Diaspora camerounaise : le paradoxe de ceux qui louent Biya
© Camer.be : Toto Jacques | 03 juil. 2026 19:00:04 | 3634Dans une publication virale, Aristide Mono interpelle les Camerounais de la diaspora qui, après avoir risqué leur vie pour fuir le pays, passent leur temps à chanter les louanges du régime de Paul Biya depuis l'Occident, les invitant à rentrer au Cameroun s'ils le jugent si développé.
Ils ont traversé le désert. Ils ont bravé la Méditerranée. Ils ont risqué leur vie pour fuir la misère du Cameroun.
Puis, une fois installés en Occident, ils passent leur temps à chanter les louanges de Paul Biya.
Absurde ? Paradoxal ? Incohérent ?
C'est le constat qu'Aristide Mono, figure engagée de la scène politique camerounaise, a posé dans une publication virale. Avec des mots simples mais cinglants, il a mis le doigt sur une contradiction qui divise la diaspora camerounaise :
« Qu'y a-t-il de plus absurde qu'un "mbenguiste" qui a fui la misère du régime au péril de sa vie, en bravant le désert et la mer Méditerranée, mais qui passe sa vie à chanter les louanges de Biya depuis l'Occident ? »
LE "MBENGUISTE" : UN PORTRAIT QUI DIVISE
Le terme "mbenguiste" désigne familièrement les Camerounais vivant à l'étranger, souvent en Europe ou en Amérique du Nord, qui ont quitté le pays pour des raisons économiques ou politiques. Mais pour Aristide Mono, ce terme recouvre une contradiction profonde.
Il s'interroge :
« Si le pays était si bien gouverné, pourquoi aviez-vous risqué vos vies pour le fuir en vitesse ? »
La question est simple, presque brutale. Elle touche au cœur d'un paradoxe que de nombreux Camerounais de la diaspora vivent au quotidien.
LA VIE EN DIASPORA : ENTRE GALÈRES ET PROPAGANDE
Aristide Mono n'ignore pas les difficultés de la vie en Occident. Il les énumère : la xénophobie, la rigueur du climat « l'été et l'hiver sévères » et les galères quotidiennes.
« Si le pays est si bien gouverné, pourquoi calez-vous dans les pays des autres malgré la xénophobie, la rigueur du climat et les galères quotidiennes ? »
Et pourtant, certains de ces mêmes "mbenguistes" passent leur temps à glorifier le régime qui, selon lui, les a poussés à l'exil.
L'APPEL AU RETOUR
Aristide Mono lance un défi aux chantres de Biya installés en Occident :
« Si en 44 ans, Paul Biya a bien géré le Cameroun, rentrez donc savourer les délices de votre "mini-paradis" au lieu de glorifier le régime en squattant chez les autres, qui se sont battus pour rendre leurs pays modernes ! »
Le message est clair : si le Cameroun est si bien gouverné, pourquoi ne pas y retourner ?
LE CONSTAT DE NGAOUNDÉRÉ
Pour appuyer son propos, Aristide Mono oppose sa propre expérience :
« Me voici au Cameroun au campus de l'université de Ngaoundéré alors que je trouve le pays en ruine. »
Ce constat, qu'il dresse depuis le Cameroun même, contraste avec les discours dithyrambiques de certains exilés.
« Si j'y reste tout de même, à plus forte raison vous qui le trouvez très développé et très vivable. »
L'INVITATION FINALE
La conclusion de sa publication est sans appel :
« Libérez les pays des autres, rentrez chez-vous si le Cameroun est un jardin d'Éden. »
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