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Cameroun : Le recouvrement de créances en microfinance

Le Droit:Camer.be‏Parmi les 10 points que nous évoquons dans cette rubrique reservée au droit sur camer.be, votre média de proximité , beaucoup de choses sont très bien accomplies depuis des lustres dans ces institutions et doivent être encouragés, d’autres restent simplement à parfaire. Aussi, il faut pour répondre à la question d'un lecteur assidu de camer.be quelques clés pour doper le service juridique et contentieux des établissements de crédits. Nous les avons développé pour lui et pour vous en dix points.

1- Se rendre très régulièrement sur le terrain rencontrer les débiteurs, indépendamment de leurs volontés car, la dette étant quérable, le recouvrement de créances se fait sur le terrain. Il faut les surprendre le plus souvent, créer une sorte d’amitié avec eux afin de les mettre en confiance permanente puis, surtout les aider à apurer leurs dettes en leurs faisant des propositions et concessions favorables.

2- Accroitre, fortifier et souder les relations avec les Responsables des engagements, leurs assigner des missions spéciales de crédit. Faire d’eux des véritables courroies de transmission donc, les relais entre le service juridique et les missions de crédit. De cette façon, nous serons à la page et nous contrôlerons parfaitement et mieux qu’aujourd’hui les différentes attitudes de nos clients récalcitrants.

3- Appeler constamment les Chefs d’agence, pour prendre les états réguliers des engagements afin de contourner les aléas de la consolidation en temps réel des comptes sur netsoft ou autre.

4- Bousculer les clients pour les amener à faire baisser leurs soldes débiteurs tous les mois.

5- Suivre attentivement et à dates les relances tant téléphoniques qu’écrites, les mises en demeures et les ultimes mises en demeures, si bien que les débiteurs se sentent sous pressions constantes, bien-sûr avec modération.

6- Demander régulièrement en cas de nécessité même par voie électronique aux responsables des engagements toutes les informations utiles sur les débiteurs laxistes. Exiger que tous ces derniers cas soient signalés le plus vite possible pour permettre d’envisager les stratégies professionnelles juridiques pour éviter un enlisement futur.

7- Après chaque mise en place, transmettre aussitôt une thermocopie du dossier de prêt au Responsable des engagements et au service d’Audit et de Contrôle interne si cela ne se fait pas encore. Ainsi, en cas de difficulté de recouvrement, et dès le premier signalement, ces derniers doivent saisir le service juridique pour l’inviter à prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes pour la relocalisation et l’interpellation du débiteur concerné.
 
8- Raccourcir les délais d’intervention si ceux pratiqués jusqu’alors ont l’inconvénient d’endormir certains débiteurs.

9- Sur un plan général, doter le département juridique et contentieux d’une véritable documentation juridique appropriée pour faciliter les recherches en temps opportuns.

10- Faire participer les agents du service juridique et contentieux aux Séminaires de formation et d’information, du moins pour ceux organisés au Cameroun, sur les techniques très variées de recouvrement de créances, spécifiquement les créances bancaires. Il faut chaque fois se mettre à la page quant-aux innovations qui pullulent ces dernières années sur les techniques de garantie de crédits (Droit des sûretés dans l’espace OHADA). Participer aux échanges et débats constructifs sur le traitement des cas pratiques.

CONCLUSIONS

La recherche permanente de la performance et de l’excellence au service juridique exige une mobilisation de ses ressources tant humaines que matérielles

Tous ceux qui entrent dans la chaîne de recouvrement de créances doivent être permanemment rassurés que la hiérarchie ne les confrontera pas, par exemple, à un débiteur quelque soit la raison et surtout devant ce dernier. Ils doivent se sentir forts et soutenus sans frustration dans leurs actions contre les débiteurs. La hiérarchie doit aussi et surtout rappeler à l’ordre, et à temps, le personnel de recouvrement sur certaines de leurs actions indélicates à l’encontre des clients bénéficiant d’un certain statut.

Quant-à nous, juristes professionnels, nous affirmons toute notre envie, notre ferme détermination à faire usage de toutes les procédures légales en vigueur pour traquer tous les débiteurs, y compris les plus malins ou récalcitrants. Nous nous inscrivons en faux contre les débiteurs de mauvaise foi et leurs complices connus ou non. Un vrai juriste ne recule devant rien, c’est un monstre froid face aux malhonnêtes débiteurs, ainsi qu’à certains agents de nos Etablissement de crédits et banque qui se livrent à des malversations financières préjudiciables.

Notre conviction demeure toujours renforcée de les combattre car, c’est aussi par là que l’on contribue au développement et au plein essor d’une entreprise financière.

Par ailleurs, je préconise la mise sur pied d’un programme de formation et d’adaptation du stagiaire et de l’assistant au service juridique des Etablissement de crédits et banque, notamment sur le langage bancaire et les spécificités juridiques du système de recouvrement de créances dans ce secteur afin d’éviter à chaque fois au candidat une navigation à vue.

Ce métier de juriste d’entreprise est parfois très ingrat et traité en sourdine comme tel au sein des entités sociales, mais force est d’admettre qu’en dépit de tout, il garde sa place dont l’absence serait un handicape assuré à l’évolution de l’entreprise. Il est de bons tons que nous nous engagions à faire ce qui relève de nos compétences juridiques pour assurer notre sécurité financière quelque soit la forme sociale et l’activité de l’entreprise, seul gage de la stabilité, du progrès et partant du développement de tous sur le marché de la finance.

© Camer.be : Elie MBOUOBDA NEABO,(Consultant juridique), membre du CEBAPH Cameroun
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