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Cameroun, Humeur: NON A L'EVITEMENT CONTINU D'UN DIALOGUE TRANSPARENT ! :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE Cameroun, Humeur: NON A L'EVITEMENT CONTINU D'UN DIALOGUE TRANSPARENT ! :: CAMEROON
  • Quotidien Le Messager : Alex Gustave AZEBAZE
  • mercredi 06 décembre 2017 16:00:04
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Cameroun, Humeur: NON A L'EVITEMENT CONTINU D'UN DIALOGUE TRANSPARENT ! :: CAMEROON

Si la position exprimée par le sénateur Pierre Flambeau Ngayap l’avait été par un magistrat examinant un cas porté devant sa juridiction, sans aucun doute, il ne serait venu à l’esprit de personne de la questionner. 

Les magistrats, dans leur impérium professionnel, recourent aux dispositions légales existantes pour trancher les questions portées, souvent les conflits, devant eux. Que ces lois soient bonnes ou mauvaises.
Mais Pierre Flambeau Ngayap n’est ni un magistrat ni un juge. Il est, en tant que Sénateur, même nommé, un homme politique.

La fonction des politiques dans une démocratie, c’est de trouver des réponses aux questions qui se posent, qu’elles aient été préalablement réglées par la loi ou non.

C’est le cas d’une crise comme celle que vit dramatiquement dans sa partie occidentale, le Cameroun, et qui depuis un peu plus d’un an connaît un développement au moins tragique au double plan humain et symbolique.

Sur le plan humain, le nombre de victimes, de toutes sortes, est allé crescendo pour culminer ces dernières semaines par des meurtres de membres de services de sécurité du pays. Sans doute l’aspect le plus spectaculaire, il n’en reste pas moins qu’avant que cet amoncellement de morts, aussi bien civiles que militaires ne fasse découvrir son côté pour le moins peu contrôlable, cette crise qui dure et dure encore, a un côté symbolique. Il s’agit, de notre point de vue, de la difficulté de l’ensemble du système public national à inventer au plus vite, quand des problèmes sérieux se posent, des solutions satisfaisantes parce qu’inclusives pour tous sans tomber dans le piège politicien du parti-pris partisan.

Car derrière la présente opposition épistolaire que Le Messager relaie dans ces colonnes, notamment entre Jean Tsomelou, le chef de file parlementaire au Sénat de l’unique groupe d’opposition et son collègue de la majorité présidentielle, se découvre une fracture systémique entre les tenants de l’ordre administratif établi hérité d’une colonisation dominatrice, il ne fait que peu de place aux desideratas des citoyens et l’autre, profusément réformiste, qui malgré les calculs électoralistes sous-entendus, souhaite que le jeu politique prenne le dessus sur la gestion autoritaire et exclusiviste des crises sociales et politiques.

Comment donc ne pas s’inquiéter de voir ainsi se déployer deux conceptions apparemment irréconciliables chez des acteurs politiques institutionnels d’un même pays qui pourtant admettent tous que le dialogue, comme l’ont avisé divers groupes citoyens et les partenaires diplomatiques du Cameroun dont l’ONU et l’Union Africaine entre autres, est la meilleure voie pour espérer trouver un compromis qui sauve l’essentiel, notamment la paix et l’intégrité de la nation camerounaise ?

Il est quand même extraordinaire qu’alors qu’au moins quatre sessions parlementaires se sont tenues dans ce pays depuis le début de la crise dite anglophone l’année dernière, et alors que la plus haute autorité de l’Etat, a admis lors de son discours de fin d’année 2016 et de nouvel an 2017 que le dialogue institutionnel reste la meilleure voie par laquelle se règlent les conflits dans un état démocratique donc pluraliste, que l’on en soit encore, plus d’un an après, à débattre de la nécessité ou non de programmer et tenir, à défaut d’une conférence spéciale sur la situation ainsi créée, un simple débat parlementaire sur la question.

A qui veut-on en effet faire croire que les Camerounais sont décidément incapables de dialoguer même dans le cadre des institutions aussi imparfaites, critiquables et critiquées qu’elles soient ?

Non, le débat que l’échange entre le Secrétaire (issu de l’UNDP) du Sénat et le président du groupe SDF dans la même chambre parlementaire dite haute, au prétexte de la forme jugée malheureuse tantôt des manifestations dans l’hémicycle des députés du principal groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, tantôt de la procédure ( encore et toujours la forme comme pour éviter d’aborder le fond) de demande du nécessaire débat est pourtant de ceux qui rehaussent la qualité de l’engagement politique.

Au risque de nous répéter et même de paraître naïf : il est urgent de trouver un moyen de ramener au sein des institutions la gestion de cette crise qui n’a que trop duré, et qui paralyse pratiquement toute une région historiquement symbolique de notre Nation. Car, contrairement à ce que laisse percevoir la sortie du sénateur politologue et secrétaire général de l’Undp, le rôle des politiques, nommés ou élus, est de couper l’herbe sous les pieds des faucons et autres extrémistes de tous bords qui pensent pouvoir tirer les marrons d’une situation anormalement coûteuse et ruineuse aussi bien humainement, financièrement qu’économiquement pour un pays qui avait déjà grand peine à affronter, avec ses seules ressources, l’autre crise majeure dans sa région de l’Extrême-Nord enserrée dans ce bassin du Lac Tchad devenu l’antre du terrorisme de Boko Haram.

Il vaut mieux le faire plus tôt que tard car nul ne peut prédire sérieusement de quoi demain sera fait pour des crises larvées ou, comme cellelà, désormais ouvertes. Le contexte d’année pré-électorale , il ne faut jamais l’oublier, venant rendre la situation plus volatile encore.

06déc.
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