressources politiques. Mais l'incoh&eacute;rence, une fois expos&eacute;e en direct, co&ucirc;te davantage.</p>
<h2>L'opposition peut-elle se r&eacute;inventer avant qu'il soit trop tard ?</h2>
<p>Messanga Nyamding n'a pas invent&eacute; la faiblesse de l'opposition camerounaise. Il l'a simplement nomm&eacute;e, &agrave; l'antenne, avec des faits dat&eacute;s. La vraie r&eacute;ponse &agrave; cette attaque ne viendra pas d'un communiqu&eacute; du MRC. Elle viendra, ou ne viendra pas, d'un acte politique concret de solidarit&eacute;. Le calendrier, lui, ne attend personne.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-06 13:19:15</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Modification constitutionnelle et vide stratégique, pourquoi la volonté populaire ne suffit plus :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92924/30:27/cameroun-modification-constitutionnelle-et-vide-strategique-pourquoi-la-volonte-populaire-ne-suffit-plus-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Une énergie sans canal, une révolte sans architecture

Depuis octobre 2025, le constat s'impose avec une netteté brutale :
le PEUPLE CAMEROUNAIS veut le changem...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Une &eacute;nergie sans canal, une r&eacute;volte sans architecture</p>
<p>Depuis octobre 2025, le constat s'impose avec une nettet&eacute; brutale : le <strong>peuple camerounais</strong> veut le changement. La question n'est plus l&agrave;. Le vrai d&eacute;fi, celui que personne n'ose formuler clairement, est ailleurs dans l'absence criante d'un syst&egrave;me capable de convertir cette &eacute;nergie en r&eacute;sultats politiques concrets.</p>
<h2>Le blocage r&eacute;current de 2018 &agrave; 2025</h2>
<p>Les &eacute;pisodes de <strong>mobilisation populaire</strong> de 2018 et 2025 ont partag&eacute; le m&ecirc;me sc&eacute;nario : forte mont&eacute;e de la pression populaire, puis essoufflement sans basculement institutionnel. Ce n'est pas une co&iuml;ncidence. C'est un pattern structurel.</p>
<p>Le <strong>vide strat&eacute;gique</strong> au c&oelig;ur de ce blocage r&eacute;sulte de d&eacute;ficits pr&eacute;cis et document&eacute;s. L'ancrage territorial reste insuffisant. La coordination entre acteurs, leaders et citoyens est quasi inexistante. La discipline collective face &agrave; la r&eacute;pression s'effrite. Et la dynamique populaire ne parvient pas &agrave; se traduire en leviers juridiques ou institutionnels durables.</p>
<p>Tant que ce vide persiste, chaque mobilisation est condamn&eacute;e &agrave; l'essoufflement. C'est m&eacute;canique.</p>
<h2>L'unit&eacute; ne se d&eacute;cr&egrave;te pas</h2>
<p>Un front commun ne na&icirc;t pas d'un appel ou d'une d&eacute;claration commune. Il repose sur trois piliers sans lesquels tout effort reste cosm&eacute;tique : des <strong>objectifs partag&eacute;s</strong> explicites, des m&eacute;canismes de coordination transparents, et une discipline collective dans la parole comme dans l'action.</p>
<p>Sans ces trois &eacute;l&eacute;ments simultan&eacute;ment pr&eacute;sents, l'unit&eacute; reste un mot. Pas une force.</p>
<h2>Le leadership interm&eacute;diaire, levier strat&eacute;gique d&eacute;cisif</h2>
<p>Le changement ne viendra plus uniquement du sommet. Dans un contexte de blocage institutionnel profond, ce sont les <strong>structures interm&eacute;diaires</strong> qui font la diff&eacute;rence les acteurs de terrain, les responsables locaux, la soci&eacute;t&eacute; civile et la diaspora.</p>
<p>Leur r&ocirc;le strat&eacute;gique est d&eacute;sormais central : structurer des r&eacute;seaux locaux durables, harmoniser les actions sur le terrain, imposer progressivement une coh&eacute;rence au <strong>leadership consensuel</strong> global. Cela exige une rupture franche avec les logiques du pass&eacute; et une orientation r&eacute;solue vers l'efficacit&eacute; op&eacute;rationnelle.</p>
<h2>De l'indignation &agrave; l'ing&eacute;nierie politique</h2>
<p>L'indignation ne suffit plus. Elle n'a jamais suffi. Ce qu'il faut d&eacute;sormais, c'est <strong>organiser le changement</strong> comme on organise une campagne : avec des relais locaux dans chaque r&eacute;gion, un programme minimum commun, une discipline stricte dans la communication publique, des cadres permanents de coordination et une strat&eacute;gie de pression progressive.</p>
