Les riverains de Gaz du Cameroun en colère
© Mutations : Blaise Djouokep | 29 mars 2018 11:27:07 | 9557Ils accusent la société gazière de ne pas respecter le cahier de charges et de s’opposer à la plateforme de dialogue souhaitée par ces populations.
Le torchon brûle entre la société Gaz du Cameroun (Gdc) et les riverains du quartier Ndogpassi à Douala. Au cours de la conférence de presse qu’ils ont donnée jeudi, 22 mars 2018, les riverains des quartiers Ndogpassi 1, 2 et 3, avec le soutien de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun et de l’Ong Justice et paix, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme les abus de cette société installée sur leurs terres.
«Nous voulons mettre fin aux injustices que nous subissons depuis l’installation de Gaz du Cameroun. Que ces injustices soient prises en compte par la structure qui ne fait pas des efforts pour entretenir des relations saines et sereines avec son voisinage», explique Marie Chantal Ondoa, présidente de l’Association des habitants de Ndogpassi (Ahn) 1, 2 et 3.
Le curé de la paroisse Sacré Coeur, située à environ 100 mètres du site d’exploitation du gaz de la société Gaz du Cameroun, explique que ce voisinage a de multiples conséquences. «Dernièrement nous avons ressenti de violentes secousses qui ont atteint l’église», s’indigne l’Abbé Aloys Mbomnda. Les riverains disent aussi voir régulièrement s’échapper des colonnes de feu des canalisations de cette entreprise, filiale de Victoria Oil and Gas Plc, une entreprise britannique.
Les mécontents en veulent également aux responsables de cette société spécialisée dans la fourniture des produits gaziers aux industries de la ville de Douala, parce qu’ils rejettent d’effluents nocifs au sein de la communauté riveraine, polluent les eaux de surface et les eaux souterraines. Elle émet par ailleurs des bruits et explosions, causant la panique au sein de la population, mais se refuse à toute communication avec les riverains.
«Nous avons en vain demandé à la structure qu’il y ait une plateforme de discussion entre elle et nous. En vain. Nous avons porté notre plainte à l’Ocde en Angleterre pour se faire entendre, sans suite», se plaint la présidente de l’Ahn 1, 2 et 3. L’autre récrimination porte sur le non-respect du cahier de charges de ladite société vis-à-vis des riverains.
Des griefs auxquels la société qui opère au Cameroun depuis 2007 n’a pas voulu apporter des réponses. D’après la responsable de la communication, Anim Forjindam, l’entreprise n’a pas jugé nécessaire de répondre au questionnaire à elle adressé par Mutations.
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