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l’Église et la politique au Cameroun : Croisade des évêques, Saison II :: CAMEROON

Depuis la publication d’une lettre pastorale par certains évêques catholiques du Cameroun, un vif débat a surgi dans la sphère publique, remettant en question la légitimité de l’Église à intervenir dans les choix politiques, notamment à la veille des échéances électorales. Si certains saluent un rôle dit « prophétique », d’autres dénoncent une immixtion inacceptable dans les affaires de l’État et une volonté déguisée de prendre part au jeu politique. Le débat, passionné et parfois virulent, révèle les tensions entre spiritualité et souveraineté, foi et République : « L’Église n’est pas en dehors de la société, elle est la société ! » Disait  Mgr Ndogmo ! » Cette affirmation, présentée comme un fondement moral de l’engagement de l’Église, se heurte à une confusion volontaire entre présence sociale et autorité politique. Être dans la société ne donne pas à l’institution ecclésiale le droit de dicter des critères de sélection des candidats à la magistrature suprême.

Il est bon de rappeler que Mgr Ndogmo, aussi courageux fût-il, fut isolé dans sa posture, combattu pour avoir franchi les limites d’un engagement spirituel vers un activisme politique. Le Cameroun d’aujourd’hui ne peut se permettre de reproduire les erreurs du passé sous couvert de mémoire héroïque. si je fais ce rappel historique c’est pour mettre une lumière crue sur l’ambiguïté de l’Église catholique au Cameroun : elle a souvent été du côté des forces conservatrices, voire réactionnaires je dirai même révolutionnaire. Loin d’avoir toujours été du côté du peuple, elle a parfois servi les intérêts du pouvoir en place, voire du colonialisme. Louer aujourd’hui sa « proximité avec les Camerounais » relève d’un opportunisme mémoriel, oubliant que la foi chrétienne fut aussi une arme d’aliénation culturelle.   l’Église  au Cameroun a condamné  le multipartisme en 1990 par la voix de certains évêques.

Etienne Bakaba,  Un prêtre prophète ou futur homme politique ?

« Avec les démonstrations de l’abbé, on dirait qu’il se prépare comme le père Aristide en Haïti. » L’ombre de figures comme le père Fulbert Youlou ou Jean-Bertrand Aristide plane dangereusement sur l’abbé BAKABA. En mêlant sermons et discours sociaux politisés, ce dernier semble en effet poser les jalons d’un avenir politique personnel. Si l’on peut saluer le souci de justice sociale, l’utilisation de la chaire comme tremplin pour une ambition politique fragilise l’intégrité spirituelle de l’Église et la détourne de sa vocation évangélique. Il faut savoir être clair dans la vie : soit l’on retire sa soutane pour s’engager ouvertement, soit l’on cesse de jouer un double jeu hypocrite.

Car trop souvent, ceux-là mêmes qui se réfugient derrière l’autel le font par peur d’affronter la dure réalité des hommes et des femmes qui, chaque dimanche, se sacrifient pour leur tendre une aumône. « L’abbé a prononcé des propos d’une certaine légèreté… Je vois mal l’Église entrer dans l’histoire pour trier des personnes. » – Hon. Samuel Moth (RDPC) Le député Moth exprime ici une inquiétude légitime : qui a donné mandat à l’Église pour établir les critères d’un « bon candidat » ? La République repose sur des lois, des institutions, des mécanismes démocratiques. Lorsque l’Église se place en arbitre moral de la politique, elle prend un rôle qui ne lui appartient pas. Cela installe un dangereux précédent où le spirituel prétend corriger le temporel, renversant ainsi l’ordre des légitimités dans un État laïc.

Le soutien sans nuances à l’Église : posture ou aveuglement ?

« L’Église est dans son rôle en tant que garant de la morale… L’abbé a dressé une peinture de la société. »  Clame  Engelbert Lebon Datchoua (MRC) Si certains acteurs politiques, comme Engelbert Datchoua, applaudissent le positionnement de l’Église, ils oublient que l’Église catholique elle-même est entachée de nombreuses dérives morales dans le monde : scandales de tout genre, corruption, dissimulation d’actes criminels. Lui confier aujourd’hui le rôle de « référence morale » revient à fermer les yeux sur les turpitudes de son propre passé, et à hypothéquer l’équilibre démocratique au profit d’un clergé idéologisé.

Il n’y a pas plus corrompu que les hommes d’Église ! C’est l’Église catholique qui a asservi nos peuples depuis des siècles. Combien de milliards elle récupère pour envoyer au Vatican. Cette déclaration brutale, mais lucide, met le doigt sur un fait historique incontestable : la religion chrétienne a souvent accompagné la domination coloniale. Les croix érigées dans nos villages n’étaient pas toujours des symboles de paix, mais des instruments d’effacement de nos institutions ancestrales. Il est donc tout à fait cohérent que certains refusent à l’Église le droit de s’ériger aujourd’hui en conscience politique du pays.

Vers une dangereuse fracture institutionnelle

Le rôle de l’Église dans cette crise peut précipiter le Cameroun vers une guerre civile. Elle devient objecteur de conscience.  Là réside le cœur du danger : en prenant position de façon trop visible, l’Église ne pacifie plus, elle polarise. En se donnant le droit d’émettre des jugements sur les candidats, elle sort de son mandat spirituel pour se muer en acteur politique à part entière, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner dans un pays où les tensions ethniques et politiques sont déjà vives. L’Église catholique, comme toute institution religieuse, a sa place dans la société : celle de l’éveil des consciences, de l’accompagnement spirituel, de la charité. Mais lorsqu’elle franchit la ligne pour s’impliquer dans les mécanismes politiques, éditer des critères pour les candidats ou orienter le vote, elle trahit sa mission et usurpe un rôle réservé à la souveraineté populaire et constitutionnelle.

Ce n’est pas à l’Église de choisir les dirigeants, ni de fixer les standards de gouvernance. Le peuple camerounais, et lui seul, en est légitime. L’ingérence actuelle du clergé dans les affaires politiques du Cameroun est non seulement malvenue, mais dangereuse pour l’équilibre démocratique, la paix sociale, et le respect des institutions. Il est urgent que l’Église retrouve le silence de la prière et la parole de l’Évangile, et qu’elle cesse de jouer aux prophètes de la République parce qu’elle fait partie de ces institutions qui ont pourri nos cultures de vie et je sais de quoi je parle.

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