<p>L'arsenal juridique et institutionnel doit &eacute;galement &ecirc;tre renforc&eacute;. La rue seule ne renverse pas un syst&egrave;me. La combinaison de la pression populaire et de la l&eacute;gitimit&eacute; juridique, si.</p>
<h2>La confiance comme infrastructure</h2>
<p>La r&eacute;pression a laiss&eacute; des traces profondes : morts, emprisonnements, d&eacute;sillusions accumul&eacute;es. Dans ce contexte, l'engagement ne peut &ecirc;tre spontan&eacute;. Pour <strong>mobiliser durablement</strong>, il faut d'abord construire les conditions de la confiance coh&eacute;rence dans les positions, constance dans les engagements, cr&eacute;dibilit&eacute; dans les actes.</p>
<p>Sans cette infrastructure invisible, aucune mobilisation ne tiendra dans le temps. La confiance n'est pas un luxe politique. C'est le carburant de toute <strong>transformation sociale</strong> durable.</p>
<h2>Deux chemins, un choix historique</h2>
<p>Le peuple a d&eacute;j&agrave; franchi un cap. Il est pr&ecirc;t. La responsabilit&eacute; appartient d&eacute;sormais aux acteurs du changement : transformer cette &eacute;nergie diffuse en force politique organis&eacute;e.</p>
<p>Deux chemins s'offrent concr&egrave;tement au Cameroun &agrave; l'horizon 2026-2030. Soit les acteurs structurent s&eacute;rieusement le changement et le basculement devient possible. Soit ils persistent dans les divisions et l'improvisation et le pays s'enfonce durablement dans l'impasse.</p>
<p>La question qui demeure ouverte est celle-ci : qui, parmi les forces du changement, sera capable de d&eacute;passer son ego strat&eacute;gique pour construire ce que le peuple attend depuis trop longtemps ?</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">La rédaction</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-04 13:34:45</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Beyala Dénonce la Mécanique du Pouvoir Perpétuel de Biya :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92921/30:27/cameroun-beyala-denonce-la-mecanique-du-pouvoir-perpetuel-de-biya-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Une succession programmée sans le peuple

2 500 jeunes emprisonnés. Des centaines de morts. Une Constitution
tripatouillée par des députés au mandat expiré. L'é...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Une succession programm&eacute;e sans le peuple</p>
<p>2 500 jeunes emprisonn&eacute;s. Des centaines de morts. Une Constitution tripatouill&eacute;e par des d&eacute;put&eacute;s au mandat expir&eacute;. L'&eacute;crivaine Calixthe Beyala met des mots pr&eacute;cis sur une m&eacute;canique que le monde pr&eacute;f&egrave;re ignorer.</p>
<h2>La d&eacute;claration qui nomme le syst&egrave;me</h2>
<p><strong>Calixthe Beyala</strong>, romanci&egrave;re camerounaise de renomm&eacute;e internationale, a publi&eacute; une d&eacute;claration qui diss&egrave;que point par point la <strong>d&eacute;rive autocratique au Cameroun</strong>. Son texte ne contient pas d'invectives. Il contient une chronologie. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui le rend d&eacute;vastateur.</p>
<p>Le contexte est document&eacute;. L'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 12 octobre 2025 a &eacute;t&eacute; contest&eacute;e par <strong>Issa Tchiroma Bakary</strong>, dont les proc&egrave;s-verbaux consolid&eacute;s sur 18 d&eacute;partements le pla&ccedil;aient vainqueur &agrave; 54,8 %. Human Rights Watch a &eacute;tabli que les forces de s&eacute;curit&eacute; ont tu&eacute; 48 personnes lors des manifestations post-&eacute;lectorales. Plus de 312 arrestations ont &eacute;t&eacute; recens&eacute;es, dont des d&eacute;tenus conduits dans des centres o&ugrave; la torture est document&eacute;e.</p>
<h2>La m&eacute;canique du pouvoir perp&eacute;tuel d&eacute;crypt&eacute;e</h2>
<p>Beyala identifie une <strong>cha&icirc;ne de verrouillage institutionnel</strong> qui fonctionne en quatre temps.</p>
<p>Premier temps : Paul Biya perd l'&eacute;lection selon les PV de terrain, mais le Conseil constitutionnel nomm&eacute; par lui valide sa victoire. La r&eacute;pression meurtri&egrave;re des manifestants qui contestent ce r&eacute;sultat constitue le deuxi&egrave;me temps.</p>
<p>Troisi&egrave;me temps : les <strong>&eacute;lections l&eacute;gislatives</strong> deviennent un risque. Biya prolonge le mandat des d&eacute;put&eacute;s pour &eacute;viter un scrutin qu'il pourrait perdre. Ces m&ecirc;mes d&eacute;put&eacute;s, dont le mandat a expir&eacute;, ne repr&eacute;sentent plus l&eacute;galement le peuple camerounais. Ils n'en continuent pas moins &agrave; l&eacute;gif&eacute;rer.</p>
