MRC : Salomon Beas sommé de prouver ses accusations
© Camer.be : Toto Jacques | 13 oct. 2026 17:30:00 | 371Le MRC et Maurice Kamto traînent Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang en référé d'heure à heure à Douala. Preuves exigées, retrait demandé.
Ce mardi 13 octobre 2026, le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo examine une procédure en référé d'heure à heure opposant le MRC et Maurice Kamto à Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, sommés de déposer leurs preuves au greffe ou de voir leurs contenus retirés.
Ce mardi 13 octobre 2026, à 10 heures, le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo a ouvert une audience en référé d'heure à heure. D'un côté : le MRC et Maurice Kamto, représentés par Me Nguefack Augustin. De l'autre : Salomon Beas, non comparant, représenté par Me Paul Payere. Et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, présent en personne, qui a également constitué un avocat.
Le MRC exige des preuves. Beas et Ngoko Kamgang demandent une semaine de report. Le juge a fixé leurs conclusions en réplique à demain, mercredi 14 octobre, à 10 heures.
Entre célérité et respect des droits de la défense, l'audience avance. L'opinion observe.
Une audience en référé d'heure à heure
Le référé d'heure à heure est une procédure exceptionnelle. Réservée aux situations les plus graves, celles qui ne souffrent aucun délai, elle permet à un justiciable d'obtenir une décision dans un délai moyen de 96 heures. Ce mardi 13 octobre 2026, le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo l'a examinée.
L'affaire oppose le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et son président Maurice Kamto à Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang. En cause : des déclarations jugées diffamatoires diffusées sur les réseaux sociaux depuis septembre 2026.
Le MRC est représenté par Me Nguefack Augustin. Salomon Beas, absent, est représenté par Me Paul Payere. Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, présent en personne, a également constitué un avocat. Toutes les parties ont comparu, selon le communiqué du Collectif Sylvain Souop signé par Me Hippolyte BT Meli.
Les faits : une interview et des accusations
Le 18 septembre 2026, Salomon Beas, ancien militant démissionnaire du MRC, accorde une interview. Il y affirme que le parti de Maurice Kamto aurait tenu des réunions au sein de son directoire dans le but de « détruire » Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT. Il ajoute que le MRC aurait financé des influenceurs pour ternir l'image du dirigeant sportif.
L'interview est relayée par Samuel Eto'o lui-même sur sa page Facebook. La vidéo circule. Les réactions s'enchaînent.
Le MRC réagit immédiatement. Dans un communiqué signé le 18 septembre 2026 par son porte-parole Roger Justin Noah, le parti rejette « en bloc » ces allégations. Il dément avoir tenu des réunions visant à « détruire » Eto'o ou avoir financé des influenceurs. Il rappelle que Salomon Beas n'a jamais été membre de son directoire. Il qualifie ces accusations de « règlement de comptes politiques orchestrés » et de « frustrations personnelles ».
La procédure : prouver ou retirer
Le MRC ne s'est pas contenté de démentir. Il a décidé d'aller en justice. Une ordonnance datée du 9 octobre 2026 a convoqué Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.
La procédure est engagée en référé d'heure à heure. Le MRC ne demande pas seulement des dommages et intérêts. Il demande au tribunal d'ordonner le dépôt au greffe des éléments de preuve des déclarations incriminatoires. Ces preuves auraient été recueillies par Hervé Ulrich Ngoko Kamgang puis répandues en ligne depuis septembre.
L'objectif affiché : permettre aux victimes de discuter ces preuves, d'exercer utilement leur droit de réponse. Et en cas de carence constatée, le MRC demande le retrait partiel ou total immédiat du contenu décrié, sous astreinte forte.
L'audience du 13 octobre
L'audience s'est ouverte à 10 heures. La procédure a été mise en état, et les débats contradictoires se sont ouverts devant le juge en charge de l'affaire.
