UNE DEFAITE QUI REVELE DES MAUX PLUS PROFONDS QUE LE TERRAIN
© Correspondance : Sylvain Djana | 10 sept. 2025 13:08:01 | 4749Le Cameroun a perdu ce soir, et la déception est immense. Mais au-delà du score, il faut comprendre que la défaite fait partie du football : on peut gagner, mais il faut aussi s’apprêter à perdre. Pourtant, cette nouvelle contre-performance des Lions Indomptables dit long sur l’organisation de notre football et, plus largement, sur l’image de notre pays.
Car ce que nous voyons sur le terrain n’est que le reflet d’une incapacité chronique à mettre de l’ordre dans nos institutions sportives. Fédération et ministère peinent à s’accorder, laissant des intrus et des conflits d’intérêts dicter la marche à suivre. Comment demander à un entraîneur d’assumer pleinement sa mission quand on ne lui donne même pas les moyens de travailler avec son propre assistant ? Ce blocage permanent est révélateur d’un système où les luttes de pouvoir priment sur le projet sportif. Il serait trop facile de pointer du doigt les joueurs ou Marc Brys. Les joueurs avaient la possibilité de gagner, mais ils se sont relâchés en première mi-temps.
Le coach, lui, n’est pas exempt de critiques, mais il reste prisonnier d’un environnement empoisonné. On ne peut pas lui demander des miracles lorsque la Fédération elle-même entrave son travail. Le résultat est lourd de conséquences : le Cameroun réalise une très mauvaise opération dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Avec quatre points de retard sur les Requins Bleus, les Lions restent deuxièmes du groupe D à deux journées de la fin. Une position inquiétante qui assombrit l’avenir. Mais la vérité est ailleurs. Le véritable problème du football camerounais n’est pas seulement tactique ou individuel. Il est structurel et organisationnel.
Depuis plus de dix ans, aucun club camerounais n’a franchi le premier tour des compétitions africaines. Le championnat local offre un spectacle médiocre, reflet d’une gestion approximative. Comment espérer voir briller une sélection nationale quand l’ensemble de l’édifice repose sur des bases fragiles ? Oui, les erreurs individuelles existent, un carton rouge évitable, une sortie manquée du gardien, une défense hésitante.
Mais ces fautes ne sont que des symptômes. Le mal est plus profond : il réside dans la confusion des rôles, l’ingérence permanente, l’absence de vision claire pour le football camerounais. Accuser Marc Brys, c’est occulter la vérité. Ce coach connaît son métier, mais comment bâtir un projet solide quand on transforme son préparateur physique en simple coursier et qu’on l’empêche d’avoir son staff complet ?
Comment construire une équipe compétitive quand les choix de joueurs sont dictés par des considérations politiques, des rivalités ou des records personnels à battre, plutôt que par la logique sportive ? Ce soir, la défaite des Lions Indomptables est douloureuse. Mais elle doit être l’occasion d’une prise de conscience : tant que le Cameroun n’aura pas le courage de résoudre ses problèmes profonds d’organisation et de gouvernance, nos victoires resteront épisodiques et nos défaites, une humiliation nationale.
L’art apaise les mœurs, dit-on. Mais le football, art populaire par excellence, est aujourd’hui victime d’une gestion qui étouffe les talents et détruit l’espoir. Ce n’est pas seulement un match que nous avons perdu, c’est encore une chance de redonner de la fierté à un peuple passionné.
Lire aussi
Ligue des Champions : le Bayern Munich accueille Arsenal FC
Ligue des champions : les outsiders défient les géants
Serie A : la Juventus Turin défie la Lazio Rome
Naomi Eto quitte le PSG et rejoint Denver Summit FC
Le Mans FC accueille Toulouse FC en match avancé de Ligue 1
RD Congo foot : les jeunes talents qui montent chez les Léopards
Football africain : les confrontations les plus attendues et les équipes à surveiller
Les grands derbies européens à venir : affiches, étoiles burkinabè et enjeux sportifs
Scandale Infantino : 1,76 million venu des États-Unis
Eto'o, la Russie et le compte de Doha : le TCS saisi
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Conseil constitutionnel : Nama Remy, l'homme qui succède à Atangana
Pénurie de poisson au Cameroun : Congelcam sonne l'alerte
Mvondo Ayolo dément : « On ne cache pas la mort d'un chef d'État »
Me Touko Tom : « La faute historique de l'opposition camerounaise »
Des millions de la fondation Fu'a Toula Kadji D. pour les lauréats de l’excellence scientifique
il y a un mois
Franc CFA, bases militaires : l'Occident perd pied en Afrique
Paris sportifs au Maghreb : pourquoi la nuit de Blida hante encore les parieurs algériens
SOSUCAM : l'offre kényane qui change tout
Mercy of God : un cercueil caché sous le béton à Nkoabang
Douala : enceinte, elle est agressée en allant accoucher
il y a un an