<p>Quatri&egrave;me temps : ces <strong>d&eacute;put&eacute;s ill&eacute;gitimes</strong> modifient la Constitution pour cr&eacute;er un poste de vice-pr&eacute;sident. Ce vice-pr&eacute;sident sera nomm&eacute; par Biya, pas &eacute;lu. En cas de d&eacute;c&egrave;s ou d'incapacit&eacute; du pr&eacute;sident, il assure la succession automatique et compl&egrave;te le mandat en cours avec tout le temps n&eacute;cessaire pour organiser les &eacute;lections suivantes &agrave; sa convenance.</p>
<h2>Un &Eacute;tat voyou : d&eacute;finition et application</h2>
<p>Beyala emploie l'expression <strong>&Eacute;tat voyou</strong>. Ce concept se d&eacute;finit en droit international comme un &Eacute;tat qui viole syst&eacute;matiquement les normes d&eacute;mocratiques, bafoue les droits de ses citoyens et contourne les m&eacute;canismes de contr&ocirc;le internationaux pour se maintenir au pouvoir.</p>
<p>La construction est ici chirurgicale. Chaque &eacute;tape est formellement l&eacute;gale dans l'apparence un d&eacute;cret, un vote parlementaire, une d&eacute;cision constitutionnelle mais repose sur une <strong>fraude &eacute;lectorale </strong> qui vicie l'ensemble de l'&eacute;difice. Un texte constitutionnel adopt&eacute; par des d&eacute;put&eacute;s dont le mandat a expir&eacute; n'a pas de valeur d&eacute;mocratique. Il a une valeur de fa&ccedil;ade.</p>
<p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que d&eacute;nonce Beyala : non pas l'ill&eacute;galit&eacute; bruyante des coups d'&Eacute;tat militaires, mais l'ill&eacute;gitimit&eacute; silencieuse des coups d'&Eacute;tat institutionnels. Ceux qui se parent de d&eacute;crets et de votes pour accomplir ce que les putschistes font avec des chars.</p>
<h2>Les enjeux d'une succession verrouill&eacute;e</h2>
<p>Le Parlement est contr&ocirc;l&eacute; par le RDPC. Le vice-pr&eacute;sident sera nomm&eacute;. La succession sera organis&eacute;e hors de toute volont&eacute; populaire. Beyala a raison sur la m&eacute;canique : elle est en marche et rien, &agrave; l'int&eacute;rieur du syst&egrave;me, ne peut l'arr&ecirc;ter.</p>
<p>La vraie question est celle que pose Beyala en conclusion : les organisations internationales qui pr&eacute;tendent d&eacute;fendre la d&eacute;mocratie ont-elles les moyens, et surtout la volont&eacute;, d'agir face &agrave; un &Eacute;tat qui utilise les formes de la l&eacute;galit&eacute; pour en d&eacute;truire le fond ?</p>
<h2>Quand la plume devient acte politique</h2>
<p>Calixthe Beyala n'est pas une militante de l'ombre. Elle est lue, traduite, prim&eacute;e. Sa prise de parole sur la <strong>crise d&eacute;mocratique au Cameroun</strong> ajoute une voix internationale &agrave; un dossier qui en manque cruellement dans les chancelleries europ&eacute;ennes.</p>
<p>Ce qu'elle nomme m&eacute;rite d'&ecirc;tre retenu : un pr&eacute;sident qui perd l'&eacute;lection et tue pour rester. Des parlementaires sans mandat qui r&eacute;&eacute;crivent la loi fondamentale. Un successeur d&eacute;sign&eacute; par d&eacute;cret. Et une communaut&eacute; internationale qui regarde.</p>
<p>Si regarder sans agir, c'est cautionner, alors la question de Beyala s'adresse autant aux pr&eacute;sidents qu'aux journalistes, aux diplomates et aux citoyens. Suivez son regard.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Toto Jacques</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-04 01:18:50</pubDate>
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        <item>
      <title><![CDATA[CAMEROUN :: Un Activiste Torturé et Interné de Force à Douala . L'État Hors la Loi :: CAMEROON]]></title>
            <category>POINT DE VUE</category>
            <link>https://www.camer.be/92920/30:27/cameroun-un-activiste-torture-et-interne-de-force-a-douala-letat-hors-la-loi-cameroon.html</link>
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      <description><![CDATA[Un militant ensanglanté livré à la psychiatrie

À Douala, un activiste camerounais a été interpellé, battu, puis
interné de force dans un pavillon psychiatrique...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Un militant ensanglant&eacute; livr&eacute; &agrave; la psychiatrie</p>