Les pièces qui fondent les demandes du MRC ont été produites et communiquées aux défendeurs. Ces derniers ont demandé un report à une semaine. Le MRC s'y est opposé, souhaitant plutôt une décision préparatoire dans ce délai, comme date de dépôt des preuves du contenu décrié au greffe.
Le juge a tranché. Il a fixé à demain, mercredi 14 octobre 2026 à 10 heures, la date prévue pour leurs conclusions en réplique. Entre célérité et respect des droits de la défense, la procédure avance.
Le contexte : une bataille politique et judiciaire
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large. Le MRC est engagé dans plusieurs batailles judiciaires. En juillet 2026, une procédure en référé d'heure à heure opposant le MRC à trois militants dissidents s'était effondrée dès la première audience devant le Tribunal de Première Instance de Yaoundé-Ekounou. Deux des trois demandeurs étaient absents. Le seul présent, Willy Mengue, n'avait pas de mandat pour représenter les autres.
Le Collectif Sylvain Souop, qui représente le MRC dans cette affaire, est un collectif d'avocats du nom d'un avocat et militant disparu en 2020. Il défend les intérêts du MRC devant les juridictions. Son coordinateur, Me Hippolyte Meli, est connu pour ses prises de position sur l'état de droit au Cameroun.
Salomon Beas, lui, est un ancien militant du MRC. Il a démissionné du parti. Ses déclarations du 18 septembre 2026 interviennent dans un contexte de tensions internes au parti et de rapports complexes entre le MRC et la FECAFOOT.
Ce que le MRC demande, ce que les défendeurs contestent
Le MRC demande une chose simple : que Beas et Ngoko Kamgang déposent au greffe les preuves de leurs accusations. S'ils ne le font pas, que les contenus soient retirés.
Les défendeurs, eux, contestent. Me Paul Payere, qui représente Salomon Beas, est un avocat connu, également militant du Social Democratic Front (SDF). Il n'a pas encore exposé publiquement sa ligne de défense dans cette affaire.
Hervé Ulrich Ngoko Kamgang, présent à l'audience, a constitué un avocat. Il est présenté comme le créateur de contenu qui a diffusé les déclarations de Beas. Son rôle exact dans la chaîne de diffusion simple relais ou co-auteur devra être précisé par le tribunal.
Le juge a fixé la date du 14 octobre pour les conclusions en réplique des défendeurs. À l'issue de cette audience, il pourrait rendre une décision préparatoire sur le dépôt des preuves, ou renvoyer l'affaire à une date ultérieure.
Le référé d'heure à heure est une procédure rapide. Mais la célérité ne signifie pas précipitation. Le juge a choisi de donner aux défendeurs un délai supplémentaire d'un jour. Une manière de concilier l'urgence invoquée par le MRC et le respect des droits de la défense.
L'opinion sera tenue informée des suites, a promis le Collectif Sylvain Souop. Mais au-delà de cette affaire, c'est une question plus large qui se pose : les procédures judiciaires peuvent-elles trancher des batailles politiques qui se jouent d'abord sur les réseaux sociaux ?
Qu'est-ce qu'un référé d'heure à heure ?
C'est une procédure d'urgence exceptionnelle qui permet de saisir le président du tribunal de première instance pour obtenir une décision dans un délai très court, en moyenne 96 heures. Elle est réservée aux situations les plus graves.
Que demande exactement le MRC ?
Le MRC demande au tribunal d'ordonner à Salomon Beas et Hervé Ulrich Ngoko Kamgang de déposer au greffe les preuves des accusations formulées le 18 septembre 2026. En cas de carence, il demande le retrait immédiat des contenus.
Qui est Salomon Beas ?
Un ancien militant du MRC. Il a démissionné du parti. Le 18 septembre 2026, dans une interview, il a affirmé que le MRC aurait tenu des réunions pour « détruire » Samuel Eto'o.
Quelle est la prochaine étape ?
Le juge a fixé au mercredi 14 octobre 2026 à 10 heures la date pour les conclusions en réplique des défendeurs. Une décision pourrait suivre.
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