Livre , mes frères, de Laure Blagojevic : une ode à l’espoir
© Magazine « Mito Revista Cultural » N°33 Du Mois De Mai 2016 : Franck CANA | 30 mai 2016 17:28:30 | 9243En publiant Âmes frères, Laure Blagojevic a fait le choix de nous entraîner dans les méandres de sa jeunesse bafouée. Née d’un père Yougoslave maltraitant trempé dans des affaires d’argent louches et d’une mère française belle et obéissante, la fillette va regarder, impuissante, son existence décliner ; la sienne et celle de ses petits frères, Edward et Vincent, qu’elle adore. La vie dans les quartiers chics de Paris se transformera au fil du temps en cauchemar, avec notamment les expulsions successives de leurs logements, qui les mèneront dans la rue.
À l’âge de quatre ans, la petite Laure est kidnappée par son oncle paternel François. Elle sera libérée devant les caméras de l’époque par le commissaire Robert Broussard et ses hommes, mais cet événement traumatisant sera alourdi par une révélation : son père n’avait pas voulu payer la rançon réclamée tandis que sa mère, elle, ne l’avait pas cherchée. Des blessures qui l’affecteront particulièrement au même titre que les drames que vivront les membres de sa famille.
Dieu merci, l’amour pour ses frères, cet attachement réel qu’ils se vouaient mutuellement, allait leur permettre à tous trois de résister aux douleurs de cette enfance et cette adolescence marquées par la maltraitance, la mendicité, la misère, les face-à-face avec les huissiers, les petits larcins, l’incapacité de secourir leur mère qui était une femme battue... « Nous partagions l’amour des plaisirs simples. »
À ces larmes, de temps à autre séchées par les rares moments de joie entre les enfants Blagojevic, viendront s’ajouter les séjours en prison de tous les hommes de la famille, la maladie de Parkinson de sa mère, puis le décès tragique d’Edward. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, la narratrice a décrit cette « souffrance » sur un ton apaisé et plein d’humour. Une leçon de courage d’une personne au grand cœur qui a livré bataille contre les défis de la vie pour continuer à aimer les siens. Le lecteur, interpellé par ce récit, se surprend à tourner les pages sans décrocher.
À l’évidence, Âmes frères pourrait rappeler à chacun son histoire et redonner de l’espoir à un esprit abattu. Ce sont des maux racontés dans une plume fluide et sensible par une femme qui a le mérite de pouvoir dire « je t’aime » dans la souffrance et renaître de ses propres cendres, tel un phénix.
Âmes frères, de Laure Blagojevic, autobiographie, éditions Médiapolitain, 276 pages, 16,80 euros.
Lire aussi
livre « L’Univers de la radiotélévision au Cameroun : Acteurs, organisation et pratiques »
DÉDICACE : DENISE NGUENE, LA MAGICIENNE DES MOTS, A OFFERT UNE MAGISTRALE SOIRÉE LITTÉRAIRE
Laa’ Binam : un pont entre nos racines et notre avenir
Deux Camerounaises pour le Renaudot 2026
LE ROI NGUILA, CALVIN DJOUARI RACONTE LA GENESE D’UN LIVRE CONSACRE A UN HEROS DE L’HISTOIRE VUTE
Bien-être au travail: Raphaël Tchomnou Ngantchop dévoile sa pyramide de la performance durable
Mathias Aubry-Rakowski : « Faire un livre, c'est comme faire un enfant »
Avec Le roi NGUILA l’âme enracinée chez les Baboutés,
Ce roman camerounais qui mêle amour et Histoire
La dette d’Alain Didier Ntamag : un roman qui accroche
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
LA SDFISATION DE L'OPPOSITION CAMEROUNAISE
Joël Image: Le regard d'un talent de la photographie en Belgique
ESSTIC: LE JOURNALISTE HILAIRE SOPIE PARTAGE SON EXPÉRIENCE AVEC LES ÉTUDIANTS
Texticules de Hugues Seumo: Vous avez dit que nous avons tous faim ?
livre « L’Univers de la radiotélévision au Cameroun : Acteurs, organisation et pratiques »
il y a un mois
Professeur ghanéen tué aux USA : sa femme accusée de meurtre
Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes
Impact-100 : 100 candidats, un parti secret, un pari risqué
Douala : D'une querelle sentimentale à une affaire d'armes, une comptable clame son innocence
COLOGNE : RUDOLF DOUALA MANGA BELL ENTRE DANS LA MÉMOIRE DE LA VILLE
il y a un an