Cinéma: Françoise Ellong déterre le phénomène des abus sexuels dans le milieu religieux
© Camer.be : Léandre Ndzié | 01 déc. 2020 07:55:00 | 25156Avec son film ''enterrés'', la cinéaste Benino-camerounaise mets le pied dans le plat pour décrier un phénomène qui continu à faire de nombreuses victimes plus ou moins silencieuses.
C'est un long métrage d'une heure et vingt huit minutes que Françoise Ellong a proposé aux cinéphiles de la ville de Douala- Cameroun qui se sont déplacés en grand nombre pour la salle canal Olympia de Bessengue ce vendredi 27 novembre.
Celui ci dans un style particulier et presque ennuyeux raconte l'histoire de jeunes gens anciens camarades aujourd'hui adultes qui se retrouvent à l'occasion de l'enterrement d'un de leurs encadreurs pour se remémorer des souvenirs laissés par celui-ci lors de leur passage dans un orphelinat chrétien.
Ensemble, Ndewa ( Anurin Nwunembom ) , Marie ( Lucie Memba bos ) , Agnès ( Emy Dany Bassong ) , Assan ( Assala kofane ) et Miyem( Denis Etouka) décident de déterrer ces souvenirs douloureux afin de réellement en faire le deuil. Comme cela arrive très souvent dans ces structures d'encadrement des jeunes, ces anciens pensionnaires de l'orphelinat ont presque tous été abusés sexuellement par un prélat nommé ici ''dady''.
Un film très osé qui remet au goût du jour ce phénomène d'abus sexuels dans ces orphelinat et donc les victimes ont souvent beaucoup de mal à en parler du fait du caractère sacré de l'église.
La scène ici se déroule dans un stade de football un décor qui selon Françoise Ellong « traduit l’infini, l’étendue de la pensée, l’horizon, le vide qu’on peine à percevoir» car pour elle « ce film est une sorte de huis- clos à ciel ouvert, qui sort des sentiers battus et étale au grand jour certaines pratiques illicites peu orthodoxes très fréquentes dans l’univers ecclésiastique ».
Le caractère sacré de l'église catholique empêche très souvent à ces victimes traumatisées de s'exprimer sur les abus dont ils sont victimes par des prélats sensés les encadrer dans leur situation d'orphelins.
La salle Canal Olympia de bessengue qui a projetté ce film en avant première se place selon ChristianToko dans une logique d'accompagnement des projets cinématographiques africains.
C'est encore plus le caractère complexe du film Enterrés de Françoise Ellong, qui a convaincu les responsables des salles canal Olympia de projetter ce film n'est que la manifestation de la volonté de canal Olympia d'être un lieu d'exposition des réalisateurs africains.
Ceci au grand bonheur de Françoise Ellong qui a elle seule a déjà écrit et réalisé neuf court-métrages primés.
Après le succès de son premier long-métrage ''Waka'', ''enterrés'' vient juste confirmer tout le bien que l'on peut penser de cette talentueuse réalisatrice.
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