« Sous manguier », coin insolite de Bonanjo
© Cameroon Tribune : Georges Emmanuel TSAYID | 13 mai 2020 08:58:00 | 3097L’espace informel de vente de boissons est une oasis pour des travailleurs de tous secteurs d’activités.
Il a beau jouxter la recette des Finances, le lieu-dit « Sous manguier » ne paie pas de mine. Un vieil arbre, un kiosque installé par la Communauté urbaine et c’est tout. Mais le coin a ses atouts : boisson et restauration, notamment. A la baguette, Manuella, jeune dame douée de patience et riche de sa jovialité.
« Quand tu lui dois de l’argent, elle ne fait pas police après toi et te le réclame gentiment », témoigne Jean-Pierre, fidèle client. Dès 10h, le coin s’anime. Aux premières loges, les déclarants en douane.
En attendant l’aboutissement d’un dossier, ils viennent là « passer du temps » autour d’une bière. Vers 12h, les agents des services publics environnants débarquent pour leur pause, ainsi que des travailleurs du privé. Vers 15h, l’ambiance est chaude. Camer.be. On bavarde, on rit… on boit. Le vendeur de soyas voisin a aussi de quoi sourire : bœuf et mouton pimentés trouvent grâce dans le palais des buveurs. Qui s’avèrent parfois de fins connaisseurs de l’actualité nationale, voire internationale.
Entre-temps, des visages disparaissent et réapparaissent. Selon qu’un tel est allé suivre un dossier au port ou ailleurs. D’ailleurs, le « Sous-manguier » est parfois transformé en bureau délocalisé, ou un lieu de rencontres d’affaires. C’est ainsi que peuvent s’y négocier des ventes de voitures, des achats de terrains, etc. L’on y vend aussi de la petite monnaie... En clair, c’est un lieu d’opportunités, voire d’aubaines.
Sous le manguier, il y a aussi des consommateurs de ce thé traditionnel communément appelé « chaï ». Une décoction dans laquelle sont ajoutées des citrons et des condiments verts. Le breuvage est particulièrement prisé pour ses vertus qui permettraient d’annihiler les effets soporifiques de l’alcool, en plus d’autres propriétés jugées bio. Pas surprenant donc de trouver un quidam assis sirotant une tasse de « chaï », après avoir expédié quelques bières.
A Bonanjo, depuis la destruction du site dit « Village », situé juste en face, et qui regroupait toutes les gargotes du secteur, le « Sous manguier » est fortement sollicité. Il faut cependant relever que depuis la survenance du Covid-19 et des batteries de mesures barrières prescrites par le gouvernement, le lieu est moins fréquenté qu’avant. Il n’en reste pas moins un des tableaux les plus saisissants du très sérieux quartier administratif de Douala.
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