Deux ans de crise au Burundi sans issue en perspective
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Un pouvoir radicalisé, une opposition affaiblie et une communauté internationale divisée: deux ans après le début d'une crise politique majeure, le Burundi est plus que jamais dans l'impasse.
L'annonce le 25 avril 2015 de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé avait déclenché un vaste mouvement de contestation populaire, sévèrement réprimé, et plongé le pays dans la crise.

En deux ans, les violences et exécutions extrajudiciaires ont fait entre 500 morts selon l'ONU, 2.000 selon les ONG, et poussé 400.000 Burundais à l'exil.

"La crise est derrière nous, la sécurité est assurée, la paix est revenue au Burundi et tout le monde vaque à ses occupations", assure pourtant le premier vice-président, Gaston Sindimwo, résumant la position officielle depuis plusieurs mois.

Mais cette "paix retrouvée" est maintenue au prix d'une féroce répression fondée sur la terreur, selon l'opposition et de nombreux rapports de l'ONU et d'organisations de défense des droits de l'homme.

"Le parti (au pouvoir) CNDD-FDD a pris ce pays dans ses serres et est en train de l'étouffer petit à petit", dénonce Jérémie Minani, un des leaders d'opposition.

Le pouvoir a instauré un maillage du territoire qui s'articule autour d'un "noyau dur" constitué d'une administration territoriale, totalement contrôlée par le parti au pouvoir, de la ligue des jeunes du CNDD-FDD - les Imbonerakure - et du redouté Service national de renseignement (SNR), qui dépend directement de la présidence, selon des sources diplomatiques et au sein des services de sécurité.

'Fer de lance'

Les Imbonerakure font désormais la loi dans de nombreuses provinces où sont régulièrement signalés des cas d'arrestations, de tortures ou d'assassinats par des médias indépendants. Dans les provinces de Kirundo ou Ngozi (nord) et Makamba (sud), ils mettent des barrages filtrants sur les routes, fouillent les véhicules qui se dirigent vers le Rwanda (nord) ou la Tanzanie (est) et arrêtent de nombreux "suspects", selon de nombreux témoignages parvenus à l'AFP.

Mais le nombre de Burundais choisissant l'exil continue de croître et l'ONU estime qu'ils seront plus de 500.000 d'ici fin 2017.

"Les Imbonerakure sont devenus au fil du temps le fer de lance de la répression, ils maillent tout le territoire national en identifiant et en harcelant l'opposition", explique Florent Geel, directeur Afrique de la Fédération internationale des droits de l'homme.

Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme dénonçait récemment la multiplication d'incidents dans lesquels les Imbonerakure ("Ceux qui voient de loin") appellent au "viol" d'opposantes.

Des accusations que le CNDD-FDD dément régulièrement, dénonçant une tentative de diabolisation de sa Ligue des jeunes.

"Aujourd'hui, toute la population est terrorisée car n'importe qui peut vous arrêter dans la rue et on n'entend plus parler de vous. La peur est tellement forte que parfois un père n'ose pas aller demander aux services de sécurité des nouvelles de son fils porté disparu", résume un habitant de Bujumbura, sous couvert d'anonymat.

Le gouvernement a rejeté tous les rapports et commissions d'enquête de l'ONU sur ces violences, ainsi que le déploiement de quelque 228 policiers préconisé par le Conseil de sécurité.

"Le pouvoir burundais s'est radicalisé mais il a su, surtout, tirer partie des divisions croissantes au sein du Conseil de sécurité et aussi de la paralysie de l'Union africaine, ce qui lui a permis d'agir en toute impunité jusqu'ici", regrette un diplomate onusien en poste à Genève.

Discussions ou rébellions?

L'opposition politique, tout comme la société civile indépendante, a fui le pays mais elle est "affaiblie à cause de nos divisions internes et des égos surdimensionnés de certains parmi nous", selon un opposant en exil qui a requis l'anonymat.

Pour un diplomate en poste à Bujumbura, la répression est liée aux informations qui font état de mouvements rebelles burundais en train de se constituer dans les pays voisins, à l'image des RED-Tabara ou du Forebu, constitué essentiellement de soldats et policiers déserteurs.

"Beaucoup de Burundais estiment aujourd'hui que c'est le seul langage que peut comprendre le président Pierre Nkurunziza, qui refuse de négocier la paix", déclare Jérémie Minani.

Car les pourparlers de sortie de crise sont au point mort entre le pouvoir et son opposition regroupée au sein d'une plateforme baptisée Cnared, malgré les pressions de la communauté internationale et les sanctions financières de l'Union européenne.

Un sommet régional est prévu courant mai, perçu par beaucoup comme celui de la dernière chance pour trouver une issue diplomatique à la crise.

© Source : Avec AFP

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