Diplomatie : Jean-Marc Chataigner quitte le Cameroun
© Camer.be : Alain Ndanga | 13 août 2026 10:58:36 | 2314Au terme de sa mission, au cours de laquelle l’humanité a été au centre de son action, l’ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale choisit le village Bangoulap, où il a été anobli au rang de dignitaire du roi, pour célébrer les liens denses et solides qu’il a bâtis avec le peuple camerounais.
L’ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale, Jean-Marc Chataigner, foulera le sol du groupement Bangoulap, dans la région de l’Ouest, ce samedi 15 août. Le roi, S.M. Yonkeu Jean-Marie, met les petits plats dans les grands pour l’organisation du dîner que le diplomate offrira dans l’enceinte royale.
Les élites de la localité, à l’instar de Jean Guy Wandji Nkuimy, s’investissent dans cette organisation afin de réserver un triomphe à l’ambassadeur, qu’il qualifie d’« homme profondément humain qui a une vision prospective hors du commun ». Le président de Bangoulap Tour revient notamment sur la 11e édition de cette randonnée touristique, placée sous le parrainage de l’Union européenne.
Tenue le 29 novembre 2025, cette randonnée avait permis à Jean-Marc Chataigner de découvrir autrement le territoire. Le diplomate avait alors indiqué que cette expérience resterait pour lui « un moment d’une richesse humaine et sensorielle exceptionnelle. Nous avons traversé des paysages d’une grande diversité — collines verdoyantes, vallées habitées, terres cultivées — qui racontent chacune une part de l’âme du territoire. Mais au-delà de la beauté des lieux, ce sont surtout les rencontres qui m’ont marqué ».
À cette occasion, le projet de Cité de la musique et de la danse (CIMUDA) a occupé une place centrale lors des concertations réunissant le directeur exécutif de la Route des Chefferies, des responsables de l’UNESCO, le consul de France à Douala, les notables de Bangoulap et plusieurs autres acteurs culturels.
« Ce projet de Cité de la musique et de la danse (CIMUDA) est porteur d’une ambition remarquable : créer un espace de rayonnement culturel ouvert sur l’Afrique et sur le monde. Il peut devenir un lieu de transmission, de création et de dialogue entre les patrimoines musicaux et chorégraphiques », avait-il réagi.
D’après lui, un projet d’une telle envergure ne peut réussir que dans une logique de partenariat et de coalition. « Aucun acteur, aussi engagé soit-il, ne peut y parvenir seul. Il faudra rassembler institutions, collectivités, acteurs culturels, professionnels de la musique, partenaires internationaux et de la diaspora, secteur privé et communautés locales autour d’une vision partagée. C’est en faisant de CIMUDA un projet véritablement collectif — porté par tous et pour tous — qu’il pourra se concrétiser et devenir un succès durable », avait-il ajouté.
Il citait notamment l’État camerounais, l’UNESCO, les institutions culturelles et les partenaires bilatéraux. « L’Union européenne se tient prête à accompagner, dans la mesure de ses moyens, une initiative qui favorise la créativité, la jeunesse et le dialogue des cultures », s’était-il exprimé.
Une distinction qui symbolise les liens avec Bangoulap
Toute cette vision lui a valu sa distinction de Menkam dans la cour royale de Bangoulap. Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie lui avait remis ses attributs, faisant de lui l’un des notables les plus influents de la chefferie.
« Je tiens à exprimer, avec une profonde émotion et une sincérité totale, ma gratitude au peuple Bangoulap et à Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie pour cet honneur d’une portée exceptionnelle. Être élevé au rang de Menkam n’est pas seulement une distinction personnelle : c’est un geste d’amitié, de confiance et d’humanité qui me touche au plus intime. J’y vois, au-delà de ma personne, une reconnaissance des liens fraternels qui unissent l’Union européenne et le Cameroun, mais aussi un symbole fort du dialogue entre nos cultures », avait déclaré Jean-Marc Chataigner.
Une mission placée sous le signe de l’humain
D’une manière générale, Jean-Marc Chataigner aura rempli avec maestria sa mission diplomatique au Cameroun. Selon le diplomate, l’une des priorités de son mandat aura été de rapprocher les peuples, de soutenir la jeunesse, de favoriser l’emploi, la stabilité et les opportunités, aussi bien pour le Cameroun que pour l’Europe.
« La coopération Union européenne-Cameroun n’est pas seulement une relation institutionnelle ; c’est une aventure humaine faite de rencontres, de confiance et d’espoir partagé », avait-il réagi à la presse.
À l’heure de son départ, le choix de Bangoulap apparaît ainsi comme un symbole fort de cette mission placée sous le signe du rapprochement entre les peuples et du dialogue des cultures.
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