Metafrique Steel en flammes : le gouverneur dénonce le mépris des règles
© Camer.be : Toto Jacques | 02 nov. 2026 14:54:00 | 628Douala-Bassa, 7 h. Une explosion. Des corps calcinés. 4 morts, 16 brûlés graves. Metafrique avait déjà brûlé en avril. Personne n'a rien changé.
Le jour se lève à peine sur la zone industrielle de Bassa. Il est entre 7 h et 7 h 15. Une explosion retentit dans les installations de Metafrique Steel SA. Le feu prend. Les sirènes suivent.
Quelques heures plus tard, le bilan tombe. Quatre corps calcinés, découverts par les sapeurs-pompiers. Seize personnes grièvement brûlées, évacuées à l'hôpital général de Douala. Selon une source médicale, leur pronostic vital est engagé.
Le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, s'est rendu au chevet des blessés. Il a parlé. Ses mots sont durs.
« Malgré les premiers cas d'incendie, les mesures de sécurité n'ont pas été prises. »
La phrase est une accusation. Elle vise l'entreprise. Elle vise aussi ceux qui devaient la contrôler.
Avril 2026 : l'incendie qui aurait dû servir de leçon
Ce n'est pas la première fois que Metafrique Steel brûle. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, un grave incendie avait déjà touché une partie des installations. Le bilan était lourd : dix blessés, dont neuf Camerounais et un Indien, certains dans un état critique. L'usine avait été temporairement fermée. Une enquête avait été ouverte.
Le gouverneur Ivaha Diboua, déjà, s'était rendu à l'hôpital. Il avait promis que l'entreprise prendrait en charge les familles des victimes. Il avait assuré que des « mesures plus strictes » seraient mises en place.
Sept mois plus tard, l'usine brûle à nouveau. Et le même gouverneur constate, devant les blessés, que les mesures n'ont pas été prises.
Ce que l'on sait de Metafrique Steel
Metafrique Steel SA est une filiale du groupe indien Metafrique. L'entreprise recycle des déchets ferreux pour produire du fer à béton et de l'acier. Elle est implantée au Cameroun depuis une quinzaine d'années. Elle emploie près de 500 personnes pour une production annuelle estimée à 36 000 tonnes.
Elle fait partie de l'Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (Ocitram), qui regroupe cinq acteurs majeurs du secteur. Ces entreprises représentent près de 95 % du marché national, génèrent un chiffre d'affaires annuel estimé à 500 milliards de FCFA et emploient plus de 4 000 personnes.
Ce n'est pas un petit atelier. C'est un pilier de l'industrie camerounaise. Et c'est un site qui a déjà brûlé au moins trois fois : avril 2022 (incendie partiel, sans victime), avril-mai 2026 (dix blessés), novembre 2026 (quatre morts, seize blessés graves).
« Des pratiques d'esclavage moderne »
Les conditions de travail à Metafrique Steel sont dénoncées depuis des années. Camerounweb rapporte que des salariés n'hésitent plus à qualifier leurs conditions d'exercice de « véritables pratiques d'esclavage moderne ». Le média évoque « l'absence d'équipements de protection adéquats face à des températures extrêmes et des rythmes effrénés ».
La fournaise où les métaux sont fondus atteint plus de 1 500 degrés. C'est le point de départ probable de l'incendie d'avril, selon des informations non confirmées officiellement. Pour celui de ce lundi 2 novembre, les circonstances exactes ne sont pas encore établies.
Ce que ce drame dit de la sécurité industrielle à Douala
La zone industrielle de Bassa concentre une partie de l'activité métallurgique du pays. Les risques y sont connus : hautes températures, produits chimiques, poussières métalliques, machines lourdes.
Les incendies à répétition chez Metafrique posent une question simple. Pourquoi une usine qui a déjà brûlé deux fois en sept mois n'a-t-elle pas été mise à l'arrêt de manière durable ?
Le gouverneur a évoqué, ce lundi, la possibilité d'un arrêt des activités de l'entreprise. Il a estimé qu'un « arrêt des activités devrait être envisagé ». La formulation est prudente. Elle n'est pas une décision.
En avril, l'entreprise avait promis des « mesures plus strictes ». En novembre, elle brûle. Les promesses n'ont pas tenu.
C'est quoi, Metafrique Steel ?
Une usine sidérurgique située dans la zone industrielle de Bassa, à Douala. Elle recycle des déchets ferreux pour produire du fer à béton et de l'acier. C'est une filiale du groupe indien Metafrique. Elle emploie près de 500 personnes.
Combien de morts et de blessés ?
Le bilan n'est pas consolidé. Cameroun Actuel parle de 4 morts et 16 blessés graves. Camerounweb évoque 8 employés gravement brûlés. Les autorités n'ont pas publié de bilan officiel unique. Le chiffre exact manque.
Pourquoi l'usine a-t-elle brûlé à nouveau ?
Les causes exactes ne sont pas connues. Une explosion aurait précédé le sinistre, selon les premiers éléments recueillis par Cameroun Actuel. Le gouverneur du Littoral a pointé le non-respect des mesures de sécurité prescrites après l'incendie d'avril.
Qu'est-ce qui s'est passé en avril 2026 ?
Un grave incendie a touché l'usine dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026. Dix personnes avaient été blessées, dont neuf Camerounais et un Indien. Certaines étaient dans un état critique. L'usine avait été temporairement fermée, puis rouverte.
Le gouverneur a dit quoi exactement ?
« Malgré les premiers cas d'incendie, les mesures de sécurité n'ont pas été prises. » Il a également estimé qu'un arrêt des activités de l'entreprise devrait être envisagé.
Les ouvriers se plaignent de quoi ?
D'absence d'équipements de protection adéquats, de températures extrêmes et de rythmes de travail effrénés. Certains parlent de « pratiques d'esclavage moderne ».
L'usine va-t-elle fermer ?
Le gouverneur a évoqué la possibilité d'un arrêt des activités. Aucune décision officielle n'a été annoncée au moment d'écrire ces lignes. La production est suspendue, selon les médias locaux. La durée de cette suspension n'est pas connue.
Lire aussi
Metafrique Steel en flammes : le gouverneur dénonce le mépris des règles
JUSTICE FONCIÈRE: 14 FAMILLES DE BABENGA OBTIENNENT GAIN DE CAUSE CONTRE L’EX CHEF MODI DISSAKE
Concours littéraire «La Bienveillance» :Élise Pokossy Doumbe récompense les jeunes plumes du Wouri
Formation ferroviaire: L’Imefac renforce son partenariat avec un spécialiste allemand du rail
ICT University accueille sa nouvelle génération d'étudiants
Humanitaire, Hilton Hôtel de Yaoundé:Françoise Etoa s'entretient avec le Prince Albert II de Monaco
Cambriolage RDPC Kribi : le toit démonté avant le 6 novembre
Martinez Zogo : Ayissi Nanga dit détenir les preuves, mais n’a rien dit
Obala : une élève de 15 ans retrouvée chez un homme, puis boit de l’eau de javel
Cameroun :: Coopération bilatérale : Le Prince Albert II de Monaco en visité officielle à Yaoundé
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
il y a un an