Ebolowa : Samuel, 8 ans, retrouvé mort dans la rivière Lo'o
© Camer.be : Onana Nestor | 28 oct. 2026 17:02:00 | 530Le corps de Samuel, 8 ans, a été repêché dans la rivière Lo'o après cinq jours de recherches. Une enquête est ouverte à Ebolowa pour établir les faits.
Samuel, 8 ans, élève à l'école primaire d'Ando'o, près d'Ebolowa, a été retrouvé mort dans la rivière Lo'o. Le corps a été repêché après cinq jours de recherches. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Ebolowa.
Le drame remonte au mardi 21 octobre 2026. Ce jour-là, après les cours, l'enfant ne rentre pas. Les familles, les riverains, les plongeurs traditionnels et les forces de l'ordre fouillent les eaux boueuses de la Lo'o pendant cinq jours. Le corps est finalement retrouvé le lundi 26.
Depuis, un récit circule. Il implique un autre enfant. Une altercation. Un geste. Des mots graves, aussi. Mais aucune de ces informations n'a été confirmée par une source officielle.
Les faits établis, et ceux qui ne le sont pas encore
Ce que l'on sait avec certitude est mince. Un enfant de 8 ans, prénommé Samuel, n'est pas rentré chez lui après l'école le 21 octobre 2026. Son corps a été retrouvé dans la rivière Lo'o, à Ando'o, village situé à une dizaine de kilomètres d'Ebolowa, sur l'axe Ebolowa-Akom II.
Ce que l'on sait aussi : une enquête a été ouverte. Le procureur de la République près les tribunaux d'Ebolowa a ordonné des investigations pour « faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame », selon les termes rapportés par la presse locale. Le corps a été déposé à la morgue de l'hôpital régional d'Ebolowa en attendant les conclusions de l'enquête et, le cas échéant, de l'autopsie.
Ce que l'on ne sait pas est plus lourd. Les circonstances de la chute. La présence ou non d'un tiers au moment des faits. L'existence d'une altercation. Et surtout : ce qui s'est réellement passé entre la sortie de classe et la découverte du corps.
Le récit qui circule, et ce qu'il vaut
Plusieurs sources locales évoquent une altercation entre Samuel et un camarade de classe. Selon ce récit, l'autre enfant aurait poussé Samuel dans le cours d'eau.
Ces propos sont graves. Ils sont aussi non vérifiés. Aucun procès-verbal d'audition, aucun communiqué officiel, aucune source judiciaire n'a confirmé qu'ils ont été tenus.
Cinq jours dans l'eau et dans l'attente
Les recherches ont mobilisé le village entier. Familles, riverains, plongeurs traditionnels, forces de l'ordre.
Cinq jours, dans une rivière boueuse, en pleine saison des pluies. La région du Sud connaît des crues entre octobre et novembre. Les eaux de la Lo'o, comme celles de la Mvila toute proche, peuvent être trompeuses. Un enfant de 8 ans n'a aucune chance, seul, dans un tel courant.
Ce que ces cinq jours disent aussi, c'est la mobilisation d'une communauté qui refuse de laisser un corps disparaître. Les plongeurs traditionnels, souvent décriés, ont été en première ligne. Les autorités ont fini par coordonner. Le corps a été retrouvé.
Ce que l'enquête doit établir
Le parquet d'Ebolowa a un mandat clair : déterminer les circonstances exactes de la mort. Cela passe par plusieurs étapes.
D'abord, l'autopsie. Le corps a été déposé à la morgue de l'hôpital régional. Les conclusions du médecin légiste permettront de savoir si Samuel est mort par noyade, avant ou après être entré dans l'eau, et si des traces de violence sont présentes.
Ensuite, les auditions. Les camarades de classe, les enseignants, les riverains qui ont participé aux recherches. Et l'enfant soupçonné, s'il est en âge d'être entendu. À 8 ans, la responsabilité pénale est une question complexe. Le droit camerounais prévoit des seuils d'âge, et l'enquête devra déterminer si l'on est en présence d'un accident, d'un geste volontaire, ou d'autre chose.
Enfin, la reconstitution. Si les déclarations concordent, les enquêteurs pourront tenter de reconstituer le trajet entre l'école et la rivière. Pourquoi Samuel est-il allé vers l'eau ? Était-il seul ? A-t-il été entraîné ?
Aucune de ces questions n'a de réponse publique à ce jour.
Le village, la famille, et le poids du non-dit
Les deux enfants sont issus de la même famille, au village Mvila-Yemissem. Cette proximité rend le drame plus douloureux encore. Il n'y a pas d'ennemi à désigner. Il y a deux familles, un village, et une rivière.
