MORTALITÉ MATERNELLE ET NÉONATALE :Un seul hôpital prodigue des soins obstétricaux d’urgence au Nord
© Repères : Thierry Christophe YAMB | 13 juil. 2019 10:22:00 | 34000Selon une étude de l’Institut national de la statistique (INS), l’hôpital de Djamboutou à Garoua est l’unique formation sanitaire qui prodigue des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU) dans la Région.
Les SONU désignent l’ensemble des procédures, services et soins visant à prendre en charge en urgence les complications d’une femme au cours de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches ainsi que les complications précoces du nouveauné. Si l’on s’en tient à l’INS, une précédente enquête menée en 2010, a montré que la Région du Nord ne comptait aucun établissement SONU. Il est également ressorti de cette étude que les formations sanitaires SONU étaient inégalement réparties sur l’ensemble du territoire national et le plus souvent situées en milieu urbain. L’offre des SONU n’était pas de qualité suffisante et était sous-utilisée.
D’une superficie de 65 576 km2 avec une population estimée à environ 4 millions d'habitants en 2015. Le taux de natalité au Nord est estimé à 45,6 naissances pour mille individus. L’utilisation de la contraception moderne chez les femmes en union est très faible dans cette Région (6%) avec une fécondité très élevée (5,8 naissances par femme). L'info claire et nette. Seulement une naissance sur trois est assistée par un personnel formé. Près de 26% de femmes enceintes ont accouché sans soins prénatals et près de 59% n’ont reçu aucun soin après l’accouchement.
A en croire l’INS, une formation sanitaire est qualifiée de SONU de base (Sonub) lorsqu’au cours des trois derniers mois, elle a rempli les fonctions d’administration par perfusion des antibiotiques, d’administration par perfusion des ocytociques, d’administration par perfusion des anticonvulsivants, d’extraction manuelle du placenta, d’évacuation utérine (aspiration manuelle, dilatation et curetage) ; d’accouchement par voie basse avec assistance instrumentale (utilisation d’une ventouse obstétricale, accouchement par forceps), de réanimation néonatale de base (utilisant un masque avec ballon). De même, une formation sanitaire est qualifiée de SONU complète (Sonuc) si au cours des trois derniers mois, en plus des fonctions Sonub cidessus, elle a rempli les deux autres suivantes : césarienne et transfusion sanguine.
EN MARGE DES STANDARDS
Compte tenu de ces critères, l’INS conclut : « S’agissant de la disponibilité des services et répartition géographique des formations sanitaires SONU, la Région du Nord dispose d’une seule formation sanitaire (FOSA) effectivement Sonuc. Il s’agit de l’hôpital de l’Espérance de Djamboutou situé dans la ville de Garoua. Aucune structure n’a été classée Sonub dans la région. » Plus loin, l’organe dirigé par Joseph Tedou précise : « Sur la base des normes internationales qui indiquent que le minimum acceptable défini est de cinq établissements offrant les SONU pour 500 000 habitants, dont une FOSA Sonuc au moins, la Région du Nord qui compte une population estimée à 2 442 578 habitants en 2015, devrait disposer de 25 structures sanitaires SONU parmi lesquelles au moins 5 Sonuc, pour que la couverture au niveau régional réponde aux normes. »
La Région du Nord n’atteint donc pas les normes SONU requises. Et les fonctions qui ont le plus disqualifié les FOSA sont par ordre d’importance décroissante, l’accouchement assisté par voie basse (ventouse ou forceps), la pratique de la césarienne, la réanimation du nouveau-né avec ballon et masque, et les transfusions sanguines. Ces fonctions essentielles sont pratiquées par moins de 10% des FOSA. De même, l’utilisation des services Sonuc est très faible. L’INS indique en effet que « seulement 0,3% des accouchements attendus ont eu lieu dans une formation sanitaire SONU au lieu de 100% requis, le taux de césarienne est de 0,5%. Le portail des camerounais de Belgique. En outre, seulement 19,3% des complications directes sont prises en charge dans les FOSA potentiellement Sonuc. Par rapport à la norme de 1% maximum, le taux de mortalité due aux causes obstétricales directes reste relativement élevé (1,7%), plus encore dans la FOSA Sonuc (2,8%), traduisant ainsi une faible qualité des services Sonuc offerts. »
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