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CAMEROUN :: Rescapés de Nsam : La mémoire vive :: CAMEROON
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  • Cameroon Tribune : Alfred MVOGO BIYECK
  • mercredi 14 février 2018 04:00:02
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CAMEROUN :: Rescapés de Nsam : La mémoire vive :: CAMEROON

Ecorchés vifs de l’accident ferroviaire, beaucoup sont toujours en pleine reconstruction de leur vie.

Au quartier Nsam, en face de la  SCDP,  résidence  famille Noah. Elle a perdu deux enfants. Nkodo Giscard Roland, 18 ans et Tsogo Jeanne Marlyse,  12  ans  à  l’époque  des faits.  Le  couple  Célestin  et Lucie  Noah,  n’a  pas  oublié. Dans leurs regards, du dépit, de la frustration. Le temps a passé  depuis  le  14  février 1998, et Lucie Noah espère toujours voir les pouvoirs publics se pencher « véritablement » sur la question.

Assise  en face d’elle, Essouma Nicole. Elle aussi se souvient de son fils,  Essomba  Guy  Célestin mort dans la catastrophe, lui laissant un petit-fils âgé au- jourd’hui  de  20  ans,  et  qui l’écoute parler.  Son autre fils, Essomba Mvogo Thomas  Claude  fait  son  entrée.  Lui,  s’est  retrouvé  sur les lieux du drame pour venir en aide à  certains. Résultat, un pied brûlé qui demande à être opéré. Titulaire d’un baccalauréat obtenu au lycée de Mbalmayo, il n’a plus rien fait jusqu’à  ce  jour,  depuis  un concours  manqué  à  l’Esstic, recalé à l’oral.

« Je suis fatigué de raconter la même histoire. Cela ne m’a rien rapporté depuis  vingt  ans  »,  lâche-t-il après un long moment d’hésitation.  «  J’ai  48  ans  aujourd’hui et personne ne m’est venu en aide. C’est ma mère qui se bat pour mes soins ».  Estelle  Amombo,  12  ans  au moment des faits, a eu plus de chance. Avec peine et émotion elle revient sur ce 14 février  1998. 

«  J’ai été brûlée et  heureusement  prise  en charge par le Cerac, des premiers soins à la rééducation, et même pour ma réintégration dans la société. Grâce à cette association caritative et à  la  première  dame,  j’ai  pu continuer mes études jusqu’à l’obtention  de  ma  licence », témoigne la jeune femme aujourd’hui  employée  à  la  Sopecam. 34 autres compagnons d’infortune  ont bénéficié  de la sollicitude  maternelle des dames  du  Cerac.  A  ce  jour, certains sont mariés avec des enfants. Parmi eux, des cadres d’entreprise  et  des  contractuels  d’administration.  

D’autres, diplômés de l’enseignement  supérieur,  niveau  Licence ou Master, recherchent un emploi. Et comment oublier ces  dix  autres  qui,  du  haut d’une  formation  professionnelle dans des domaines aussi divers  que  la  menuiserie,  la conduite  automobile,  l’infographie… se battent pour voler de leurs propres ailes .

14févr.
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