Les tensions sont redoutées. La presse locale évoque un climat de deuil et d'inquiétude. Le corps a été remis à la famille pour inhumation, sur instruction du procureur. L'enquête, elle, continue.
Dans les affaires de ce type, le plus difficile n'est pas de trouver un coupable. C'est de dire la vérité sans ajouter de la douleur à la douleur. Un enfant est mort. Un autre enfant est au cœur d'un récit qu'il ne comprend peut-être pas lui-même. Et un village entier cherche des mots.
Ce que ce drame dit de la sécurité des enfants
Au-delà de l'affaire individuelle, il y a une question collective. Les rivières du Sud camerounais sont des lieux de vie. On y pêche, on y lave, on y joue. Mais elles sont aussi des pièges, surtout en saison des pluies.
Les noyades d'enfants sont récurrentes au Cameroun. En avril 2025, quatre élèves du lycée bilingue de Kribi sont morts noyés lors d'un pique-nique clandestin. En juin 2025, trois enfants sont morts dans la rivière Yoke, à Muyuka. En août 2026, deux enfants ont péri à Bamenda après de fortes pluies. La liste n'est pas exhaustive.
Le programme de prévention des noyades de la Cameroon Lifesaving Federation a formé plus de 200 enfants à Douala en 2024. Mais les zones rurales, comme Ando'o, restent largement dépourvues de ce type d'initiative. Les écoles n'ont pas toujours de clôtures, ni de surveillants formés. Les trajets entre l'école et la maison traversent parfois des cours d'eau sans pont ni passerelle.
La mort de Samuel n'est pas qu'un fait divers. Elle est un rappel : la sécurité des enfants ne se limite pas à la salle de classe.
Où le corps de Samuel a-t-il été retrouvé ?
Le corps de Samuel, 8 ans, a été retrouvé dans la rivière Lo'o, au village Ando'o, à une dizaine de kilomètres d'Ebolowa, dans la région du Sud du Cameroun. Certaines sources mentionnent la rivière Mvila, mais les deux cours d'eau sont proches et la confusion est fréquente dans les récits locaux.
Combien de temps ont duré les recherches ?
Cinq jours. L'enfant a disparu le 21 octobre 2026 après les cours. Le corps a été retrouvé le 26 ou le 27 octobre 2026, selon les sources.
Y a-t-il eu une autopsie ?
Le corps a été déposé à la morgue de l'hôpital régional d'Ebolowa. Le parquet a ordonné une enquête. Aucune information publique n'a été communiquée sur la réalisation ou les conclusions d'une autopsie au moment de la publication.
Un autre enfant est-il mis en cause ?
Plusieurs récits locaux évoquent la implication d'un camarade de classe qui aurait poussé Samuel. Ces allégations ne sont corroborées par aucune source officielle. L'enquête du parquet d'Ebolowa devra établir les responsabilités.
Lire aussi
Ebolowa : Samuel, 8 ans, retrouvé mort dans la rivière Lo'o
« Un seul coup de poing, je te mets KO » : la vidéo qui enflamme Douala
Colonel Ayissi Nanga Parfait: « Martin Savom a tenté de me faire assassiner»
SOAP 2026 : Huawei mise sur la formation pour préparer les talents du numérique
Martinez Zogo : « torturé dans la Prado », dit le colonel
Cameroun : quand les corrompus doivent se contrôler eux-mêmes
Atanga Nji serre la vis aux mototaxis et taxis
Galax Etoga cité dans l’affaire Martinez Zogo
Devi’s Mambo “ le paquebot” : L’artiste, l’administrateur et le bienfaiteur
Affaire Zogo : 48 dossiers fiscaux qui accusent Modeste Mopa
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Les « katikas » veulent renverser la table À qui profiterait la chute de l'État ?
Pour insolvabilité: Le tribunal envoi Tal Hôtel dans la rue à Bafoussam
Hommage, Roger Moindou: Une voix qui ne se contentait pas de voyager dans l'air
Triste anniversaire - 28-10-2021/28-10-2026: trois jeunes brulés vifs à la chefferie Fondjomekwet
Arbitrage : 11,7 milliards saisis, le Cameroun perd encore
il y a un mois
Qassem Bassir : le missile qui a fait reculer l'US Navy
Uranium : le Niger met fin à 50 ans de monopole français
Parfait Ayissi : « tissu de mensonges » ou départ arrangé ?
Axe Douala-Yaoundé : deux accidents, quatre morts ce matin
Claude Le Roy : « Je n'ai qu'une seule envie, c'est de battre le Cameroun »
il y a un an