Brice Nitcheu : «Regarder les politiques qui pourraient représenter les aspirations de la diaspora
© Camer.be : Par Alain Ndanga, à Paris | 20 mai 2026 12:42:59 | 4220Figure centrale des assises de la refondation tenues à Paris le 16 mai, Brice Nitcheu formalise l'ambition d'une diaspora camerounaise en quête de rupture et scelle le réveil politique. Entre pragmatisme électoral, alliances stratégiques et discours de rupture, il pose les conditions du soutien de la diaspora aux forces politiques locales et analyse les leviers à même de peser sur l'avenir du Cameroun.
Vos assises ont débouché sur les déclarations de Paris. Au-delà des effets d'annonce et de la rhétorique parfois habituelle, quels en sont les points saillants ? Comment ce texte va-t-il, concrètement, réinsuffler de la force à un mouvement jugé moribond ?
Nous nous sommes rencontrés pour faire le diagnostic de l'état actuel de la résistance dans la diaspora. Et à l'issue des travaux des différentes commissions mises sur pied en amont, nous avons adopté des postures. Et ces postures-là ont été exprimées, si vous voulez, dans la déclaration que nous avons lue. Les grands points de cette déclaration, le premier, c'est comment nous nous redéfinissons en tant que diaspora capable d'influer sur la vie politique et la vie sociale du Cameroun. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point consistait à clarifier et à dire que nous estimons que c'est un moment de clarification idéologique au niveau de la diaspora, parce qu’il y a des compatriotes qui ont eu des postures ayant brouillé la vision et le message de la diaspora. Et donc, à ce titre-là, le deuxième point, c'était la question de la clarification idéologique. L'autre point que nous avons abordé dans notre déclaration, c'est la question de l'identité. Nous estimons donc que la diaspora doit avoir une véritable identité, et cette identité-là passe par une réorganisation des organisations citoyennes de la diaspora, par des missions clairement définies, notamment de cohésion et de collaboration saine, engagée et respectueuse. À ce titre-là, les différentes forces de la diaspora camerounaise vont se revoir prochainement pour travailler sur les questions de convergence.
Avez-vous les moyens logistiques, financiers et humains pour implémenter tout le contenu de cette déclaration ?
Nous y avons pensé et, justement, l'une des commissions qui s'est réunie ici aujourd'hui a travaillé sur les questions de logistique et de ressources à mobiliser. Nous sommes une diaspora très diversifiée, avec des médecins, des professionnels de tous les niveaux, des hommes d'affaires, des intellectuels, des travailleurs de tous bords. Nous pensons que, si notre voix est audible, nous pouvons nous donner les moyens d'atteindre les objectifs que nous nous fixons.
Vous serez certainement confrontés à la guerre des chefs, de l’égo et du leadership. Pourtant, une lutte sans chef est une lutte stérile. Vous êtes visiblement à la recherche d'une figure de proue pour porter ce projet de refondation. Quels sont les noms qui émergent aujourd'hui ? Qui, selon vous, a la carrure nécessaire pour fédérer cette diaspora et inquiéter le régime de Yaoundé ?
Nous ne pouvons pas donner de noms parce que nous n'en avons pas, mais nous avons dit clairement que le travail citoyen est un travail qui est fait pour être capitalisé par les politiques. Dans tous les pays du monde, les organisations citoyennes travaillent pour les politiques, parce que les organisations citoyennes n'ont pas les moyens de transformer leur énergie en énergie politique. Donc, nous pensons que nous allons regarder au Cameroun les hommes politiques ou les partis politiques qui pourraient le mieux représenter la vision de la diaspora, capables de porter nos aspirations. Le moment viendra où nous nous déclarerons officiellement pour tel ou tel leader, ou pour tel ou tel parti politique. Mais, pour l'instant, nous ne pouvons pas avancer de noms.
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