<p>&Agrave; Douala, un activiste camerounais a &eacute;t&eacute; interpell&eacute;, battu, puis intern&eacute; de force dans un pavillon psychiatrique. Pas de mandat. Pas de proc&eacute;dure. Un enl&egrave;vement en uniforme.</p>
<h2>Les faits bruts : New Bell, une nuit, un homme bris&eacute;</h2>
<p><strong>Jacques Bertrand Mang</strong>, activiste camerounais, a &eacute;t&eacute; interpell&eacute; par des individus pr&eacute;sent&eacute;s comme des &eacute;l&eacute;ments de la police dans le quartier de <strong>New Bell</strong>, &agrave; Douala. Les images qui ont circul&eacute; le montrent ensanglant&eacute;, visiblement tabass&eacute;, le visage marqu&eacute; par des coups.</p>
<p>Apr&egrave;s le passage &agrave; tabac, les auteurs l'ont conduit non pas dans un commissariat, mais au <strong>pavillon psychiatrique de l'h&ocirc;pital Laquintinie</strong> de Douala. Aucune charge officielle n'a &eacute;t&eacute; communiqu&eacute;e. Aucune proc&eacute;dure l&eacute;gale n'a &eacute;t&eacute; respect&eacute;e. Le flou est entretenu d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment sur les motifs de cette interpellation.</p>
<h2>L'internement psychiatrique comme arme politique</h2>
<p>La technique est ancienne. Elle a un nom : <strong>la psychiatrisation de la dissidence</strong>. Elle se d&eacute;finit comme l'utilisation des &eacute;tablissements psychiatriques pour neutraliser des opposants politiques, des activistes ou des militants jug&eacute;s g&ecirc;nants, en contournant les proc&eacute;dures judiciaires ordinaires.</p>
<p>L'Union sovi&eacute;tique l'a syst&eacute;matis&eacute;e. Certains r&eacute;gimes africains l'ont adopt&eacute;e. Dans le contexte camerounais post-&eacute;lectoral 48 morts document&eacute;s par Human Rights Watch, 312 arrestations apr&egrave;s le scrutin du 12 octobre 2025 , l'internement de Jacques Bertrand Mang &agrave; l'h&ocirc;pital Laquintiniee n'est pas un incident isol&eacute;. C'est un signal.</p>
<p>Envoyer un activiste aux urgences psychiatriques plut&ocirc;t qu'en garde &agrave; vue accomplit deux choses simultan&eacute;ment : neutraliser la personne sans cr&eacute;er de dossier judiciaire exploitable, et discr&eacute;diter publiquement sa parole en l'associant &agrave; la maladie mentale.</p>
<h2>New Bell, &eacute;picentre de la r&eacute;pression post-&eacute;lectorale</h2>
<p>Le quartier de New Bell &agrave; Douala n'est pas choisi au hasard. C'est l'un des foyers historiques de la contestation populaire camerounaise. Populeux, pauvre, politiquement actif. Human Rights Watch a document&eacute; des tirs &agrave; balles r&eacute;elles dans ce quartier lors des manifestations post-&eacute;lectorales d'octobre 2025. Un commer&ccedil;ant de 35 ans y a &eacute;t&eacute; abattu le 28 octobre.</p>
<p>L'arrestation de Mang dans ce m&ecirc;me quartier, sans proc&eacute;dure l&eacute;gale et avec usage de la violence, s'inscrit dans une <strong>r&eacute;pression syst&eacute;matique des voix dissidentes au Cameroun</strong> qui ne s'est pas arr&ecirc;t&eacute;e avec les manifestations. Elle s'est juste rendue moins visible.</p>
<p>La <strong>torture polici&egrave;re au Cameroun</strong> se d&eacute;finit ici comme l'application d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e de violences physiques par des agents de l'&Eacute;tat en dehors de tout cadre l&eacute;gal, avec pour objectif d'intimider, de punir ou de r&eacute;duire au silence. C'est ce que montrent les images de Mang.</p>
<h2>Quand l'&Eacute;tat devient le bandit</h2>
<p>Jacques Bertrand Mang n'est pas un cas. Il est un sympt&ocirc;me. Derri&egrave;re lui : des centaines d'autres interpellations, des dizaines de morts, un pays o&ugrave; porter une opinion peut conduire &agrave; une nuit de coups dans un quartier de Douala.</p>
<p>La question que ce cas pose &agrave; la communaut&eacute; internationale est simple et sans r&eacute;ponse confortable : jusqu'&agrave; quel niveau de documentation faut-il attendre avant d'agir ? Les images existent. Les noms sont connus. Les rapports sont publi&eacute;s.</p>
<p>Un &Eacute;tat qui envoie ses activistes au pavillon psychiatrique apr&egrave;s les avoir battus n'est plus dans la d&eacute;viance. Il est dans le syst&egrave;me.</p>]]></content:encoded>
            <dc:creator xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">Paul Moutila</dc:creator>
      <pubDate>2026-04-04 00:27:24</pubDate>
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