CONDAMNATION DE NICOLAS SARKOZY: Cette expérience de chef d’Etat valait-elle la peine d’être vécue ?
© Source : Le Pays | 26 sept. 2025 07:49:15 | 5562Depuis hier, 25 septembre 2025, l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, est fixé sur son sort dans l’affaire des soupçons de financement de sa campagne présidentielle de 2007, par le défunt guide libyen, Mouammar Kadhafi.
Il a été reconnu coupable « d’association de malfaiteurs » par le Tribunal correctionnel de Paris qui l’a condamné à cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé, au terme d’un marathon judiciaire qui aura duré plusieurs mois. Avant cela, l’ancien locataire de l’Elysée avait été définitivement condamné, en 2024, à trois ans de prison dont un ferme dans l’affaire dite des écoutes ou « affaire Bismuth », après dix ans de procédures.
Sauf cas de force majeure, Nicolas Sarkozy ira bel et bien en prison
Il s’était vu placer un bracelet électronique, ce qui reste, à ce jour, un fait inédit pour un ancien président de la République française. Toujours est-il qu’avec le délibéré d’hier qui le cloue une fois de plus au pilori, ce sont de nouvelles tuiles qui s’abattent sur la tête de l’ancien chef de l’Etat français. Lequel est dans la tourmente depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2012, au terme de son seul quinquennat.
De quoi se demander si cette expérience de chef de l’Etat valait la peine d’être vécue pour le natif de Paris qui a d’autant plus de quoi continuer à avoir le sommeil trouble, qu’il est loin d’être au bout de ses ennuis judiciaires. Et ce en raison de sa condamnation en appel dans une autre affaire, en l’occurrence l’affaire « Bygmalion » qui attend d’être examinée en cassation, le 8 octobre prochain. Pour en revenir au verdict d’hier, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec cette nouvelle condamnation, l’ancien numéro 1 français qui est une fois de plus rattrapé par son passé, n’est pas loin de toucher le fond. Et ce au regard de la lourdeur de la peine prononcée à son encontre.
Mais aussi du mandat de dépôt à effet différé au terme duquel il sera convoqué par le Parquet dans un délai d’un mois, pour lui signifier la date de son incarcération sans qu’un éventuel appel ne puisse suspendre cette mesure de sûreté. C’est dire si, sauf exception ou cas de force majeure, Nicolas Sarkozy ira bel et bien en prison. Triste sort que celui d’un homme qui aura connu la puissance sans la gloire, et qui paie aujourd’hui pour l’ensemble de ses combines à la tête de l’Etat français. En tout cas, ce ne sont pas les populations du Sahel qui plaindront son sort. Elles qui le tiennent grandement pour responsable du sort peu enviable qui est le leur aujourd’hui, et qui ont vu les portes de l’enfer du terrorisme s’ouvrir pour elles, après le rôle sombre joué par Sarkozy dans l’élimination du Colonel Mouammar Kadhafi. Le Guide de la Jamahiriya libyenne que l’ex-président français a voulu faire taire définitivement, croyant pouvoir garder dans l’ombre, les largesses dont il avait bénéficié pour se hisser au sommet de l’Etat français.
La justice française ne s’est pas laissée influencer par la personnalité du mis en cause
Mais le karma faisant son œuvre, cette condamnation pour « association de malfaiteurs », plusieurs années après les faits, sonne comme un retour du boomerang pour l’ancien président qui a toujours clamé son innocence dans cette affaire. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en attendant la justice immanente, Nicolas Sarkozy n’a pas échappé à celle des Hommes. C’est dire si tôt ou tard, chacun est appelé à répondre de ses actes et à payer pour ses mauvaises œuvres ici-bas.
C’est le lieu de rendre un vibrant hommage à la Justice française qui ne s’est pas laissée influencer par la personnalité du mis en cause et qui a mis un point d’honneur à dire le droit. En tout état de cause, avec un tel fardeau sur la tête, tout porte à croire que ce n’est pas demain la veille que l’on peut s’attendre à voir le septuagénaire ancien locataire du palais de l’Elysée rebondir politiquement. Mais Nicolas Sarkozy ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Car, comme le dit l’adage, « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».
Et voilà un président qui s’est battu de toutes ses forces pour réaliser son ambition de se hisser à la tête de l’Etat français, mais qui est aujourd’hui mis en face de ses actes et appelé à en assumer les conséquences.
Cinq ans d’un pouvoir éphémère pour plus d’une décennie d’ennuis judiciaires à n’en pas finir, voilà qui devrait donner à réfléchir. C’est dire si ce procès a aussi une valeur pédagogique. Et il y a beaucoup de leçons à en tirer.
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