Corruption : Le ras-le-bol des citoyens
© Cameroon Tribune : Grégoire DJARMAILA | 31 mai 2018 08:19:44 | 4560La mise en service du numéro vert qui suscite une remarquable adhésion des populations s’ajoute à la panoplie des mesures mises en place pour contrer cette vermine qu’est la corruption.
Opérationnel depuis le 24 avril 2018, le numéro vert, une trouvaille de la Commission nationale anti-corruption (Conac) apparaît comme une mesure idoine pour doper la lutte contre cette vermine qu’est la corruption. Cette innovation permet d’associer les populations au combat contre ce fléau. Comme le souligne fort opportunément Dieudonné Massi Gam’s, le président de la Conac, il ne s’agit plus de subir en silence ou en observateur passif les actes de corruption mais d’en être un acteur du combat.
L’instantanéité de la dénonciation à travers l’appel gratuit au 1517 permet de donner plus de chance aux constatations et à la conservation des traces ou des actes de corruption. Cette nouvelle arme vient s’ajouter à la panoplie des mesures mises en place par la Conac pour contrer le fléau. Outre les émissions diffusées à la radio et la télévision, la Conac a entrepris le relookage de son site Internet pour en faire une plateforme interactive. Les responsables de cette structure soulignent que le nouveau site, lorsqu’il sera opérationnel, offrira la possibilité de dénonciation et contribuera à l'information des journalistes et de tous les citoyens camerounais.
L’Etat camerounais se dote ainsi peu à peu des outils modernes pour sa communication de dénonciation à travers divers outils électroniques et modernes. L’opérationnalité de ce nouveau mode de communication a été rendue possible grâce à la collaboration entre l’Agence de régulation des télécommunications (l'ART) et les entreprises de téléphonie. Cette batterie de mesures s'adosse aussi sur la vision politique avérée du président de la République depuis son accession à la magistrature suprême en 1982. Paul Biya a placé sa gouvernance sous le signe de la Rigueur et de la Moralisation. Lors du troisième congrès ordinaire du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (Rdpc) en septembre 2011, il a réitéré sa détermination à combattre ce mal.
« La lutte contre la corruption va se poursuivre, en s'intensifiant, sans complaisance, sans discrimination, indépendamment du statut social ou de l'appartenance politique. Personne ne pourra se considérer au-dessus des lois », a déclaré le chef de l'Etat et président national du RDPC de quelque 1 200 délégués du parti au pouvoir. La mise en service du numéro vert s’inscrit par ailleurs dans le cadre des recommandations des Nations unies à travers la convention contre la corruption du 31 octobre 2003 qui prescrit des mesures préventives de lutte contre la corruption. Au niveau africain, le Cameroun se joint ainsi, à travers la Conac, à la mise en œuvre de la stratégie africaine de lutte contre la corruption. 2018 a été déclarée par l’Union africaine, année de lutte contre la corruption, lors du dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, qui s'est tenu fin janvier dernier à Addis-Abeba en Ethiopie.
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